Grace Decca

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Grace Decca : la voix du makossa

Douala, 1993. Sur une scène à travers le continent et l’Europe, le timbre de Grace Decca coupe l’air — pur, clair, incandescent. Derrière elle, la bande-son file ses accords de makossa entre danse et prière. Cette voix née d’une famille d’artistes, forgée dans les chœurs de son frère Ben puis chez Jean-Jacques Goldman, a atteint depuis les années 1990 un sommet rare : celle qui deviendra « la Diva » du makossa ne se contente pas de chanter son peuple, elle l’invente à chaque album.

En bref

Nom complet Ndom’a Deccah Grace, dite Grace Decca
Naissance 23 septembre 1966 — Douala, Cameroun
Domaine Makossa, gospel
Œuvres emblématiques Besoin d’amour, Doï La Mulema, Appelle-moi Princesse, Mouna
Distinctions Meilleur album féminin, meilleure vente féminine, prix Bertrand Folon pour la maturité artistique
Surnom La Diva

Dates clés

Année Événement
1966 Naissance à Douala, sixième d’une fratrie de onze enfants
1983 Première apparition sur “Na sengui bobe” de Ben Decca
1987 Chœurs sur “À nos actes manqués” de Jean-Jacques Goldman
1989 Premier album solo, Besoin d’amour — plus de 150 000 exemplaires
1993 Doï La Mulema, véritable consécration internationale
1998 Appelle-moi Princesse : triple récompense, prix Bertrand Folon
2001 Dernier album makossa, Donne-moi un peu d’amour
2014 Retour en gospel avec Mouna, produit par George Duke
2018 Prix de la SACEM pour ses contributions culturelles

Une musique de famille, une vocation imposée ?

Née le 23 septembre 1966 à Douala, Grace Decca grandit dans un foyer où la musique n’est pas un métier, mais une langue maternelle. Son père est expert automobile et sa mère pédagogue ; dans la même maison viven quatre artistes — son frère aîné Ben, sa sœur Dora et Isaac. Elle est aussi la nièce d’Eboa Lotin et l’arrière-petite-fille de Lobe Lobe Rameau, pionnier du makossa. Le talent y fleurit comme une évidence : on naît musicienne, puis on choisit de le rester.

Dès 1983, Ben Decca l’invite sur “Na sengui bobe”, titre qui devient un tube. Grace entre dans l’arène en douceur, posant sa voix sur les chœurs de son frère et d’autres artistes prestigieux. En 1987, Jean-Jacques Goldman lui confie les chœurs du titre “À nos actes manqués” — un signe que son timbre retentit au-delà des frontières. Entre 1984 et 1989, elle côtoie les plus grands de la scène camerounaise tout en poursuivant ses études en France, où elle obtient un DEA en communication (1998).

La rupture survient en 1989 : elle chante pour elle-même. Besoin d’amour, son premier album, compte cinq titres et se vend à plus de 150 000 exemplaires au Cameroun. Le public découvre une interprète aussi qu’une autrice-compositrice prometteuse.

Trois ans plus tard, Doï La Mulema (1993) impose sa voix au monde. Richard Bona y signe des chœurs, Toto Guillaume orchestrre les arrangements. Succès planétaire. Appelle-moi Princesse (1998) lui vaut le meilleur album féminin de l’année, la meilleure vente féminine et le prix Bertrand Folon pour sa maturité artistique. Donne-moi un peu d’amour (2001) clôt cette période faste de cinq disques consacrés au makossa.

Puis, silence. Treize années d’absence qui font croire à une retraite. Grace fonde GNS Productions et élève sa famille.

Le renouveau arrive en 2014 avec Mouna — « fardeau » en douala. Album gospel produit aux États-Unis par George Duke (1946-2013), qui y signe deux compositions. Treize titres en anglais, français et douala, chantés aux côtés de Sheila E., Jeffrey Osborne, Jonathan Butler. Grace ne cherche plus le makossa de la piste ; elle y cherche une transcendance.

En 2022, “Challenge” annonce son retour dans l’actualité, rappelant qu’elle n’a jamais cessé d’écrire ni de se remettre en question.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Besoin d’amour 1989 Premier jet qui fait exploser les ventes et lance la carrière solo
Doï La Mulema 1993 L’album qui l’impose sur la scène internationale
Appelle-moi Princesse 1998 Triomphe critique, triplement récompensé
Mouna 2014 Tournant spirituel produit par George Duke : le makossa se mue en gospel

Héritage et influence

Grace Decca a ouvert la voie aux voix féminines du makossa. En prouvant qu’une femme peut composer, produire et se réinventer — du makossa populaire au gospel international — elle a tracé un sentier que Charlotte Dipanda ou Sally Nyolo continuent d’emprunter. Son label GNS Productions forme la nouvelle génération, et son histoire reste l’un des plus beaux exemples d’art africain alliant tradition, spiritualité et modernité.

Sources et références

  1. « Grace Decca », Wikipédia (version française), https://fr.wikipedia.org/wiki/Grace_Decca, consulté le 2 novembre 2025.
  2. « Grace Decca », Wikipedia (English), https://en.wikipedia.org/wiki/Grace_Decca, consulté le 2 novembre 2025.
  3. « Portrait : à la découverte de Grace Decca », Camerounweb, https://www.camerounweb.com/CameroonHomePage/entertainment/Portrait-la-d-couverte-de-Grace-Decca-419383, consulté le 2 novembre 2025.
  4. « Grace Decca (Cameroon) Biography », Frank Bessem’s Musiques d’Afrique, https://www.musiques-afrique.net/cameroon/art-decca-grace.html, consulté le 2 novembre 2025.
  5. « Music : le nouveau « Challenge » de Grace Decca », Cameroun Tribune, https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/53428/fr.html, consulté le 2 novembre 2025.
  6. « Grace Decca – Challenge MP3 », citimuzik, https://citimuzik.com/2026/05/grace-decca-challenge-mp3-download.html, consulté le 2 novembre 2025.
  7. « YAOUNDE : GRACE DECCA EMBRASE LE CARROSSEL », AfricaZine, http://africazine.com/yaounde-grace-decca-embrase-le-carrosselvideo, consulté le 2 novembre 2025.
  8. « Grace Decca », Qobuz, https://www.qobuz.com/us-en/interpreter/grace-decca/600881, consulté le 2 novembre 2025.

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