Mah Damba

Mah Damba

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Biographie

Mah Damba

Née en 1965 au cœur de Bamako, Mah Damba porte dans sa voix l’héritage des griots mandingues — ces gardiens de mémoire qui, depuis des siècles, transmettent les épopées et la sagesse du Mali. « Il n’y a pas de frontière en musique. Si ma voix me permet de jouer avec d’autres, je dois y aller »1.

En bref

Nom complet Mah Sissoko (nom de scène : Mah Damba)
Naissance 1965, Bamako, Mali
Domaine Musique malienne — musique griot, mandingue
Instruments Voix, ngoni, balafon
Labels Buda Musique, Trema, World Network
Distinctions The Divas from Mali (World Network, 1998)

Dates clés

Année Événement
1965 Naissance de Mah Sissoko à Bamako, Mali
1979 Rencontre du ngoniste Mamaye Kouyaté ; mariage l’année suivante
1982 Installation à Paris avec son époux
1989 Pory, premier album en cassette (Samassa Records)
1997 Nyarela, premier album international (Trema/Sony)
2000 Djelimousso, Mali: The Voice of the Mande (Trema/Sony)
2001 Documentaire Mah Damba, une griotte en exil (Corinne Maury, Olivier Zuchuat)
2009 Décès de Mamaye Kouyaté
2010 À l’Ombre du grand baobab, album dédié à la mémoire de son mari
2019 Hakili Kélé (Buda Musique), dirigé par Thierry Fournel
2026 Taabolo Koura (One World Records)

Le sang griot

Mah Sissoko grandit dans l’univers des griots de Bamako. Son père, Djeli Baba Sissoko, est l’un des plus grands djelis du Mali, détenteur de siècles d’épopées mandingues jouées au ngoni, petit luth à trois cordes. Sa tante, la chanteuse Fanta Damba, djelimousso, initie la petite fille au chant dès l’enfance. Le destin musical de Mah est ainsi tracé : le griot (ou djeli), dans la tradition mandingue, est à la fois musicien, historien et conseiller2. Très jeune, elle chante lors de mariages et de cérémonies, puis intègre l’ensemble de Kassemady Diabaté. Leur premier album en cassette, Pory (1989), enregistré en duo avec son époux Mamaye Kouyaté, la fait connaître du public malien.

Paris : la griotte en exil

En 1982, Mamaye Kouyaté est appelé à se produire à Paris1. Il s’y installe ; Mah le rejoint en 1983. La France devient son second foyer : avec son époux, elle accompagne les grands moments de la diaspora malienne et intègre le groupe Mandé Foli. Leur premier concert hors communauté a lieu à Lille, au Macumba. Le public européen découvre alors une voix capable de rester quinze minutes sur le micro à narrer les épopées. Le succès arrive, les tournées se multiplient. Mais Mah ne quitte jamais Bamako.

Carrière solo et alliances

Nyarela (1997) est son premier disque international, où sa voix grave est accompagnée d’un orchestre acoustique : ngoni, kora, balafon3. Elle contribue à The Divas from Mali (World Network, 1998) et au projet The Prayer Cycle de Jonathan Elias (1999). Après la disparition de Mamaye en 2009, elle consacre À l’Ombre du grand baobab (2010) à sa mémoire et collabore avec le contrebassiste de jazz Jean-Jacques Avenel. Depuis 2007, elle partage la scène avec la chorale des Métallos à Paris, soit une centaine de choristes.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Nyarela 1997 Premier album international, porte sa voix au-delà du Mali
Djelimousso 2000 Affirme sa stature de griotte solo sur la scène mondiale
À l’Ombre du grand baobab 2010 Tournant émotionnel après le décès de Mamaye, ouverture au jazz et à la chorale
Hakili Kélé 2019 Collaboration aboutie avec Thierry Fournel, onze titres entre tradition et modernité
Taabolo Koura 2026 Dernier album, chez One World Records, transmission de la tradition griot

Héritage

Mah Damba incarne un équilibre rare : fidélité à un héritage sacré et ouverture à l’autre. Elle n’a jamais sacrifié son devoir de griotte mais refuse de s’enfermer dans un répertoire clos. Ses enfants, Sira et Woridio, continuent la tradition. Sira, ex-choriste d’Amadou et Mariam, compte déjà deux albums à son actif. Guimba, guitariste formé auprès de son père, a participé à The River d’Ali Farka Touré. La griotte a fait germer, sans les forcer, la génération suivante — comme le baobab abrite des oiseaux qu’il laisse partir vers d’autres branches4.

Sources et références


  1. RFI Musique, Mah Damba, dans la tradition et au-delà, 18 septembre 2019, musique.rfi.fr, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎ ↩︎

  2. Wikipédia (version française), article Mah Damba, fr.wikipedia.org, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎

  3. BBC Music, Mah Damba — New Songs, Playlists & Latest News, bbc.co.uk/music/artists, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎

  4. Frank Bessem, Musiques d’Afrique / Mali : Mah Damba, musiques-afrique.net, consulté le 29 octobre 2026. ↩︎