Osibisa

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Biographie

Osibisa : les rythmes qui ont fait vibrer le monde

En 1970, Stevie Wonder s’empare des baguettes pour rythmer les rythmes d’Osibisa dans un studio londonien. Ce groupe formé de sept Africains et Caribéens venait de naître et sonna déjà comme une révolution : highlife du Ghana, rock britannique, jazz, calypso caribéen — un métissage qui ferait trembler les scènes du monde entier.

En bref

Nom du groupe Osibisa, du fante osibisaba
Formation 1969, Londres
Domaine Afro-rock, highlife — fusion de rythmes africains, caribéens, jazz et rock
Œuvres emblématiques Woyaya, « Sunshine Day », Black Magic Night
Membre fondateur vivant Robert Bailey (clavier, Trinidad)

Dates clés

Année Événement
1962 Teddy Osei arrive à Londres, boursier du gouvernement ghanéen
1964 Osei forme Cat’s Paw, prédécesseur sonore d’Osibisa
1969 Création d’Osibisa par sept musiciens africains et caribéens
1971 Osibisa et Woyaya enregistrent un succès international
1975 « Sunshine Day » atteint le n° 17 des charts britanniques
1977 Black Magic Night, enregistré au Royal Festival Hall
1980 Performance à la célébration de l’indépendance du Zimbabwe
1995 Monsore, premier album depuis une longue période de tournées
2021 New Dawn, premier album neuf depuis douze ans
2025 Décès de Teddy Osei, fondateur et leader, à 87 ans

De Kumasi à Londres : la naissance d’un son

Teddy Osei naît à Kumasi, au Ghana, le 17 décembre 1935. Dès l’adolescence, il fonde des groupes de highlife — ce style enjoué venu du Ghana qui mêle rythmes traditionnels et orchestration moderne — et enregistre un hit ouest-africain avec les Comets en 1958. En 1962, il s’installe à Londres avec une bourse du gouvernement ghanéen. Après avoir essuyé les plats dans un hôtel de Mayfair, il monte Cat’s Paw, un laboratoire sonore où cohabitent highlife, soul et rock.

Le retour à Londres en 1969 devient le point de bascule. Osei rassemble trois compatriotes ghaneens — Sol Amarfio à la batterie, Mac Tontoh à la trompette — et trois musiciens caribéens : Wendell Richardson à la guitare (Antigua), Robert Bailey aux claviers (Trinidad), et Spartacus R à la basse (Grenade). Ce noyau est baptisé « Beautiful Seven ». L’adjonction des rythmes caribéens — calypso et reggae — transforme la formule ghaneese, qui s’ouvre aux scènes rock et jazz londoniennes. Osibisa vient du fante osibisaba, un rythme précolonial, et signifie pour le groupe les « rythmes croisés qui explosent de bonheur ».

Osibisa monte en puissance sur la scène londonienne, jouant au Roundhouse et chez Ronnie Scott’s. Jimi Hendrix les regarde répéter ; en 1970, Stevie Wonder, de passage à Londres, s’empare des baguettes pour jouer avec eux. Ce parrainage assure un contrat avec les producteurs Tony Visconti et l’illustrateur Roger Dean, qui dessine l’éléphant volant — logo d’Osibisa — sur les pochettes.

Les deux premiers albums, Osibisa et Woyaya (1971), rentrent tous deux au Top 15 britannique. Woyaya inclut « Spirits Up Above », la reprise de Rahsaan Roland Kirk, et « Beautiful Seven », hymne au septuor. La tournée mondiale qui suit couvre le Japon, l’Australie, l’Inde et l’Afrique : à Kolkata, un concert réunit 100 000 spectateurs. En 1977, Black Magic Night est enregistré au Royal Festival Hall avec le mobile des Rolling Stones — un double album live de 84 minutes qui capture l’incandescence du groupe. « Sunshine Day » atteint le n° 17 des charts britanniques en 1975 ; « Dance the Body Music » suit en 1976. Mais le début des années 1980, marqué par l’essor du punk et de la disco, creuse un fossé avec les circuits commerciaux. Osibisa reste sur scène : en 1980, le groupe se produit à la célébration de l’indépendance du Zimbabwe, et fonde un studio à Accra pour les jeunes musiciens highlife.

Un héritage qui traverse les décennies

Les années 1990 voient Osibisa se reformer sous la direction d’Osei et d’Amarfio, avec des sorties légales sur CD. Monsore (1995) et Osee Yee (2009) marquent un retour progressif. En 2021, New Dawn — premier album de chansons neuves depuis douze ans — fait revenir Robert Bailey et introduit les premières femmes chanteuses de l’histoire du groupe.

Teddy Osei s’éteint le 14 janvier 2025 à Londres, à l’âge de 87 ans. Sa veuve, Benedicta Adu-Poku, rend un hommage ému en reprenant les paroles de « Woyaya » : « Nous avançons, Dieu sait où nous allons. » Robert Bailey, dernier membre fondateur vivant, maintient la flamme. Osibisa est souvent crédité comme l’un des premiers groupes à avoir introduit la musique africaine devant les audiences européennes et nord-américaines — un des fondateurs de la world music avant l’heure. Les rythmes du groupe ont ouvert la voie à Burna Boy, Fela Kuti, et toute la scène Afrobeats actuelle. Louie Vega remixe « Music for Gong Gong » en 2020, prouvant la pérennité du son. Avec son ethos de « musique joyeuse et de bonnes ondes », Osibisa a donné aux Africains et à la diaspora une fierté musicale qui résonne encore.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Woyaya 1971 Fusion parfaite entre le highlife ghanéen et le rock progressif — reprise émouvante de Roland Kirk.
« Sunshine Day » 1975 Hymne estival au n° 17 britannique : Afro-pop entraînante, le titre le plus diffusé du groupe.
Black Magic Night 1977 Double album live au Royal Festival Hall : l’incandescence d’Osibisa en 84 minutes.
New Dawn 2021 Premier album neuf depuis 2009 ; les premières chanteuses d’Osibisa, héritage et modernité.

Sources et références

  1. Osibisa, Wikipedia (en), https://en.wikipedia.org/wiki/Osibisa, consulté le 19 octobre 2025.
  2. The Guardian, « ‘Our ethos was happy music and good vibes’: genre-busting Black British band Osibisa », 29 avril 2021, https://theguardian.com/music/2021/apr/29/osibisa-british-black-rock-band-fela-kuti-stevie-wonder, consulté le 19 octobre 2025.
  3. Osibisa Biography, GhanaWeb, https://ghanawebbers.com/person/Osibisa-5761, consulté le 19 octobre 2025.
  4. Osibisa, AllMusic, https://www.allmusic.com/artist/osibisa-mn0000492611, consulté le 19 octobre 2025.
  5. Osibisa’s Teddy Osei Laid to Rest, The Ghanaian Chronicle, 7 avril 2025, https://thechronicle.com.gh/osibisas-teddy-osei-laid-to-rest, consulté le 19 octobre 2025.
  6. Osibisa Announce First New Material in Two Decades, Louder Sound, consulté le 19 octobre 2025.
  7. Osibisa, Discogs, https://www.discogs.com/artist/45204-Osibisa, consulté le 19 octobre 2025.
  8. Osibisa, The Guardian, 29 avril 2021, consulté le 19 octobre 2025.

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