Skah Shah #1

Skah Shah #1

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Biographie

Skah-Shah : Les petits rois du compas de la diaspora

Le 29 juillet 1974, le Malibu Night Club de New York s’embrasse sous les roulements de tambours et les saxophones tordus d’un groupe qui n’a pas encore de nom gravé dans les annales. On les appelle Skah-Shah #1, ce qui en langues bantoues signifie « les petits rois africains ». Le surnom colle : ce groupe né de l’exil est tout près de devenir la référence absolue du compas new-yorkais.

En bref

Nom Skah-Shah #1
Origine Haïti / New York, États-Unis
Genres Compas — style haïtien enraciné dans le mini-jazz, cette formation aux guitares entrelacées et aux cuivres qui a succédé aux grands orchestres des années 40-50 — et zouk
Période d’activité 1974–présent
Fondateurs Georges Loubert Chancy (saxophone), Jean Elie Telfort « Cubano » (chant), Joseph Mario Mayala (guitare lead)
Œuvres emblématiques Guêpe Pangnol, America, Haiti
Label historique Rotel Records

Dates clés

Année Événement
1965 Fondation de Les Shleu Shleu à Port-au-Prince
1970 Tournée américaine ; plusieurs membres s’installent à New York
1974 Création de Skah-Shah #1 ; premier concert au Malibu Night Club
1976 Sortie de Doing It sur Rotel Records
1980 Album Forever ; apogée de l’engouement diasporique
1984 Sortie d’America, hymne de l’exil
1992 Dissolution du noyau original
1993 Cubano reconstitue le groupe avec de jeunes talents
2003 Réunion historique des membres fondateurs

Une seule vie, un seul titre : de Shleu-Shleu à l’apogèse

L’histoire de Skah-Shah commence à Port-au-Prince en 1965, quand les musiciens de rue fondent Les Shleu Shleu, groupe de mini-jazz (orchestre populaire mêlant guitares et cuivres) qui connaît une grande vitalité dans les années 1960. En 1970, le groupe part en tournée aux États-Unis. Certains des membres décident de ne pas rentrer à Haïti et de reconstruire leur vie sur le sol américain. Ce qui reste de la deuxième mouture de Shleu Shleu devient Skah-Shah #1. Le nom — « petits rois africains » — est un choix poétique et politique. La formation rassemble autour du saxophoniste Georges Loubert Chancy, surnommé « Zoie », du chanteur Jean Elie Telfort, dit « Cubano », et du guitariste Joseph Mario Mayala. Le premier concert a lieu le 29 juillet 1974 au Malibu Night Club de New York. Le succès est immédiat. Skah-Shah #1 devient, paraît-il, le premier groupe haïtien à se produire six jours sur sept.

Le premier album, Guêpe Pangnol, est un succès instantané. Le disque propose des titres comme « Consolation », « Rinmin », « Kelly » et « Apparence » qui deviennent des standards du répertoire haïtien. Le style est celui d’un compas dansé, vibrant, où les phrases de saxophone dialoguent avec les guitares entrelacées. Les années 1980 voient le groupe se transformer en véritable institution. Le label Rotel Records publie plusieurs albums-clés : Doing It (1976), Message (1978), This Is It (1981), Forever (1980) et Deuxième Indépendance (1987). L’album America, sorte de lamentos migrant sur fond de compas enivrant, résonne particulièrement chez la communauté haïtienne de New York et des Antilles. Avec sa voix majestueuse, Cubano s’impose comme l’une des voix les plus inimitables du compas de la diaspora. Le groupe parcourt les clubs new-yorkais, la France, Haïti et les Antilles. Skah-Shah #1 devient un point de repère, selon les historiens de la musique haïtienne, un étalon contre lequel les autres groupes de la diaspora se mesurent.

Début 1990, plusieurs aléas mènent à la dissolution du noyau original. Cubano refuse de laisser le projet sombrer. En 1993, il reconstitue le groupe autour de jeunes talents, dont le guitariste Makarios Césaire et le pianiste Richard Durosseau. Le nouveau Skah-Shah enregistre Hommage à Nemours Jean-Baptiste, Komparaison et Knockout. En 2003, les membres fondateurs se réunissent pour un concert historique : les retrouvailles après un quart de siècle de séparation. Cubano ne cessera de jouer par la suite, se produisant occasionnellement à New York, Paris, Haïti et les Antilles.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Guêpe Pangnol 1974 Premier jet de Skah-Shah, tube instantané qui lance le mythique « Apparence » et fixe le son mini-jazz du groupe
Doing It 1976 Album Rotel d’entrée de jeu, mêle compas dansé et rythmes plus froids sur des titres comme « Do It » et « Zoute »
America 1984 Hymne de la diaspora, l’album croule sous les tensions entre l’amour du pays natal et la réalité de l’exil
This Is It 1981 Point culminant du compas diasporique ; le titre-titre devient un classique de la chanson haïtienne

Héritage et influence

Skah-Shah #1 a joué un rôle déterminant dans la vitalité du compas au-delà des frontières haïtiennes. En fixant à New York — ville qui absorbe alors des vagues massives de la diaspora — les groupes du label Rotel Records, ils ont façonné un son qui traverse les générations. Leurs albums continuent d’être réédités et redécouverts, et des jeunes groupes haïtiens comme antillais citent régulièrement Skah-Shah comme origine d’une pratique musicale qui lie danse, fierté et mémoire.

Sources et références

  1. « Skah Shah : Konpa of the Diaspora », GetBailar, https://getbailar.com/biblioteca/encyclopedia/kompa/pioneers/skah-shah, consulté le 19 octobre 2026.
  2. « Les Trésors du Konpa (5e partie) : Skah-Shah #1 en concert », Haiti Infos, https://haitiinfos.net/2013/10/les-tresors-du-konpa-5eme-partie-skah-shah-1-en-concert, consulté le 19 octobre 2026.
  3. « Skah Shah — Biography, Discography, Albums & Expert Reviews », AllMusic, https://allmusic.com/artist/skah-shah-mn0000020203, consulté le 19 octobre 2026.
  4. « Skah Shah - Haitian Music Archive », OPAMusic, https://opamusic.com/Bios/artist/skah-shah, consulté le 19 octobre 2026.
  5. « Jean Elie Telfort », RadioHNL, https://radiohnl.com/project/jean-elie-telfort, consulté le 19 octobre 2026.
  6. « Skah Shah 1 - Doing It », Konpa.info, https://www.konpa.info/album/101049, consulté le 19 octobre 2026.
  7. « Skah Shah #1 Discography », Qobuz, https://www.qobuz.com/be-nl/interpreter/skah-shah-1/928910, consulté le 19 octobre 2026.

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