Biographie
Agboti Yawo
Né au bord du fleuve Zio en 1959, Agboti Yawo a passé quarante ans à inventer le son moderne du Togo1. De son premier tube discothèque à son exil pour une chanson politique, son parcours traverse les bouleversements de l’Afrique de l’Ouest. Baptisé « roi du Sogo » par la presse, cet auteur-compositeur-interprète n’a cessé de mêler les rythmes éwé au soukouss congolais et au jazz.
En bref
| Nom complet | Agboti Yawo Mawunam |
| Nom de scène | Agboti Yao |
| Naissance | 31 décembre 1959, Ahavé (préfecture de Zio, Togo) |
| Nationalité | Togolaise |
| Activités | Chanteur, compositeur, percussionniste |
| Genres | Agbadja, Sogo, Soukouss, Jazz africain |
| Œuvres emblématiques | “À toi ma mère”, “Ablodé gbadja”, Dome Gno-Gno |
| Distinctions | Officier de l’ordre du Mono (État togolais) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1959 | Naissance à Ahavé, préfecture de Zio, de parents cultivateurs |
| 1974 | Enfance au Ghana ; diplôme équivalent au CEPE |
| 1977 | Deuxième prix du concours Interville de Radio Lomé |
| 1979 | Premier 45 tours, “Kudzéssu” (« la Mort ») ; 12 000 cassettes/mois |
| 1980 | Prix de l’Étoile d’or de la chanson togolaise ; album Agbélenko |
| 1983 | “À toi ma mère” ; tournée en Côte d’Ivoire, sommet France-Afrique |
| 1987-1988 | Tournées Europe et Louisiane ; enregistrement de Medzago (Ele Boto) à Paris |
| ~1990 | Collaboration avec Franco Luambo sur Africa for Africa |
| ~2005 | Exil au Ghana, Allemagne, États-Unis |
| 2010 | Retour au Togo après vingt ans d’absence |
| 2018 | Concert jubilaire 40 ans de carrière au Palais des congrès de Lomé |
Jeunesse et percée
Agboti Yawo Mawunam voit le jour le 31 décembre 1959 à Ahavé, petite localité de la préfecture de Zio2. Ses parents sont cultivateurs. Très jeune, il accompagne sa famille au Ghana où il grandit une partie de son enfance, obtenant un diplôme équivalent au CEPE. Le contact avec l’highlife et l’afrobeat ghanéens y forge déjà son oreille. De retour au Togo, il poursuit ses études secondaires au collège de Kouvé-Est à Lomé, puis au lycée de Tabligbo. À 15 ans, il rejoint des groupes scolaires et chante en public. Un professeur repère son talent et l’incite à se présenter au concours Interville de Radio Lomé en 1977. Il obtient le deuxième prix — une porte qui s’ouvre. Cette distinction lui permet d’enregistrer son premier 45 tours, “Kudzéssu” (« la Mort »), publié en 1979. Le titre conquiert les discothèques togolaises et devient un record pour un artiste togolais de l’époque.
L’ascension et l’exil
L’année suivante, il remporte l’Étoile d’or de la chanson togolaise et sort l’album Agbélenko. Les années 1980 le voient enchaîner tournées et enregistrements en Afrique de l’Ouest, en Europe et aux États-Unis3. En 1983, “À toi ma mère” devient son premier tube international, le menant à Abidjan pour une campagne de promotion qui le fait aussi chanter au sommet France-Afrique. Il enregistrera à Paris Medzago (Ele Boto) et participera à des festivals en Louisiane.
C’est à cette époque qu’Agboti développe son style propre, mêlant l’agbadja — le rythme traditionnel éwé du sud du Togo — au soukouss congolais et au jazz4. Il popularise le Sogo, un rythme moderne d’inspiration togolaise qui deviendra l’une des premières formes de musique pop urbaine du pays. La presse culturelle l’adopte et le baptise « roi du Sogo ».
Ses thèmes ancrent sa musique dans le réel : solidarité, famille, amour, paix5. “Ablodé gbadja” — « Liberté totale » — devient un cri de ralliement de l’opposition togolaise à l’ère du multipartisme. Mais cette chanson, interprétée à la fin des années 1980, lui vaut des menaces. Il fuit. L’exil l’emmène au Ghana, en Allemagne, puis aux États-Unis. Il enregistre African Girl (1998) et Evergreen depuis l’Amérique, et effectue des tournées au Canada en 2006. En 2010, après presque vingt ans, il rentre au Togo. En 2012, il publie Megavivinoumenamwo (« Ne me mens pas »). Le 31 août 2018, un concert jubilaire au Palais des congrès de Lomé fête ses quarante ans de carrière.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| “Kudzéssu” (single) | 1979 | Premier tube ; 12 000 cassettes/mois, premier succès discothèque togolais |
| Agbélenko | 1980 | Premier album, couronné par l’Étoile d’or de Radio Lomé |
| “À toi ma mère” | 1983 | Tube international ; tournée Côte d’Ivoire et sommet France-Afrique |
| Africa for Africa | ~1990 | Collaboration avec Franco Luambo ; hymne panafricain sur la famine |
| “Ablodé gbadja” | ~1990 | « Liberté totale » ; cri de ralliement, responsable de l’exil |
| Megavivinoumenamwo | 2012 | Retour post-exil ; « Ne me mens pas » |
Héritage
Agboti Yawo est une figure fondatrice de la musique togolaise moderne5. En inventant le Sogo, ce rythme qui fait dialoguer les traditions éwé avec les sons urbains venus du Congo et des États-Unis, il a ouvert la voie à toute une génération. Son parcours reflète celui de son pays : les espoirs des indépendances, les épreuves du régime unique, le basculement vers la démocratie. Exilé pour une chanson qui dérangeait le pouvoir, il n’a jamais renoncé. Sa musique, profondément togolaise tout en étant ouverte au continent, continue d’être diffusée de Lomé à Accra. L’État togolais l’a nommé officier de l’ordre du Mono pour saluer son apport culturel. Avec seize albums à son actif depuis 1979, il reste l’un des artistes togolais les plus prolifiques.
Sources et références
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Sylvie Clerfeuille, Afrisson, Agboti Yawo, 25 janvier 2013, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipédia FR, Agboti Yawo Mawunam, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Music In Africa, Agboti Yao, 5 avril 2016, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Ahlin Accrobessi, Actuloupe, Agboti Yao: Portrait du fameux roi du Sogo, 5 décembre 2015, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Sylvie Clerfeuille, Afrisson, Agboti Yawo, 25 janvier 2013, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎ ↩︎


