Biographie

Ousanousava

En 1984, quatre enfants de Saint-Louis, capitale de La Réunion, montent sur scène et choisissent un nom-programme : Ousanousava, soit « Où allons-nous ? » en créole réunionnais. Près de quarante ans plus tard, le groupe de la fratrie Joron est une institution du patrimoine musical réunionnais. Sa musique oscille entre le maloya — la musique profonde des descendants d’esclaves, rythmée par le couare et le tirekoin, percussions ancestrales — et le séga, ce rythme festif qui fait danser l’île depuis le XVIIIe siècle1.

En bref

Nom du groupe Ousanousava (Ousa Nousava sur les premiers albums)
Origine Saint-Louis, La Réunion
Membres fondateurs Frédéric, François, Bernard et Isabelle Joron
Genre Maloya, séga, musiques du monde
Période active Depuis 1984
Albums studio Plus de seize
Titre emblématique “Grand-mère”, “Na dé milioane d’annees”

Dates clés

Année Événement
1984 Création par Frédéric Joron, fils du ségatier Jules Joron
1989 Première cassette : 50 000 exemplaires vendus
1990 Album Déraciné, salué par Danyèl Waro
1994 Concert au Zénith de Paris
1995 Départ de Frédéric pour la vie spirituelle
1999 Mon péi in tablo et le tube “Na dé milioni d’annees”
2010 Live jam de Montpellier, premier album enregistré en métropole
2016 Double album Immortel / Sens dessus-dessous
2021 Seizième album : Ça mon pays
2026 Tournée européenne à guichets fermés

Héritiers d’un ségatier

Ils sont nés autour de la musique avant même de savoir marcher. Leur père, Jules Joron, est un grand ségatier — un maître du séga réunionnais, ce rythme populaire né au XVIIIe siècle de la rencontre entre les danses africaines et les contrebasses européennes. Instituteur à l’école de la Gare à Saint-Louis, Jules animait des chorales scolaires et transmettait aux enfants son amour de la musique créole. « Il nous apprenait la musique réunionnaise et il montrait aux marmailles leur culture », se souvient Frédéric Joron2.

Les quatre enfants absorbent tout : solfège, guitare, kayamb — ce triangle en bambou qui gratte comme un triangle de métal. Bernard et François intègrent dès 1983 un premier groupe, Élèftéria. Frédéric compose déjà dans la cour de l’école de son père. En 1984, la fratrie — Frédéric, les jumeaux François et Bernard, et la petite sœur Isabelle — fonde Ousanousava3.

La cassette éponyme, parue en 1989, est un phénomène. En une année, elle s’écoule à plus de 50 000 exemplaires, un record pour la musique réunionnaise. Le 12 juin 1994, Ousanousava monte au Zénith de Paris, avec Jules Joron sur scène à leurs côtés. En 1995, Frédéric annonce son départ. « Pour moi personnellement, c’était un tremplin », dira-t-il. Il quitte le groupe pour la vie spirituelle4. Jules tente de recoller les morceaux, sans succès. Mais Bernard et François ont le répertoire pour continuer.

Mon péi in tablo (1999) marque le retour. Le titre “Na dé milioni d’annees”, écrit par Frédéric dès 1981 mais chanté pour la première fois en 1999, devient l’hymne de la nouvelle formation. Il sera remixé en 2017 par le producteur Manolo-J, qui lui applique un son électronique5.

Un héritage qui traverse les générations

Aujourd’hui, Ousanousava n’appartient à personne. Bernard et François continuent de porter le flambeau, entourés d’une dizaine de musiciens. Le groupe a tourné à Madagascar, Maurice, les Seychelles et le Zimbabwe. En 2026, une tournée européenne à guichets fermés — Strasbourg, Besançon, Grenoble, Marseille, Nantes, Rennes — confirme que quarante ans après sa création, Ousanousava reste l’un des groupes les plus représentatifs du terroir musical local6.

« Ousanousava n’appartient à personne. Plus qu’un groupe, c’est un héritage », déclare Bernard7.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Cassette Ousanousava 1989 Phénomène de 50 000 exemplaires
Déraciné 1990 Album fondateur salué par Danyèl Waro
“Zamal” 1989 Hymne au maloya
“Na dé milioni d’annees” 1999 Le tube du retour, écrit en 1981
“Grand-mère” 1989 Classé parmi les chansons préférées des Réunionnais
Ça mon pays 2021 Seizième album

Héritage

Ousanousava occupe une place singulière dans le paysage musical réunionnais. “Grand-mère” est classée parmi les chansons préférées des Réunionnais dans un sondage du Quotidien en 2026. Ce classique populaire traverse les générations. Le groupe perpétue une tradition familiale : Jules enseignait la musique aux élèves de son école ; ses fils l’ont portée sur les plus grandes scènes. Quarante ans après sa première cassette, les frères Joron — et leurs continuateurs — portent la flamme. Un héritage qui va de “Zamal” à Ça mon pays, d’un studio de Saint-Louis au Zénith de Paris3.

Sources et références


  1. Réunion 1ère, Il y a 37 ans, Ousanousava, 22 juin 2021, https://la1ere.franceinfo.reunion/saint-denis/il-y-a-37-ans-ousanousava-1038451.html ↩︎

  2. L’Info.re, Frédéric Joron, 40 ans de carriere aupres des Reunionnais, https://www.linfo.re/la-reunion/societe/c-kare-frederic-joron-40-ans-de-carriere-aupres-des-reunionnais ↩︎

  3. PIROS, Ousanousava, https://piros.re/en/artistes/ousanousava ↩︎ ↩︎

  4. Wikipedia, Ousanousava, consulte le 30 octobre 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Ousanousava ↩︎

  5. Beatport, Na de milioni d’annees (Manolo-J Remix), 5 juillet 2017, https://beatport.com/release/na-de-milyon-danneesmanolo-j-remix/2047860 ↩︎

  6. Le Quotidien.re, Chanson preferee des Reunionnais : Grand-mere contre Kaskavel, 1er septembre 2026, https://www.lequotidien.re/article/culture/2026/09/01/chanson-preferee-des-reunionnais-grand-mere-contre-kaskavel ↩︎

  7. L’Info.re, Frederic Joron, de l’ecole de la gare a la cour des grands, https://www.linfo.re/la-reunion/societe/frederic-joron-de-l-ecole-de-la-gare-a-la-cour-des-grands ↩︎