Cassiya

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Biographie

Cassiya

Dans un petit studio de Port-Louis, en novembre 1993, la bande de Cassis enregistre Séparation, un morceau qui sent la sueur des soirées de bal populaire et la mémoire des ancêtres1. Derrière ce son qui a marqué des générations, un bassiste nommé Désiré François et un orchestre aux arrangements jazzy transforment une musique de quartier en institution culturelle de l’océan Indien.

En bref

Nom Cassiya
Origine Cassis, Port-Louis, Maurice
Genre Séga mauricien (électrique)
Période active 1993–2008
Membres fondateurs Désiré François, Alain Lafleur, Gérard Louis, Alain Ramanisum, Bruno François
Compositeur Dominique Isidore
Labels Cassiya Productions, GL Records
Tubes emblématiques Djouni Djouna, Ici cote nou été, Marlène

Dates clés

Année Événement
1987 Les futurs membres jouent dans le groupe « Zenfan Cassis »
1993 Sortie de Séparation zenfans perdi simé ; Cassiya se lance
1994 Djouni Djouna désigné « disque de l’année »
1994 Cassiya II ; renforts de Bruno François et Sylvio Ravina
1995 Ici cote nou été désigné « disque de l’année »
1999 Concerts à l’Olympia et au Zénith de Paris
2003 Cassiya l’album d’or — disque d’or à La Réunion
2008 Séparation officielle du groupe

Du faubourg de Cassis au séga saveur jazzy

Désiré François naît dans le faubourg populaire de Cassis, à Port-Louis, où les premiers échos du séga résonnent entre les maisons en bois et les ruelles en gravier2. Fasciné par le football dans sa jeunesse, il bascule vers la guitare à seize ans et commence à écrire des chansons nourries par la vie quotidienne du quartier — les nuits chaudes, les disputes familiales, les rêves d’ailleurs.

En 1987, il rejoint un groupe amateur appelé « Zenfan Cassis » avec son ami Alain Lafleur. Le bassiste et le guitariste s’entendent vite et décident de fonder une formation plus professionnelle. La base initiale rassemble Alain Ramanisum (clavier), Gérard Louis (arrangements musicaux), Eddy Armel (chant), Jallil Auckbaraulee (batterie), et Dominique Isidore, cousin de Désiré François. Ce dernier devient le chanteur principal tandis qu’Alain Lafleur prête aussi sa voix3.

Le son de Cassiya se distingue par un séga électrique — basse, guitare, batterie — qui s’éloigne du séga tambour traditionnel tout en lui laissant son âme. Dominique Isidore impose une technique de guitare propre, baptisée « isidore », utilisant des accords inhabituels et des mélodies sinueuses4. Gérard Louis, lui, apporte des arrangements teintés de jazz, donnant au séga une couleur qui accroche immédiatement.

La consécration, de Maurice à Paris

Le premier album Séparation zenfans perdi simé sort en octobre 1993 et le succès est immédiat5. Djouni Djouna est désigné « disque de l’année » en 1994, suivi d’Ici cote nou été en 1995. Les Mauriciens dansent, la diaspora mauricienne en Afrique du Sud et à La Réunion reproduit les pas.

En 1994, les arrivées de Bruno François et Sylvio Ravina renforcent la formation6. L’album Cassiya II fixe l’identité du groupe, un séga saveur jazzy qui accroche avec la voix de Désiré François. Le groupe part en tournée en France, en Belgique et en Angleterre, puis revient triomphant.

1999 est l’année absolue : Cassiya se produit à l’Olympia de Paris durant la Coupe du monde, puis au Zénith de Paris. Des scènes où, pour beaucoup de publics européens, le séga mauricien est une découverte totale.

Fissures et héritage

Après Cassiya la suite (2001), le groupe se fissure. Alain Ramanisum part en soliste. En 2003, Cassiya sort un Live à St. Gilles (La Réunion) qui figure parmi les disques les plus vendus. Mais les divergences entraînent le départ de Gérard Louis et de Sylvio Ravina, mort en 2005.

Cassiya Roots, formé en 2022 par les membres fondateurs (sauf Désiré François), continue de faire revivre les tubes.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Séparation zenfans perdi simé 1993 Premier album ; impose un séga électrique moderne
Cassiya II 1994 Révélation dans l’océan Indien ; identité séga saveur jazzy
Ici cote nou été 1995 Disque de l’année ; chanson sur les nantis et les démunis
Cassiya la suite 2001 Confirmé le statut de meilleur groupe de la région ; single Le Morne
Cassiya l’album d’or 2003 Certification disque d’or à La Réunion ; aboutissement commercial

Héritage

Cassiya a changé la donne pour la musique mauricienne. Là où le séga restait cantonné aux soirées locales, le groupe l’a hissé sur les grandes scènes internationales, du Zénith de Paris aux festivals d’Australie. Son influence a touché les musiciens de séga à La Réunion.

Plus de trente ans après ses débuts, le nom de Cassiya reste une référence pour tous ceux qui revendiquent un séga ancré dans la tradition mais ouvert au monde. Marlène, Rêve nou ancêtre, Ici cote nou été ou Djouni Djouna ne sont pas de simples tubes. La ravanne — cette peau de chèvre tendue sur un cadre circulaire qui porte le rythme du séga — résonne comme la mémoire d’un peuple entier.


Sources et références


  1. RFI Musique, Cassiya, groupe culte du séga mauricien, célèbre plus de 30 ans de carrière en vinyle, par Carmen Lunsmann, 30 juin 2025, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎

  2. Afrisson, Cassiya, par Sylvie Clerfeuille, mis à jour le 24 mai 2020, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎

  3. Le Défi Media Group, Cassiya Roots, un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe emblématique de Maurice, 7 mai 2023, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎

  4. L’Express.mu, La réunification d’une légende, par Stephan Jauffret-Rezannah, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎

  5. Wikipédia (en), Cassiya, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎

  6. Wikipédia (fr), Cassiya, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎