Somi

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Biographie

Somi : la voix du « New African Jazz »

Née dans l’Illinois de parents rwandais et ougandais, élevée entre l’Afrique et les États-Unis, Somi a consacré sa carrière à tisser un pont musical entre deux continents. Sa voix d’alto fumée, son intérêt pour le violoncelle et son engagement culturel en font l’une des voix les plus singulières du jazz contemporain. En 2021, elle devient la première femme africaine nominée dans une catégorie jazz des Grammy Awards.

En bref

Nom complet Laura Kabasomi Kakoma
Nom de scène Somi (ou Somi Kakoma)
Naissance 6 juin 1981, Champaign, Illinois
Nationalité Américaine
Origines Rwanda et Ouganda
Genre(s) Jazz vocal, soul, afrobeat, pop
Instruments Voix, violoncelle
Labels Sony Music, Okeh Records, Salon Africana, Harmonia Mundia
Distinctions Nommée aux Grammy Awards (2021), deux NAACP Image Awards, Doris Duke Artist Award (2023)

Dates clés

Année Événement
1981 Naissance à Champaign (Illinois), fille d’immigrés rwandais et ougandais
1984 La famille déménage à Ndola (Zambie) ; père travaille à l’OMS
2003 Premier album indépendant Eternal Motive
2007 Red Soil in My Eyes sous Harmonia Mundia ; succès du single “Ingele”
2009 If the Rains Come First, n° 2 Billboard World Music
2014 The Lagos Music Salon sur Okeh Records (Sony) ; Angelique Kidjo et Common invités
2017 Petite Afrique, cycle sur la communauté sénégalaise de Harlem
2020 Holy Room – Live at Alte Oper ; nomination Grammy 2021
2022 Album Zenzile, hommage à Miriam Makeba ; spectacle Dreaming Zenzile en Off-Broadway
2023 Doris Duke Artist Award ; débuts sur Broadway dans Jaja’s African Hair Braiding

Parcours musical et artistique

Laura Kabasomi Kakoma grandit entre la Zambie, où elle vit de trois à neuf ans, et l’Illinois, où sa famille retourne quand son père obtient un poste de professeur à l’Université de l’Illinois (UIUC). Après des licences en anthropologie et en études africaines à l’UIUC, un master en performance studies à la Tisch School of the Arts de New York University, et un doctorat de Harvard au Department of Music, elle s’installe à New York. Son parcours académique croisé — sciences sociales et pratique artistique — marque durablement sa démarche musicale1.

Somi n’avait pas prévu de chanter. « Je suis arrivée au jazz par accident », confie-t-elle2. Le premier moment qui l’a véritablement émue reste celui où, étudiante universitaire, elle entend Ella Fitzgerald chanter Moonlight in Vermont dans sa voiture3. Ce déclic la conduit à côtoyer Nina Simone, Dee Dee Bridgewater et sa grande mentor, le trompettiste sud-africain Hugh Masekela.

Sa carrière décolle avec Red Soil in My Eyes (2007), auto-produit puis licencié à Harmonia Mundia/World Village. Le single “Ingele” grimpe en tête du top 10 des classements de musique du monde aux États-Unis4. En 2009, sa signature avec ObliqSound aboutit à If the Rains Come First, qui se classe n° 2 du Billboard World Music Chart. Le tournant majeur arrive en 2013, quand Somi signe chez Sony Music et rejoint le label Okeh Records récemment relancé5. Son album The Lagos Music Salon (2014), né d’un sabbat de 18 mois au Nigeria, atteint la première place du chart Jazz de Billboard et invite Angelique Kidjo et Common6. The Huffington Post la qualifie alors « de la nouvelle Nina Simone »7.

Somi définit son esthétique comme du « New African Jazz » — une expression qu’elle a forgée pour décrire une musique qui rejette les stéréotypes d’une Afrique figée :

« Le “New African” signifie pour moi remettre en question les idées acceptées de ce qu’être Africain veut dire dans une vision moderne du monde. C’est une période très excitante sur le continent, notamment en termes de production8. »

Après Petite Afrique (2017), cycle consacré à la communauté sénégalaise de Harlem, Somi plonge dans l’univers de Miriam Makeba. Pendant sept ans, elle élabore Dreaming Zenzile, un spectacle musical original basé sur la vie de la légendaire chanteuse sud-africaine9. Le spectacle se produit dans quatre théâtres régionaux, puis en Off-Broadway au New York Theatre Workshop en 2022. L’album Zenzile (2022) en est la version studio, enregistré à l’Apollo Theater — premier événement live de ce temple historique depuis la fermeture pandémique.

En 2023, Somi récolte le Doris Duke Artist Award et fait ses débuts sur Broadway dans le rôle-titre de Jaja’s African Hair Braiding. En 2026, avec What Does It Take to Bloom?, enregistré entre Dakar, Lagos, Paris et New York, elle opère un recentrage sur elle-même : « J’ai écrit ce recueil en traversant beaucoup d’endroits et en perdant beaucoup de gens »10.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
If the Rains Come First 2009 Album de rupture sur ObliqSound, n° 2 Billboard World Music
The Lagos Music Salon 2014 Premier disque Sony/Okeh, n° 1 Jazz Billboard, Angelique Kidjo et Common
Petite Afrique 2017 Cycle sur le Harlem africain, lauréat d’un NAACP Image Award
Holy Room – Live at Alte Oper 2020 Nomination Grammy 2021, lauréat NAACP Image Award

Héritage

Somi incarne un nouveau modèle pour les artistes d’origine africaine : formée à l’anthropologie et à Harvard, elle refuse qu’on réduise sa musique à un « exotisme » conventionnel. Ses nominations aux Grammy Awards, ses labels majeurs et son propre label Salon Africana en font une dirigeante artistique autant qu’une interprète. En ouvrant la porte des Grammy aux femmes africaines, en créant Dreaming Zenzile et en assumant sa double culture au cœur du jazz new-yorkais, elle montre que l’identité africaine est plurielle, moderne et en mouvement.

Sources et références


  1. Formation pluridisciplinaire : licenses en anthropologie et études africaines (UIUC), master en performance studies (NYU Tisch), doctorat de Harvard. ↩︎

  2. Interview Afropop : Somi raconte avoir entendu Ella Fitzgerald chanter Moonlight in Vermont pour la première fois en tant qu’étudiante universitaire. ↩︎

  3. Déclic musical — première audition majeure de jazz. ↩︎

  4. “Ingele” a maintenu une position top 10 sur les classements U.S. de World Music pendant plusieurs mois. ↩︎

  5. Somi fait partie des tout premiers artistes signés par le label Okeh Records relancé par Sony Music. ↩︎

  6. The Lagos Music Salon a atteint la première place des charts Jazz de Billboard. ↩︎

  7. The Huffington Post a surnommé Somi « la nouvelle Nina Simone ». ↩︎

  8. Citation textuelle vérifiée dans iRock Jazz et Afropop. ↩︎

  9. Dreaming Zenzile développé pendant sept ans, produit dans quatre théâtres régionaux avant Off-Broadway. ↩︎

  10. Citation confirmée par SomiMusic.com et interview Afropop 2026. ↩︎