Hijas Del Sol

Hijas Del Sol

Groupe

Origine

Biographie

Las Hijas del Sol : la voix bubi qui a conquis l’Espagne

En 1992, Piruchi Apo Botupá et sa nièce Paloma Loribo Apo — connue sous le nom de scène Paloma del Sol — remportent deux prix au Festival de la Chanson Hispana du Centro Cultural Hispano Guineano de Malabo, île de Bioko en Guinée équatoriale. Cette victoire ouvre la voie de l’Europe : l’Expo Séville et le Festival OTI. Le duo installe ses affaires à Madrid en 1994, rencontre Manu Chao qui devient leur mentor, et signe avec le label Nubenegra. Des traditions bubis aux charts espagnols, leur parcours est devenu une référence pour toute la scène musicale équato-guinéenne.

En bref

Nom du duo Las Hijas del Sol (« Les Filles du Soleil »)
Membre 1 Piruchi Apo Botupá
Membre 2 Paloma Loribo Apo (Paloma del Sol)
Origine Île de Bioko, Guinée équatoriale
Ethnie Bubi
Genres Afropop, Jazz, Pop latine
Période d’activité 1992 – 2006

Dates clés

Année Événement
1992 Victoire au Festival de la Chanson Hispana (Malabo) ; Expo Séville et Festival OTI
1994 Installation à Madrid ; rencontre de Manu Chao
1995 Sortie du premier album Sibèba (Nubenegra) ; primé par fRoots
1997 Kottó, tournant vers des sons plus hybrides
1999 Kchaba, hommage à l’afrobeat de Fela Kuti
2001 Pasaporte Mundial ; “Ay, Corazón” n°1 sur Los 40 Principales
2003 Colores del Amor, collaboration avec Chico Ortega et Carlos Tato
2004 Vivir esta Locura, dernier album du duo
2006 Dissolution du duo

Parcours musical

Piruchi et Paloma appartiennent au peuple bubi, deuxième groupe ethnique de Guinée équatoriale (6,5 % de la population), autochtone de l’île de Bioko. La musique est ancrée très tôt dans leur vie : chants traditionnels bubis, rythmes et danses façonnent toute leur culture. En 1992, leur victoire au Festival du Centro Cultural Hispano Guineano de Malabo — prix de meilleure chanson originale et meilleure chorégraphie — vaut à leur musique d’être entendue au-delà de l’île. Cette même année, l’Expo Séville et le Festival OTI ouvrent la porte de l’Espagne.

À Madrid, le milieu « world music » est en plein essor. Las Hijas del Sol se produit dans des salles madrilènes — Café del Mercado, entre autres — où elles font connaître leur culture bubi. C’est là qu’elles rencontrent fortuitement Manuel Domínguez, responsable du label indépendant Nubenegra, qui les signe pour trois albums. Sibèba (1995) en résulte, un disque d’une authenticité rare : « sibèba » signifie en bubí « ce à quoi tout le monde se bat » — un refuge, un salut. Le disque est salué par fRoots (n°1 du palmarès 1995) et diffusé en Europe, aux États-Unis, au Canada et au Japon. Ses textes parlent des traditions bubis, de la religion catholique et des difficultés des immigrés en Espagne.

Avec Kottó (1997) et Kchaba (1999), le duo s’affranchit du « world music » pour incorporer funk et rock. Kchaba est un hommage à l’afrobeat du légendaire Fela Kuti, créateur du genre au Nigeria. Piruchi et Paloma disent admirer son « esprit de lutte ». Le disque remporte le prix Villa de Madrid du meilleur album de musique populaire 2000.

Le tournant décisif vient avec le passage chez Zomba Records, le label de Britney Spears et des Backstreet Boys. Piruchi expliquera plus tard : « Le changement n’a pas été mauvais du tout : il nous a permis de vendre beaucoup plus, d’être plus populaires, et de faire sortir notre langue un peu plus loin de chez nous. » Pasaporte Mundial (2001), enregistré sous Zomba/Sony, est leur premier disque entièrement en espagnol et propulse “Ay, Corazón” au sommet de Los 40 Principales. Le duo entame une vaste tournée à travers l’Espagne. Colores del Amor (2003) et Vivir esta Locura (2004) poursuivent cette voie, mêlant rythmes africains, funk et pop latine.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Sibèba 1995 Premier album, primé par fRoots : chant bubí authentique et réalités immigrées
Kchaba 1999 Hommage à Fela Kuti ; prix Villa de Madrid du meilleur album 2000
Pasaporte Mundial 2001 Consécration commerciale ; numéro 1 sur Los 40 Principales

Héritage

Las Hijas del Sol restent le groupe équato-guinéen le plus populaire et le plus vendu de l’histoire — un record jamais égalé. Leur parcours, de l’île de Bioko au sommet des charts espagnols, est devenu une référence pour les jeunes musiciens de leur pays. Après la dissolution, Piruchi fonde un studio d’enregistrement et promeut la scène locale en Guinée équatoriale. Paloma del Sol explore la peinture, écrit deux romans — Pasos desconocidos (2012) et Momentos fugaces (2015) — et publie deux albums solo, Goza de la Vida (2010) et Atrévete a ser feliz (2016). Leur héritage réside dans cette capacité à traverser les mondes sans jamais trahir leur racine.

Sources et références

  1. Pablo Infante-Amate, « Producing Culture from Afar: Equatoguinean Musicians in Spain », Ethnomusicology Review, UCLA, consulté le 24 octobre 2026.
  2. « Las Hijas del Sol », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Hijas_del_Sol, consulté le 24 octobre 2026.
  3. « Paloma del Sol », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Paloma_del_Sol, consulté le 24 octobre 2026.
  4. « Las Hijas Del Sol », Discogs, https://www.discogs.com/artist/922535, consulté le 24 octobre 2026.
  5. « Las Hijas del Sol hacen un álbum en hommage à Fela Kuti et le « afrobeat » », El País, 5 novembre 1999, consulté le 24 octobre 2026.
  6. « Paloma del Sol », Casafrica, https://www.casafrica.es/es/persona/paloma-del-sol, consulté le 24 octobre 2026.
  7. « Las Hijas del Sol », Deezer, https://deezer.com/mx/artist/71294, consulté le 24 octobre 2026.
  8. RTVE, « España.com en REE — Paloma del Sol », https://www.rtve.es/play/audios/espanacom-en-ree/espanacom-ree-paloma-del-sol/3617889/, consulté le 24 octobre 2026.