Fulgence Compaoré

Fulgence Compaoré

Individu

Origine

Instruments

Site officiel : https://fulgencecompaore.blogspot.com/

Biographie

Fulgence Compaoré

Les mains en mouvement, le djembé crève le ciel du stade du 4 Août le 14 janvier 2003, pendant la clôture de la Coupe d’Afrique des Nations junior. Fulgence Compaoré lâche des salves de rythmes qui portent le Burkina Faso jusqu’aux oreilles de milliers de spectateurs. À ses côtés, les tambours du Nong-Taaba Percussions résonnent comme une langue : celle du griot, qui n’est pas que de la musique, mais un acte de transmission. « Le djembé fait partie de ma vie », dit-il simplement. Pour comprendre cette phrase, il faut remonter à 1982, quand un garçon de sept ans apprenait la calebasse dans les mains de sa grand-mère, et à l’écho qui parcourt aujourd’hui les scènes de l’Afrique et de l’Europe.

En bref

Nom complet Fulgence Compaoré
Naissance 2 septembre 1975, Adjamé (Côte d’Ivoire)
Domaine percussion — djembé, calebasse — afro-reggae, traditions burkinabè
Groupe Nong-Taaba Percussions
Œuvres emblématiques Djembé et Djembéfola, Que la vérité !, Le silence parle
Distinctions Kunde d’or de la diaspora (2011)

Dates clés

Année Événement
1975 Naissance à Adjamé (Côte d’Ivoire) de parents Mossis
1982 Initiation à la calebasse par sa grand-mère Korogo Ado, musicienne de la cour royale du Larlé Naaba
1995 Création de Nong-Taaba Percussions à Ouagadougou
1999 Tournée en France : Arènes de Nîmes, Festival de la Roque d’Anthéron
2001 Sortie de Djembé et Djembéfola au Burkina Faso et au Mali
2004 Enseignement du djembé à Saint-Mandé et Paris
2007 Concert reggae au FESPACO ; sortie de Le silence parle
2011 Kunde d’or de la diaspora aux prix Kundé (Ouagadougou)
2013 Sortie de Welcome to the World, album reggae à couleurs

D’un griot de sept ans aux scènes d’Europe

Fulgence Compaoré voit le jour le 2 septembre 1975 à Adjamé, faubourg d’Abidjan en Côte d’Ivoire, d’une famille de parents mossis originaires du Burkina Faso. En 1982, sa grand-mère Korogo Ado, musicienne de la cour royale du Larlé Naaba, l’initie à la calebasse, instrument en bois creux qui résonne par frottement, geste ancestral de la musique burkinabè. Deux ans plus tard, à neuf ans, il intègre la troupe des Djembéfola, musiciens spécialistes du djembé — le grand tambour peul à la peau de chèvre, emblème des griots mandingues — et participe à ses premiers baptêmes publics. En 1995, il fonde Nong-Taaba Percussions, qui signifie « s’aimer les uns les autres » en mooré, la langue majoritaire du Burkina Faso. Le groupe se diffuse rapidement au Burkina, au Mali, au Niger, puis en France dès 1999, aux Arènes de Nîmes et au Festival de la Roque d’Anthéron. En 2000, le Festival International du Film d’Amiens l’invite à animer les openings et closings, notamment pour la séance du film Kirikou et la Sorcière. Chaque prestation est saluée.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Djembé et Djembéfola 2001 Album fondateur qui lance Fulgence sur la scène burkinabè et malienne ; titres phares : Boolayamba, Dounia Nongayamba
Que la vérité ! 2002 Premier album reggae bilingue (mooré/français), collaboration d’artistes africains confirmés
Le silence parle 2007/2008 Chef-d’œuvre percussionniste : l’ethnomusicology journal le cite comme griot Fulgence Compaoré

Mémoire percussion et modernité

La carrière de Fulgence Compaoré s’articule autour de deux moteurs : la percussion ancestrale et le reggae, style dont il fait son terrain d’expérimentation. En 2001, Djembé et Djembéfola paraît avec des titres comme Boolayamba et Dounia Nongayamba. Que la vérité ! (2002) marie reggae et percussions en mooré et en français, produit par Playasound. L’édition française de Djembé et Djembéfola sort en 2005 sous les labels Playasound et Nocturne. En 2007, il donne un concert reggae au FESPACO et sort Le silence parle, publié en France par Playasound et Nocturne en 2008. Welcome to the World (2013) est un album reggae aux couleurs qui accueille la chanteuse camerounaise Queen Eteme en feat.

Parallèlement à sa carrière, Fulgence enseigne le djembé depuis 2004 à Saint-Mandé (Val-de-Marne) et au centre SMOM à Paris (20e arrondissement). En 2006, il fonde l’association Nong-Taaba, dont il est président, qui aide deux villages et l’orphelinat Home Kisito au Burkina Faso. Installé en région parisienne, il anime des soirées, dirige des ateliers de percussions africaines et développe un style tradi-coupé, fusion entre les musiques traditionnelles burkinabè et le coupé décalé, courant ivoirien né au début des années 2000.

Héritage

Fulgence Compaoré incarne la figure du griot contemporain : il porte la mémoire des percussions burkinabè tout en ouvrant la conversation avec les styles modernes. Ses tournées européennes, ses enseignements en France et son prix national de la diaspora témoignent de l’influence d’un musicien qui ne se contente pas de répéter la tradition mais la réinvente en permanence. L’association Nong-Taaba et son style tradi-coupé, qui traverse les frontières entre Burkina Faso et Côte d’Ivoire, révèlent la vision d’un artiste pour qui la percussion est un dialogue entre les générations.

Sources et références

  1. « Fulgence Compaoré », Music In Africa, https://musicinafrica.net/fr/directory/fulgence-compaore, consulté le 22 octobre 2026.
  2. « Fulgence Compaoré », Afrisson, https://www.afrisson.com/fulgence-compaore/, consulté le 22 octobre 2026.
  3. « Djembé Folies: le silence parle », AllMusic, https://www.allmusic.com/album/djembe-folies-le-silence-parle-mw0000580656, consulté le 22 octobre 2026.
  4. « Fulgence Compaoré », Ethnomusicology journal, Current Discography, Vol. 52, No. 1 (Winter 2008), consulté le 22 octobre 2026.
  5. « Palmarès 2011 – Kundé », Kundé (prix de la musique du Burkina Faso), https://www.kunde.bf/palmares-2011/, consulté le 22 octobre 2026.
  6. « Fulgence Compaoré en direct sur Africa 1 pour la sortie de son nouvel album », leFaso.net, https://lefaso.net/spip.php?article34119, consulté le 22 octobre 2026.
  7. « Fulgence Compaoré », Kundé (music awards) — Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Kundé_(music_awards), consulté le 22 octobre 2026.
  8. « Fulgence Compaoré », Bruits d’Afrique (burkinafaso.over-blog.net), https://burkinafaso.over-blog.net/article-fulgence-compaore-37422543.html, consulté le 22 octobre 2026.