Sultan Zembellat

Sultan Zembellat

Individu

Origine

Biographie

Sultan Zembellat : l’ambassadeur musical de la Centrafrique

Le son de la rumba se mêle aux polyphonies pygmées, et la voix de Sultan Zembellat s’élève en Sango. Cet homme-là ne cherchait pas la gloire : il voulait que le monde entende la Centrafrique[^1].

En bref

Nom complet Ghislain Jean-Baptiste Zembellat, dit « Sultan »
Naissance 15 mars 1959, Bangui, République centrafricaine
Décès 12 février 2010, Paris, hôpital Cochin
Domaine Chanteur, guitariste, compositeur ; rumba, soukous, afro-salsa
Œuvres emblématiques Mea Culpa, Séré Boulon, Le Baténgué, Renaissance
Distinctions —

Dates clés

Année Événement
1959 Naissance à Bangui dans une famille de musiciens
1974 Début de la carrière à 15 ans
1976 Membre fondateur d’African Lokombe
1983 Co-fondateur de Kongo-Wara à Paris (futur Kokombo Stars)
1984 Sortie de Mea Culpa
1987 Sortie de Vini dansé
1996 Sortie de Séré Boulon
2007 Retour avec Le Baténgué, Renaissance et Café Noir
2009 Co-fondateur de l’OCCF
2010 Décès à Paris

Un parcours de musicien, bâtisseur et ambassadeur

Ghislain Jean-Baptiste Zembellat naît le 15 mars 1959 à Bangui[^2]. Ses camarades d’école l’appellent « Sultan » parce qu’il excellait en histoire et citait par cœur une longue liste de sultans centrafricains[^3]. Il grandit bercé par la musique : sa famille entière chante et joue, et son oncle Joachim Marcel Vomitiende, chef de la fanfare nationale, lui transmet les fondamentaux. À quinze ans, il commence sa carrière[^4].

Après des études à l’École des Beaux-Arts de Dakar, où il obtient un DEUG d’arts plastiques, puis une maîtrise en économie sociale à Paris[^5], il possède aussi un DEFA, le Diplôme d’État aux Fonctions d’Animation[^6]. Ces diplômes témoignent d’une ambition qui dépasse la scène : bâtir des structures, former, fédérer.

Comme beaucoup de musiciens centrafricains des années 1980, Sultan s’installe à Paris pour échapper aux conditions précaires d’un pays en crise[^7]. Mais la diaspora devient son terrain de jeu. Il cofonde en 1983 Kongo-Wara, qui devient Kokombo Stars, puis crée et dirige le groupe Maïgaro, un orchestre multiculturel[^8]. « La musique n’a pas de frontière et c’est la diversité qui fait l’unité », dira-t-il[^9].

C’est cette conviction qui guide sa mission associative. En 1983, il fonde l’APMA, l’Association pour la Promotion de la Musique Africaine, pour aider d’autres artistes centrafricains à produire des albums ou organiser des concerts[^10]. Avec Maïgaro, il anime cabarets et salles parisiennes[^11]. Sultan chante en Sango, en Ngbaka, en Lingala, en Wolof, en français, et même en espagnol[^12]. Ses thèmes : l’amour, la nostalgie de Bangui, la terre de ses ancêtres, la prise de conscience nationale[^13]. En 2005, il publie un texte virulent, « Pourquoi les Artistes Centrafricains souhaitent la Séparation de la Culture des Sports », dénonçant la négligence des gouvernants à l’égard des créateurs[^14].

Après dix années sans sortie, Sultan revient en force en 2007 avec trois albums. Le Baténgué mêle rumba de Bangui et salsa, polyphonies pygmées et rythmes de bal populaire[^15]. Renaissance brasse rumba, soukous et musique traditionnelle[^16]. Avec Papa Noël et Papy Oviedo, il participe à Café Noir (Tumi Music), enregistré à La Havane, Londres et Paris[^17].

En février 2010, Sultan s’éteint à l’hôpital Cochin de Paris[^18]. Victor Bissengué rend hommage : « Je perds un cadet avec qui j’échangeais souvent sur des problèmes de la culture, des médias, des projets associatifs et individuels »[^19]. L’OCCF, dont il était trésorier et cofondateur, diffuse un communiqué élogieux[^20]. Un projet d’anthologie de la musique centrafricaine, sur lequel il travaillait, reste inachevé[^21].

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Mea Culpa 1984 Premier album : identité musicale entre rumba congolaise et traditions centrafricaines
Vini dansé 1987 Premier vinyl ; Yakalagnan et Julie témoignent de sa maîtrise multi-langue
Séré Boulon 1996 Enregistré à Paris ; Bangui et So Mo Goué parmi les titres phares
Le Baténgué 2007 Rumba de Bangui et salsa ; Africa Tchatchatcha paraît sur la compilation Putumayo Baila!

Héritage

Sultan Zembellat n’était pas seulement un artiste : c’était un bâtisseur[^22]. Son travail avec APMA et Maziki.fr a permis de préserver une partie de la mémoire musicale centrafricaine, menacée par la destruction des archives de Radio Bangui[^23]. Le site qu’il a animé, maziki.fr, continue de vivre comme archive[^24]. Son projet d’anthologie inachevé reste un drapeau planté dans le sol[^25].

Sources et références

  1. « Sultan Zembellat », Musiques d’Afrique (Frank Bessem), https://musiques-afrique.net/restofafrica/art-zembellat.html, consulté le 24 octobre 2025.
  2. Sultan Zembellat, Wikipédia en finnois, https://fi.wikipedia.org/wiki/Sultan_Zembellat, consulté le 24 octobre 2025.
  3. « Sultan ZEMBELLAT », Maziki.fr (site de l’artiste), https://maziki.fr/artistes-centrafricains/sultan-zembellat, consulté le 24 octobre 2025.
  4. « Le musicien centrafricain Sultan Zembellat n’est plus », Maziki.fr, https://maziki.fr/actualites/le-musicien-centrafricain-sultan-zembellat-nest-plus, consulté le 24 octobre 2025.
  5. « L’artiste Jean-Baptiste Ghislain ZEMBELLAT dit Sultan Zembellat est décédé », Sangonet, https://www.sangonet.com/afriqg/PAFF/Dic/actuC/ActuC10/Sultan-Zembellat-deces.html, consulté le 24 octobre 2025.
  6. « Séré Boulon », AllMusic, https://allmusic.com/album/sr-boulon-mw0000904991, consulté le 24 octobre 2025.
  7. « Sultan Zembellat – Julie / Vini Danse », Discogs, https://discogs.com/release/7622744-Sultan-Zembellat-Julie-Vini-Danse, consulté le 24 octobre 2025.
  8. « Music of the Central African Republic », Grokipedia (vérifié), https://grokipedia.com/page/music_of_the_central_african_republic, consulté le 24 octobre 2025.
  9. « Salsa Africaine », Tumi Music, http://tumimusic.com/Papa-Noel/Sultan-Zembellat/Salsa-Africaine/gbbft0600004/tracks/music, consulté le 24 octobre 2025.
  10. « Ernie’s African Odyssey Pt 9 – Central African Republic », 27leggies Blog, https://27leggies.blogspot.com/2023/07/ernies-african-odyssey-pt-9-central.html, consulté le 24 octobre 2025.