Didier Awadi

Origine : Sénégal
Instrument :
Styles : Rap

Didier Awadi : discographie

Didier Awadi - Un autre monde est possible album cover Album : Un autre monde est possible
Année : 2005
Didier Awadi - Kaddu gor album cover Album : Kaddu gor
Didier Awadi - Sunugaal album cover Album : Sunugaal

Actualité de Didier Awadi

En faisant l’état des lieux dans le mouvement hip hop, Malal Almamy Talla alias Fou malade, président de G Hip hop, note une renaissance du mouvement en termes d’organisation, de structuration. Ainsi, il appelle l’Etat du Sénégal à prendre davantage conscience des énergies nouvelles qui s’expriment à travers cet univers artistique, en vue de les accompagner à jouer pleinement leur rôle dans le développement. Dans cet entretien, il manifeste toute sa satisfaction liée à la mise en place du Fonds de développement des cultures urbaines par l’Etat du Sénégal.
Quel est l’état des lieux dans le mouvement hip hop au Sénégal ?
En tant que Malal Almamy Talla Alias Fou malade, dirigeant du Mouvement Guédiawaye Hip hop, je suis très content de parler des cultures urbaines, de Hip hop de manière globale. Car, il faut préciser que les cultures urbaines, c’est l’appellation politique du hip hop. C’est quand les politiques ont voulu donner un contenu politique au hip hop, autrement dit quand ils ont voulu négocier et accepter le Hip hop pour le justifier, qu’ils l’ont appelé ainsi. Mais nous, nous l’appelons Hip hop. C’est cette culture qui nous a élevé et balisé le terrain. Elle nous a poussé à la quête de la connaissance. Elle a produit en nous la self-confidence (confiance en soi). C’est cette culture qui nous a appris qu’on peut devenir des entrepreneurs. Qu’on pouvait partir de zéro pour devenir plus tard des héros. En ce qui me concerne, j’ai commencé en 1994 avec le groupe African. La première génération du Hip hop, c’est avec Didier Awadi, les Positive Black Soul, Kocc Barma de Max Crazy, Gnoul Té, Rapadio, Pee Froiss, Daara-J. Il y a ensuite la deuxième génération. Je crois que j’en fais partie, c’est Keur-Gui, 5ème Underground, Simon, avec Ti Grim B, Underground PA, Diwaniz, Wa Guëbleu, Gaston, etc. Il y a ensuite la troisième génération. Le travail de la première génération a consisté à installer le Hip hop. Quand ce mouvement est venu au Sénégal, il était tellement stigmatisé par la société sénégalaise qui peinait à l’accepter comme forme d’expression. Car, les gens disaient qu’il venait des Etats-Unis, il était insolent, que ses acteurs portaient des pantalons tellement longs. Tout un tas de clichés et de stéréotypes. Cependant, les messages que les hip hoppeurs lançaient étaient très forts. On se souvient de ce « Ceci n’est pas normal », « Atayaa » du Pbs, Daara-J, Pee Froiss qui était le groupe le plus engagé. L’arrivée de Rapadio a aidé à rendre le rap beaucoup plus wolof et plus proche du langage urbain. Ces groupes ont beaucoup travaillé à sensibiliser les jeunes. C’est pourquoi, en 2000, énormément de jeunes sont allés voter. Ce travail a été parachevé par des groupes comme Keur-Gui, Bat’Haillons Blindé, Fuk’N’Kuk, etc., pour arriver à créer ce qu’on appelle le mouvement « Y en a marre ». Les deux générations ont donc travaillé sur des textes très sociaux, en lien avec la société. Aujourd’hui, la troisième génération parle de Bling Bling, d’argent.

Sur le plan musical, qu’est-ce qui a bougé ?
D’un point de vue musical, énormément de choses ont changé et on assiste, en même temps, à la structuration du Hip hop. C’est-à-dire que ce que le Hip hop avait perdu avec la deuxième génération, la troisième est en train de le rattraper car les hip hoppeurs prennent le Grand Théâtre, Sorano, la Place du Souvenir, le Monument de la Renaissance, bref, le Hip hop mobilise. Les acteurs du hip hop sont très présents dans les réseaux sociaux, travaillent avec les nouvelles technologies, etc. On assiste à la création de centres sociaux dédiés au hip hop comme Africulturban, la Maison de la Culture urbaine, Guédiawaye Hip hop, etc. Il y a eu tellement de dynamiques. On assiste à une renaissance en termes d’organisation et de structuration mais aussi en termes d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, la nouvelle génération parle d’argent, d’économie, etc. Au début, tout le monde voulait devenir rappeur. Même les fans voulaient et finissaient par devenir rappeurs. Nous sommes arrivés à un moment où les gens ont compris que le Hip hop comporte différents métiers, le Hip hop et ses dérivés. Il y a des opportunités de formations offertes par G Hip Hop, Africultururban, la Maison des cultures urbaines qui se trouve à Ouakam. Il y a la vidéographie, la photographie, le management. Au début, il n’y avait pas de possibilités d’apprendre le management. Aujourd’hui, il y a des formations qui sont offertes autour de ces différentes branches du Hip hop. Cela offre énormément d’opportunités et il y a une interaction entre les jeunes Sénégalais et les autres. Les groupes dont on rêvait, on les voit à travers les festivals comme Festa2H, et puis les jeunes voyagent, etc. Ils vont au Mali, au Burkina Faso, au Maroc, au Cameroun. Grâce à ces événements que nous organisons, les jeunes entre-agissent, ce qui débouche à une coopération Sud-Sud. A l’image de la Cedeao, les jeunes se retrouvent grâce au Hip hop et discutent de migration, de radicalisation, etc.

Quels est le levier à activer pour davantage valoriser le Hip hop ?
Le levier à activer, c’est ce que l’Etat a compris en mettant en place le Fonds de développement des cultures urbaines. En 2012, « Y en a marre » a mobilisé les jeunes, c’est ce que les politiques ont compris quand ils disaient que le Hip hop est un levier d’émancipation citoyenne. C’est ce qui a amené le président Macky Sall à mettre en place le Fonds de développement des cultures urbaines pour accompagner les initiatives qui sont prises dans le Hip hop, notamment l’information, la structuration, etc. Aujourd’hui, il y a nécessité de comprendre qu’au-delà de la couture, de la coiffure, des autres métiers, il y a les nouvelles énergies. Il s’agit du Hip hop. Le Hip hop ne s’apprend pas dans les centres de formation. Il est important que l’Etat fasse une politique d’ajustement, il doit tenir compte des mutations ; et les mutations, ce sont les nouvelles énergies. Il doit capitaliser toutes ces énergies afin de les accompagner.

Pensez-vous que la mise en place de ce fonds est pertinente ?
Bien sûr. La mise en place de ce fonds est très importante car elle a permis de faire bouger les choses à Mbirkilane, à Rosso et un peu partout. Car, dans toutes les localités, il y a un fonds sur lequel les acteurs culturels peuvent compter. D’autant plus que, ce fonds est super bien géré. Nous, nous avions déposé pour la structuration de G Hip hop et cela nous permet de gérer nos salaires et nos charges liées à l’eau, l’électricité, etc. Le centre est géré de manière autonome, même si nous nous sommes installés sur un espace qui appartient à la mairie. Mais, ça nous permet d’augmenter notre programmation. C’est-à-dire, si nous n’avions pas la possibilité de louer une sonorisation pour organiser un « sifer » tous les samedis à travers Woriba Champion style, donner du transport, on peut le faire maintenant. Ce fonds est très utile parce que quand on donne aux jeunes cette opportunité de se regrouper tous les samedis, on réussit à les capter. Peut-être qu’ils allaient se livrer à des occupations négatives, s’ils n’avaient pas cette possibilité. Seulement, en ce qui concerne la nécessité de promouvoir l’impact du fonds, c’est au gestionnaire de le faire. Nous sommes des acteurs culturels, certains ont souscrit pour la formation, d’autres pour l’entrepreneuriat, d’autres pour la mobilité, etc. A mon avis, la Direction des arts doit également jouer un rôle dans la promotion du fonds ou de son impact.

Le niveau de succès du Hip hop sénégalais vous satisfait-il ?
Bien sûr. Chaque génération s’impose et les générations précédentes refusent que les nouvelles générations les étouffent ou les pervertissent. Par exemple, Fuk’N’Kuk peut être considérée comme de l’actuelle génération, mais aussi, comme de l’ancienne génération. Car, c’est un groupe qui fait du rap pas du tout «bling bling», du rap «underground» très scotché aux réalités du moment. Et il remplit le Théâtre national Daniel Sorano, c’est agréable à regarder sur scène. Il refuse d’être perverti par ce qui se passe aujourd’hui. On retrouve ce Hip hop très diversifié. On peut retrouver du Dip dans le Hip hop sénégalais, mais également du Omzo Dollar, du Keur-Gui. Ce mélange permet d’équilibrer car si on n’a que du Fuk’N’Kuk ça devient monotone. Le rap sénégalais est connu pour son engagement social, son intérêt à la chose politique. Cet aspect a été valorisé par « Y en a marre » à travers le projet Citizen Mike. G Hip hop également le valorise à travers Jotayou Gokh-Yi, etc.

Et le Hip hop sénégalais se porte-t-il bien à l’extérieur ?
N’oubliez pas, quand on te dit que ta musique est connue de l’extérieur, c’est pour te demander si ton produit marche à l’extérieur. Les commerces, les labels, les maisons de disque sont de gros commerçants qui ne cherchent pas à vendre un discours, mais plutôt un style, un rythme. Maintenant, faut-il se pervertir pour vendre sa musique ou faut-il rester scotché aux réalités sociales ? C’est un choix. C’est comme si on me disait : Préfères-tu un Souleymane Faye qui pervertit son texte pour vendre sa musique ? Vendre à l’extérieur, ça dépend. Les Etats-Unis influencent tout le monde parce qu’ils sont nombreux. C’est un marché. En Afrique, c’est normal que le Nigeria influence tout le monde parce que c’est un géant, un pays géant économiquement, mais aussi sur le plan démographique. Ça aussi, ce sont des paramètres à prendre en compte.

Parlez-nous de vos projets…
Nous sommes concentrés sur G Hip hop qui est un centre de formation et de réinsertion aux métiers du Hip hop. Un centre qui essaie de répondre aux problèmes rencontrés par les jeunes et les acteurs du Hip hop dans la commune de Wakhinane-Nimzatt. On essaie de faire des événements, de faire bouger les choses. On essaie de lutter contre le désenclavement culturel en mettant en place un espace qui est disponible pour les populations, mais surtout pour les jeunes acteurs. On déroule des formations, des concerts et énormément de choses. Du 16 au 18 novembre, nous organisons un festival qui s’appelle Voice Thought. C’est un festival qui invite à donner la réflexion du Hip hop, les responsabilités des acteurs du Hip hop africain face à la radicalisation des jeunes. Il s’agit d’ateliers de DJing, de concerts, de panels à Dalifort, Guédiawaye, etc. Nous préparons également le festival Guédiawaye By Rap. Ce sera la quatrième édition qui va célébrer le Cinquantenaire de Guédiawaye. C’est important en termes de patrimoine de sensibiliser les jeunes sur la connaissance de leur localité. Sur le plan artistique, je prépare quelque chose avec mon acolyte Niagass, un album qui s’appelle « Ousseynou ak Assane ». C’est un album qui va sortir en 2018. Nous avons bouclé notre enregistrement. Nous étions en discussion avec Universal Afrique pour voir comment promouvoir cet album sur le plan sous-régional, africain et international.

LeSoleil Propos recueillis par Abdou DIOP

Source : xibar.net | 2017-11-05 10:23:00.0


Affaire Amy Collé : Awadi demande à Macky de pardonner

Lors du concert de Da Brains, vendredi, le rappeur Didier Awadi a plaidé pour Amy Collé Dieng. Demandant au chef de l’État d’accorder son pardon à la chanteuse. Awadi embouche ainsi la même trompette que la plupart des artistes qui se sont prononcés sur cette affaire
. Lesquels ont certes condamné les propos d’Amy Collé, mais n’ont pas manqué de demander pardon pour son compte. Dans un enregistrement audio diffusé sur le Net, la chanteuse taclait sévèrement le Président Macky Sall, poussant le bouchon jusqu’à lui adresser des injures et l’accuser d’avoir volé les élections législatives.
En garde à vue depuis la semaine dernière, Amy Collé devrait être présentée au procureur de la République ce lundi. Elle risque jusqu’à deux ans de prison pour offense au chef de l’État, notamment.

Source : xibar.net | 2017-08-07 13:31:00.0
Après avoir bu les paroles d’Alpha Blondy, la veille sur Canal +, Didier Awadi, rappeur aux multiples casquettes, a remis le couvert ce jeudi, toujours sur la chaîne cryptée, pour tirer les vers du nez à Youssou Ndour. Sous ses baggies d’interviewer, l’une des icônes du Pbs a placé la barre très haut, très vite. Il titille déjà les étoiles de la musique africaine. Après Blondy et You, difficile de monter plus haut.

Avec le leader du Super Étoile, ministre-conseiller du chef de l’État, il était question, vers la fin de l’entretien, de lister ses déceptions. Le chanteur fouille dans sa tête. Cherchant, visiblement, moins ses souvenirs que ses mots. La première déception tombe : « N’avoir pas réussi à imposer le mbalax sur l’international. »

Pour le leader du Super Étoile, il faut faire la différence entre le mbalax, genre musical qui ne fait pas rêver plus loin que le Sénégal, et la musique sénégalaise qui rayonne à travers la planète, grâce à ses figures comme Baba Maal, Ismaïla Lô ou Youssou Ndour.

La deuxième déception de You n’a rien à voir avec la musique. C’est l’élimination du Sénégal en quart de finale du Mondial-2002. Il estime que la victoire finale était à la portée de la bande à El Hadji Diouf. « Et ça allait changer beaucoup de choses pour le Sénégal, même au plan géopolitique », regrette-t-il, le regard posé très loin.

En tant qu’ancien ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour sait sans doute de quoi il parle.

Au moment de dire au revoir à Awadi, la star mondiale a accepté d’étaler ce qui le fait courir à près de 58 ans : le devenir de ses enfants. Véritable baromètre de sa réussite. Il laisse entendre que si ses enfants réussissent dans la vie, Youssou Ndour sera vraiment Youssou Ndour. Un modèle achevé de succès.

Source : xibar.net | 2017-06-22 15:33:00.0
http://www.xibar.net/video/
cheikh par sama-video-sn
Décès à 67 ans de Cheikh Tidiane Tall – Musicien de ces dames

(Dakar) Le décès hier, à l’âge de 67 ans, de Cheikh Tidiane Tall, va constituer une grande perte pour la musique sénégalaise, particulièrement pour les chanteuses.
Il n’aurait pu espérer mieux que de partir durant le mois où on célèbre la Femme. Décédé hier à l’hôpital Pasteur, des suites d’une longue maladie, Cheikh Tidiane Tall, 67 ans, sera, à coup sûr, regretté de l’ensemble de la profession musicale sénégalaise, plus particulièrement des divas qu’il a contribué à faire éclore.
Pourtant, l’aventure du guitariste, claviériste, arrangeur, producteur s’écrit d’abord au masculin, à l’amorce des années 80. Xalam, avec Prosper Niang, Souleymane Faye, puis Makhou Lébougui, Pape Djiby Bâ, les Touré Kunda… passent sous la rigueur de l’instrumentiste avec le succès que l’on connaît. En 1986, Cheikh Tidiane Tall qui participe à une réunion au Théâtre national Daniel Sorano, émet l’idée de faire une production avec une femme sur un plateau d’hommes. A l’époque, Kiné Lam fait un début fulgurant, avec l’album «Dogo» vendu à plus de 100 mille cassettes. Il n’en faut pas plus pour que l’instrumentiste de génie démarre une collaboration avec celle qui sera une des premières divas de la musique sénégalaise. Dans une de ses dernières interviews accordées à Allafrica.com, en septembre dernier, il déclare : «Avec l’expérience que j’ai eue, j’avais décidé de soutenir les femmes. J’ai voulu créer un concept ‘Tina and Ike’ africain. Donc avec Kiné Lam, il y a eu une superbe expérience. Nous avions commencé la collaboration avec «Balla Aïssa Boury». Ensuite, les albums «Gallas», «Lèergui», «Noreyni» ont suivi. Et je suis resté avec elle jusqu’en 1992. Le premier tradi-moderne que j’ai fait, c’est avec Kiné Lam, dans «Sunu Thiossane». Cette année marque la fin de la collaboration avec la chanteuse, mais pas avec les femmes. Cheikh Tidiane Tall a comme une envie viscérale de leur baliser le chemin dans un univers où leurs droits comptent très peu. Fatou Guéwel, Coumba Gawlo, Athia Wélé, Ndèye Ngom Bambilor, Ndèye Seck ‘Signature’, Dial Mbaye, Maty Thiam Dogo, Aby Gana… Elles se bousculent pour bénéficier de ses arrangements pour ce qui sera, pour la plupart d’entre elles, leur premier succès. «J’avais su que cette collaboration avec les femmes était une volonté divine. Grâce à Dieu, tous les morceaux que j’ai faits avec elles ont été des tubes. Je leur conseillais toujours de s’autoproduire. Parce qu’elles récoltaient beaucoup d’argent avec les produits qu’on faisait ensemble, mais elles ne le faisaient pas.»

Le dernier vœu musical
En 1998, Cheikh Tidiane Tall repart en Hexagone pour sept années, officiellement pour des raisons familiales. A Paris, il retrouve des membres de Xalam avec qui, il partage le projet de ressusciter le mythique groupe. Le projet tombe à l’eau, malgré une tournée en Espagne. L’instrumentiste qui profite de son séjour pour élargir sa palette musicale, n’a pas le temps de ruminer. Youssou Ndour s’essaie à son premier concert à Bercy et il n’a pas l’intention de laisser passer sa chance de jouer devant un aussi gros public. Il sort de l’épreuve avec un agenda overbooké, les musiciens le redemandent encore et encore. Lui souhaite travailler avec un jeune talent qui, déjà, bouleverse la hiérarchie de la musique sénégalaise. «J’avais promis à Ndongo Lô de travailler avec lui, à mon retour à Dakar, parce j’avais vu en lui d’énormes potentialités. Et techniquement, je lui avais expliqué comment nous allions travailler. Mais Dieu en a décidé autrement.» Tout comme avec sa collaboration avec Kiné Lam qu’il souhaitait rétablir.
Lorsque Cheikh Tidiane Tall revient à Dakar en avril 2005, il s’essaie d’abord au jazz. «Pour me faire plaisir», disait-il. Le groupe qu’il monte fait long feu, mais lui, qui a gagné à la gratte et à l’oreille, sa place de monument de la musique sénégalaise, a des choses à expliquer et des idées à la pelle : «Si on organise une table ronde et qu’on me dise d’appeler des musiciens, nous pourrions créer des divisions rythmiques et une musique pour nous-mêmes», «Je ne suis pas contre ce que font les jeunes, mais il faut qu’ils collaborent avec les anciens qui ont l’expérience», «Les gens suivent une mouvance qui est comme une boule tournant en rond. Parce que si Habib Faye et Jimi Mbaye, qui jouent depuis trente ans, remettent en cause la qualité du Mbalax, tel qu’il est produit, c’est parce qu’il y a problème», «J’ai dit depuis 1984 que le Mbalax ne suffit pas, sinon Youssou Ndour allait récolter cent disques d’or, pour avoir présenté le patrimoine sénégalais partout dans le monde». Avec 40 ans de professionnalisme rigoureux, le célèbre instrumentiste s’échinait, dernièrement, à remettre sur pied sa collaboration musicale avec Kiné Lam qu’il avertissait tendrement : «Si j’ai décidé de travailler à nouveau avec Kiné Lam, c’est parce que j’ai tourné la page sur beaucoup de choses. Mais il faut qu’elle se prépare, parce que c’est une femme.» Alité et affaibli, Cheikh Tidiane Tall n’aura plus l’occasion de défendre la cause des chanteuses. Décédé hier, à 67 ans, il sera inhumé aujourd’hui à Touba par ses pairs et pleuré par l’univers musical, au delà, par tout Sénégal.
L’OBS

Biographie de Cheikh Tidiane Tall

Compositeur, arrangeur, producteur, percussionniste (tumba), guitariste et claviériste né en 1946 à Dakar, au Sénégal, Cheikh Tidiane Tall aka “le maestro” fut membre, avec Idrissa Diop (percussions, voix) et Seydina Insa Wade (guitare, voix) entre autres, de Xalam 1, un orchestre fondé en 1965 par Sakhir Thiam (auteur, compositeur, guitariste, futur docteur d’État ès sciences mathématiques et président de l’Université Dakar Bourguiba). A la scission du groupe, Ndiouga Kébé, un riche homme d’affaires désireux d’ouvrir un night-club à Dakar, le Sahel, leur propose de créer une formation devant animer les nuits chaudes de son club et de les salarier. Ainsi naît en 1972 Le Sahel composé de Cheikh Tidiane Tall (guitare, claviers), Seydina Insa Wade (guitare acoustique, voix), Idrissa Diop (percussions, voix), Djigui Diabaté (batterie), Thierno Koité (saxophone alto et soprano, flûte), Mbaye Falla dit “Otis” (voix), Willy Sakho (basse), Alassane Ndoye (congas), Emmanuel Batta (trombone), Jean Ndiaye (trompette), Pape Djiby Ba (guiro, voix), René Cabral(voix)…

Ouvert à divers styles musicaux, Le Sahel propose une musique mêlant sonorités africaines (mbalax, musique pulaar (peule), musique mandingue), salsa, soul, blues, jazz, [rhythm’n blues>11598], funk, pop. Ce style sera gravé en 1975 dans leur unique album de six titres, Bamba (1975), dont un “Hommage à JPG – 14.9 koMbaye Fall” dit “Otis”, leur chanteur décédé, ou encore “Khandiou”, une magnifique chanson sur les orphelins, interprétée par Seydina Insa Wade et devenue un énorme tube au Sénégal. Ce groupe éphémère n’aura vécu que trois ans, et en 1978, c’est la scission… Deux ans plus tard, Cheikh Tidiane Tall et Idrissa Diopsont emmenés aux Etats-Unis par Jules Sagna de Radio Sénégal pour enregistrer, avec des musiciens cubains, l’album Orchestre Cheikh Tall et Idrissa Diope (Soumbouya Musique / Sonodisc – 1980), dont une version mbalax/jazz/pop du folklore sénégalais, “Massani Cissé”, et un morceau de Seydina Insa Wade, “Balba”.
Artiste incontournable de la scène musicale sénégalaise, le maestro Cheikh Tidiane Tall a collaboré en tant que guitariste, claviériste, arrangeur ou producteur, avec plusieurs groupes et musiciens aux styles divers : ses cadets de Xalam (Xalam 2) avec lesquels il tourne encore, Diouga Dieng, Laye Mboup, Ifang Bondi, Kiné Lam, Pape Djiby Ba, Orchestra Baobab, Pape Niang, Youssou Ndour, Souleymane Faye, Fatou Guéwel, Iba Ndiaye, Mati Thiam Dogo, Cheikh Tidiane Fall, Yakhya Fall, Tidiane Coulibaly, Dieuf Dieul, Maxou Lébougui, Didier Awadi, Aby Gana, Jean-Philippe Rykiel, Laye Thiam, Pape Dembel Diop, Pape Diouf, et bien d’autres encore…
Waxati
Après 15 ans de break discographique, le groupe mythique sénégalais Xalam (Xalam 2) est de retour en 2015 avec Waxati (« On en reparle » en wolof), un nouvel album plus aéré, avec des harmoniques plus longues, mais fidèle à leur style « afro-jazz », fusion de rythmes du terroir (sabar (mbalax), musique mandingue, musique peule, bougarabou et sahourouba diols, ndioup sérère…), jazz, rhythm’n blues, funk, jive sud-africain, et sonorités brésiliennes. Deux singles seront extraits de l’opus, “Kombitala” et “Nderaan” (feat. Pape Niang).
Enregistré au Studio 26 à Dakar (Sénégal) par le claviériste du groupe, Henri Guillabert, aux manettes, Waxati, album de 12 titres, est réalisé avec les autres membres de la formation actuelle, Ibrahima Coundoul « Brams » (voix, percussions), Moustapha « Tapha » Cissé (percussions, voix), Baye Moussa Babou (basse), Cheikh Tidiane Tall (guitare) et Abdoulaye « Ablo » Zon (batterie), et des invités, dont Pape Niang (voix), Didier Awadi et Duggy Tee (rap).
« Waxati » est aussi le nom de la société qui gère le patrimoine de Xalam.
Les 100 premiers tirages de Waxati sont des collectors, avec un bonus surprise et une dédicace de tous les membres du groupe.

Le guitariste du Xalam a été inhumé ce samedi à Touba, après la levée du corps à l’hôpital Principal de Dakar.

IGFM

Source : xibar.net | 2017-03-11 14:39:00.0
Ce qui se passe au Sénégal est vraiment inquiétant, si un citoyen révèle certaines vérités pour l’intérêt de tout le peuple, éveillant l’opinion publique et n’arrangeant guère le régime, risque d’être mis à la porte ou emprisonné , le cas de Ousmane Sonko, en est une parfaite illustration.
Diviser pour mieux régner est la règle d’or de tout gouvernement et le hasard n’existe pas, a-t-on l’habitude de dire mais s’agissant des deux Keïta, (Cheikhna et Nafi Ngom), il y a beaucoup de points communs qui les unissent. Monsieur et Madame Keïta, partagent la même cabale politique.

En effet, ils ont été demis de leurs fonctions après avoir divulgué dans la presse des secrets d’Etat liés à la Corruption et à la Drogue, il ne reste qu’ils soient déclarés Mari et Femme, devant le palais de la République, pour que toutes leurs histoires soient en apothéose.

Cheikhna Cheikh Keïta, ex-patron de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants(OCRTIS), était rendu célèbre par le scandale de la drogue qui avait touché la colonne vertébrale de la police Nationale, mais ne s’était pas laissé sacrifier par Macky Sall car il l’avait même cité dans l’affaire par ces termes : «je ne suis pas l’alter ego de Macky Sall. S’il n’était pas président de la République, il se serait mis au garde-vous, dès qu’il m’aurait aperçu de loin car je suis plus diplômé que lui et je suis le meilleur de tous les flics». La preuve, il avait tiré avec sa mitraillette sur la sonnette d’alarme, dénonçant certaines magouilles et combines tout en flinguant Niang et Pathé Seck.

Ce pendant, la radiation de Cheikhna Keïta avait même poussé Babacar Gaye à dire que le président, Macky Sall, n’est pas prêt pour la lutte contre la corruption.

S’agissant de Nafi Ngom Keïta, ex-patronne de l’Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption(OFNAC), elle commençait sérieusement à gêner les «faux-cons» qui nichent au «Poulailler de la rue publique». En effet, Nafy Ngom Keïta a été limogée suite à l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine du frère du Chef de l’Etat, Alioune Sall. Pendant plusieurs mois, elle avait entendu plusieurs personnes dans le cadre de l’affaire Pétro Tim qui mouillait Alioune Sall, et de l’affaire Lamine Diack qui fut maire de Dakar (1978-1980) et vice-président de l’assemblée Nationale (1988-1993). Monsieur Diack avait mouillé toute l’opposition de 2012 y compris le président, Macky Sall. Face aux enquêteurs de l’Office Central de Lutte Contre les Infractions Financières et Fiscales (OCLCIFF), le président de l’IAAF avait déclaré : «Je vous ai dit qu’il fallait à cette période gagner la “bataille de Dakar“ renverser le pouvoir de Wade aux élections présidentielles et législatives, en février et juillet 2012. Il fallait soutenir l’opposition en finançant le déplacement des jeunes afin de battre campagne, sensibiliser les gens à la citoyenneté, j’avais donc besoin de financements pour louer les véhicules, des salles de meeting, pour fabriquer des tracts dans tous les villages et tous les quartiers de la ville, la Russie a financé par l’intermédiaire de Balakhnichev qui a conclu le deal en fin 2011, à trois mois des élections présidentielles de 2012 avec Papa Massata Diack. Quand j’ai sollicité une aide de la part de Balakhnichev, je lui ai dit que pour gagner les élections, il me faudrait environ 1,5 million d’euros. J’ai continué à me battre pour que Wade soit battu. L’argent venait du gouvernement russe et que «oui», les opposants sénégalais ont bien reçu cette aide». Lors des élections de 2012, le président sortant Wade a perdu face à Macky Sall. En août 2015, ce dernier avait élevé Lamine Diack au rang de commandeur de l’ordre National du Lion et avait pris sa défense en novembre après sa mise en examen. Et tout le monde se renvoyait la balle en disant que je n’ai pas touché de cet argent sale de dopage provenant des athlètes russes mais Didier Awadi, avec un air d’inspecteur Colombo, avait déjà suspecté certains par ces termes : «Ce sont des gens comme Youssou Ndour et Y’en à marre qui étaient très actifs». Mais jusque là aucun coupable ni témoin oculaire encore moins auditif mais juste une victime, Nafi Ngom Keïta, qui a fini de payer le prix de son indépendance, conclusion: que des dossiers brulants non élucidés sur la table du procureur de la République tandis que les dossiers des citoyens lambda ne trainent jamais.

Il n’y a jamais 2 sans 3, qui sera le troisième Keïta que le président, Macky Sall, éjectera de la fonction publique pour que ce proverbe si mystérieux comme le Terminator (Koontoo Kunzun) soit en vigueur...

Serigne Babacar Dieng

diengserignebabacar@gmail.com

Source : xibar.net | 2016-12-04 19:47:00.0