Biographie
André « Dadou » Pasquet : la guitare qui a refondu le konpa haïtien
En 1976, à Miami, un guitariste de vingt-trois ans impose un son inédit1. André « Dadou » Pasquet venait de lancer le Magnum Band et de marquer la musique haïtienne.
En bref
| Nom complet | André Pasquet |
| Surnom | « Dadou » |
| Naissance | 19 août 1953, Port-au-Prince, Haïti |
| Décès | 22 novembre 2025, Miami (Floride) |
| Instruments | Guitare, chant |
| Genres | Konpa, soul haïtienne, jazz, funk |
| Groupes | Tabou Combo (1970-1976), Magnum Band (1976-2025) |
| Œuvres emblématiques | “Liberté”, “Experience”, album Afrika |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1953 | Naissance à Port-au-Prince dans une fratrie de musiciens |
| 1970 | Intègre le Tabou Combo à 17 ans, remplaçant Albert Chancy |
| 1970-1976 | Contribue à quatre albums iconiques du Tabou Combo |
| 1976 | Co-fonde le Magnum Band avec son frère Claude « Tico » Pasquet |
| 1982 | “Liberté” devient l’hymne de la diaspora haïtienne |
| 1986 | Parution de Afrika, hommage panafricain |
| 1992 | Live at Berklee ! capture un concert mémorable à Boston |
| 1996 | Le Magnum Band au festival culturel des Jeux olympiques d’Atlanta |
| 2025 | Décès à 72 ans |
Les origines : une fratrie musicale
André Pasquet naît le 19 août 1953 à Port-au-Prince, baigné par la musique2. Son oncle, Dòdòf Legros, figure éminente de la scène haïtienne, est sa première inspiration. Très jeune, il saisit une guitare ; Raymond Sicot, Raoul Guillaume et Richard Duroseau repèrent son potentiel.
Au Tabou Combo (1970-1976)
À quatorze ans, il joue avec Raoul Guillaume. En 1970, à seize ans, il entre au Tabou Combo, groupe konpa alors au sommet1. Au côté de Roger « Shoubou » Eugène et Yvon « Biassou » Mondésir, il forme un trio vocal puissant et contribue, comme guitariste et arrangeur, aux succès de Sugar Cane, Respect, 8th Sacrament et The Masters.
Mais ce talent se sent à l’étroit. Il confiera plus tard qu’il quittait le Tabou Combo parce qu’il ne pouvait « vraiment exploiter son inspiration de compositeur »3.
Le Magnum Band et le kadans rampa
Le 24 juin 1976, jour de la Saint-Jean-Baptiste, Dadou et son frère Claude « Tico » fondent le Magnum Band dans un lodge de Miami. Le son est nouveau : du konpa tiré vers le jazz, le funk et la pop. Formé à Staten Island College, Dadou insère accords de blues et arrangements de cuivres complexes dans le konpa haïtien, forgeant le kadans rampa — un konpa qui grimpe1. Le groupe se produit dans les clubs de Miami, 40 000 personnes à Paris, les Jeux olympiques d’Atlanta en 1996.
« On ne peut pas chanter des bêtises », lance-t-il à la Miami Herald. « Je veux que le Magnum Band percasse, et je ne me reposerai pas tant que ce ne sera pas fait ».
Magguie Rigaud, sa dirigeante, estime qu’il aurait pu « exploser sur la scène mondiale » s’il n’avait pas été bridé par les limites du marché haïtien1. Confronté aux gangs, il dut abandonner le studio construit à Fermathe, dans les collines de Kenscoff.
Discographie
| Album | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Cherche la Vie | 1980 | Premier album signature du Magnum Band |
| “Liberté” | 1982 | Hymne de la diaspora fuyant la dictature Duvalier |
| Afrika | 1986 | Pont entre rythmes haïtiens et thèmes panafricains |
| Live at Berklee ! | 1992 | Énergie improvisée sur scène, Boston |
| Generations | 2024 | Dernier album, porté vers les nouvelles voix |
Héritage
Dadou Pasquet meurt à Miami le 22 novembre 2025, après une bataille contre la leucémie3.
Le Conseil présidentiel transitoire d’Haïti et le Premier ministre Alix Fils-Aimé rendent hommage à son « talent, son élégance et sa dévotion à la musique haïtienne »4. Sa famille le décrit comme « un proche dont l’humilité égalait le talent ».
Ralph Condé écrit : « La touche de Dadou, son âme sur la guitare ont laissé une marque qui ne s’effacera jamais »1.
Fabrice Rouzier, fondateur du groupe Mizik Mizik, résume : « Tous les 50 ans, Haïti nous donne l’un d’entre eux. C’est extraordinaire d’avoir vécu à la même époque qu’un artiste comme lui »1.
Quand on lui demandait ce qu’il voulait laisser au monde, sa réponse en créole tenait en trois mots : « Jwe mizik lan ». Jouez ma musique.
Sources et références
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Charles, Jacqueline, Miami Herald, 24 novembre 2025, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎ ↩︎
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Archive Musique Haïtienne, AMH-D-000013, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎
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Haitian Globe, 23 novembre 2025, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎ ↩︎
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Yacou, Yasmina, Guadeloupe La Première (France Info), 23 novembre 2025, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎




