Biographie
Maria de Barros
Née au Sénégal, élevée en Mauritanie, installée aux États-Unis dès onze ans : Maria de Barros n’a jamais posé le pied au Cap-Vert avant l’âge de quarante-cinq ans, et pourtant sa musique en est un acte d’amour constant. Tandis que sa compatriote Cesária Évora popularisait la morna, cette complainte mélancolique sur l’absence et la peine, la « reine des coladeiras »1 a choisi le contre-pied — des rythmes vifs et festifs qui dansent entre le reggae, la samba, la bossa nova et le coladeira, rythme dansant cap-verdien originaire de l’île de Santiago. Première artiste capverdien-américaine signée par un label américain (Narada World, 2003), elle a ouvert une fenêtre mondiale sur une culture insulaire dont elle porte les couleurs avec une lucidité rare.
En bref
| Nom complet | Maria de Barros |
| Naissance | 3 février 1961, Dakar, Sénégal |
| Nationalité | cap-verdienne |
| Domaine | Chanteuse, autrice-compositrice |
| Genre | Morna, coladeira, funana, influences latinos |
| Œuvres emblématiques | Nha Mundo, Dança Ma Mi, Morabeza |
| Distinctions | Prix Miriam Makeba (2006), Prix de la Francofonie (2013) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1961 | Naissance à Dakar, de parents originaires de l’île de Brava |
| 1972 | Déménagement aux États-Unis, installation à Providence (Rhode Island) |
| 1988 | Mariage avec Mel Wilson Jr. (bassiste des Toots and the Maytals) ; départ pour Los Angeles |
| 2003 | Sortie de Nha Mundo sur Narada World, premier album sur label américain |
| 2005 | Première prestation au Cap-Vert ; nomination Essence Magazine |
| 2006 | Prix Miriam Makeba ; publication de Dança Ma Mi |
| 2009 | Sortie de Morabeza ; nomination NAACP Image Awards |
| 2011 | Quatre nominations aux Cabo Verde Music Awards ; Reggadera élue meilleure koladera |
| 2013 | Prix Spécial de la Francofonie, Washington, D.C. |
Origines : la diaspora comme terre d’enracinement
Aînée de cinq enfants, fille de parents originaires de Brava, Maria de Barros passe les premiers mois en Mauritanie avant de rejoindre Providence, Rhode Island, à onze ans. La communauté cap-verdienne de Nouvelle-Angleterre, héritière de siècles de famine ayant poussé les Insulaires vers les Amériques, est déjà bien implantée. « Mes parents ont tenu à ce que nous gardions nos racines »2. Dès le lycée, elle chante chaque week-end dans les manifestations cap-verdiennes. Son grand-père, le violoniste Djedjinho, marque ses débuts : elle reprendra deux de ses compositions sur Nha Mundo.
À vingt ans, elle chante avec Norberto Tavares et le Tropical Power, intègre le Jamm Band qu’elle quitte en 1988. Ce départ pour Los Angeles, avec son époux Mel Wilson Jr., l’éloigne de la musique cap-verdienne. « Là, la musique de Cabo Verde est restée derrière »3.
Consécration : entre tradition et modernité
À Los Angeles, elle chante boléros et rancheras en espagnol. Le producteur argentin Daniel Luchansky l’accompagne, mais c’est la chanteuse phare du Cap-Vert, Cesária Évora, qui lui donne le déclic4.
Nha Mundo (2003) est un album fondateur, salué par la critique et signature historique. L’album alterne compositions de son grand-père Djedjinho, mornas contemporaines et titres plus rythés. Dança Ma Mi (2005) approfond cette direction festive.
Maria de Barros chante en kriolu (créole cap-verdien mêlant portugais et langues ouest-africaines), mais aussi en portugais, espagnol, français, allemand et anglais5. Sa voix, chaude et maîtrisée, est un instrument de pont culturel : ses enregistrements figurent dans les compilations Putumayo, Starbucks et Rough Guide.
En 2005, elle se produit pour la première fois au Cap-Vert. « Je ne suis pas née là-bas, et que mon peuple me fasse sentir ce que j’ai toujours senti dans mon cœur — que je suis cap-verdienne — était extrêmement puissant6. Cette expérience nourrit Morabeza (2009), dédié à la morabeza, cette idée centrale de la culture cap-verdienne qui englobe la solidarité, l’hospitalité et l’amitié. L’album est nominé aux NAACP Image Awards et reçoit quatre nominations aux Cabo Verde Music Awards.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Nha Mundo | 2003 | Premier album d’une artiste capverdien-américaine sur label américain ; fusion entre tradition et modernité |
| Dança Ma Mi | 2005 | Album romantique affirmant le style festif propre à Maria de Barros |
| Morabeza | 2009 | Hommage à la terre de ses parents ; Reggadera diffusé sur HBO Entourage |
Héritage
Maria de Barros occupe une place singulière dans le paysage musical cap-verdien. Si Cesária Évora incarne la morna, cette complainte introspective sur la saudade et l’absence, la « reine des coladeiras »7 en porte le pendant : des rythmes entraînants, des mélodies qui donnent envie de danser. Ensemble, les deux voix peignent une image complète du Cap-Vert — entre douleur et joie, attente et fête.
Au-delà de sa discographie, elle a porté la musique cap-verdienne sur des scènes mondiales — WOMEX, LatinoAmerica Festival, Triple Door de Seattle — et a représenté la francophonie à travers le programme BET Soul of Africa. Son engagement culturel lui a valu en 2013 le Prix Spécial de la Francofonie8.
Sa musique, ancrée dans la diaspora mais ouverte sur le monde, reste un témoignage vivant d’une insularité qui ne se referme jamais — au contraire, elle rayonne.
Sources et références
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Seattle Times, article d’Andrew Gilbert « Maria De Barros opens a window to Cape Verde », 26 mai 2009, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Cabo Verde & a Música – Dicionário de Personagens, caboverdeamusica.online, 2022, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Cabo Verde & a Música – Dicionário de Personagens, caboverdeamusica.online, 2022, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Cabo Verde & a Música – Dicionário de Personagens, caboverdeamusica.online, 2022, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Seattle Times, article d’Andrew Gilbert « Maria De Barros opens a window to Cape Verde », 26 mai 2009, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Seattle Times, article d’Andrew Gilbert « Maria De Barros opens a window to Cape Verde », 26 mai 2009, consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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WOMEX, notice artiste Maria de Barros (Georg Leitner Productions), consulté le 1 novembre 2026 ↩︎
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Dictionnaire des créatrices, fiche Maria de Barros, Dictionnaire universel des créatrices / Des Femmes - Antoinette Fouque ↩︎


