Biographie
Khadja Nin
Le 5 septembre 2025, lors de la cérémonie de nommage d’un gorille à Kinigi, au Rwanda, Khadja Nin prononce ces mots : « Je suis née et j’ai grandi au Burundi, mais aujourd’hui j’ai choisi le Rwanda comme foyer éternel. » L’artiste burundaise, célèbre en France dans les années 1990 pour Sambolera, un tube qui a vendu plus de 420 000 exemplaires, marque là un acte : après quarante ans de vie entre musique et engagement, elle rentre chez elle. Derrière la chanteuse qui définit sa musique comme « ni blanche ni noire, mais café au lait »[^1], se dessine le parcours d’une enfant de diplomate, veuve à vingt-deux ans, choriste de cathédrale devenue artiste planétaire et ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef.
En bref
| Nom de naissance | Jeanine Rema |
| Nom artistique | Khadja Nin (« La petite Jeanine » en kirundi) |
| Naissance | 27 juin 1959, Ruvyagira, Burundi |
| Genre | Afro-pop |
| Œuvres emblématiques | Sambolera, Ya Pili, Ya… |
| Distinctions | Kora Awards (1997, 1999), jury Cannes 2018 |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1959 | Naissance à Ruvyagira ; son père, Jean Ntiruhwama, ministre de l’Intérieur |
| 1966 | Âge de sept ans : chorale de la cathédrale de Bujumbura |
| 1975 | Départ pour Kinshasa (Zaïre) ; mariage en 1978, naissance de Vincent |
| 1980 | Installation en Belgique ; décès de son mari |
| 1985 | Rencontre avec le producteur Nicolas Fiszman |
| 1992 | Album éponyme Khadja Nin (entièrement en swahili) |
| 1996 | Sambolera : tube de l’été sur TF1, double disque d’or |
| 2018 | Membre du jury du Festival de Cannes |
Parcours et consécration
Khadja Nin est la cadette d’une famille de huit enfants. Son père, ministre de l’Intérieur du Burundi sous le roi Mwambutsa IV, ramène des disques internationaux[^2]. Dès sept ans, sa voix la fait intégrer la chorale de la cathédrale de Bujumbura, où elle devient chanteuse principale. Miriam Makeba est son modèle[^3]. À seize ans, elle quitte le Burundi pour Kinshasa. En 1978, à dix-neuf ans, elle se marie et donne naissance à un fils, Vincent[^4]. L’année suivante, son mari décède[^5]. En 1980, elle quitte l’Afrique pour la Belgique avec son fils de deux ans, y occupe des emplois modestes avant de croiser, en 1985, le guitariste et producteur Nicolas Fiszman[^6]. « Nicolas est le Nin de Khadja Nin »[^7]. Le duo s’associe : lui compose, elle écrit les paroles en swahili et kirundi[^8].
En 1991, le tandem signe un contrat avec BMG Ariola. L’album Khadja Nin paraît en 1992, entièrement en swahili[^9]. Ya Pili (« Le second »[^10]) suit en 1994 et reçoit un accueil critique favorable[^11]. Le tube arrive en 1996 avec Sambolera, choisi par TF1 pour diffuser son clip en continu[^12]. Deux mois après le lancement, double disque d’or : 200 000 exemplaires en France, 420 000 dans le monde[^13]. Le titre Sina mali, sina deni y reprend Stevie Wonder[^14]. En 1998, l’album Ya… marque une nouvelle étape[^15]. Enregistré dans une maison de campagne londonienne, il inclut un hommage à Nelson Mandela (Mzee Mandela)[^16] et Mama, dont Jeanne Moreau réalise le clip[^17]. En 1999, elle chante en première partie de Sting à New York, accompagnée de Cheb Mami, puis monte sur scène avec les deux artistes au Palais omnisports de Paris-Bercy le 10 janvier 2000[^18]. En 2006, elle épouse le pilote Jacky Ickx[^19]. C’est après 2007 — son retour au Burundi ravagé par la guerre civile pour un concert, « la première et la dernière fois »[^20] — qu’elle se retire de la scène pour se consacrer à l’engagement. Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef[^21], elle soutient la scolarisation des filles en Afrique et la lutte contre la famine[^22]. En 2015, face à la crise politique burundaise, elle prend publiquement position[^23]. En 2018, elle est membre du jury du Festival de Cannes sous la présidence de Cate Blanchett[^24]. En 2024, elle curatrice de la musique de la première Triennale de Kigali[^25]. Le 5 septembre 2025, elle annonce son installation définitive au Rwanda[^26].
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Khadja Nin | 1992 | Premier album, entièrement en swahili : entrée audacieuse dans la world music |
| Ya Pili | 1994 | « Le second », critique saluée, introduit le kirundi |
| Sambolera | 1996 | Tube de l’été sur TF1 ; 420 000 exemplaires ; Sina mali, sina deni y figure[^27] |
| Ya… | 1998 | Dernier album studio : hommage à Mandela, clip Mama réalisé par Jeanne Moreau |
Héritage
Khadja Nin reste l’une des rares artistes africaines à avoir franchi la barrière linguistique — swahili, kirundi, français — pour conquérir un public européen[^28]. Sa musique, qu’elle définit comme « ni blanche ni noire, mais café au lait »[^29], est restée fidèle à cette vision. Le succès de Sambolera a ouvert la porte à de nombreux artistes africains[^30]. Au-delà de sa discographie, son parcours — de la chorale de Bujumbura au jury de Cannes — témoigne de la puissance de la musique comme voix politique.
Sources et références
- « Khadja Nin », Wikipédia FR, https://fr.wikipedia.org/wiki/Khadja_Nin, consulté le 24 octobre 2025.
- « Khadja Nin », Grokipedia, https://grokipedia.com/page/Khadja_Nin, consulté le 24 octobre 2025.
- « Nin (Khadja) », RFI Musique, https://www.rfi.fr/fr/musique/20200424-nin-khadja, consulté le 24 octobre 2025.
- « Khadja Nin », AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/khadja-nin-mn0000089758, consulté le 24 octobre 2025.
- Angel Romero, « Artist Profiles: Khadja Nin », World Music Central, https://worldmusiccentral.org/artist-profiles-khadja-nin, consulté le 24 octobre 2025.
- « Khadja Nin », RFI Hebdo, https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20180511-cannes-2018-khadja-nin-une-chanteuse-burundaise-le-jury, consulté le 24 octobre 2025.
- « Kora Awards », Wikipédia EN, https://en.wikipedia.org/wiki/Kora_Awards, consulté le 24 octobre 2025.
- « I was born and raised in Burundi but today I have chosen Rwanda as my forever home », RwandanTV, https://www.youtube.com/watch?v=VHy6cbIrAJ0, consulté le 24 octobre 2025.





