Biographie
Zeynab Habib : la voix yoruba qui modernise la tradition béninoise
Née en Côte d’Ivoire en 1975, élevée au Bénin au milieu de plus de seize frères et sœurs, Zeynab Habib a quitté ses études pour suivre un appel musical qui la mènerait des scènes de Cotonou aux plus grandes scènes africaines, du Kora Award à l’UNICEF, en passant par le Bolodjo, cette danse yoruba qu’elle transforme en phénomène culturel.1
Compositrice, interprète et ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour le Bénin depuis 2007, elle met sa voix aux services de la culture yoruba et de la cause des enfants2.
En bref
| Nom complet | Oloukèmi Zeynab Abibou |
| Date de naissance | 25 septembre 1975 |
| Lieu de naissance | Abidjan, Côte d’Ivoire |
| Nationalité | Béninoise |
| Origine ethnique | Yoruba |
| Origine | Sakété, Bénin |
| Genre(s) | Musique du monde, R’n’B, Afrobeats, musique traditionnelle yoruba |
| Fonctions | Chanteuse, compositrice, interprète |
| Distinctions | Kora Awards 2005 (Meilleure artiste féminine d’Afrique de l’Ouest) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1975 | Naissance d’Oloukèmi Zeynab Abibou à Abidjan |
| 1993 | Quitte le Collège d’Allada pour la musique |
| 1995 | Rencontre Super Quartz, début de carrière |
| 2002 | Sortie du premier album Intori |
| 2004 | D’un endroit à l’autre avec Lokua Kanza |
| 2005 | Victoire aux Kora Awards |
| 2007 | Ambassadrice nationale de bonne volonté de l’UNICEF au Bénin |
| 2011 | Sortie du troisième album Olukémi |
| 2016 | Comeback avec “I no go die” |
| 2017 | Co-création d’une chanson contre le mariage des enfants |
| 2021 | “On force pas l’amour” avec Fanicko |
De la Karaoke aux scènes internationales
Oloukèmi Zeynab Abibou grandit dans une famille musulmane nombreuse, huitième d’une fratrie de plus de dix-huit enfants3. Son père est ingénieur en électronique, sa mère commerçante. Dès l’enfance, elle se passionne pour les concours musicaux scolaires. En 1993, à seize ans, elle s’inscrit au Collège d’Éducation Générale d’Allada mais finit par abandonner ses études pour se consacrer à la musique. Le tournant arrive en 1995, lors des journées culturelles des compétitions scolaires, où elle découvre l’orchestre Super Quartz4. Elle anime un bar karaoke à l’hôtel Alex de Cotonou, puis rejoint le groupe pour côtoyer de nombreux artistes internationaux.
Une voix au service de la culture yoruba
En 2002, Zeynab sort Intori — qui signifie « Pourquoi » en yoruba — un premier album de quatorze titres5. En 2004, D’un endroit à l’autre, également composé de quatorze titres, bénéficie de la collaboration du chanteur congolais Lokua Kanza. Le morceau “Enfant” figurant sur cet album est nommé dans deux catégories aux Kora Awards en Afrique du Sud. La consécration arrive en 2005, lorsqu’elle remporte le trophée de la Meilleure artiste féminine d’Afrique de l’Ouest aux Kora Awards6.
Retour et renouveau
Après Olukémi en 2011, Zeynab connaît une période de retraite musicale7. Elle opère un retour remarqué en 2016 avec “I no go die” qui se classe numéro 1 sur iTunes dans plusieurs pays africains. Elle entame une tournée européenne et ouvre le concert de Maître Gims à Ouagadougou. En 2017, elle co-créée avec Angélique Kidjo une chanson dénonçant le mariage des enfants, produite par l’UNICEF aux côtés de sept autres artistes béninois. De 2020 à 2022, elle multiplie les collaborations : nomination aux Afrimma Awards avec “Waa” en featuring avec le Togolais Santrinos Raphael, puis les singles “On force pas l’amour” avec Fanicko, “Gentleman” et “Finale” en 2022.
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| Intori | 2002 | Premier album, un « pourquoi » sur l’identité yoruba — nomination aux Kora Awards |
| D’un endroit à l’autre | 2004 | Collaboration avec Lokua Kanza, nommé à deux reprises aux Kora Awards |
| Olukémi | 2011 | Troisième album, succès critique avec des titres devenus classiques |
| “I no go die” | 2016 | Comeback, numéro 1 iTunes Afrique, tremplin pour une tournée européenne |
| “On force pas l’amour” | 2021 | Collaboration avec Fanicko, hit populaire marquant le retour en force |
Héritage
Zeynab Habib porte sur ses épaules la densité d’une culture yoruba vaste et millénaire. Elle a choisi de ne pas se réfugier dans un folklore figé mais de transformer le Guèlèdè et le Bolodjo en véhicules de création contemporaine. Par son engagement pour l’UNICEF, elle a montré que la musique était une arme contre les injustices. En 2017, dans une vidéo produite par l’UNICEF, elle chante : « Une petite fille est encore un enfant. Elle ne peut pas être une mère ou une mariée. Laissez-la grandir pour vivre une vie épanouie. »2
Avec plus de 51 singles et trois albums, Zeynab Habib continue de faire danser les scènes africaines1.
Sources et références
-
Africa24 TV, Bénin : portrait de l’artiste, compositrice et interprète Zeynab Habib, 2022 ↩︎ ↩︎
-
BBC World Service, This Is Africa — Zeynab Abib, programme BBC Afrique ↩︎ ↩︎
-
Afrikans In The Diaspora, épisode 28 : Zeynab Habib, 8 mai 2021 ↩︎
-
Journal de la musique béninoise, Zeynab Habib biographie, 19 août 2022 ↩︎
-
Wikipedia, Zeynab Habib, article encyclopédique ↩︎
-
Afrikans In The Diaspora, épisode 28 : Zeynab Habib, 8 mai 2021 ↩︎
-
UNICEF, Angélique Kidjo et les stars béninoises contre le mariage des enfants, 20 juillet 2017 ↩︎

