Kora

Harp-lute à 21 cordes de l'Ouest africain, jouée par les jalis (griots) mandingues depuis le XIIIe siècle.

La kora est un instrument à cordes joué traditionnellement en Afrique de l’Ouest, plus précisément parmi les peuples mandingues (Mandinka, Mandé, Malinké) du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée, du Mali et de la Côte d’Ivoire. C’est une harpe-luth à 21 cordes, qui combine les caractéristiques d’une harpe et d’un luth.

Construction

La kora est construite à partir d’une grande calebasse fendue en deux et recouverte d’une peau de vache. Un long manche en bois dur traverse la calebasse, et 21 cordes tendues sont fixées sur un pont rectangulaire. Les cordes étaient traditionnellement faites de fines lanières de peau (bœuf ou antilope), mais aujourd’hui on utilise souvent du nylon. Les cordes sont disposées en deux rangées : onze pour la main gauche et dix pour la main droite. La kora est jouée en pinçant les cordes avec le pouce et l’index des deux mains, ce qui permet de jouer plusieurs notes simultanément.

Un accessoire important de la kora est la nyenmyemo, une plaque en étain ou en laiton en forme de feuille avec des boucles de fil autour du bord, qui produit un bourdon pendant le jeu.

Histoire

La kora existe depuis le XIIIe-XIVe siècle, époque de l’Empire du Mali. L’aventurier et voyageur marocain Ibn Battûta rapporta sa visite à la cour du Mansa Souré Dièata (1352-1353) et mentionna des instruments à cordes dans les mains de musiciens. La kora est l’un des principaux instruments des jali (griots) mandingues — historiens, généalogistes et conteurs héréditaires qui transmettent leurs connaissances de génération en génération. L’instrument est aussi mentionné dans l’hymne national sénégalais « Pincez tous vos koras, frappez les balafons ».

La kora a exercé une influence notable sur la musique américaine : le banjo est probablement dérivé de ces instruments africains à cordes rapportés par les esclaves lors de la traite atlantique.

Joueurs notables

Parmi les grands maîtres de kora, on cite : Toumani Diabaté (Mali), Ballaké Sissoko (Mali, en duo avec DJeli Moussa Diabaté), Sona Jobarteh (Gambie, première femme jali à être reconnue internationalement), Seckou Keita (Sénégal, pionnier du double-manche et de la fusion kora/jazz), Foday Musa Suso (Sénégal/Mali, collaborations avec Philip Glass et Bill Laswell), Mory Kanté (Guinée, popularisa la kora dans la world music des années 1980-90), et Ali Farka Touré (Mali, dont le son de kora influence profondément sa musique).

Usage en Afrique de l’Ouest

La kora est au cœur de la tradition des jalis, ces griots mandingues qui accompagnent cérémonies (mariages, naissances, circoncisions), racontent l’histoire des lignées et célèbrent la gloire des chefs. Elle peut se jouer en solo ou en ensemble, notamment avec le balafon et le ngoni. Dans la musique contemporaine, des artistes comme Youssou N’Dour intègrent parfois la kora dans leurs arrangements.

Liens vers les styles

Ce instrument se retrouve dans les traditions maliennes et sénégalaises.

Références