Biographie
Tarika : la voix de Madagascar sur les scènes du monde
À Londres, en 1990, Hanitra et sa sœur Noro chantent dans une rue de la capitale britannique. Six mois plus tard, le groupe sort Bibiango, premier album qui va les propulser comme la plus grande exportation musicale de Madagascar1.
En bref
| Nom du groupe | Tarika (signifie « groupe » en malgache) |
| Origine | Madagascar |
| Genres | World music, musique racines malgache |
| Membres clés | Hanitra Rasoanaivo (chant, percussions), Noro Raharimalala (chant), Donné Randriamanantena (marovany, valiha), Ny Ony Rasolomahatratra (guitare, kabosy), Solo Randrianasolomalala (basse, kabosy) |
| Labels | Green Linnet, Xenophile, Triloka, Compass |
| Distinctions | TIME « 10 best bands on planet Earth » (2001) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1983 | Naissance de Tarika Sammy, premier groupe moderne de musique traditionnelle malgache, mené par Hanitra |
| 1989 | Hanitra déménage à Londres pour travailler à l’ambassade de Madagascar |
| 1990 | Découverte par un producteur BBC en chantant dans la rue |
| 1993 | Séparation de Tarika Sammy ; formation de Tarika avec une nouvelle formation |
| 1994 | Sortie de Bibiango, premier album sous le nom Tarika |
| 1997 | Sortie de Son Egal, album conceptuel sur l’insurrection de 1947 |
| 1998 | Women of Africa Tour avec Oumou Sangaré et Sibonghile Khumalo |
| 1999 | Sortie de D Sakay, album centré sur les danses malgaches |
| 2001 | Classement par TIME ; sortie de Soul Makassar |
| 2002 | Ouverture d’Antshow, centre culturel à Antananarivo |
| 2004 | Compilation Tarika 10 pour le dixième anniversaire |
Origines, révélation et son unique
Hanitra Rasoanaivo, surnommée « Anch », grandit à Antananarivo dans une famille où la musique fait partie du quotidien. Son père et sa mère chantaient ensemble, et les harmonies familiales rythmaient les cérémonies. D’abord destinée à devenir interprète en anglais, elle vit à Londres à la fin des années 1980. Un soir, elle et sa sœur Noro improvisent des chants traditionnels dans la rue. Le producteur de la BBC s’approche, curieux. L’enregistrement aboutit à un premier album, suivi de la création de Tarika Sammy en 1983 avec le musicien Sammy Andraimanahirana2.
La séparation de Tarika Sammy en 1993 marque le début de Tarika proprement dit3. Hanitra et Noro deviennent le cœur live du nouveau groupe, rejointes par trois multi-instrumentistes : Donné au marovany et valiha, Ny Ony à la guitare et au kabosy, et Solo à la basse. Le marovany est un zither en bois, la valiha une harpe en bambou, et le kabosy une petite guitare à sept cordes : ces instruments malgaches traditionnels, réinventés, forment la base sonore du groupe.
Les textes de Tarika abordent de front des sujets tabous dans la société malgache — le statut des femmes, la corruption, l’exploitation coloniale. Bibiango (1994) crée un tollé à Madagascar. Son Egal (1997), produit par Simon Emmerson (Afro Celt Sound System), explore l’insurrection malgache de 1947 et tente de réconcilier Malgaches et Sénégalais, deux peuples marqués par la répression coloniale. L’album reçoit un accueil enthousiaste en Europe et aux États-Unis, se classe en tête des charts world music pendant huit semaines, et remporte l’AFIM Indie Award. D Sakay (1999) offre un contrepoint dansant, avec des reprises de tubes malgaches des années 1960 et 1970. Soul Makassar (2001) constitue le projet le plus ambitieux : Hanitra voyage à Sulawesi en 1999 et y découvre les racines indonésiennes de Madagascar, cet archipel peupé il y a 1 500 ans par des marins malais. TIME classe Tarika parmi les dix meilleurs groupes de la planète en 20014.
Un héritage qui dépasse la musique
Après les attentats du 11 septembre, Tarika se retire de la tournée intensive. Hanitra décide de s’installer définitivement à Madagascar et y fonde en 2002 Antshow Madagascar, un centre culturel à Antananarivo5. Le complexe réunit une salle de spectacle, un studio d’enregistrement, des chambres d’hôtes, un restaurant et des cours de valiha gratuits dispensés par la Valiha High Association, créée par Hanitra en 1997 pour former les enfants défavorisés. Tarika 10, paru en 2004, célèbre le dixième anniversaire du groupe.
Hanitra continue de chanter sous le nom Tarika Bé. Son message, entre engagement social et fidélité aux racines, a ouvert la voie à toute une génération d’artistes malgaches. « La musique est sacrée pour moi », déclare Hanitra, qui a choisi de retourner à Madagascar plutôt que de poursuivre une carrière lucrative à l’étranger4.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Bibiango | 1994 | Premier album, provoquant des débats sur le statut des femmes à Madagascar |
| Son Egal | 1997 | Album conceptuel sur l’insurrection de 1947, AFIM Indie Award, numéro 1 des charts world music |
| D Sakay | 1999 | Hommage dansant aux tubes malgaches des années 1960-1970 |
| Soul Makassar | 2001 | Explorer les liens ancestraux entre Madagascar et l’Indonésie |
Sources et références
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World Music Central, Artist Profiles: Tarika, par Angel Romero, consulté le 31 octobre 2026 ↩︎
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AllMusic, Tarika — Biography, par Chris Nickson, consulté le 31 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Tarika (musical group), consulté le 31 octobre 2026 ↩︎
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Joanna Złotkowska, Go With the Flow. Madagascar Artists Facing the Challenges of the Modern Times, International Symposium of Musicology, 2024, consulté le 31 octobre 2026 ↩︎ ↩︎
-
WOMEX, ANTSHOW: cultural arts centre in Madagascar, consulté le 31 octobre 2026 ↩︎




