Artistes et Groupes de Rocksteady

Pays : Jamaique

Artistes ou Groupes

Alton Ellis(34)[infos][video]  -  Ernest Ranglin(13)  -  Roland Alphonso(5)  -  The Melodians(5)  -  The Paragons(8)  -  The Soul Brothers(2)  -  Toots and the Maytals(27)  -  

Actualité : Artistes et Groupes de Rocksteady

A l'heure où la culture subit une crise sans précédent, les médias culturels sont touchés par ricochet de plein fouet par une baisse drastique des recettes publicitaires et leur existence est gravement mis en péril. Votre site préféré reggae.fr lui-même en souffre et vous nous avez touchés par votre solidarité au début du mois lors de notre appel au don. AIDEZ REGGAE VIBES ICIC'est aujourd'hui au tour du seul magazine papier dédié au reggae d'en appeler à l'aide. Reggae Vibes Mag a besoin de vous. Le mensuel, devenu bimestriel, puis trimestriel il y a peu a donc lancé un appel au don sur Leetchie, afin de sauver le magazine. Le dernier numéro du mag vous est offert en téléchargement en contrepartie. A l'occasion de cet appel à soutien, nous nous sommes entretenus avec Gilbert Pytel, rédacteur en chef du magazine. Reggae.fr : Reggae Vibes a lancé une cagnotte en vue d'obtenir de l'aide face aux conséquences de la crise du Covid-19, comme beaucoup de médias, peux-tu nous en dire plus sur les difficultés rencontrées ?Gilbert Pytel : En tant que magazine papier, notre situation financière dépend de deux sources essentielles de revenus : les ventes en kiosques et la publicité. Si le magazine garde depuis quelques années un gros noyau dur de lectrices et de lecteurs fidèles, il n'en est pas de même pour le chiffre d'affaire publicitaire. En effet, de nombreux labels spécialisés ont disparu au fil du temps et ceux qui existent toujours ont réduit drastiquement leur nombre de sorties d'albums et donc leur budget promotionnel. En mars dernier, la crise du Covid-19 est apparue avec des conséquences dramatiques : tous les festivals d'été programmant du reggae ont été annulés et plusieurs albums prévus pour ce printemps ont été remis au début de l'année 2021. Résultat, nous avons perdu en quelques jours plus d'un quart de nos revenus. La seule solution qui s'offrait à nous était la création d'une cagnotte afin de demander de l'aide à tous les amateurs de reggae en France. AIDEZ REGGAE VIBES ICI De nombreux magazines tous styles de musique confondus ont lancé le même genre d'initiatives... c'est inquiétant. Penses-tu que cela soit la fin de la presse musicale ? Peut-elle rebondir et comment ?La majeure partie des magazines papiers ont été impactés par la crise du Covid-19. Tout d'abord, beaucoup de kiosques sont restés fermés durant toute la période du confinement général. Quant à ceux qui sont restés ouverts, ils ont subis une énorme chute d'activité : les gens sont avant tout sortis de chez eux pour subvenir à leurs besoins vitaux, dont la presse ne fait pas partie. Certains hebdomadaires ou mensuels ne sont d'ailleurs même pas sortis en version papier durant les mois de mars et d'avril. Je ne pense pas que ce soit pour autant la fin de la presse musicale. Quant à savoir comment elle va rebondir, il est encore difficile de le savoir à l'heure actuelle. Même si les temps sont très difficiles, je suis persuadé que plusieurs supports vont surmonter les difficultés et continuer à paraitre alors que d'autres attendront plutôt l'année prochaine avant de revenir en kiosque.? ?Reggae Vibes est l'héritage d'un magasine historique, peux-tu nous rappeler les débuts de Ragga mag ? Le pourquoi de son évolution en Reggae Vibes ?Ragga magazine est né à la fin de l'année 1998 avec un postulat de départ qui reste toujours valable aujourd'hui avec Reggae Vibes : celui de couvrir l'actualité de toutes les musiques liées à la Jamaïque (reggae, dancehall, ska, rocksteady, dub etc.). Après la faillite de notre éditeur historique, en 2007, j'ai mis plus d'une année pour retrouver un nouveau partenaire. Comme le nom de Ragga ne m'appartenait pas, il a fallu repartir avec une nouvelle dénomination et j'ai choisi Reggae Vibes. Notre premier numéro est sorti en juin 2008 et dernièrement nous avons aussi ajouté un supplément thématique sur le hip hop, la soul et le RetB de qualité. Combien de personnes travaillent sur Reggae Vibes ? Y a t-il des bénévoles ?Je suis le seul " permanent " dans le magazine même si ce n'est pas mon unique activité professionnelle. Je suis entouré d'une équipe de pigistes spécialisés dont la plupart travaillent avec moi depuis plus de dix ans. Nous avons également une armée de soldats bénévoles qui nous donnent un véritable coup de main en faisant des interviews ou en gérant une rubrique spécifique. ? Depuis quelques temps on avait déjà senti quelques difficultés subies par la Mag, avec notamment le passage, à un magazine à double volet depuis quelques mois et plus récemment une parution trimestrielle et non plus bi mestrielle. Nous mêmes reggae.fr avons été sauvés par nos internautes.... Faut-il réinventer le business model de la critique reggae ?Pour notre part, en tant que magazine papier, nous sommes forcément tributaires d'un business model issu de " l'ancien monde " : nous ne pouvons malheureusement pas survivre sans l'apport de la publicité. Pourtant, je pense qu'une certaine critique reggae est aujourd'hui plus que nécessaire. En effet, même si on a un quasi libre accès gratuit à toutes les musiques qui se créent dans le monde, il est impossible de tout écouter et de tout connaitre. On a donc plus que jamais besoin de personnes pour défricher le terrain et mettre en avant des artistes plutôt intéressants et originaux. Ensuite, peut être que l'avenir de la presse reggae passera plutôt par des formats hybrides, entre magazine, revue et livre avec des grands dossiers, des reportages et des enquêtes approfondies. Reste encore à savoir s'il existe en France un public assez important pour ce genre de presse. Penses-tu que le reggae soit particulièrement vulnérable en ces temps de crise ? Comment expliques-tu ces vulnérabilités ?Je pense que la crise actuelle révèle plus globalement la vulnérabilité globale de toutes les cultures qui évoluent en marge des musiques " mainstream ". L'âge d'or du reggae en France n'est plus qu'un lointain souvenir. Depuis une bonne dizaine d'années, cette musique est retournée dans l'underground. Il est de plus en plus difficile aux activistes de se faire entendre en dehors d'un petit cercle de résistants. Une nouvelle génération d'auditeurs apparait toutefois même si leur intérêt pour l'histoire du reggae et de ses acteurs est nettement moindre par rapport à la précédente. On peut le déplorer mais on est obligé de tenir compte de cet état de fait. Le prochain numéro prévu pour l'été est-il garanti ? Qu'aimerais-tu y mettre ?Si nous n'arrivons pas à obtenir le résultat escompté avec notre cagnotte, j'ai bien peur que nous ne puissions pas sortir le magazine prévu cet été et sans doute pas également celui de cet automne. Le nouveau numéro est pourtant déjà quasiment terminé avec de nombreuses interviews d'artistes Jamaïquains et français, mais aussi un dossier sur l'histoire du reggae digital, un portfolio sur un peintre de rue en Jamaïque et énormément d'hommages sur les trop nombreux artistes yardies décédés ces dernières semaines. Je viens également de terminer le CD Sampler avec un track-listing de 15 titres extrêmement variés. Qu'écoutes-tu en ce moment ?Des artistes et des styles très différents en provenance du monde entier. De plus, je ne me focalise pas uniquement sur des nouveautés et je peux remonter facilement jusque dans les années 60. Comme j'écoute de la musique plus de dix heures par jour, une liste exhaustive serait trop longue à publier. Je pourrais néanmoins citer des nouveautés d'artistes comme Buju Banton, Brahim, Taïro, Pierpoljak, Alpheus, Govana, Chezidek, The Ethiopians, I-Taweh, Augustus Pablo, Mortimer, The Magnetics, The Delirians, North East Ska Jazz Orchestra, Tryo, Dub Inc, Richie Spice, El Indio, Arise Roots, The Chosen Few ou Al Third. ? ?Quels sont tes derniers coups de coeur reggae ?Un peu comme beaucoup de gens je suppose : la nouvelle génération d'artistes féminines qui explose en ce moment en Jamaïque, Koffee, Lila Iké, Sevana, Aza Lineage, Jah9 ou Naomi Cowan. Les femmes prennent enfin le pouvoir en Jamaïque et c'est une excellente nouvelle.AIDEZ REGGAE VIBES ICI
Source : reggae.fr | 2020-05-27 02:00:00.0
Par Jérémie Kroubo Dagnini (interview réalisée le 21 aoetucirc;t 2006) Personnage haut en couleur et incontournable de la scène reggae parisienne, le " soldat " Mushapata vient de passer l'arme à gauche. Je connaissais Mushapata depuis une trentaine d'années. Pour être exact, je l'ai rencontré pour la première fois à Reims, le 16 décembre 1994, lorsqu'il est venu se produire à la très regrettée salle de concerts, L'Usine, située au 115, rue Lesage. Par la suite, on s'est revus de manière récurrente dans différents concerts de reggae, en région parisienne la plupart du temps. En effet, dès qu'il y avait un concert à Paris ou en banlieue, Mushapata était toujours de la partie, généralement affublé d'un sac à dos contenant des CDs ou DVDs à vendre, sans parler de la weed. etAgrave; chaque fois qu'on se croisait, il me demandait systématiquement des nouvelles de Michel Jovanovic, le directeur de Mediacom Tour et co-organisateur du No Logo Festival, basé à Reims. D'ailleurs, c'est Michel, je crois, qui avait co-organisé son concert à Reims en 1994... Me sachant rémois d'origine, il espérait que je puisse indirectement relancer sa carrière en plaidant sa cause auprès du Boss. En vain. En aoetucirc;t 2006, dans le cadre de mes recherches doctorales qui donneraient ensuite naissance à mon livre, Vibrations jamaïcaines, j'ai finalement pris le temps d'approfondir la discussion avec ce militant de la première heure. Aoetucirc;t 2006, presque quinze ans déjà ! Les vacances d'été se terminaient, la rentrée se profilait à l'horizon et les rues de Paris commençaient à retrouver leur effervescence habituelle, notamment du côté de la gare de l'Est où j'avais rendez-vous avec ce fondateur de la scène reggae francophone au même titre que Savane, Azikmen, I and I, Kaya, Sixième Continent, Watch'Da, Neg'Soweto et autres Zoanet Comes. Des artistes issus majoritairement de la Caraïbe et d'Afrique noire. Apparus au tournant des années 1970-1980, ces groupes avaient pour habitude, à l'époque, d'ouvrir les concerts de stars jamaïcaines organisés le plus souvent par Simon Njonang. Dans l'interview qu'il m'accorda ce jour-là, à la terrasse d'un petit café de la rue d'Alsace, cet ancien boxeur et garde du corps de Bob Marley revint sans langue de bois sur ses débuts dans le reggae et les prémices du mouvement à Paris. Cette période peut sembler lointaine pour certains, mais elle est néanmoins primordiale pour comprendre l'histoire multiculturelle du reggae hexagonal. Ne dit-on pas qu'un homme sans mémoire est comme un arbre sans racines ? Retour donc sur cette époque charnière avec Mushapata, ce grand baobab parisien et pionnier du reggae en France qui vient de nous quitter et qui restera dans le coeur de la grande communauté reggae parisienne (voire bien au-delà), laquelle ne manquera sans doute pas, je l'espère, de lui rendre un vibrant hommage en temps voulu, un peu finalement comme l'a fait la communauté hip-hop à l'égard de Lionel D. le 12 mars dernier.D'où viens-tu et comment es-tu arrivé au reggae ?Yes ! Je viens d'Afrique, du Congo Kinshasa. Je faisais de la boxe et je suis venu en France pour poursuivre ma carrière pugilistique en professionnel. Mais là, j'ai rencontré beaucoup de problèmes, beaucoup de magouilles au niveau de la boxe et j'ai été dégoetucirc;té. J'ai fait une carrière de cent combats dont soixante combats professionnels. Mais pour des bourses minables... etAgrave; l'époque, on était seuls, on n'avait personne autour de nous, c'est plus ou moins nous-mêmes qui gérions notre carrière. Alors, mon manageur m'a trouvé un boulot dans la sécurité et au moment où Bob Marley est passé ici à Paris, au Bourget, [l'été 1980], j'ai assuré sa sécurité. Je l'ai rencontré, on n'a pas beaucoup parlé car il est anglophone et moi francophone, mais il y a eu un feeling qui est passé entre nous de manière spirituelle et c'est à partir de là que j'ai commencé à faire du reggae. J'étais le premier, ici à Paris, à faire partie du mouvement rasta. Le mouvement rasta, le mouvement reggae c'est nous avec Harry Dambala au début des années 1980. etAgrave; cette époque, Peter Tosh est même venu dans le squat où on vivait, au squat de Corentin Cariou dans le 19ème. C'était le grand squat à l'époque et il est passé par là. J'ai joué avec Toots and The Maytals, Dillinger, U Roy etc. etAgrave; l'époque, j'étais en contact avec les gens qui venaient. Il y avait Burning Spear aussi. Quand Burning Spear est venu jouer le 30 janvier 1986 à la Mutualité, concert organisé par Simon Njonang (Sim's productions), j'ai assuré sa sécurité. Pareil pour les Gladiators ; quand ils ont commencé, quand ils sont arrivés pour leur premier concert, ils n'avaient pas leurs billets retours et on mangeait avec eux dans les foyers de Sarcelles, car nous étions à Sarcelles à l'époque. C'est Simon qui les avait fait venir et moi je faisais la sécurité pour Simon ; et c'est là aussi que j'ai compris qu'avec le reggae, je pouvais faire véhiculer mon message de paix et d'unité.Quels autres groupes de reggae y avait-il à l'époque en France ?Il y avait Savane, qui était un groupe guyanais avec Junior, il y avait des gars comme Roger qui a contribué mais malheureusement il n'est plus là... il y avait Pat...il y avait Pablo Master...il y avait aussi Tonton David, mais il est arrivé après. Pourquoi as-tu choisi le reggae pour véhiculer ton message ?J'habitais au Congo, là-bas on parle swahili qui est la langue la plus parlée en Afrique. On parle swahili au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, en Gambie etc. Nous, à l'époque, on était branché anglophone, on suivait tout ce qui se passait aux etEacute;tats-Unis tels que les Black Panthers. En Afrique aussi on avait une branche Black Panthers, tu sais ! C'est à partir de là qu'on s'est aussi intéressé à la musique anglo-saxonne comme Wilson Pickett, Otis Redding, c'était notre groove. Là-bas, au Congo, il y avait aussi une musique qu'on appelait le braca (prononcer " braka "). Le braca c'était un peu comme du ska ou du rocksteady et donc quand j'ai entendu pour la première fois du reggae, ça m'a immédiatement fait penser au braca, ça m'a rapproché de mes racines. Le braca, c'était une musique traditionnelle qu'on chantait en swahili, et donc quand j'ai commencé à faire du reggae, je chantais en swahili. En fait, mon reggae c'est un mélange de braca et de reggae, de la musique africaine à la sauce jamaïcaine ! Pour moi, le braca c'est l'origine du reggae. Au Congo, je faisais de la musique et j'avais un groupe de chant, et quand j'ai entendu Bob Marley, Jimmy Cliff, Toots and The Maytals, surtout Toots and The Maytals, je me suis dit " ça c'est du braca ", parce que Toots il chantait du ska !Quels instruments utilisait-on dans le braca ?C'était de la guitare sèche et du chant, mais les frappes sur la guitare c'était comme du ska et donc proche du reggae !Quels artistes t'ont influencé ?Otis Redding, moi je faisais du Otis Redding avant. Sinon il y a eu Black Mambazo d'Afrique du Sud, le ska jamaïcain et la musique d'Afrique du Sud ça se ressemblait... Il y a eu aussi Miriam Makeba, Toots and the Maytals, U Roy, I Roy, Dillinger, Big Youth etc., tous ces toasters m'ont aussi influencé car je toaste aussi. Toi tu as commencé à faire du reggae avant des artistes comme Alpha Blondy et Lucky Dube, ou bien en même temps ?etAgrave; peu près en même temps. T'ont-ils influencé ?Non, ils ne m'ont pas influencé. Moi, je t'ai dit, c'est Black Mambazo et d'autres groupes d'Afrique du Sud, ou bien Otis Redding, Wilson Pickett, Toots and The Maytals etc.De quoi parles-tu dans tes chansons ?Moi je suis un militant soldat, je dénonce les " Buffalo Soldiers ". Je dénonce les injustices, c'est pourquoi on m'a trouvé maintes fois dans des manifestations ici à Paris. Les autres musiciens avaient peur et j'étais en avant dans les cortèges. J'ai manifesté contre les idées coloniales. J'ai manifesté lorsque Mandela était en prison, j'ai manifesté pour la libération de Mumia Abu-Jamal [un militant afro-américain injustement condamné à la peine de mort en 1982], lorsque j'étais dans les squats je revendiquais les droits des sans-papiers etc. etAgrave; Paris, c'est moi qui dénonçais les injustices que nos frères subissaient, tu vois ? C'est dans ce contexte que j'utilise ma musique pour véhiculer mon message. Mais il faut qu'il y ait plus de solidarité alors qu'ici, aujourd'hui, les Blacks ils sont éparpillés. Dans les années 1980, on était ensemble, il y avait des journaux, des magazines pour la communauté comme Afrique Antilles, on se côtoyait, on était unis, quoi ! Alors que maintenant, la nouvelle génération n'est pas unie. C'est dommage qu'ils soient divisés, c'est pourquoi mon message c'est l'UNITE. Tu sais, j'étais l'un des premiers à dénoncer la condition des Noirs, je dénonçais aussi la guerre du Golfe, je dénonçais la condition des Noirs en Afrique où les étrangers comme les Chinois s'enrichissent alors que les Noirs n'ont rien, j'étais le premier à dénoncer aussi l'esclavage qui continue en Mauritanie et au Soudan, l'assassinat de Patrice Lumumba, la vache folle, ils nous volent notre pétrole etc... Il faut continuer de dénoncer et s'unir, nous les BLACKS. Ce côté militant t'as-t-il créé des problèmes que ce soit en Afrique ou en France ?etCcedil;a m'a créé des problèmes en Afrique. Lorsque je suis venu en France, je prônais le panafricanisme et mon premier album c'était Saba-Saba Fighting avec Lumumba, Steve Biko et George Jackson des Black Panthers en couverture. etAgrave; l'époque, c'était Mobutu au pouvoir au Congo et je ne pouvais pas rentrer au pays puisqu'il était impliqué dans l'assassinat de Lumumba. Ici, en France, j'ai ensuite sorti un 45T " Chatelet-les-Halles " qui m'a aussi créé des problèmes. C'était à l'époque du terrorisme et je parlais de nos conditions de victimes. Je chantais " Un coup de sifflet, j'ai vu débarquer les keufs. Papiers fouillés, on s'est retrouvé à poils. Ils cherchaient des terroristes, mais moi je suis touriste, un peu artiste... ", je disais que c'était eux les " terroristes ". etAgrave; cause des messages dans mes textes, je n'ai pas eu de distributeurs, ils avaient peur et disaient " on ne veut pas de ta musique elle est trop militante... ", même Alpha Blondy que j'ai vu et qui faisait un concert à l'époque, je lui ai dit " Alpha Blondy ! Essaye de me faire jouer, parles-en à ton producteur... ", mais il m'a répondu " Oh non! Mon frère, j'ai vu ta photo avec les flics sur le disque " Chatelet-les-Halles ".... ". En fait, je me suis senti victime d'un boycott musical ! En 1991 j'ai quand même réussi à jouer avec LKJ et Pablo Moses au Zenith. J'ai joué aussi avec U Roy à la Halle de la Villette, avec Macka B etc.Copyright JKDetAgrave; l'instar de Tiken Jah Fakoly, est-ce que tu penses que la Françafrique est toujours d'actualité ?Tu sais, la Françafrique c'est les magouillent des Français qui promotionnent qui ils veulent au pouvoir en Afrique ou dans leurs médias. Moi j'avais la même démarche que Tiken Jah, alors pourquoi ils ne m'ont pas appelé ? Nous, nous sommes les combattants, nous avons connu la souffrance, moi j'ai fait de la prison à cause de mon militantisme. Quand Tiken Jah est venu faire son premier concert avec son neveu qui joue de l'orgue dans Sinsemilia, je lui ai dit, " Mon frère, essaye de me lancer ", il y avait son manager et son producteur qui ont répondu " Pas lui ! Pas lui ! ", parce qu'ils savaient que moi, c'est de l'authenticité, de l'original, moi je ne suis pas là pour tricher, je n'ai jamais triché, alors que les autres ils sont modérés. Quel est donc ton point de vue sur la scène reggae française ?Il y a toujours du sectarisme. Les vrais sont mis à l'écart et ceux qui sont corrompus et faciles à manipuler marchent avec les maisons de disque. C'est du business et des magouilles !Copyright JKDEt le reggae en Afrique ?Il y a aussi cette espèce de sectarisme, car on ne parle que de l'Ouest. Ils ne sont pas unis, on parle d'unité africaine alors pourquoi on parle toujours de l'Afrique de l'Ouest ? Pourtant en Afrique centrale, il y a des artistes, il y a moi qui suit là, il y a Pablo Master du Cameroun...Le reggae a-t-il eu un impact sur la société en Afrique ?Oui, ça a permis de réveiller les consciences, surtout en Afrique de l'Ouest, ça leur a permis de comprendre ce qu'est la liberté, de revendiquer leurs droits, de se rendre compte du patrimoine qu'ils ont et de comprendre que c'est à eux désormais de le gérer et non pas aux Occidentaux. Heureusement qu'il y a ici Malik Boulibaï qui est animateur à RFI, c'est le seul qui soit actif ! Et donc le reggae à Paris, s'est très divisé aussi?C'est très divisé, on parle de reggae 100% caribéen etc. alors que normalement le reggae c'est l'unité, c'est dommage ! Bob Marley, il avait compris, c'est pourquoi il disait " Babylone n'a pas de couleur, il y a des Babylone noirs et des Babylone blancs " !Et toi, ta définition de Babylone ? Je me souviens de ton apparition dans le film Black Mic-Mac (1986), lorsque tu cries " Babylone " pour prévenir les squatteurs de l'arrivée de la police. Yes ! C'est le système occidental qui nous prend en otage.Et ton activité musicale en ce moment ?Je prépare mon prochain album qui doit sortir avant la fin de l'année. Je parlerai des guerres, de l'unité...c'est toujours le même problème. Il faut que les Africains prennent conscience qu'on a une richesse en Afrique et que les Blacks rentrent au pays pour construire l'Afrique afin que tout le monde mange. On a des richesses et il ne faut pas les laisser gérer par les autres !(Et Mushapata conclut l'entretien en chantant sobrement les paroles suivantes)" Yo ! Ils nous donnent des miettes, des cacahouètesC'est eux qui sont des pickpockets depuis qu'il y a InternetMoi j'ai trouvé mes lunettes c'est là que je me connecteParce que le mal nous guetteJe suis un prophète en cageIls m'ont mis au tribunalIls m'ont fait du mal dans cette capitaleJe n'ai que dalle c'est pourquoi je ralleAu tribunal ils m'ont fait un procès-verbalIls voulaient m'envoyer au SénégalMoi j'étais malade, je n'avais pas d'assistance médicale... "R.I.P. Brother et Walk Good !
Source : reggae.fr | 2020-05-06 02:00:00.0
Avis aux amateurs de reggae à l'ancienne : Alpheus est de retour avec un nouvel et excellent album : The Victory. Né à Londres de parents jamaïcains, Alpheus développe très jeune une passion pour le chant après avoir vu Sam Cooke à la TV. Très actif dans le milieu sound system londonien dès la fin des 80's, c'est en émigrant aux états unis dans les années 90 que sa carrière décolle avec la sortie d'un premier album en 1999 (Quality Time sur le label Heartbeat Records). Vingt ans plus tard et avec déjà 5 albums au compteur, le chanteur nous revient avec un sixième effort, The Victory, produit (comme ses 4 dernières sorties) au Lone Ark Music Studio par Roberto Sanchez et le Lone Ark Riddim Force Band. Un opus sur lequel les deux compères nous entrainent dans leur univers, l'âge d'or du early reggae, du ska et du rocksteady. The Victory, titre éponyme de l'album ouvre cependant l'opus avec un bon gros roots sur lequel on retrouve avec autant de plaisir la voix de velours d'Alpheus que les productions millimétrées de Roberto Sanchez. Les amoureux de rocksteady sont donc gâtés avec Gonna be Good ou Valiant dont les notes d'orgues répondent à merveille au chant d'Alpheus. On a aussi droit à une bonne dose de ska sur Rudies, Live it up ou encore Family Fruit et son riddim endiablé sur lequel on met au défi quiconque de ne pas esquisser quelques pas de danse. Comme à son habitude, Alpheus nous propose aussi quelques titres lover style qui vont si bien à sa voix de crooner (Nicer than Nice, Rude Love). L'opus se conclut comme il a commencé avec un gros roots tiré d'un autre temps (We Are The People) sur lequel Alpheus délivre son message d'unité et qui fait office de parfait générique de fin. The Victory est album sublime, bien aidé par les productions toutes plus précises les unes que les autres que lui a concocté Roberto Sanchez ; nous offrant au passage un beau voyage dans l'espace temps pour nous ramener dans la Jamaïque des années 60, on a adoré !Tracklist : 1. The Victory 2. Hooray 3. Gonna Be Good 4. Rudies 5. The Road Ahead 6. Nicer Than Nice 7. Valiant 8. Live It Up 9. Family Fruit 10. Rude Love 11. We Are The People
Source : reggae.fr | 2020-05-01 02:00:00.0
Le quatuor The High Reeds a sorti le 7 février son dernier album Stand Firm, un projet à la sauce blue reggae qui leur va si bien. Embarquement immédiat pour un voyage aux sonorités roots rocksteady et même dub ! The High Reed nous a concocté une ouverture groovy à souhait avec le titre éponyme Stand Firm avant de nous permettre de savourer, avec Right Or Wrong, une ambiance plus reggae blue dont ils ont le secret. C'est une ambiance rocksteady qui prend ensuite le relais avec une base orgue, guitare et choeurs masculins délicatement amenée sur le titre Along Your Way. On apprécie ce doux plongeon aux temps glorieux d'UB40 et l'époque Studio One. Un bel hommage aux fondations du genre et preuve que dans ce projet profond et harmonieux peuvent souffler des airs d'antan sans pour autant perdre en modernité et fraîcheur.On se régale déjà depuis trois titres quand on découvre la très belle entrée jazz de Stronger Than Lies offerte par le maîtrisé combo saxo trompette de David Massal et Thomas Leroux. Christophe Rigaud vient ajouter une encore plus grande profondeur à ce décor avec son timbre grave (merci le grain corse) et ses mots inspirants à toujours se relever et rester fort malgré tout. " Up and down but never down / stand up strong ".On enchaine sur All We Need un pur morceau reggae tant dans ses sonorités que dans son fort message. C'est l'association batterie basse et percu de Under The Storm, dans la même veine que Black Tree qui nous accompagne ensuite avant d'être emportés par l'avant dernier titre de cet album : Another Door, une balade acoustique savoureuse.On attribue une mention spéciale à l'agréable surprise concoctée par Pilah (big up) sur la version dub de Under The Storm qui vient clôturer l'album tout en énergies dub steppa. Fort de ses origines variées, la team de The High Reeds a su en tirer le meilleur. Afrique, Corse, Caraïbes et même une touche anglaise se marient ici à merveille pour offrir un voyage sur fond de soul, jazz, reggae, rocksteady, blues et dub. Passionnés tout autant que leur musique est passionnante, The High Reeds ont fait de Stand Firm un album frais qui ne connaît pas de frontières, tout comme son groupe.
Source : reggae.fr | 2020-02-23 01:00:00.0
On ne s'attendait pas à obtenir des nouvelles de Batman Arkham Knight en ce début d'année 2020 ! En effet, le titre de Rocksteady et de Warner Interactive va bientôt fêter son cinquième anniversaire, et pourtant le jeu décide de se mettre à jour le 28...
Source : jeuxvideo.com | 2020-01-24 19:10:06.0
Vous vous rappelez sûrement de Batman Arkham Asylum, le jeu d'action et d'aventure signée Rocksteady sorti pour la première fois le 25 août 2009 sur PlayStation 3 et Xbox 360. Cette production a notamment apporté un freeflow peaufiné au monde du jeu vidéo...
Source : jeuxvideo.com | 2019-12-06 20:21:19.0
Tout droit venu du midi, Mr. Leu et The Nyabinghers vient de sortir son premier album chez Ban Ban Records. Born To Reggae, c'est tout d'abord le pari du 100% acoustique. Avec leurs titres jazzy, ska rocksteady, le groupe nous embarque dans un voyage au coeur des Caraïbes des années 60, où s'invitent aussi la Nouvelle Orléans et même une douce escale en terres de carnavals latinos.En anglais comme en français ou espagnol et même parfois sans textes avec les titres ska jazzy Gamera, Flowers for Albert et Segment, le coeur est à la fête, la légèreté, la liberté. L'opus est une invitation à se laisser guider par l'amour pour croquer la vie avec plaisir comme l'illustre bien le titre Hey Manetrdquo; ou I fell in love, tout en douceur et volupté. L'aspect conscious engagé du titre Detoxification met l'accent sur l'importance de protéger notre planète.On apprécie les touches délicates de sax, bass, tambourin et mélodica associées de telle sorte que les foules se mettent à danser et soient en totale immersion dans la culture jamaïcaine rythmée par le ska, le jazz, le calypso. Le latino et skanké Dieguito, en hommage à l'argentin Maradona, est aussi un petit régal.Avec sa pochette old school colorée aux dessins dansants entre Afrique et Jamaïque, et ses 11 morceaux festifs, Born to reggae est un album chaleureux qui vous réchauffera cet hiver et pourquoi pas, à mettre sous le sapin ! Big Up Mr Leu et The Nyabinghers.
Source : reggae.fr | 2019-12-04 01:00:00.0

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