Nasio Fontaine

Nasio Fontaine

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Biographie

Nasio Fontaine : la voix du reggae dominicain

Le 11 juillet 2007, sur la scène de Glastonbury, Nasio Fontaine impose une voix rauque et un message conscient. Né en 1969 dans une case en bois sans électricité ni eau courante, ce fils d’une mère kalina-go et d’un père d’ascendance africaine est devenu l’un des artistes reggae les plus respectés des Caraïbes1.

En bref

Nom complet Nasio Fontaine
Naissance 1969, Carte-Bois (Bagatelle), Dominique
Décès En vie
Domaine Reggae roots ; musique des Caraïbes
Instrument Chant, multi-instrumentiste autodidacte
Œuvres emblématiques “Born to Be Free”, Reggae Power, Universal Cry
Distinctions Sisserou Award of Honour (2007)

Dates clés

Année Événement
1969 Naissance à Carte-Bois, Dominique
1981 Déménagement à Saint-Martin ; découverte du reggae
1986 Premier single “Born to Be Free” ; 5 000 copies vendues
1994 Premier album Reggae Power au Mixing Lab Studios (Jamaïque)
1996 Reggae Power nommé Best Reggae Album par Reggae Roots International Magazine
1999 Revolution, album dénonçant l’oppression des Rastafaris en Dominique
2004 Living in the Positive chez Ras Records
2006 Universal Cry aux Real World Studios de Peter Gabriel ; tournée en Afrique
2007 Concert à Glastonbury ; Sisserou Award of Honour
Fin des années 2000 Retrait de la scène ; retour à l’agriculture en Dominique

Un enfant du bois

Nasio Fontaine naît en 1969 au village de Carte-Bois, sur la côte sud-est de la Dominique2. Son père est d’ascendance africaine et sa mère appartient au peuple kalina-go, les peuples autochtones originaux de l’île. La famille habite dans une case en bois d’une seule pièce, sans eau courante ni électricité. Les enfants doivent aller chercher l’eau chaque matin au fleuve Gwiyo. À l’école de Bagatelle, Nasio tape sur les bureaux des maîtres et chez lui il frappe sur tout — casseroles, boîtes de lait. À huit ans, il chante dans le chœur de l’église catholique du village et remporte les concours à neuf, dix et onze ans. Son premier prix : une règle, un paquet de livres et de crayons, que sa mère n’a plus eu à acheter.

Pour écouter de la musique, la famille s’est partagé une petite radio Phillips d’un pied sur six pouces, allumée à la lampe à pétrole. On y écoute du calypso — le Mighty Sparrow, les Merrimen de Barbade — et, à travers cette petite boîte, des âmes qui font trembler le monde : Curtis Mayfield, Sam Cooke, Marvin Gaye3. Le reggae, Nasio ne l’a entendu que plus tard.

Saint-Martin : rastafari et premiers enregistrements

En 1981, Nasio déménage à Saint-Martin, l’île voisine de l’Atlantique. Le rastafari est un mouvement spirituel né en Jamaïque dans les années 1930, qui vénère l’empereur Haïlé Sélassié Ier d’Éthiopie comme figure messianique4. En Dominique, le rastafari est mal vu : les adeptes sont pourchassés pour leurs dreadlocks. À Saint-Martin, Nasio trouve enfin de l’air. Il absorbe le son de Joseph Hill, Burning Spear, Jacob Miller et surtout Bob Marley, auquel il est constamment comparé. Il travaille comme nettoyeur de yacht, balayeur de magasin, manœuvre au port. Pendant cinq ans, il économise chaque dollar et finance ses premières séances d’enregistrement avec l’aide de son frère. En 1986, il grave son premier single “Born to Be Free”, écrit comme une protestation contre l’apartheid. Le titre se vend à 5 000 copies à Saint-Martin — le record de l’île. Nasio devient le “Born-To-Be-Free-Man” de Saint-Martin.

Consécration et message universel

En 1992, Nasio enregistre au Mixing Lab Studios de Kingston en Jamaïque, avec des musiciens comme Robbie Lyn, Dwight Pickney et Keith Sterling. Reggae Power, son premier album complet, sort en 1994 après être resté deux ans en attente dans un tiroir. L’album est nommé Best Reggae Album par Reggae Roots International Magazine en 1996 et Nasio reçoit le prix Best New Artist de Gavin Magazine. Revolution (1999) contient “Black Tuesday”, un morceau qui dénonce l’oppression des Rastafaris en Dominique. Living in the Positive sort chez Ras Records en 2004. Universal Cry, enregistré en 2005 au Long View Farm dans le Massachusetts et aux Real World Studios de Peter Gabriel en Angleterre, avec le producteur Richard Evans, rencontre un vibrant succès critique. « The music is a representation of people: the music fight against separation, downpression, and unrighteousness, and the music stand for the people who stand for upfulness. If I’m in Africa, I hear people say the same cry about nuclear weapons and war and starvation, and then you go to London and people still have the same basic concerns. This music come talk about these things, so it’s a whole universal cry », explique Nasio5.

Héritage

Nasio Fontaine a pris sa retraite de la scène musicale à la fin des années 2000 pour se consacrer à l’agriculture en Dominique et à l’œuvre caritative Nasio Foundation6. Son héritage, c’est un reggae ancré dans les réalités du quotidien, loin des circuits internationaux mais porté par un message qui a traversé les frontières et les conflits. En Sierra Leone comme en Jamaïque, sa musique a résonné comme un compagnon de lutte.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
“Born to Be Free” 1986 Premier single, protestation contre l’apartheid ; record de vente de Saint-Martin
Reggae Power 1994 Premier album, enregistré au Mixing Lab de Kingston ; prix international
Revolution 1999 Album engageant contre l’oppression rastafari en Dominique
Universal Cry 2006 Enregistré aux Real World Studios ; tournée en Afrique

Sources et références


  1. Wikipedia, Nasio Fontaine, consulté le 30 octobre 2026, https://en.wikipedia.org/wiki/Nasio_Fontaine ↩︎

  2. Britannica, Dominica, consulté le 30 octobre 2026, https://www.britannica.com/place/Dominica ↩︎

  3. AllMusic, Nasio — Biography par Andrew Hamilton, consulté le 30 octobre 2026, https://www.allmusic.com/artist/nasio-mn0000678176 ↩︎

  4. Washington Post, NASIO Living in the Positive, 13 février 2004, consulté le 30 octobre 2026, https://www.washingtonpost.com/archive/lifestyle/2004/02/13/nasio-living-in-the-positi/7ce6ea42-6b70-49ec-86bf-43894aa60de3/ ↩︎

  5. Caribbean Beat Magazine, Nasio Fontaine: hear his cry par David Katz, n° 81, septembre-octobre 2006, consulté le 30 octobre 2026, https://www.caribbean-beat.com/issue-81/nasio-fontaine-hear-his-cry ↩︎

  6. Enkisi Music Records, Nasio Fontaine: the fascinating story of a reggae artist from Dominica, consulté le 30 octobre 2026, https://enkismusicrecords.com/nasio-fontaine-biography/ ↩︎