Cornell Campbell

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae

Cornell Campbell : discographie

Cornell Campbell - Legend album cover Album : Legend
Année : 2011
Cornell Campbell - My Destination album cover Album : My Destination
Année : 2005
Cornell Campbell - Natty Dread Anthology album cover Album : Natty Dread Anthology
Label : Trojan
Année : 2005
Cornell Campbell - Original Blue Recordings: 1970-1979 album cover Album : Original Blue Recordings: 1970-1979
Année : 2003
Cornell Campbell - Barry Brown Meets Cornell Campbell album cover Album : Barry Brown Meets Cornell Campbell
Année : 2001
Cornell Campbell - Big Things album cover Album : Big Things
Année : 2000
Cornell Campbell - I Shall Not Remove 1975-1980 album cover Album : I Shall Not Remove 1975-1980
Année : 2000
Cornell Campbell - The Minstrel album cover Album : The Minstrel
Année : 2000
Cornell Campbell - Magic Spell album cover Album : Magic Spell
Année : 1999
Cornell Campbell - Tell the People album cover Album : Tell the People
Année : 1996
Cornell Campbell - Sweet Dancehall Collection album cover Album : Sweet Dancehall Collection
Année : 1995
Cornell Campbell - Silver Jubilee album cover Album : Silver Jubilee
Année : 1993
Blank Cover Album : Double Top
Année : 1986
Cornell Campbell - Money album cover Album : Money
Année : 1983
Cornell Campbell - Money album cover Album : Money
Année : 1983
Cornell Campbell - Turn Back The Hands Of Time album cover Album : Turn Back The Hands Of Time
Année : 1977

Actualité de Cornell Campbell

Stand Tall Sound a participé à écrire l'histoire du mouvement sound system en France. Né des cendres du célèbre High Fight International en 1993, le sound a compté parmi ses rangs les plus grands artistes francophones (de Nuttea à Raggasonic en passant par Janik et Féfé Typical) et ses soirées faisaient partie des plus réputées dans les années 90. Moins actif en danse aujourd'hui, le selector Polino continue d'assouvir sa passion en animant une belle émission tous les lundis sur la webradio Reggae.fr. Rencontre avec l'un des selectors les plus influents de l'Hexagone.Reggae.fr : Stand Tall fait partie des sounds incontournables de l'histoire du reggae français et il est issu d'un autre sound incontournable, High Fight International. Peux-tu nous raconter la transition entre les deux aventures ?Polino : Quand Tonton David, pris par son succès en major, nous a clairement fait comprendre que High Fight n'était plus sa priorité à cause de son rythme de vie entre tournées, répétitions et promotion, on a vu la fin arriver. Comme David était une personnalité forte du sound et qu'il avait investi pas mal dans le matériel sono et studio, le nom High Fight a été utilisé comme crédit sur certains de ses titres et est devenu une sorte de marque associée à lui. Donc continuer High Fight sans Tonton ce n'était pas possible.Que sont devenus les dubplates d'High Fight et les membres de l'équipe ?Les dubplates sont toujours chez moi bien au chaud, encore aujourd'hui (rires). Pour ce qui est de l'équipe, on a tous continué sans David en créant Stand Tall. Depuis, Don Lickshot est décédé d'un fucking cancer (REP). Les autres vous les connaissez, ils sont encore là, Nuttea, Féfé Typical et Tip Top l'opérateur. Comme on avait une expérience solide, ça n'a pas été compliqué de monter un nouveau sound. Et à l'époque, on s'est attachés à recruter des gars qui avaient aussi de l'expérience. On avait la dream-team des sounds français !Comme Selecta K-Za par exemple ?Oui effectivement. Il était en formation chez nous. On avait une émission de radio sur Générations FM où je l'avais intégré. Mais après l'interruption de l'émission au bout de deux ans par la direction de la radio, il a négocié un nouveau créneau pour lui à la rentrée suivante et il a quitté Stand Tall.Stand Tall était-il équipé de sa propre sono ?Non. High Fight avait sa sono achetée grâce au succès de Tonton David. etCcedil;a nous a permis de nous rendre compte qu'une sono perso n'était pas si utile que ça. etCcedil;a demandait obligatoirement un lieu de stockage, du matériel et il fallait de toutes manières louer un camion à chaque déplacement sans parler du poids des boxes et des amplis qu'il fallait porter avant la soirée et surtout après à six ou sept heures du matin jusqu'au local, heure à laquelle peu de candidats étaient présents (rires). On a donc préféré louer le matériel pour nos soirées. etCcedil;a demandait beaucoup moins de logistique.Quel genre de matériel louiez-vous ?La location nous a permis de jouer sur des top systèmes (Christian Hell, Martin Audio, Turbosound...) avec le top des consoles (Midas, Soundcraft, Tac...) et les périphériques et compresseurs qui vont avec. Je ne m'étale pas trop sur tout le matos car c'est la signature du son Stand Tall et c'est personnel.Que penses-tu du débat sono/pas sono ?Chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. Ce qui compte c'est que le résultat soit de qualité, en location ou en home-made. C'est d'ailleurs je pense, une des raisons qui freine le mouvement sound en France : des soirées sound system sans cette fameuse sono qui donne une atmosphère unique à la soirée que tu ne retrouves nulle part ailleurs. Une vraie bonne sono, c'est la base !La culture sound system a commencé à se développer en France par les sounds rub-a-dub puis juggling. Aujourd'hui, on assiste à une montée en puissance des sound systems UK/Dub avec des grosses sonos artisanales. Comment vois-tu cette évolution ?J'ai l'impression que la scène dub a récupéré pas mal du public des rave-parties (arrêtées par les autorités car souvent illégales) où il y avait du gros son également, avec un coté " kangourou hypnotique ". Ce n'est plus un public reggae à 100 %. Moi ça me fait bizarre, je n'ai pas l'habitude .Penses-tu que l'ambiance raggamuffin des années 90 reviendra au goetucirc;t du jour ?etCcedil;a me parait difficile vu les conditions de nos jours, je parle encore une fois de la sono. "Une vraie bonne sono, c'est la base !" Stand Tall a detucirc; faire face à l'éloignement des MCs du milieu des sound systems lorsque les artistes reggae ont commencé à signer en major au milieu des années 90. Comment as-tu abordé ce tournant en tant que selector ?Nuttea était déjà signé en major depuis High Fight, mais c'est vrai que des gars comme Raggasonic se sont un peu éloignés des sounds après leur succès. Avoir des artistes disques d'or dans sa team, c'était plutôt une récompense pour nous, même si ça les rendait moins disponibles c'est vrai. On ne peut pas tout avoir !En as-tu voulu à certains artistes ?Non car j'avais déjà connu ça avec High Fight, donc pas de surprise !Le clash entre Daddy Yod et Nuttea en 1993 a alimenté bien des débats, aujourd'hui encore. Peux-tu nous donner ta version de la soirée ?J'étais le selector de Ghetto Youth Progress Sound qui accompagnait Nuttea. Yod était avec Ragga Dub Force. Il y a d'abord eu le clash Mr Lézard VS Azrock (REP) où Lézard partait avec l'avantage des paroles, mais AZR, avec son expérience de soundman a retourné la chose à son avantage et a gagné ce premier clash. Quant à Yod et Nuttea... Nuttea avait un petit avantage sur les textes et il était plus technique et plus moderne dans le style. Avantage qui s'est réduit lors de la confrontation jusqu'à ce que Yod dérape un peu niveau paroles et là Nuttea a pris le dessus jusqu'à la fin et il a logiquement gagné ce clash devenu mythique.Même si vous n'êtes plus aussi actifs et visibles que dans les années 90/début 2000, Stand Tall existe toujours. Quelle est l'équipe actuelle ?J'ai quitté Paris pour le sud de la France (Toulouse) il y a environ sept ans. Mais je suis toujours le selector et Tip Top, l'opérateur du sound, est resté à Paris ; ce qui rend impossible de jouer ensemble en général. La dernière date qu'on a faite ensemble c'était l'hommage à Don Lickshot organisé par Féfé Typical à Paris en 2012. On a aussi subi le même changement qu'en Jamaïque où les sounds ont perdu leurs crews de DJ's et chanteurs. Les artistes sont devenus des ''mercenaires'' qui passent de sound en sound selon la demande, ce qui est une conséquence directe de leur succès grandissant. Moi je suis de la génération où le selector ne parlait pas au micro, donc je garde cette vieille tradition, sauf en clash (rires). Aujourd'hui les selectors sont devenus des ''samplers'' pour certains et d'autres parlent plus que la musique, on dirait des VRP.Recrutez-vous encore des membres ?On n'a jamais vraiment recruté en fait. Les gens venaient d'eux-mêmes nous solliciter. Le dernier en date à nous avoir rejoints c'est Iko Tuff. J'ai réalisé un street album pour lui (Stand Tall play Iko Tuff), mais malheureusement on n'a toujours pas eu l'occasion de jouer ensemble en live à cause de la distance et des conditions pour jouer.Quelles sont vos activités actuelles ?On a une émission de radio hebdomadaire partagée avec Bam Salute sur campus FM Toulouse avec rediffusion sur Reggae.fr, et des soirées mais rarement sur des grosses sonos malheureusement.Regrettes-tu " la grande époque " des sound systems ?Ce que je regrette ce sont les conditions sound system : encore une fois la fameuse sono.L'identité du sound est-elle toujours la même aujourd'hui ?Je pense que oui, c'est toujours le même selector depuis le début (rires). Je joue toujours en vinyles essentiellement pour des questions de qualité, mais il y a de moins en moins de sorties vinyles depuis l'arrivé du mp3. J'ai déjà joué en mp3 au début des années 2000 en sound, mais j'ai laissé tomber, en plus le dancehall moderne m'attire de moins en moins. Pour moi c'est trop inspiré par le rap US commercial. A l'époque, on était toujours au top niveau nouveautés (disques) depuis 1993. Maintenant beaucoup moins forcément (rires). Donc j'explore plus en arrière dans le temps dans les titres qui m'ont fait découvrir le sound system. Forcément c'est plus 80's rub-a-dub ou early digital, des titres que souvent je connaissais déjà, mais que je n'avais jamais joué auparavant. C'est comme des nouveautés pour moi.Cuttez-vous toujours des dubplates ?Occasionnellement. On n'a jamais payé pour des dubs français. Les artistes étaient fiers d'être joués par Stand Tall. Mais finalement, on n'a pas tellement de dubs français car tu pouvais entendre nos artistes et des invités en live dans nos soirées. Les dernier cuts français que j'ai faits c'était avec Tiwony, en échange de la mixtape que j'ai réalisée pour lui (Pliss Roots) fier lui aussi de poser pour Stand Tall, le sound de son mentor Féfé Typical. J'ai cutté peu de Jamaïcains ces dernières années, uniquement des connexions que j'ai faites en direct avec l'artiste quand celui-ci était raisonnable niveau tarif, ce qui devient très rare avec des noms connus.Comment avez-vous évolué dans l'enregistrement des dubplates ? On a généralement enregistré les dubs dans notre studio depuis le début, que ce soit des artistes jamaïcains ou français. On recherche des conditions vocales comme pour un single (mais avec moins de temps forcément). Si l'artiste galère (trop de drops), il y a peu de chance que le dubplate aboutisse. On a compris que la motivation autre que financière de l'artiste était un plus pour la qualité des dubplates, donc rencontrer et échanger avec l'artiste est très important.Cuttez-vous des dubplates par correspondance ?Il m'est arrivé d'en faire mais avec des contacts solides. Généralement l'artiste lui-même ou quelqu'un de très proche. Mais je préfère être présent. Je suis du genre à couper sec l'enregistrement lorsque ça ne me plaît pas.Cuttez-vous toujours des dubplates de clash ?Depuis la rencontre contre les Italiens de One Love en 2001, j'ai compris que le clash de haut niveau était une affaire de gros sous, donc j'évite de plus en plus les textes clash puisqu'on ne prévoit plus de participer à des clashes. Si je pars en clash, c'est pour finir sur le podium européen au minimum ! Et je n'ai pas les moyens. Mais si un clash de 45T se prépare, je suis partant !Y a-t-il un sound contre lequel tu aimerais clasher ?Je ne crois pas. Il y avait Blues Party avec Nono qui nous provoquait régulièrement vers 1994 devant les boutiques de disques comme Blue Moon. Il nous chambrait : " alors les clasheurs quand est-ce qu'on clash ensemble ? " (Nono voice). Mais nous avions d'autres priorités à ce moment-là. Heureusement pour eux d'ailleurs car une défaite à cette époque aurait freiné le parcours de clash qu'ils ont eu par la suite je pense. Depuis la chose est faite mais sans Nono malheureusement (REP) en 2013. Et on a gagné !Les dubplates clash ont-ils un sens pour toi dans une danse régulière ?Disons que le dubplate pour moi fait partie de l'identité du sound. Donc oui mais pas avec des paroles clash toute la soirée. Juste un segment parce que le clash fait partie de la culture, sinon je trouve ça ridicule. C'est comme si tu clashais un sound invisible.Que représente la culture clash pour toi ?C'est une culture qui fait partie du sound system depuis toujours, la forme a juste changé au fil du temps. Ces titres personnalisés n'existent qu'en reggae. etAgrave; la base c'est pour attirer plus de public, une concurrence positive qui fait progresser tout le monde, mais qui peut dégénérer parfois comme dans le sport, c'est humain. C'est pour ça que je kiffe les 45Ts sur le thème du sound.Quel est ton meilleur souvenir en clash ?La rencontre avec One Love en Italie. C'était notre premier clash bien payé et à l'étranger en plus !Ton pire souvenir en clash ?C'était aussi One Love parce qu'on a bien perdu, même si l'expérience était enrichissante.Quels sont les sounds internationaux qui t'inspirent le plus et pourquoi ?Stur Gav c'est pour moi l'école des sounds et Jaro l'école bis. Jammy's est aussi une référence pour l'ensemble label/riddims/sono et crew d'artistes. Il y a aussi Stone Love, les boss du juggling avec Rory, un selector légendaire, certainement le plus grand. Et enfin Silverhawk, le sound de Steely (REP), un wicked sound avec ses fameuses intros de dubplates. Toute une époque !Aujourd'hui, selon toi, qui est le sound Netdeg;1 dans le monde ?Choix difficile : Rodigan, Downbeat, Mighty Crown, Jaro ? Il faudrait organiser un clash entre les quatre pour savoir qui est le meilleur.Et en France ?Je ne suis plus trop les sounds français depuis Toulouse, même si avant non plus (rires). Sans trop réfléchir je dirais Soul Stereo à cause de leur box.Quels sont tes trois dubplates favoris ?Je vais en donner cinq ! Buju Banton : Destiny, Cornell Campbell : Watch this Sound, The Heptones (Barry Llewellyn ) : Fight to the Top, Earl Sixteen : Love is a Feeling et Nuttea : Compétition.Tes trois riddims favoris ?Le Real Rock qui a enrichi Studio One, le Sleng Teng qui a fait passer Jammy de Prince à King et le Darker Shade of Black, superbe adaptation des Beatles par Jackie Mittoo, le maître.Quel est LE dubplate qui manque à votre box et que vous ne pourrez jamais avoir ?Dennis Brown. Lequel je ne sais pas, il y en a tellement !Des projets ?Maintenant que tu me poses la question, je vais réfléchir à quelle pierre de plus je pourrais apporter à l'édifice... si c'est possible.
Source : reggae.fr | 2018-07-12 02:00:00.0
Il y a tout juste un mois, le très talentueux Blundetto nous livrait un album fait de rêveries et de poésie, toujours accompagné de ses protégés Biga Ranx et Jahdan Blakkamoore. Mais de nouvelles têtes ont fait leur apparition sur ce nouvel opus Slow Dance, et pas des moindres : Ken Boothe, Little Harry et Cornell Campbell. Le programmateur de Radio Nova dévoile un quatrième album de haute facture à l'univers cotonneux, mélancolique et vaporeux. On en parle avec l'intéressé...Reggae.fr : Comment t'est venue l'idée de ce quatrième opus ?Blundetto : J'ai commencé à regrouper des morceaux l'été dernier. A la base j'avais seulement quelques tracks, donc je voulais faire un EP plutôt dub. Puis, à la fin de l'été tout s'est enchaîné : j'avais le vocal de Ken Boothe pour le morceau que j'effectuais sur la compile des dix ans d'Heavenly Sweetness, puis Biga Ranx m'a appelé en me disant qu'il avait un Cornell Campbell pour moi. D'ailleurs c'est rigolo cette histoire parce que c'est un peu une surprise. A la base, l'instru je l'avais donnée à Biga pour son album 1988, mais en fait il l'a gardée pour faire poser Cornell Campbell dessus. Petit à petit, moi, de mon côté, j'ai retrouvé des vocaux et des intrus, et je me suis vite retrouvé avec treize ou quatorze titres. Plutôt que de faire un EP, j'ai préféré partir sur un album avec moitié de vocaux et moitié d'instrus. L'album s'est fait d'autant plus vite après avoir vu une vidéo de Brésiliens qui dansaient sur l'une de mes musiques, Above the Water, en mode " slow dance ". J'ai découvert que dans certaines soirées au nord-est du Brésil, les gens dansaient comme les slows des années 60 mais dans des sound sytems reggae. etCcedil;a m'a fait halluciné qu'ils s'approprient ce genre de musique de cette façon-là. C'est cette vidéo qui a dessiné le nom de l'album et son orientation finale.En tant que producteur, essayes-tu de faire passer un message avec ce nouveau projet ?Ce n'est pas vraiment une musique avec un message que je fais, mais plutôt une musique à émotion je pense. Je ne dis pas que je ne suis pas sensible aux messages de certains courants musicaux comme la funk ou la soul, mais personnellement j'aime la musique quand elle me procure des émotions quelles qu'elles soient. Je peux autant triper sur de la variété française que du dancehall jamaïcain. J'aime que ça provoque quelque chose chez moi, une envie de danser, une envie de me lever ou de pleurer. " J'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement " Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette superbe pochette ?J'avais fait les trois premiers albums avec Pico, un artiste qui vient du graff, et j'aurais adoré continuer avec lui, mais étant donné la tonalité de l'album et des sons qui font un peu un pas de côté par rapport au reggae classique, j'avais envie que ce visuel soit dans la même veine. La pochette s'est faite en famille. Je suis tombé sur les visuels de la femme de Biga Ranx, Teuga, sur Instagram, et j'ai adoré ce qu'elle faisait. Je lui ai donc demandé si elle se sentait de me faire une pochette. Après lui avoir envoyé les sons, elle a beaucoup aimé et m'a proposé trois visuels différents de collages. Sur ces trois propositions, j'en ai utilisée une comme pochette pour l'album, une autre comme un poster dans le CD et la dernière comme visuel pour le numérique. J'avais envie que les artworks aillent dans un univers un peu plus poétique, un peu plus doux contrairement aux visuels d'avant qui étaient légèrement bad-boys, plus inspirés du tattoo. Là j'avais envie qu'on retrouve un côté plus cotonneux, voire rêveur.On sent que musicalement tu sors du reggae comme dans tous tes albums, tu vas chercher dans la soul, le wave vapor, le hip-hop. Est-ce important pour toi d'aller toujours hors des sentiers battus ?Au-delà du fait que ce soit important, c'est comme ça que j'ai toujours considéré la musique. C'est grâce à mon expérience en tant qu'animateur chez Nova. Il y avait une espèce de liberté totale pour jouer tous les courants musicaux que l'on voulait. Même si on trouvait un truc en country qui déchirait, on le passait. Il y avait ce côté où il fallait fouiner de partout, écouter vraiment tout. Tout ça je l'ai gardé quand je me suis mis à la prod, j'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement.As-tu travaillé sur Slow Dance de la même manière que sur World Of ou Warm my Soul ?Oui, exactement de la même façon, même si ça ne sonne pas pareil. On peut avoir l'impression que Slow Dance sonne plus synthé. Tout est enregistré en analogique avec de vraies batteries, de vraies guitares, de vraies basses. C'est simplement qu'au mix on a mis un peu plus de " sirop " dans ce dernier album. Et sur cet opus j'ai presque tout joué en solo, à part sur le titre de Ken Boothe où ce sont des potes à moi qui jouent. La petite nouveauté sur l'album c'est un clavier OP1 qui n'était pas sur les albums précédents et qui pour moi a amené une nouvelle couleur. C'est un instrument que j'adore car il reste analogique et il apporte du souffle tout en restant un peu crado. On arrive à faire des choses pas communes avec cet appareil. J'ai tapé toutes mes démos avec ce clavier.Il y a justement un morceau en clin d'oeil à ce clavier, OP1 Home Again, n'est-ce pas ?Complètement, ça fait trois ans maintenant que je l'ai. Cette machine avec son nom m'intriguait. Puis un moment j'ai detucirc; souvent prendre le train, j'ai donc décidé de trouver un instrument pour composer dedans. L'histoire du titre OP1 Home Again c'est que j'ai detucirc; m'en séparer l'été dernier. Il est parti en vrac à force de trop taper dessus comme un malade. Du coup je l'ai renvoyé chez le producteur en Suède, mais le colis s'est perdu. Finalement quelqu'un l'a retrouvé, me l'a réparé gratis et me l'a renvoyé. Le retour de l'OP1 à la maison c'était un peu comme la naissance de mon troisième enfant.Comment as-tu choisis les artistes avec qui tu as collaboré ?Il n'y a pas vraiment de choix. C'est-à-dire que je décide au fur et à mesure de mes envies. Je ne calcule pas. Je ne me suis jamais dit que je voulais un tel ou une telle sur mon prochain album. Je ne pense pas comme ça, je fais plutôt les morceaux à l'envie. Par exemple Damé, je les ai rencontrés alors que j'avais fini l'album, et en écoutant j'ai eu un flash total sur la voix d'Eva et la prod. Je leur ai donc fait de la place pour les accueillir sur mon album. Ce sont des rencontres musicales qui m'influencent, des choses que j'entends, qui me donnent envie de faire des morceaux avec quelqu'un.Ken Boothe signe une belle reprise du titre Have a Little Faith à la base chanté par Nicky Thomas. Comment s'est déroulée cette collaboration ?La rencontre avec Ken Boothe vient de la compile du label Heavenly Sweetness, pour leurs 10 ans. Mon boss Franck Décolon me dit : " Pour faire la compile, je vous paye un featuring avec qui vous voulez ". Au même moment j'avais des potes en Jamaïque, je leur ai donc demandé de rencontrer Ken Boothe pour moi afin d'essayer de lui présenter le projet, pour savoir si ça l'intéressait. Au final tous les indicateurs étaient au vert donc j'ai même récupéré son numéro de téléphone. Je l'ai appelé une première fois, je suis tombé sur sa messagerie mais rien que la voix de Ken Boothe ça m'a mis les genoux en compote. Bref, j'ai balbutié un message dans un mauvais anglais jamaïcain et puis je l'ai rappelé et il m'a répondu. Là c'était énorme, je lui parle du morceau et tout de suite il reconnaît le riddim, il me dit : " ah mais oui je connais c'est un morceau de Nicky Thomas ". Directement il avait fait le lien, pourtant Have a Little Faith n'est pas un énorme classique du reggae. Ken Boothe c'est l'un de mes chanteurs jamaïcains préférés et je savais qu'il ne l'avait jamais chanté. J'étais vraiment content de pouvoir faire ce morceau-là avec lui. C'était une occasion à ne pas rater, d'habitude je suis plutôt timide, mais là pour Ken Boothe j'ai fait abstraction de cet aspect (rires).Tu nous disais que c'est Biga Ranx qui avait fait poser Cornell Campbell sur Good Ol' Days. Le titre était-il prévu pour lui à la base ?Oui, j'avais envoyé l'intru à Biga et je pensais qu'il l'avait mis de côté, mais il avait en tête de me faire une surprise. Un jour il m'appelle et me dit : " Tu as été sage cette année ? C'est le père Noeteuml;l " et je lui réponds : " J'ai carrément été sage, super sage même ". Et il me dit : " Bah voilà je t'envoie ton instru avec Cornell Campbell et Little Harry dessus. " C'était même pas Noeteuml;l, c'était en septembre je crois. C'est un vrai cadeau, d'un vrai monsieur.Biga Ranx est encore très présent sur cet album. Quelle importance a-t-il pour toi ?Il fait partie des personnes super motivantes car inspirantes. J'adore lui proposer des trucs. Dès que j'ai un nouveau riddim, je lui envoie pour avoir un retour de sa part. etCcedil;a motive et puis on est sur la même longueur d'ondes mais pas que, puisqu'il se penche aussi sur des sons plus hip-hop. On se ressemble mais avec nos petites différences. C'est vrai qu'on aime tous les deux le coté cloud et vaporeux sur les prods.Jahdan Blakkamoore est aussi sur deux titres, ce n'est pas la première fois que vous travaillez ensemble. Qu'est-ce que tu aimes chez lui ? Pourquoi l'inviter si souvent sur tes productions ?Je crois que j'aime son efficacité. J'adore ses premières prises. Il est un peu sous-estimé mais je pense que c'est un super auteur. Il écrit vraiment bien et puis c'est propre ce qu'il fait. Je suis admiratif de Jahdan. Son album, qui date de dix ans peut-être où il y avait le son The General, je n'arrête pas de l'écouter, il fait partie de mes classiques. Pourtant c'est un album dont pas grand monde n'a parlé.La moitié des titres sont des instrumentaux purs. etCcedil;a représente quoi pour toi l'instrumental ?etCcedil;a représente vraiment ce que je sais faire. C'est-à-dire que des fois j'arrive à faire une instru qui fonctionne en tant que telle. Il n'y a pas besoin de voix. Elle raconte déjà une histoire et provoque une petite émotion, en tout cas pour moi. L'instru c'est la base de ce que je sais faire et les vocaux c'est la troisième dimension. J'invite quelqu'un pour qu'il mette en relief mon instru parce qu'elle ne marche pas en tant que telle et que j'ai envie qu'elle devienne une chanson. J'adore les deux exercices, j'adore jouer tout seul, et j'adore les proposer pour faire des chansons. Je ne me vois pas faire que l'un ou que l'autre.On imagine que le titre Satta est une référence au Satta Massagana des Abyssinians, n'est-ce pas ?Exactement. etAgrave; la base j'avais enregistré toutes les percussions qui marquaient le rythme nyabinghi, sur le tempo original du Satta Massagana, non pas la version des Abyssinians mais celle de Cedric Brooks qui tire plus vers le jazz. Et un jour un pote contrebassiste est venu chez moi. etAgrave; la base je voulais faire cette cover de Cedric Brooks, mais au final on a dérivé. On n'a même pas enregistré sa contrebasse mais on s'en est servi pour faire des percussions. Au final j'ai construit l'instrumental autour des percussions de tambour et de la contrebasse.C'est un morceau qui est né de plusieurs expérimentations au final ?Oui carrément, mais c'est comme ça pour tous mes morceaux. Je fais des essais, des erreurs, je me lance dans des trucs et j'aime repérer quand il y a des sonorités qui marchent. Par exemple je peux enregistrer un quart d'heure de batterie sur une idée de tempo et je vais aller chercher dans ce quart d'heure juste le moment qui m'intéresse.Dans ce nouvel album, on a l'impression que l'atmosphère est encore plus vaporeuse que les précédents avec des tempos très lents et des sonorités chaudes qui donnent l'impression d'être enfermé dans une bulle où le temps s'arrête...Ce n'était pas le but, mais au mix on voulait pousser la création artistique le plus loin possible. Par exemple History Dance c'est le même riddim que Good Ol' Days. C'est peut-être ça qui crée cet effet de bulle, mais il n'y avait pas de calcul.Quelle est ta plus grande fierté dans ce nouveau projet ?Je crois que c'est la vidéo des Brésiliens. On a tourné un clip là-bas pour le morceau Good Ol' Days. Je ne sais pas si on peut parler de fierté, mais en tout cas ça m'a réellement touché qu'il y ait autant de gens là-bas qui se mettent à triper sur un truc qui n'a pas spécialement été pensé pour ça. Eux-mêmes ils font un pas de côté par rapport aux soirées. Ils amènent une sorte de douceur avec leur slow dance corner. Maintenant je me dis que ce serait trop bien que dans des festivals il y ait des dub corners qui soient tranformés en slow dance corners. Pour en avoir parlé avec des Brésiliens, ils m'ont dit que c'était une expérience assez mystique, parce que le moment que tu passes à deux c'est un moment hors du temps, un peu en méditation. C'est une autre expérience du sound system, une idée de transe lente. Tu nous avais parlé d'une librairie musicale en ligne il y a quelques mois. Tu bosses toujours dessus ?C'est marrant parce que c'est aussi en train de devenir un album, tout comme l'EP qui est devenu Slow Dance. Depuis qu'on en a parlé j'ai avancé sur les différents morceaux et aujourd'hui il y a douze titres qui sont là. Je me dis que c'est quand même chouette de pouvoir les proposer avec un visuel. Puis faire un album c'est un moment super. Ce nouveau projet n'aura rien à voir avec Slow Dance, mais tirera plus vers de la musique de film. Il sortira fin 2018, début 2019.Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?Le dernier album sur lequel j'ai tripé c'est celui de Pusha T, Daytona. Sinon j'écoute toujours beaucoup de oldies.
Source : reggae.fr | 2018-06-26 02:00:00.0
Max Guiguet est avant tout un passionné de musique. Entré en tant que stagiaire chez Radio Nova, il en ressort 20 ans plus tard en y étant devenu programmateur musical. Durant toutes ces années, il enrichit sa culture musicale, commence à s'essayer au mix et à la production et sort en 2010 un premier essai sous le nom de Blundetto (Bad Bad Things) qui le fait connaître du grand public. On y découvre alors un paysage musical ne ressemblant à aucun autre, savant mélange de reggae, electro, soul, et tellement d'autres styles différents. Un univers qu'on avait ensuite retrouvé avec plaisir en 2012 avec Warm My Soul puis en 2015 avec World Of.Blundetto nous présente aujourd'hui son quatrième album, Slow Dance. Un opus fait de tempos lents et de sonorités chaudes qu'on était impatients de vous faire découvrir. Comme à son habitude, l'artiste a su s'entourer : on retrouve plusieurs habitués de ses productions comme Jahdan Blakkamoore qui ouvre l'album avec le titre éponyme, donnant le ton en nous entraînant dans une danse douce et sensuelle. La chanteuse du duo Damé avait également déjà collaboré avec le producteur. Elle vient apporter une touche de féminité à cet opus avec Story Never Told.Blundetto nous propose aussi de nouvelles collaborations, faisant appel à des légendes jamaïcaines comme Cornell Campbell et Little Harry sur le tellement tranquille Good Ol' Days ou encore à Ken Boothe qui vient poser sa voix inimitable sur le riddim tout en douceur de Have a Little Faith. On apprécie particulièrement les morceaux purement instrumentaux hyper travaillés qui ponctuent l'album comme OP1 Home Again, Chamber Dub, ou le sublime Satta. Proche de Biga Ranx et de la bande à Brigante Records, Blundetto nous avait déjà montré sa maîtrise du vapor dub en participant à plusieurs titres de l'album 1988, notamment le hit Liquid Sunshine. Il poursuit sur cette voie avec History Dance où la voix de Kid Charlemagne, robotisée à grands coups de vocoder, semble flotter sur une instrumentale brumeuse à souhait, pour finir avec le maître du genre, Biga Ranx dont le chant toujours plus torturé par les effets se colle à merveille au riddim vaporeux de Pontus Pilates.Avec Slow Dance, Blundetto nous livre un album plus que réussi, conçu comme une bulle où le temps se serait arrêté, nous incitant à ralentir le rythme dans un monde où tout semble aller trop vite. Un opus parfait pour se poser un peu au soleil alors que l'été arrive à grands pas.Tracklist :1. Slow Dance Ft Jahdan Blakkamoore2. Good Ol' Days Ft Cornell Campbell et Little Harry 3. My Weed My Queen Ft Lord Sandwich4. Passed The Worst Ft Jahdan Blakkamoore5. OP 1 Home Again6. Have a little Faith Ft Ken Boothe 7. Colombette8. Story Never Told Ft Damé9. Chamber Dub 10. History Dance Ft Kid Charlemagne11. Satta 12. Pontus Pilates Ft Biga Ranx
Source : reggae.fr | 2018-05-30 02:00:00.0
Si vous n'avez jamais dégusté un bon rhum cubain au soleil, accompagné d'un doux spliff, nous avons la solution pour parvenir aux mêmes sensations : l'écoute intensive du dernier projet du grand producteur australien Mista Savona : Havana Meets Kingston. En quelques mots, un savant mélange de deux cultures, pourtant proches et lointaines à la fois, sans sucre ajouté, qui vous transportera instantanément dans les Caraïbes.Il est difficile de ne pas s'étaler sur un projet d'une telle envergure tant il déborde d'audace, de réussite, de bons musiciens... tout simplement car il est unique en son genre. Bien que Mista Savona n'en soit pas à son coup d'essai (après Melbourne Meets Kingston) l'innovation maîtrisée de l'opus démontre un savoir-faire imparable.Que ce soit au niveau des musiciens, compositeurs ou interprètes, les grands noms de chaque milieu et origine se bousculent sur cet album. On compte, par exemple, les légendaires Ernest Ranglin, Sly et Robbie, ou encore Prince Alla, Bongo Herman, Bo-Pee, Lutan Fyah, Cornell Campbell, Leroy Sibbles, Randy Valentine, Cali P, Turbulence pour représenter la Jamaïque, lesquels côtoient Changuito et Barbarito ou Rolando Luna, Frank Solis... la liste est longue aussi du côté cubain. Ce sont au total soixante musiciens que Savona a su réunir pendant dix jours pour réaliser ce projet réussi.Havana Meets Kingston offre, au long de l'écoute, quelques instrumentales à couper le souffle notamment 410 San Miguel avec Ernest Ranglin. Le son est parfait, on n'en est pas étonné quand on sait que le projet a été enregistré au Studio Egrem à La Havane. Carnival featuring Randy Valentine et Solis, respirant le soleil et la fête, représente parfaitement le mélange des deux univers et est devenu un hit avant même la sortie de l'album. Les reprises sauce reggae des classiques cubains Chan Chan (dont l'original revient à Compay Segundo), Candela ou encore El Cuarto de Tula - tous ayant connu une seconde vie avec le succès international de Buena Vista Social Club à la fin des années 90 - apportent de belles surprises. A la réciproque, la reprise du riddim de Bob Marley Positive Vibration sur le morceau Vibracion Positive est très bien menée. Pour le reste, certains morceaux plus salsa comme La Sitiera ou In the Ghetto répondent à des morceaux plus roots, reggae dans le style et l'énergie comme le magique 100 Pounds ou le puissant new roots Heart of a Lion. Difficile de vous en dire plus sans trop dévoiler les secrets d'un projet qui rend un hommage mérité à deux cultures débordantes de richesses.Tracklist :01. Chan Chan Feat. Maikel Ante, Félix Baloy, Solis et Eugenio Rodretiacute;guez02. Carnival Feat. Solis et Randy Valentine03. Interlude (El Cuarto Intro)04. El Cuarto de Tula Feat. Maikel Ante, El Medico et Turbulence05. 410 San Miguel Feat. Ernest Ranglin06. 100 Pounds of Collie Feat. Cornel Campbell, Leroy Sibbles, Prince Alla, The Jewels, Cali P, Lutan Fyah et Exile Di Brave07. Candela Feat. Solis et Randy Valentine08. In the Ghetto (Where We're From) Feat. Aza Lineage et Birdz-I09. Vibracietoacute;n Positive Feat. Randy Valentine et Anyilena10. Heart of a Lion Feat. Lutan Fyah, I-Maali, Brenda Navarrete et France Nooks11. Trumpet Interlude Feat. Julito Padretoacute;n12. Carnival Horns Feat. Julito Padretoacute;n13. La Sitiera Feat. Beatriz Metaacute;rquez et Rolando Luna14. Dubwise Feat. France Nooks et Prince Alla15. Row Fisherman Row Feat. Prince Alla
Source : reggae.fr | 2017-11-09 01:00:00.0