Yuri Da Cunha

Yuri Da Cunha

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Biographie

Yuri da Cunha

En 2013, à Luanda, une chanson simple et irrésistible envahit les rues : “Atchu Tchutcha”, titre porté par une voix qu’on ne confond pas, celle d’un homme qui a fait du semba — la musique traditionnelle angolaise souvent considérée comme celle des vieux — son fer de lance et sa mission. « J’étais insulté, on m’appelait palhaço — clown — », raconte-t-il des débuts. « Je savais que le semba n’était pas la musique des vieux et que j’avais une mission à accomplir. » Yuri da Cunha, de son vrai nom Álvaro Yuri Alberto da Cunha, est né le 13 septembre 1980 à Sumbe, dans la province du Cuanza-Sud. Artiste engagé qui porte depuis deux décennies les rythmes angolais vers le monde entier, il doit son surnom, “The Show Man”, à la fougue de ses concerts.

En bref

Nom complet Álvaro Yuri Alberto da Cunha
Naissance 13 septembre 1980, Sumbe (Cuanza-Sud, Angola)
Domaine Semba, kizomba ; aussi rumba, kuduro, zouk
Œuvres emblématiques “Eu”, “Atchu Tchutcha”, “De Alma na Paixão”
Distinctions MTV Africa Music Award (2014), Top Rádio Luanda 2006, prix RTP meilleur vidéoclip (1996)

Dates clés

Année Événement
1993 Premiers pas en public, à treize ans
1994 Premier prix au concours de rue ; victoire à la radio angolaise avec Amigo
1996 Début officiel à Lisbonne avec É Tudo Amor ; prix RTP du meilleur vidéoclip
2004 “Makumba” remporte le Top Rádio Luanda
2005 Sortie de Eu, album révélation qui fait de lui une star nationale
2009 Kuma Kwa Kié, vingt mille copies vendues en un jour — record historique
2010 Première partie d’Eros Ramazzotti pendant vingt mois en tournée mondiale
2013 “Atchu Tchutcha” : tube national ; MTV Africa Award
2014 Fête des vingt ans de carrière à la MEO Arena, Luanda
2015 Cinquième album O Intérprete, porté par “De Alma na Paixão”
2017-2018 Duos internationaux avec Flavour et Agir
2023 Célébration des trente ans de carrière

Entre tradition et modernité

Yuri da Cunha grandit à Luanda, dans le quartier Rocha Pinto. Dès l’enfance, il fréquente les répétitions du groupe Os Kwanzas, où son père Henrique da Cunha dit « Riquito » joue de la guitare. Loin de se laisser enfermer par cette tradition, il découvre seul le chant et développe très tôt le goût du spectacle. À près de dix ans, il remporte un concours improvisé de rue baptisé Kutonina — jeu de mots entre Makumba (magie en quimbundo) et l’expression portugaise qui signifie « ne me touche pas ». Plus tard, à Luanda, il affine sa technique vocale auprès du professeur Manuel Costa dit « Makanha » et se fait remarquer en 1994 lors du concours de musique infantile de la Rádio Nacional de Angola en gagnant le prix de la meilleure chanson avec Amigo.

Ses influences musicales ne se limitent pas à l’Angola — Bonga, David Zé, Artur Nunes, Teta Lando, Carlos Burity et André Mingas — mais aussi Michael Jackson pour la danse. « Je me suis fait éduquer au semba », confie-t-il, et c’est précisément contre l’idée que ce style n’est « pas pour les jeunes » qu’il forge son identité artistique. Il mélange semba, kuduro et chorégraphies inspirées de Michael Jackson sur scène. En 1996, à vingt ans, il traverse l’Atlantique et s’établit à Lisbonne où le producteur Valentim de Carvalho lui confie un studio. L’album É Tudo Amor sort la même année ; il repart aux Pays-Bas pour recevoir le prix RTP du meilleur vidéoclip et celui de meilleure musique des pays africains lusophones.

Yuri ne revient en Angola que dix ans plus tard, après une période de maturation loin des projecteurs. Il revient en 2004 avec “Makumba”, une reprise de l’œuvre légendaire de Bonga, qui lui vaut le Top Rádio Luanda et devient une signature de style.

En janvier 2005, Eu sort : treize titres mêlant semba, rumba et kizomba chantés en portugais et quimbundo. Les singles “Homem é bom” (l’homme est bon), “Kalundu”, “Njila” et “Simão” envahissent les ondes angolaises. L’album remporte le Top Rádio Luanda 2006 dans quatre catégories : meilleur album, meilleure production discographique, meilleur semba et meilleur kizomba.

Mais c’est avec Kuma Kwa Kié (qui signifie « prends garde »), sorti en 2009, que Yuri da Cunha explose. Treize titres enregistrés en Angola, au Portugal et en France avec la participation du musicien Man-Ré. L’album se vend à plus de vingt mille exemplaires en une seule journée — un record pour l’époque. La même année, il signe avec Sony Music et rejoint la tournée mondiale d’Eros Ramazzotti en première partie : vingt concerts à travers l’Europe sur près de deux ans.

Le 17 juillet 2014, il fête ses vingt ans de carrière à la MEO Arena de Luanda. Le même soir, devant une foule qui l’acclame, il chante “Atchu Tchutcha”, un titre sorti en collaboration avec le groupe sud-africain Uhuru qui devient l’hymne de la saison et lui vaut un MTV Africa Music Award dans la catégorie meilleure collaboration.

Pour ses années suivantes, Yuri ne se laisse pas enfermer : O Intérprete (2015), cinquième album, est porté par “De Alma na Paixão”, puis il explore des duos internationaux — le Nigérian Flavour sur “Sweet La Vida” (2017) et Agir sur “N’Gakuzolu” (2018). Il apparaît aussi dans Coke Studio Africa en 2013. En 2019, il s’entretient avec la ministre angolaise de la Culture Maria da Piedade de Jesus pour défendre les droits d’auteur et la diffusion internationale des artistes angolais. Sur scène, Yuri danse comme il compose : sans concession, mêlant les influences d’une vie pour forger un style inimitable.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Eu 2005 L’album révélation qui fait de Yuri une star angolaise.
Kuma Kwa Kié 2009 Vingt mille copies vendues en un jour — le premier album angolais à exploser.
“Atchu Tchutcha” 2013 Tube national devenu hymne de scène.
O Intérprete 2015 Confirmation internationale avec “De Alma na Paixão”.
Canta Artur Nunes 2012 Tribut à la légende angolaise Artur Nunes.

Héritage et influence

Yuri da Cunha a contribué à faire du semba un style contemporain, pas une relique. En y ajoutant le kuduro, le zouk et des éléments de la danse moderne africaine, il a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes angolais qui revendiquent fièrement leurs racines sans renoncer à la modernité. Il reste aujourd’hui l’un des rares musiciens angolais à avoir fait le tour du monde et les grandes scènes internationales — de l’Afrique du Sud aux festivals européens.

Sources et références

  1. « Yuri da Cunha — Biography », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/yuri-da-cunha-mn0002603017, consulté le 3 novembre 2025.
  2. « Yuri da Cunha », Wikipédia (en), https://en.wikipedia.org/wiki/Yuri_da_Cunha, consulté le 3 novembre 2025.
  3. « Yuri da Cunha », Wikipédia (pt), https://pt.wikipedia.org/wiki/Yuri_da_Cunha, consulté le 3 novembre 2025.
  4. « Singer Yuri da Cunha celebrates 30 years of career », ANGOP, https://angop.ao/en/noticias/lazer-cultura/yuri-da-cunha-celebra-30-anos-de-carreira-com-roda-de-semba/, consulté le 3 novembre 2025.
  5. « Yuri da Cunha — 20 Anos de Carreira », RTP Antena 1, https://antena1.rtp.pt/apoios/apoio-a1-yuri-da-cunha, consulté le 3 novembre 2025.
  6. « Discover The Hitmaker Behind “Atchu Tchutcha” », Coca-Cola Studio Africa, http://et.coca-cola.com/cokestudio/home/blog/discover-the-hitmaker, consulté le 3 novembre 2025.
  7. « Angola: Yuri DA Cunha Remembers Late Teta Lando Musician », AllAfrica, https://allafrica.com/stories/202104120199.html, consulté le 3 novembre 2025.
  8. « Angolan Music Spreading Internationally — Singer Yuri Da Cunha », AllAfrica, https://allafrica.com/stories/200512120279.html, consulté le 3 novembre 2025.

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