Biographie
Pamelo Mounk’a : la voix dorée de la rumba congolaise
Brazzaville, Poto-Poto. Les adolescents du quartier écoutent les guitares depuis les radios1. L’un d’eux, Yvon Mbemba, deviendra Pamelo Mounk’a, l’une des voix les plus puissantes de la rumba congolaise. Chanteur et compositeur, il a laissé plus de 70 singles et l’album L’Argent Appelle L’Argent, vendu à 400 000 exemplaires sur le continent africain.
En bref
| Nom complet | Yves André M’Bemba |
| Nom(s) de scène | Pamelo M’Bemba, Pablito, Pamelo Mounk’a |
| Naissance | 10 mai 1945, Brazzaville, Congo |
| Décès | 14 janvier 1996 (50 ans), Brazzaville |
| Genre(s) | Soukous, rumba congolaise |
| Instruments | Chant |
| Labels | Eddy’Son, Syllart, Sonodisc |
| Groupes | Les Bantous de la Capitale, African Fiesta, Trio CEPAKOS |
| Œuvres emblématiques | L’Argent Appelle L’Argent, Samantha, “Masuwa” |
| Distinctions | Meilleur artiste-musicien africain (1981, 1982) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1945 | Naissance à Brazzaville, Poto-Poto |
| 1963 | Recruté par Jean Serge Essous chez Les Bantous de la Capitale |
| 1964 | African Fiesta de Tabu Ley Rochereau à Kinshasa |
| 1968 | Sortie de “Masuwa”, hymne du soukouss |
| 1972 | Fondation du Trio CEPAKOS avec Kouka Celio et Montouari Kosmos |
| 1981 | Solo à Paris : L’Argent Appelle L’Argent et Samantha |
| 1986 | Retour aux Bantous comme chef d’orchestre |
| 1996 | Décès ; buste érigé par le ministère de la Culture |
Parcours musical
Yvon Mbemba, aussi appelé Yvon Mbemba Bingui, grandit dans le quartier cosmopolite de Poto-Poto. Fasciné par African Jazz, il traverse le Congo quotidiennement pour écouter le groupe à Kinshasa et compose ses premiers titres. Jean Serge Essous le recrute chez Les Bantous de la Capitale le 28 juillet 1963, à dix-huit ans. Sa première chanson, “Na landa bango”, marque le début d’une aventure de près de vingt ans. L’année suivante, sous le surnom « Pablito », il intègre African Fiesta de Tabu Ley Rochereau2. La situation politique le contraint à rentrer à Brazzaville où il signe “Eloko kombo bolingo” puis “Camitina”, apparaissant pour la première fois sous le nom de Pamelo.
En juillet 1968, Pamelo lance “Masuwa”3. Ce titre, paru chez Pathé Marconi, provoque un séisme dans l’écosystème musical congolais. Il marque l’éclosion du rythme soukouss — évolution de la rumba congolaise où les guitares arpègent rapidement sur un tempo dansant — dont Pamelo est l’un des fondateurs. Tabu Ley reprend “Masuwa” à l’Olympia de Paris en 1970.
En 1972, Pamelo fonde le Trio CEPAKOS. Ses compositions — “Sonia”, “Alléluia Mounk’a”, “Mwana Mboyo” — deviennent des hymnes. Le groupe reste populaire à Brazzaville mais peine à s’imposer au-delà de l’Afrique centrale. En 1978, il revient chez les Bantous pour le Festival mondial de la jeunesse. Se sentant exploité, il s’envole pour Paris4.
Sous le nom Pamelo Mounk’a — emprunté au Bateke, signifiant gloire — il signe chez Eddy’Son et enregistre L’Argent Appelle L’Argent, dirigé par le producteur Eddy Gustave. L’album devient un phénomène. Samantha, No. 1 Africain, puis En Plein Maturité (1985), souvent considérée comme son œuvre la plus aboutie5, complètent une période solo exceptionnelle.
En 1986, il accepte un troisième retour chez Les Bantous. Des problèmes de santé le contraignent à quitter la direction. Il co-fonde Bantous Monument en 1989, son dernier projet musical. Il meurt le 14 janvier 1996 à Brazzaville des suites d’un diabète6.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| “Masuwa” | 1968 | Hymne fondateur du soukouss, repris à l’Olympia en 1970 |
| “Na landa bango” | 1963 | Premier titre enregistré chez les Bantous de la Capitale |
| “Lucie” | 1964 | Premier succès enregistré à Kinshasa avec African Fiesta |
| L’Argent Appelle L’Argent | 1981 | Chef-d’œuvre solo vendu à 400 000 exemplaires |
| En Plein Maturité | 1985 | Considérée par les critiques comme son œuvre la plus aboutie |
Héritage
Le ministère congolais de la Culture érige un buste à son honneur. Des artistes comme Extra Musica citent son nom comme influence fondatrice. Vingt ans après son décès, des témoignages rendent hommage à cet astre du monde musical congolais7. Sa voix ténor et ses compositions continuent d’inspirer une nouvelle génération de musiciens congolais.
Sources et références
-
Wikipedia, Pamelo Mounk’a ↩︎
-
Last.fm, Biographie de Pamelo Mounk’a ↩︎
-
RFI Musique, Archive du jour : Décès de Pamelo Mounka (1996) ↩︎
-
Jabulani Radio, Biography of Mounk’a, Pamelo ↩︎
-
AllMusic, Pamelo Mounka — Biography, Discography, Albums ↩︎
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The Guardian, 21 mars 1996, obituaire de Graeme Ewens ↩︎
-
ADIAC-Congo, Souvenir : Pamelo Mounka vingt ans déjà ↩︎














