Biographie
Takfarinas
Quand l’album Yal sort au tournant des années 2000, Takfarinas chante déjà depuis vingt ans. Il chante pour les ouvriers de Saint-Denis, les communautés d’Athènes et de Johannesbourg. La mandole entre ses mains, une guitare modifiée à deux manches dont l’une porte les basses et l’autre les aigus1. « Tak », comme ses fans l’appellent, n’a jamais cessé d’élargir le cercle de sa musique kabyle pour en faire un pont entre les continents.
En bref
| Nom complet | Hacène Zermani |
| Naissance | 25 février 1958, Tixeraïne, Alger |
| Domaine | Yal — musique kabyle (berbère d’Algérie) mêlée de chaâbi, funky et rock |
| Instruments | Voix, mandole (double manche), composition |
| Œuvres emblématiques | Yal, Way telha, Honneur aux dames, Zaâma Zaâma |
| Distinctions | KORA Award 2000, concert à l’Olympia de Paris |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1958 | Naissance à Tixeraïne, quartier kabyle d’Alger, dans une lignée d’artistes |
| 1976 | Premier passage à la radio à Alger ; premier single |
| 1979 | Premier album à Paris ; installation en France |
| 1981 | Formation du groupe Agraw avec Boujema Semaouni |
| 1986 | Double album Way telha / Arrac : des millions d’exemplaires vendus |
| 1988 | Invention de la mandole à double manche |
| 1990 | Concert à l’Olympia de Paris |
| 1999 | Sortie de Yal et du tube Zaâma Zaâma |
| 2004 | Double album bilingue Honneur aux dames / Tajmilt i tlawin |
| 2021 | Dernier album enregistré : Ul-iw ttayri / Yemma lezzayer-iw |
De Tixeraïne à Paris : la construction d’un style
Hacène Zermani naît le 25 février 1958 dans le quartier kabyle de Tixeraïne, à Alger2. Sa famille compte déjà quatre générations de musiciens. Très jeune, l’enfant bricole sa première guitare avec un cylindre d’huile et un câble de frein. À sept ans, il chante déjà.
Les ondes lui apportent le goût des autres sons : Stevie Wonder, Edith Piaf, Cheikh El Hasnaoui3. Le petit Hacène absorbe ce brassage qui sera la graine du Yal — mot qu’il invente plus tard pour nommer sa musique kabyle élargie. Le terme recouvre plusieurs sens en kabyle : interjection musicale, préfixe de chaque, racine de yella (exister) et de ayla (propriété).
En 1979, face à la répression politique en Algérie, il émigre à Paris1. Il fait du métro son premier studio, travaillant sa voix dans les couloirs souterrains et les caves d’hôtels. Barbès, quartier de la communauté maghrébine à Paris, devient son terrain de scène. Il distribue ses cassettes gravées et le public le suit partout.
Révélation : la mandole et les stades
En 1981, Takfarinas forme le groupe Agraw. Les deux albums publiés avec ce collectif forgent son expérience. Le groupe se sépare en 1984 et l’artiste prend son destin en main.
L’année 1986 marque un tournant décisif4. Sous la direction de l’arrangeur Jean Claudric, il publie le double album Way telha et Arrac. Des millions d’exemplaires se vendent en Afrique du Nord, les stades lui ouvrent leurs portes et l’Europe suit. Pour la première fois dans le monde artistique nord-africain, il propose des spectacles grand public avec une production inédite.
En 1988, il transforme sa mandole5. Il confie l’instrument au luthier Rachid Chaffaa qui lui ajoute un deuxième manche — l’une porte les basses, l’autre les sons aigus. En 1998, le luthier Madjid Lah’lou passera le tout à la version électroacoustique.
Consécration
En 1990, Takfarinas monte sur les planches de l’Olympia. En 1993, avec Hamid Belhocine (tromboniste de Kassav’), il publie Romane et entre officiellement sur le circuit des musiques du monde. En 1999, il sort Yal, l’album le plus abouti1. Le tube Zaâma Zaâma devient un standard de la world music. En 2004, Honneur aux dames, double album bilingue, invite Sly Dunbar et Norbert Krief. En 2011, Lwaldine / Inchallah marque trente ans de carrière. En 2021, Ul-iw ttayri / Yemma lezzayer-iw confirme sa vitalité.
« Je chante l’exil, je touche un public large, parce que la musique, c’est la langue qui parle au cœur ».
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Way telha / Arrac | 1986 | Premier succès continental, millions de ventes |
| Yal | 1999 | Album-marqueur ; Zaâma Zaâma standard mondial |
| Honneur aux dames / Tajmilt i tlawin | 2004 | Double album bilingue, collaborations internationales |
| Lwaldine / Inchallah | 2011 | Hommage au chaâbi, trente ans de carrière |
Héritage
Takfarinas a fait de la mandole kabyle un instrument universel5. De Tixeraïne à Johannesburg, il a montré qu’une langue berbère pouvait parler au cœur du monde.
Sources et références
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Wikipédia en anglais, Takfarinas, consulté le 31 octobre 2026, https://en.wikipedia.org/wiki/Takfarinas ↩︎ ↩︎ ↩︎
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Trappes Mag, TAKFARINAS Biographie, Nasr-eddine Beghdadi, Archives de la Radio Algérienne, consulté le 31 octobre 2026 ↩︎
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Coda Music, Takfarinas — Biography, Discography & Albums, consulté le 31 octobre 2026, https://codamusic.me/artists/takfarinas/ ↩︎
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France Culture, Takfarinas, le roi de la pop kabyle, entretiens, consulté le 31 octobre 2026, https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-reveil-culturel/takfarinas-le-roi-de-la-pop-kabyle-2839744 ↩︎
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AllMusic, Takfarinas — Biography, Discography, Albums & Expert Reviews, consulté le 31 octobre 2026, https://www.allmusic.com/artist/takfarinas-mn0000155753 ↩︎ ↩︎




