Biographie
Biographie
Emmanuel N’Djoké « Manu » Dibango (12 décembre 1933 – 24 mars 2020) est un saxophoniste, pianiste, vibraphoniste et compositeur camerounais. Il est l’une des figures les plus importantes de la musique africaine du XXe siècle et un pionnier du jazz-funk africain et de la makossa.
Né à Douala, au Cameroun (alors Cameroun français), Manu Dibango est issu de deux ethnies camerounaises historiquement rivales : sa mère était Douala et son père Yabassi. Dès l’enfance, il montre un talent musical exceptionnel en chantant dans le chœur de l’église. En 1949, à 15 ans, il part étudier en France, où il apprend le piano classique au lycée de Saint-Calais et de Chartres.
C’est à Paris qu’il découvre le jazz et se passionne pour les saxophonistes comme Duke Ellington, Sidney Bechet et Louis Armstrong. Il rejoint des groupes de jazz avec le guitariste et compositeur camerounais Francis Bebey.
En 1956, Dibango s’installe à Bruxelles, où il élargit ses horizons musicaux. Il fait la connaissance du compositeur congolais Joseph Kabasele (alias Grand Kallé) et commence à fusionner le jazz avec les musiques africaines, notamment la makossa, un genre camerounais né à Douala. Il rejoint alors l’orchestre African Jazz de Kabasele et part en tournée en Europe.
Il accompagne ensuite Kabasele au Congo (alors Zaïre) de 1960 à 1963, puis retourne au Cameroun où il fonde son propre orchestre et continue à explorer les sons africains.
En 1965, Dibango s’installe définitivement à Paris. Il travaille comme musicien de studio, accompagnant de nombreux artistes américains et africains à une époque où l’Europe est passionnée par le soul et le funk. Il enregistre des tubes en France et en Afrique : « Djamba Fa Iko », « Africa Mambo », « Mbe a n’monna ».
En 1972, il compose une chanson pour la Coupe d’Afrique des Nations de football. La face B de ce single est « Soul Makossa », une fusion explosive de jazz, funk et makossa. Cette chanson devient un tube mondial :
- N°1 aux États-Unis en 1973 (le premier Africain à atteindre ce sommet)
- N°1 au Royaume-Uni
- N°1 en France et dans de nombreux pays européens
- La chanson est considérée comme la plus samplee de l’histoire de la musique africaine
« Soul Makossa » est célèbrement parodiée par Michael Jackson dans « Wanna Be Startin’ Somethin’ » (1982), qui reprend la phrase « ma-ma say, ma-ma sa, ma ma-coo-sa ». Dibango intente un procès et remporte gain de cause, ce qui lui permet de recevoir des royalties sur le tube de Jackson.
Dans les années suivantes, Dibango multiplie les expériences et collaborations :
- Home Made (1978) — avec des musiciens nigérians et ghanéens
- Surtension (1982) — funk
- Electric Africa (1985) — avec le pianiste américain Herbie Hancock
- Afrijazzy (1986) — avec le trompettiste sud-africain Hugh Masekela
- Waka Juju (1982) — fusions de styles africains
- Africadelic (2003) — compilation de ses plus grands succès
- Manu Dibango joue Sidney Bechet (2007) — hommage au saxophoniste
Il collabore également avec des artistes de reggae jamaïcain sur les albums Gone Clear et Ambassador (1980), et avec la Fania All Stars lors d’une tournée en 1973.
Dibango compose également pour le cinéma et la télévision. En 1990, il publie son autobiographie, Trois kilos de café.
En reconnaissance de ses contributions à la musique et au dialogue interculturel entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord, il est nommé Ambassadeur de l’UNESCO pour la paix en 2004.
Manu Dibango décède le 24 mars 2020 à Melun, en France, des complications du COVID-19, à l’âge de 86 ans.
Discographie sélective
Albums notables
- Soul Makossa (1972) — tube mondial
- Djamba Fa Iko (1969)
- Home Made (1978)
- Surtension (1982)
- Waka Juju (1982)
- Gone Clear (1980) — collaboration reggae
- Ambassador (1980) — collaboration reggae
- Electric Africa (1985) — avec Herbie Hancock
- Afrijazzy (1986) — avec Hugh Masekela
- Lamastabastani (1995)
- Africadelic (2003) — greatest hits
- Manu Dibango joue Sidney Bechet (2007)
- Manu 76 (2010)
Collaborations majeures
- Herbie Hancock — Electric Africa (1985)
- Hugh Masekela — Afrijazzy (1986)
- Fania All Stars — tournée (1973)
- Musiciens jamaïcains — Gone Clear (1980), Ambassador (1980)














































































































