Xalam

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Biographie

Xalam : la folle aventure afro-funk du Sénégal

Dakar, fin des années 1960. Sur les planches du Plateau, cinq amis sénégalais foncent à toute allure, mêlant rock, salsa et rhythm and blues. Le nom ? African Khalam Orchestra, puis Cadets Xalam. Inspirés par un orchestre éphémère des années 1960, ils puisent leur identité dans le xalam, ce luth à deux cordes que les griots serer font résonner depuis des siècles.

En bref

Nom Xalam (parfois Xalam 2)
Origine Dakar, Sénégal
Genre Afrojazz, afro-funk, mbalax (rythme haussé et dansant né au Sénégal, issu de la tradition sabar des griots)
Activité Depuis 1969
Membres fondateurs Abdoulaye Prosper Niang (batterie), Taffa Cissé (percussions), Henri Guillabert (claviers), Papa Moussa Babou « Baye » (basse), Ibrahima Coundoul « Brams » (chant)
Œuvres emblématiques Gorée, Apartheid, Ndiguël, Xarit

Dates clés

Année Événement
1969 Fondation du groupe à Dakar
1979 Festival Horizonte de Berlin ; premier LP, Ade
1981 Bande-son du pavillon Epcot Disney, enregistrée à Dakar
1983 Gorée ; invitation des Rolling Stones sur Undercover of the Night
1984 Gorée en Top 5 Le Monde pendant cinq mois
1986 Sortie de Apartheid, sommet créatif du groupe
1988 Décès d’Abdoulaye Prosper Niang, leader fondateur
2008 Live à Montreux (enregistrement 1991)
2015 Waxati, retour en studio après 22 ans
2024 EP Retour aux Sources, 55 ans de carrière

De Dakar à la scène mondiale

Xalam voit le jour dans le quartier du Plateau à Dakar, à la fin des années 1960. Cinq jeunes amis — Abdoulaye Prosper Niang à la batterie, Taffa Cissé aux percussions, Henri Guillabert aux claviers, Papa Moussa Babou « Baye » à la basse, Ibrahima Coundoul « Brams » au chant — s’essaient d’abord à un répertoire occidental : rock, salsa, bossa nova, rhythm and blues. Ils parcourent le continent, jouent au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Nigéria. Le succès est local. Ils savent qu’il leur manque une identité propre.

Cette quête les plonge dans un terreau plus profond. Les rythmes sabar des griots, les mélodies du xalam serer remontent à la surface. Résultat : un mélange explosif d’afro-funk, de jazz et de mbalax, un son que ni les Occidentaux ni les Africains n’avaient jamais entendu, mais que tous reconnaissaient comme leur propre héritage.

L’année 1979 marque un tournant. À Berlin, au festival Horizonte, Xalam enregistre Ade, son premier long playing. Le coup d’envoi d’une trajectoire en flèche. En 1981, Walt Disney les appelle à Dakar pour le pavillon africain d’Epcot. Deux ans plus tard, leur passage à Paris Africa Fête provoque un tel tollé que les Rolling Stones, dans les loges, invitent les percussions du groupe à poser sur leur futur album, Undercover of the Night. Gorée (1983) explose : il grimpe pendant cinq mois dans le Top 5 Le Monde des albums africains, reggae et folk.

Le sommet de cette période arrive en 1986 avec Apartheid. Le disque est une machine de guerre afro-funk : Doley roule avec un groove implacable porté par Baye Babou et Prosper Niang ; Kaniane fait hurler les saxophones tandis que les sabars de Taffa Cissé lancent des appels rituels. Des invités de choc — Luther Allison, Richard Raux de Magma, Jean-Philippe Rykiel — enrichissent le tout. Apartheid se hisse aux côtés des albums fondateurs de la world music des années 80.

Mais la mort d’Abdoulaye Prosper Niang, en 1988, frappe le groupe comme un coup de tonnerre. Considéré comme une météorite de la musique africaine, Prosper Niang était le cœur battant de Xalam. Le groupe plie un instant, mais ne rompt pas. Xarit (1988) et Wam Sabindam (1993) témoignent d’un groupe qui, bien que meurtri, refuse de se laisser endormir. Les tournées s’accumulent : Europe, Japon, Afrique du Sud. Après une décennie de pauses, Xalam revient au premier plan en 2008 avec Live à Montreux, et en 2015 avec Waxati, son premier album studio depuis vingt-deux ans. En 2024, Retour aux Sources célèbre 55 ans de carrière ininterrompue.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Gorée 1983 Premier album international ; percussion impeccables, son jamais égalé.
Apartheid 1986 Sommet créatif. Afro-funk militant, cuivres tranchants, rythmes sabar. Un disque fondateur.
Ndiguël 1987 Le tube Nitou tey (« sois humble ») prouve que le succès ne se vend pas.
Waxati 2015 Retour en studio après 22 ans ; le flambeau n’a jamais cessé de brûler.

Héritage

Xalam reste une référence dans la musique africaine. Son approche — fusionner le funk et le jazz avec les rythmes traditionnels sénégalais sans jamais renier l’un ou l’autre — a ouvert la voie à des générations de musiciens, depuis les formations de la nouvelle scène dakaroise jusqu’aux projets de jazz africain en Europe. En Afrique comme à Dakar, on cite Xalam comme un laboratoire qui fonctionne encore.

Sources et références

  1. « Xalam (groupe) », Wikipédia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Xalam_(groupe), consulté le 22 octobre 2024.
  2. « Xalam 2 », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Xalam_2, consulté le 22 octobre 2024.
  3. « Xalam — Biography », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/xalam-mn0000683160, consulté le 22 octobre 2024.
  4. « Frank Bessem’s Musiques d’Afrique / Senegal : Xalam », Musiques d’Afrique, https://musiques-afrique.net/senegal/art_xalam.html, consulté le 22 octobre 2024.
  5. « Apartheid — Xalam, 1986 », Afro Caribbean Beats, https://afrocaribbeanbeats.com/en/apartheid-xalam-1986/, consulté le 22 octobre 2024.
  6. « Marche à l’ombre », AlloCiné, https://www.allocine.fr/film/fichefilm-232/casting/, consulté le 22 octobre 2024.
  7. « Marche à l’ombre — Soundtrack », Afrisson, https://www.afrisson.com/marche-a-l-ombre-lp-1924/, consulté le 22 octobre 2024.
  8. « Xalam — Discography », Discogs, https://www.discogs.com/artist/373822-Xalam, consulté le 22 octobre 2024.