Biographie
A.B. Crentsil : le ténor audacieux du highlife ghanéen
En 1973, à Tema, les Sweet Talks deviennent la bande résidente du Talk of the Town Hotel. Leur leader, un guitariste d’une vingtaine d’années au chant clair et aux paroles piquantes, incarne la nouvelle génération du highlife ghanéen.
En bref
| Nom complet | Alfred Benjamin Crentsil Jr., dit A.B. Crentsil |
| Naissance | 1943, Prestea (Côte-de-l’Or, actuelle Ghana) |
| Décès | 13 juillet 2022 (78 ans), Ghana |
| Domaine | Highlife — musique ghanéenne issue du croisement de rythmes traditionnels, de guitare acoustique et d’influences caribéennes |
| Instruments | Guitare, chant |
| Œuvres emblématiques | “Moses”, “Devil”, “Juliana” |
| Distinctions | Prix Fontomfrom Evergreen Award, l’un des trois big three du highlife ghanéen |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1943 | Naissance à Prestea, fils d’Alfred Benjamin Crentsil Sr. et de Esi Yaaba |
| 1950-60 | Découverte de la guitare au collège ; apprenti électricien aux chemins de fer ghanaïens |
| 1973-1978 | Leader des Sweet Talks, bande résidente du Talk of the Town Hotel à Tema |
| 1984 | Reprend le nom A.B. Crentsil après la mort de son père ; auparavant connu comme AB junior |
| 1990 | Ouverture d’un studio d’enregistrement 16 pistes, l’un des premiers au Ghana |
| 2004-2006 | Participation aux compilations Ghana Soundz et Rough Guide to West African Gold |
| 2013 | Collaboration compilation avec Obour, The Best of the Lifes |
| 2022 | Décès le 13 juillet, après une longue maladie |
Des premières cordes aux grandes scènes
Crentsil grandit dans un petit bourg minier de la Côte-de-l’Or britannique. Son père, administrateur aux chemins de fer ghanaïens, l’initie à la guitare au collège. Adolescent, il alterne apprentissage électricien et premiers groupes — les Strollers Band de Kwesi Donkor. La vocation l’emporte : il enchaîne les formations dans la scène naissante d’Accra, des El Dorados aux Sweet Talks qu’il cofonde avec le guitariste Smart Nkansah au début des années 1970. Le duo impose un son où le chant clair et mordant de Crentsil se mêle à des couplets à double sens, comiques et sociaux. Son premier tube, “Adam & Eve” (1975), lance une série de titres que AllMusic décrit comme parmi les plus excitants d’Afrique de l’Ouest. Les Sweet Talks, bande résidente du Talk of the Town Hotel à Tema, ferment en 1978 sous la pression économique et les couvre-feux du régime politique.
Après cette expérience, Crentsil fonde l’Ahenfo Band et ouvre en 1990 un studio d’enregistrement 16 pistes — l’un des premiers de son calibre au Ghana. Il compose sans relâche, mêlant highlife traditionnel et influences modernes (burger highlife, hip life), devenant l’une des voix majeures du pays et l’un des big three de la vocalité ghanéenne. Ses paroles controversées — “Moses” (allégorie biblique de l’intimité conjugale), “Devil”, “Atia” — pointent les réalités que la société préfère taire. Il n’ignore pas l’évolution des goûts ghanéens : « When burger highlife came and everybody loved it, we all joined the train because we also wanted to make some money », déclarera-t-il à Sintim Media. Mais il ajoute aussitôt : « highlife will always be the original form of music for Ghanaians and we will always come back to it. » Ses enregistrements pour les compilations Ghana Soundz et Rough Guide to West African Gold, publiées par la firme britannique Rough Guides, diffusent sa musique au-delà des frontières africaines. A.B. Crentsil meurt le 13 juillet 2022 après une longue maladie, laissant sa veuve Elizabeth et huit enfants.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| “Moses” | ~1970s | Allégorie audacieuse du récit biblique appliqué à l’intimité conjugale ; titre controversé le plus célèbre |
| “Adam & Eve” | 1975 | Premier hit des Sweet Talks ; couplets à double sens novateurs |
| “Devil” | ~1980s | Solo emblématique ; titre culte du highlife ghanéen |
| “Juliana” | ~2010s | Collaboration avec Obour ; pont entre highlife classique et hip life |
Héritage et influence
A.B. Crentsil a montré que le highlife restait un art d’observation plutôt qu’un simple décor festif. Ghana Soundz et le Rough Guide to West African Gold ont ouvert sa musique à un public mondial. Guitare précise, chant clair, textes francs : cette approche inspire les musiciens ghanaïens qui continuent de transformer le son qu’il a contribué à forger.
Sources et références
- Craig Harris, « A.B. Crentsil biography », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/ab-crentsil-mn0001661131, consulté le 2 novembre 2026.
- « A. B. Crentsil », Wikipédia (EN), https://en.wikipedia.org/wiki/A._B._Crentsil, consulté le 2 novembre 2026.
- « Highlife legend A.B. Crentsil dies at 79 », The Ghanaian Chronicle, https://thechronicle.com.gh/highlife-legend-a-b-crentsil-dies-at-79/, publié le 13 juillet 2022.
- « Legendary Highlife Musician A.B Crentsil Confirmed Dead », Sintim Media, https://sintimmedia.com/legendary-highlife-musician-a-b-crentsil-confirmed-dead/, consulté le 2 novembre 2026.
- « Profile of Legendary Highlife icon AB Crentsil », GBC News Ghana, https://www.gbcghanaonline.com/entertainment/profile-of-legendary-highlife-icon-ab-crentsil/2022/, consulté le 2 novembre 2026.
- « AB Crentsil to ‘kill a fowl’ over Lifetime Achievement Award », GhanaWeb, http://www.ghanaweb.com/GhanaHomePage/entertainment/AB-Crentsil-to-kill-a-fowl-over-Lifetime-Achievement-Award-437341, publié le 9 mai 2016.
- Ronnie Graham & John Collins (dir.), Africa, Europe and the Middle East: World Music, Rough Guides, 1999.
- « A.B. Crentsil discography », Discogs, https://www.discogs.com/artist/A.B.+Crentsil, consulté le 2 novembre 2026.






