Biographie
Jhikoman : la voix du reggae en Afrique de l’Est
Bagamoyo, petite ville côtière au nord de Dar es Salaam, où les maisons en corail portent encore les traces des caravanes marchandes du XIXe siècle. C’est ici, parmi ces murs chargés d’histoire, que Jhikoman façonne depuis des décennies un reggae acoustique enraciné dans le sol africain mais tourné vers l’horizon. « Voice of the voiceless » — la voix de ceux qu’on n’écoute pas — comme il se définit sur son site, l’artiste n’a cessé de transformer les messages de paix, d’amour et de justice sociale en mélodies qui traversent les frontières1.
En bref
| Nom complet | Jhikolabwino Siza Manyika |
| Nom de scène | Jhikoman / Jhiko Manyika |
| Naissance | 1972, Dar es Salaam, Tanzanie |
| Domaine | Reggae roots, Afro-acoustique, World : Afrique de l’Est |
| Instruments | Chant, guitare |
| Groupes | Afrikabisa Band (depuis 2000) |
| Label | Afrikabisa Records |
| Distinctions | Ambassadeur de paix (Universal Peace Federation) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1972 | Naissance à Dar es Salaam, troisième enfant d’une famille de neuf |
| 1994 | Début de la carrière musicale active |
| 2000 | Création du Afrikabisa Band, dont il est le chanteur principal |
| 2005 | Sortie de l’album Chikondi |
| 2008 | Sortie de Tupendane ; consécration régionale |
| 2009 | Album Yapo coproduit par le Finlandais Samuli Majamäki |
| 2012 | Conseiller vocal à l’Institut des Arts de Bagamoyo et à TaSUBa |
| 2012 | Album Moyo Unadunda avec l’Afrikabisa Band |
| 2013+ | Reconnaissance internationale par l’Universal Peace Federation |
Les origines : un artiste au carrefour des arts
Jhikolabwino Siza Manyika voit le jour en 1972 à Dar es Salaam, au sein d’une famille nombreuse : il est le troisième de neuf enfants, cinq garçons et trois filles2. Dans cette maison bruyante et vivante, la musique n’est sans doute jamais loin — un terreau propice pour un futur chanteur. D’ailleurs, il ne se destine pas uniquement à la musique. Comme de nombreux artistes africains qui puisent leur énergie dans le terreau culturel complet, Jhikoman cultive aussi la peinture, la bande dessinée, la sculpture et l’agriculture. Toutes ces disciplines nourrissent sa vision artistique d’artiste-plasticien total, où la musique n’est qu’une manifestation d’une sensibilité plus large3.
Il choisit de s’installer à Bagamoyo, ancienne ville-swahilie aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son musée d’art et ses traditions sculpturales. C’est tout naturel : Bagamoyo signifie en swahili poser le cœur, une ville où l’art et la spiritualité se répondent depuis des siècles. C’est là que Jhikoman construit son univers, à la croisée du reggae jamaïcain et des rythmes de la côte est-africaine4.
Consécration : un reggae avec des racines
Le premier grand album de Jhikoman, Chikondi, arrive en 2005 (parfois daté de 2007 selon les sources). Le titre vient du language nyasa et signifie un amour divin, inconditionnel et sacrificiel. L’album est enregistré au Green Dragon Studio d’Oslo et au Zamunda Studio de Dar es Salaam. Il attire une brochette d’artistes internationaux : Baran M. du Kurdistan, Khalid Salih du Soudan, Uriel Seri de Côte d’Ivoire, des musiciens norvégiens, OnRebel G du Mexique, Carola Kinasha de Tanzanie, Chai Jaba du Congo et Sister Yana du Brésil5. Une carte du monde en chansons.
En 2008, Tupendane sort sur Afrikabisa Records. Enregistré au StudioRed de Helsinki, l’album est entièrement en swahili et fait connaître le morceau “Micho Dread”6. Puis en 2009, Yapo est coproduit par le musicien et producteur finlandais Samuli « Power » Majamäki, enregistré entre Bagamoyo, le studio UduMood en Finlande et Alcalassa en Espagne. Ces collaborations nord-sud illustrent parfaitement le projet de Jhikoman : faire circuler la musique africaine vers le monde entier sans jamais l’appauvrir7.
Évolutions et engagement : la musique comme mission
Depuis 2000, Jhikoman est le chanteur principal du Afrikabisa Band et dirige son propre label, Afrikabisa Records. En 2012, il entre comme conseiller vocal à l’Institut des Arts de Bagamoyo et à TaSUBa, formant les nouvelles générations8. Il fait également le choix assumé d’un reggae conscient, porteur de messages de paix et de justice. En reconnaissance de son engagement, l’Universal Peace Federation le nomme Ambassadeur de paix, citant sa dévotion aux valeurs universelles, à la coopération interreligieuse et à l’harmonie internationale9.
Jhikoman a parcouru les scènes majeures de l’Afrique et de l’Europe : le Mela d’Oslo, le World Village de Helsinki, l’Exeter Respect Festival au Royaume-Uni, le ZIFF de Zanzibar et le Sauti za Busara10. Ses enfants — deux filles, Chimwemwe et Ntendele, et un fils, Tayamika — portent lui aussi le nom Manyika sur les planches, perpétuant la lignée.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Chikondi | 2005 | Premier album-phare, collaboration internationale sur la notion d’amour divin |
| Tupendane | 2008 | Premier album en swahili, fait connaître “Micho Dread” |
| Yapo | 2009 | Coproduction Finlande-Tanzanie, son affiné à l’international |
| Moyo Unadunda | 2012 | Collaboration avec l’Afrikabisa Band, maturité artistique |
Héritage
Jhikoman reste l’une des figures les plus stables du reggae tanzanien. Alors que certains artistes ont basculé vers des genres plus commerciaux, lui est resté fidèle à une musique engagée, cosmopolite et ancrée11. Son parcours, de Dar es Salaam à Bagamoyo, de l’Afrique à l’Europe, raconte l’histoire d’un artiste qui n’a jamais dilué son message. « Voice of the voiceless » — sa devise — n’est pas un slogan mais une pratique quotidienne, traduite en concerts, en collaborations et en formations. Son héritage, c’est celui d’un reggae africain qui n’a pas attendu l’aval de Londres ou Kingston pour exister12.
Sources et références
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Music In Africa, Busara Promotions, 2014, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Jhikoman, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Jhikoman Bandcamp, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Jhikoman ; Bagamoyo UNESCO heritage, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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World Music Central, Artist Profiles: Jhikoman par Angel Romero, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Jhikoman — discographie Tupendane, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Jhikoman — discographie Yapo, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Music In Africa, Jhikoman — Profils professionnels, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Jhikoman.com, Universal Peace Federation, Ambassadeur de paix, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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Wikipedia, Jhikoman — festivals, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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The Citizen, Jhikoman the tireless reggae disciple, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎
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World Music Central et Music In Africa, consultation croisée, consulté le 28 octobre 2026 ↩︎



