African Jazz Pioneers

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Biographie

African Jazz Pioneers

En juin 1981, dans une église catholique du quartier d’Alexandra à Johannesburg, un groupe de musiciens venus d’un demi-siècle de jazz sud-africain se retrouve pour un premier concert après des années de silence. Sous la direction du saxophoniste Edmund « Ntemi » Piliso — surnom qu’il portait depuis l’enfance, dérivé de indimi, le sage en zoulou — ils relancent les big bands de l’ère Sophiatown. Leur musique, enracinée dans le marabi (un style né dans les tavernes sud-africaines des années 1920, mélange de jazz dixieland et de rythmes zoulou, xhosa et sotho), résonne comme un acte de résilience culturelle.

En bref

Nom du groupe African Jazz Pioneers
Origine Johannesburg, Afrique du Sud
Genres Jazz townshippé, marabi, big band
Membres fondateurs Ntemi Piliso, Timothy Ndaba, Wilson Silgee, Stompie Manana, Kippie Moeketsi, Shep Ntsamai
Œuvres emblématiques African Jazz Pioneers (1989), Live at the Montreux Jazz Festival (1992)
Label historique Gallo Records (Afrique du Sud)

Dates clés

Année Événement
1925 Naissance d’Edmund « Ntemi » Piliso à Alexandra, Johannesburg
1953 Formation des Alexandra All Stars Band par Ntemi Piliso
1955-1960 Démantèlement de Sophiatown ; déclin des big bands
1981 Création des African Jazz Pioneers à Alexandra
1986 Première tournée au Botswana
1987 Festival CASA à Amsterdam ; renommée internationale
1992 Enregistrement au Montreux Jazz Festival
2000 Décès de Ntemi Piliso (18 décembre) ; prix du ministre Ben Ngubane
2001-aj. Le groupe continue sous d’autres leaders

Origines et renouveau : d’Alexandra au monde

Au début des années 1950, Ntemi Piliso et son Alexandra All Stars Band incarnent l’avant-garde du jazz urbain sud-africain, fusionnant l’esthétique des big bands américains avec les tempos Majuba et le marabi. Le cœur battant de ce mouvement est Sophiatown, ce carrefour multiculturel où côtoient musiciens, écrivains, politiciennes et acteurs, parmi eux Miriam Makeba, Hugh Masekela et Dudu Pukwana. Mais les années 1960 sonnent le glas : le démantèlement de Sophiatown par le régime d’apartheid chasse les artistes en exil et relègue les big bands aux oubliettes.

En juin 1981, Ntemi Piliso rassemble les pièces éparses. Il reconvoque d’anciens membres des Alexandra All Stars et recrute des jeunes férus de ce style — les pionniers sont nés. Leur premier concert a lieu dans une église catholique d’Alexandra, un geste audacieux qui prouve que le sontown jazz survit aux lois sur les permis de séjour, à la censure et à la répression. Le marabi, dont les origines remontent aux années 1920 comme une confluence de jazz dixieland et de rythmes locaux, devient leur langue maternelle. Bientôt, le groupe élargit son horizon instrumental en intégrant la profondeur des grands orchestres de Duke Ellington et Count Basie.

Consécration : de l’apartheid aux festivals du monde

Le virage international arrive en 1987, lorsque les African Jazz Pioneers sont invités au festival Culture in Another South Africa à Amsterdam. Le public européen découvre avec émerveillement un son qui n’a rien perdu de sa fougue. Sous l’impulsion de Queeneth Ndaba, qui oriente leur carrière, le groupe enchaîne les tournées. Après la levée de l’embargo culturel en 1990, ils foulent les scènes de France, Japon, Suisse, Angleterre, Allemagne, Suède et Pays-Bas, aux côtés d’Youssou N’Dour, Quincy Jones, Nina Simone et Chick Corea. Le groupe joue également pour des personnalités telles que le président sud-africain Nelson Mandela et l’ancien président Thabo Mbeki.

En août 2000, le ministre Ben Ngubane distingue Ntemi Piliso comme l’un des saxophonistes les plus éminents d’Afrique du Sud. Dix semaines plus tard, le 18 décembre, Ntemi s’éteint à Alexandra, dans la maison même où il est né en 1925. Les musiciens se succèdent, mais l’esprit pionnier demeure. En 2001, le festival Ikageng Jazz Festival institue The Night of the Pioneers en leur honneur. Le groupe continue de se produire, perpétuant le souffle du township jazz.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
African Jazz Pioneers 1989 Premier album, vitrine du marabi et des big bands
Live at the Montreux Jazz Festival 1992 Enregistrement historique devant un public mondial
Shufflin’ Joe 1996 Hommage à la créativité sud-africaine sous l’apartheid
76–3rd Avenue 2004 Témoignage de la longévité du groupe

Héritage

Les African Jazz Pioneers ont permis le retour sur scène de géants du jazz qui s’étaient tus deux décennies durant, offrant en même temps aux jeunes musiciens sud-africains une porte d’entrée directe vers le vrai jazz townshippé plutôt que vers la musique bubblegum. Leur héritage est double : une musique qui refuse l’amnésie culturelle, et un modèle de transmission intergénérationnelle — Ntemi Piliso ouvrait la composition aux musiciens les plus jeunes, faisant de son groupe un atelier de création ouvert. Le souffle des pionniers continue de porter le jazz sud-africain sur les scènes internationales.

Sources et références

  1. « African Jazz Pioneers », Wikipédia, https://en.wikipedia.org/wiki/African_Jazz_Pioneers, consulté le 22 octobre 2026.
  2. « African Jazz Pioneers », Mixtapes ZA, https://mixtapes.org.za/encyclopedia/african-jazz-pioneers, consulté le 22 octobre 2026.
  3. Edmund « Ntemi » Piliso, interview par Christopher Ballantine, « Ntemi Piliso: Jazzing Through Defeat and Triumph », Africa Multiple Interactive Research Atlas, https://amira.africamultiple.uni-bayreuth.de/s/amira/item/32036, consulté le 22 octobre 2026.
  4. « Kick It Up With South African Jazz », NPR, https://www.npr.org/2010/06/15/127562747/kick-it-up-with-south-african-jazz, consulté le 22 octobre 2026.
  5. « African Jazz Pioneers », South African Music, https://music.org.za/artist.asp?id=75, consulté le 22 octobre 2026.
  6. « The African Jazz Pioneers », Discogs, https://www.discogs.com/release/6137907, consulté le 22 octobre 2026.
  7. « African Jazz Pioneers », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/african-jazz-pioneers-mn0000035609, consulté le 22 octobre 2026.