Niominka-bi

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Biographie

Souleymane Sarr, dit Niominka Bi : l’homme de la mer qui a chanté l’unité

Dans les brumes du port de Bordeaux, au milieu des années 1980, Souleymane Sarr dit Niominka Bi lance des mélodies qui naviguent entre reggae jamaïcain et traditions sérère, sur des paroles en wolof, sérère et français. Ancien Casque Bleu de l’ONU et militant panafricaniste, il a bâti un pont musical entre l’Afrique et la Jamaïque, influençant durablement la scène reggae underground hexagonale.

En bref

Nom de naissance Souleymane Sarr
Nom de scène Niominka Bi
Naissance 2 février 1956, Île de Guior (Sénégal)
Décès 15 novembre 2018, Périgueux (France)
Domaine Reggae — fusion afro-jamaïcaine
Langue Sérère, wolof, français
Œuvres emblématiques Immigré, Tolérance, Shalom Salam

Dates clés

Année Événement
1956 Naissance à l’Île de Guior, près de Niodior, dans la région du Saloum
1970 Engagement dans l’armée sénégalaise à 14 ans
1979-1981 Service comme Casque Bleu au Liban, dans le contingent de l’ONU
1982 Installation en France, arrivée à Bordeaux
1984 Fondation du groupe Niominka Bi and the Ndiaxas Band avec le musicien français Bernard Indeau
1993 Signature chez le label Boucherie Productions ; sortie de Immigré
1995 Participation au documentaire Bord’Africa de Mahamat-Saleh Haroun
2001 Sortie de Tolérance, produit par Dennis Bovell (LKJ)
2008 Retour avec Shalom Salam, autoproduit, avec le Jamaïcain Winston McAnuff
2018 Décès à Périgueux, à 62 ans

Parcours musical

Souleymane Sarr grandît à Niodior, village de pêcheurs sur l’île du Saloum, au cœur du territoire des Niominka — minorité ethnique sérère qui vit de la mer et forme 1 % de la population sénégalaise. Son nom de scène vient de ce groupe : Niominka désigne les habitants de ces îles, et Bi signifie « celui-là ». Niominka Bi, c’est « ce pêcheur-là », un titre qui lui collera à la peau pendant toute sa vie. Il rejoint l’armée sénégalaise en 1970, à 14 ans, et est envoyé au Liban en 1974 dans le contingent de l’ONU. Ces neuf mois de maintien de la paix le marquent profondément : « C’était juste du tape-à-l’œil pour que le monde se dise qu’il faisait quelque chose », se souviendra-t-il.

En 1982, il arrive à Bordeaux, travaille dans une usine et affronte le racisme quotidien. Il y rencontre Bernard Indeau, musicien français d’Aubagne, et ensemble ils fondent en 1984 le groupe Niominka Bi and the Ndiaxas Band — « mélange » en wolof. François Hadji-Lazaro, chanteur des Garçons Bouchers, repère le groupe, le produit et le signe chez Boucherie Productions. Immigré paraît en 1993, suivi de Fat Y Yoon en 1994. Niominka Bi arpente les scènes françaises, partageant l’affiche avec les Gladiators, The Wailers, Burning Spear et Lee Perry.

En 2001, le groupe publie Tolérance, produit par Dennis Bovell, célèbre producteur jamaïcain. Un retour en force en 2008 avec Shalom Salam, enregistré entre la France et la Jamaïque avec Winston McAnuff (Congos). Invité en Jamaïque par McAnuff, Souleymane découvre le terreau du reggae : « J’ai pu aller dans le ghetto, rencontrer Ijahman, U Roy, Gregory Isaacs… », raconte-t-il à RFI. L’album inclut une reprise de Fisherman des Congos, réenregistrée avec Clive Hunt (ingénieur du son d’Alpha Blondy), et une nouvelle version en wolof intitulée Joowal — « pêcheur ».

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Immigré 1993 Premier album, pose les thèmes de l’identité et de l’appartenance
Fat Y Yoon 1994 Confirmation du style afro-reggae aux traditions sérère
Tolérance 2001 Produit par Dennis Bovell, consécration dans la scène reggae française
Shalom Salam 2008 Retour enregistré entre France et Jamaïque avec Winston McAnuff

Héritage

Niominka Bi a marqué la scène reggae francophone par son engagement pacifiste et panafricaniste. Il a prouvé qu’on pouvait dialoguer avec la culture jamaïcaine sans renier ses racines sérère. Sa musique continue d’être découverte et son fils perpétue cet héritage musical.

Sources et références

  1. « Niominka bi », Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Niominka_bi, consulté le 23 octobre 2026.
  2. « Niominka Bi, soldat reggae », RFI Musique, https://musique.rfi.fr/musique/20090109-niominka-bi-soldat-reggae.html, consulté le 23 octobre 2026.
  3. « Niominka Bi, Biographie », Reggae.fr, https://reggae.fr/artiste-biographie/870_Niominka-Bi.html, consulté le 23 octobre 2026.
  4. « L’homme de la mer chante la tolérance », La Dépêche, https://www.ladepeche.fr/article/2001/03/28/215476-l-homme-de-la-mer-chante-la-tolerance.html, consulté le 23 octobre 2026.
  5. « Souleymane Sarr (Niominka Bi) », Africultures, https://africultures.com/personnes/?no=55735, consulté le 23 octobre 2026.
  6. « Niominka Bi », Discogs, https://www.discogs.com/artist/4741460-Niominka-Bi, consulté le 23 octobre 2026.
  7. « Souleymane Sarr (Niominka Bi) », Niominka Bi Facebook, https://www.facebook.com/niominkabi/, consulté le 23 octobre 2026.