Biographie
Nimon Toki Lala : la voix du soukous togolais
Sur scène, Nimon Toki Lala transforme la galère en lumière. Chanteuse et danseuse née en 1955 à Kara, petite ville du nord du Togo, elle reste l’une des figures féminines les plus marquantes de la musique togolaise. Son parcours, forgé dans la précarité et la dignité, illustre le destin de ces artistes pionnières qui ont exporté la musique togolaise sur les plus grandes scènes d’Europe et d’Afrique1.
En bref
| Nom complet | Pyalo Lala Nimon Toki |
| Naissance | 1955, Kara, Togo |
| Activités | Chanteuse, danseuse |
| Genre | Soukous, rumba congolaise, sonorités togolaises |
| Œuvres emblématiques | “La paille et la poutre”, “Banina”, Consécration, Ayele |
| Distinctions | Prix Découvertes RFI (1982) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1955 | Naissance à Kara (nord du Togo), aînée d’une fratrie |
| Fin des années 1970 | Début de la carrière professionnelle à Lomé |
| 1978 | Sélectionnée par Yta Jourias comme danseuse pour une tournée européenne ; installation en France |
| 1982 | Remport du Prix Découvertes RFI ; triomphe au Bourget, au festival de Genève |
| 1999-2013 | Sortie de Consécration, premier album complet (11 titres) |
| 2008 | Pause dans la carrière après la maladie et le décès de sa mère |
| 2021-2022 | Retour avec les singles “Tu partiras sans rien”, “M’bou Bilaba” et “Seigneur Jésus” |
Les origines : une vie de résistance
Née en 1955 dans la ville de Kara, au nord du Togo, Nimon Toki Lala — de son vrai nom Pyalo Lala Nimon Toki — grandit dans des conditions extrêmement modestes. Sa mère, à sa naissance, ne disposait que de deux pagnes : l’un couvrait son corps, l’autre servait de natte. En classe de quatrième, elle tombe enceinte et fuit Kara pour accoucher chez une cousine à Lomé. C’est là, loin de sa famille, que son talent de chanteuse et de danseuse se réveille1.
La révélation : le Prix Découvertes RFI
Sa vie bascule un samedi après-midi. Dans un club de nuit parisien, on lui annonce qu’elle doit déposer son dossier pour le Prix Découvertes de Radio France Internationale. Le dimanche, elle travaille avec le guitariste Toto Guillaume et compose quatre morceaux. Le lundi, elle dépose “Banina”, “La paille et la poutre” et deux autres titres. Le résultat arrive : elle a gagné. Sous le parapluie de RFI, elle écumé les grandes scènes européennes. « Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à RFI et à personne d’autre », dira-t-elle. Son style se caractérise par le soukous — ce rythme rapide né de la rumba congolaise, porté par les guitares entrelacées et la basse dansante2. Elle mêle ces influences au son de son terroir togolais, créant un pont entre deux rives de l’Afrique.
Une pionnière du soukous togolais
Nimon Toki Lala fait partie de ces femmes qui ont façonné l’identité musicale togolaise. Carlos Danklou, directeur du studio All That Production, la cite aux côtés de Bella Bellow, Afia Mala, Fifi Rafiatou et Yta Jouria : « Ces dames ont donné une identité à la musique togolaise. Elles l’ont exportée internationalement ». Elle a collaboré avec des géants du soukous : Sam Mangwana, Aurlus Mabélé et Awilo Longomba. Son album Consécration, paru en 2013 sous le label Jimmy’s Production, réunit dix titres et ces collaborations prestigieuses. Des titres comme “La paille et la poutre” ou “Banina” ont marqué toute une génération de Togolais. Pendant trois ans, entre 2006 et 2009, elle s’est retirée de la scène, en stand-by, suite à la maladie puis au décès de sa mère en 2008. Le retour ne se fait pas attendre. En 2021, elle revient avec “Tu partiras sans rien” et “M’bou Bilaba”, suivis en 2022 par “Seigneur Jésus”. À l’aube de soixante-dix ans, elle continue d’inspirer les jeunes musiciens togolais3.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| “La paille et la poutre” | 1982 | Premier titre célèbre, composé pour le Prix Découvertes RFI, hymne d’une génération |
| “Banina” | 1982 | Second titre déposé pour le concours RFI, classique du soukous togolais |
| Consécration | 2013 | Premier album complet (11 titres), collaborations avec Aurlus Mabélé, Awilo Longomba, Jimmy Papy Ramazani |
| Ayele | 1992 | Single devenu tube continental, propulse sa popularité à travers l’Afrique |
Héritage
Nimon Toki Lala incarne la résilience artistique. De la petite fille de Kara endormie sur un pagne au nom qui résonne du Bourget à Kinshasa, son parcours n’est pas seulement le sien : c’est celui de toutes ces femmes qui, sans ressources, ont ouvert la voie à la musique togolaise sur la scène mondiale1. Sa voix, entre soukous endiablé et spiritualité, continue de porter les deux mondes qui ont fait d’elle : le nord du Togo et Paris, la terre d’origine et la terre d’émigration.
Sources et références
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Paul Amegbo, Musique/Anniversaire: Nimon Toki Lala fête ses 30 années de carrière, La Première Agence de Presse Privée au Togo, 10 mars 2012, consulté le 30 octobre 2026 ↩︎ ↩︎ ↩︎
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Discogs, Nimon Toki Lala, profil artiste, consulté le 30 octobre 2026 ↩︎
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Emmanuel Atcha, Women in the music industry in Togo, Music In Africa, 20 octobre 2016, consulté le 30 octobre 2026 ↩︎



