Ismaël Lô

Ismaël Lô

Individu

Origine

Styles

Biographie

Ismaël Lô : l’homme-orchestre au mbalax mélodique

Le 14 novembre 1996, Ismaël Lô monte sur les planches de l’Olympia. Première partie de Jane Birkin. Pour un musicien que six ans plus tôt on ne connaissait que des amoureux de world music, la scène parisienne est un signal.

En bref

Nom complet Ismaël Lô
Naissance 30 août 1956, Dogondoutchi, Niger
Nationalités nigérienne, sénégalaise
Domaine Chanteur, guitariste, harmonica ; mbalax (rythmes wolofs), world music
Œuvres emblématiques « Tajabone », « Iso », « Jammu Africa »
Distinctions Chevalier de la Légion d’honneur (2002), trophée RFI/Sacem Découvertes (1992)

Dates clés

Année Événement
1956 Naissance à Dogondoutchi, Niger, d’un père sénégalais wolof et d’une mère nigérienne peul
1970 Mort de son père ; entrée à l’Institut des arts de Dakar
1979 Rejoint le Super Diamono de Dakar
1984 Quitte le Super Diamono, lance sa carrière solo
1991 Album chez Barclay ; « Tajabone » cartonne en Europe
1994 Sortie de Iso sur le label Mango Island
1996 Compilation Jammu Africa, première partie de Jane Birkin à l’Olympia
1999 « Tajabone » dans Tout sur ma mère d’Almodóvar
2002 Chevalier de la Légion d’honneur
2006 Album Sénégal ; vedette à l’Olympia
2020 Retour en studio sur De Béart à Béart(s)

De la guitare de fortune à l’Olympia

Ismaël Lô naît le 30 août 1956 à Dogondoutchi, au Niger, où son père sénégalais est en poste. La famille rentre à Rufisque, près de Dakar. L’enfance du garçon se déroule entre les mélodies mandingues et la soul américaine que son frère fait tourner en boucle. Dans la famille Lô, la musique n’est pas une voie professionnelle. Ismaël passe son temps à fabriquer des guitares de fortune et à en jouer avec ses cousins.

La mort de son père, en 1970, le bascule vers les arts visuels. Il entre à l’Institut des arts de Dakar et peaufine son talent de peintre pendant deux ans. Parallèlement, un hasard le conduit à une émission de télévision : son frère, qui possède un club, lui demande de se produire. Il finit par accepter, et lors de sa deuxième apparition, l’engouement est tel qu’il perçoit 300 dollars. Ce jour-là, il décide : la musique sera son métier.

En 1979, lors d’une tournée en Gambie, il rencontre le Super Diamono de Dakar, orchestre qu’il admire depuis longtemps. Le groupe mêle le mbalax — principe de percussions propre à l’ethnie wolof — et rythmes occidentaux. Ismaël s’y intègre dès 1980. Mais la vocation solo le taraude. En 1984, il quitte le groupe et revient à Dakar.

Sa carrière solo démarre avec cinq albums entre 1984 et 1989 : Gor Sayina, Xalat, Xiif, Natt et Diawar. Son son se distingue : plus folk, plus soul que la pop courante. Vieux Faye, guitariste féru de jazz, sublime la voix d’Ismaël. En 1990, il signe chez Barclay. La chanson « Tajabone » jaillit — d’une mélodie irrésistible et d’un refrain multilingue, wolof, anglais, arabe. Le titre cartonne en Europe. Tournée en Amérique du Nord en 1991, trophée RFI/Sacem Découvertes en 1992.

En 1994, Iso, son surnom d’enfance, mêle guitare feutrée et mbalax, imposant Ismaël au côté de Youssou N’Dour. Jammu Africa en 1996 inclut un duo avec Marianne Faithfull. Fin 1996, première partie de Jane Birkin à l’Olympia. En 1999, Almodóvar choisit « Tajabone » pour Tout sur ma mère.

En 2001, Dabah rend hommage à Dabah Malik. Le 4 décembre 2002, Ismaël reçoit la Légion d’honneur. « Ses qualités artistiques, ses valeurs humaines et son action pour la francophonie », cite la citation. En 2006, Sénégal — « ma façon de rendre hommage à mon propre pays », explique-t-il dans une interview RFI. Le 14 novembre, il se produit en vedette à l’Olympia.

Les années suivantes, ses apparitions se font rares. Festival de Fès en 2008, hommage à Cesária Évora en 2012, retour à Paris en 2013 : il explique se consacrer à la peinture, son premier amour. En 2020, retour en studio. J’ai serré la main du diable utilise « Jammu Africa » en 2007. Ismaël Lô vit entre le Sénégal et Paris, continue à peiner et composer.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Ismaël Lô (avec « Tajabone ») 1991 Le titre qui l’a propulsé sur les charts européens
Iso 1994 Fusion guitare folk et mbalax ; référence world music
Jammu Africa 1996 Compilation avec un duo de Marianne Faithfull
Sénégal 2006 Hommage politique au pays ; Dakar, Paris, Londres

Héritage

Ismaël Lô a prouvé que le mbalax pouvait voyager sans se diluer. En mêlant soul, mandingue, jazz et percussions wolof, il a ouvert la voie à une génération d’artistes africains qui n’ont plus à choisir entre racines et ouverture internationale. Sa voix, son harmonica, sa guitare douce — tout respire un humanisme calme. Trente ans après « Tajabone », son héritage reste celui d’un artisan : un musicien qui a donné au Sénégal une voix reconnue dans le monde entier.

Sources et références

  1. « Ismaël Lô » [archive], RFI Musique, https://www.rfi.fr/fr/musique/20220113-isma%C3%AAl-l%C3%B4, consulté le 21 octobre 2025.
  2. Véronique Mortaigne, « « Dabah », la force des mélanges », Le Monde, 16 août 2001, https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/08/16/dabah-la-force-des-melanges_4199561_1819218.html, consulté le 21 octobre 2025.
  3. Daniel Lieuze, « Ismaël Lo — The universal patriot », RFI Musique, 13 octobre 2006, http://www1.rfi.fr/musiqueen/articles/082/article_7801.asp, consulté le 21 octobre 2025.
  4. Sandra Brennan, « Ismaël Lô Biography », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/isma%C3%AAl-l%C3%B4-mn0000109669, consulté le 21 octobre 2025.
  5. Angel Romero, « Artist Profiles: Ismaël Lô », World Music Central, https://worldmusiccentral.org/artist-profiles-ismael-lo, consulté le 21 octobre 2025.
  6. « Ismaël Lô » [archive], Wikipédia (version française), https://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%AAl_L%C3%B4, consulté le 21 octobre 2025.
  7. « Ismaël Lô » [archive], Wikipédia (version anglaise), https://en.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%AAl_L%C3%B4, consulté le 21 octobre 2025.
  8. « Ismaël Lô », Discogs, https://discogs.com/artist/401393-Isma%C3%AAl-L%C3%B4, consulté le 21 octobre 2025.
  9. « Ismaël Lô — Biographie », Heritage Sénégal, https://www.heritage.sn/biographies/ismal-l, consulté le 21 octobre 2025.
  10. Thomas Sotinel, « La légende du Rail Band de Bamako », Le Monde, 29 mai 1990, consulté le 21 octobre 2025.

Vidéos