Aït Menguellet

Origine : Algérie
Instrument :
Styles : Kabyle

Aït Menguellet : discographie

Aït Menguellet - Yenna-d Umghar album cover Album : Yenna-d Umghar
Année : 2005
Aït Menguellet - Thalt ayam album cover Album : Thalt ayam
Label : Mélodie
Année : 2001
Aït Menguellet - Inagan album cover Album : Inagan
Label : Blue Silver
Année : 1999
Blank Cover Album : Siwligid Tamacahut
Année : 1999
Aït Menguellet - A l'Olympia 1976 album cover Album : A l'Olympia 1976
Année : 1998
Ref : CD VLCD9512
Aït Menguellet - Askouti (Le boyscout) album cover Album : Askouti (Le boyscout)
Année : 1997
Ref : CD AAA159
Aït Menguellet - Chants et poésie de Kabylie album cover Album : Chants et poésie de Kabylie
Label : Mélodie
Année : 1995
Ref : CD 003132
Blank Cover Album : A aathar
Label : Mélodie
Ref : CD 782072
Aït Menguellet - Amdjahed album cover Album : Amdjahed
Blank Cover Album : Amusniw
Aït Menguellet - Awal album cover Album : Awal
Aït Menguellet - Awkni xdaà Rabbi album cover Album : Awkni xdaà Rabbi
Aït Menguellet - Ayaggou album cover Album : Ayaggou
Label : Mélodie
Ref : CD 505842
Aït Menguellet - Egget Iyi album cover Album : Egget Iyi
Aït Menguellet - Iminig g-gid (Le voyageur de nuit) album cover Album : Iminig g-gid (Le voyageur de nuit)
Aït Menguellet - Inasen (Dis-leur) album cover Album : Inasen (Dis-leur)
Blank Cover Album : Tirga Temzi

Actualité de Aït Menguellet

Il y a 20 ans était assassiné, par des rafales de kalachnikov, le chanteur engagé Matoub Lounès, sur la route de Tala Bunan. Le département de culture et de langue amazighe de l’université Abderahmane Mira de Béjaïa commémore le souvenir de sa tragique disparition de manière à valoriser le génie poétique du Rebelle, en mettant la lumière sur son œuvre. La parole est donnée à des scientifiques qui se penchent sur le legs poétique matoubien, profond et distingué. Pendant trois jours, du 19 au 21 juin, au campus de Aboudaou, une soixantaine de communicants décortiquent, dans une approche scientifique, l’œuvre du Rebelle. «L’impact social de l’œuvre chantée de Matoub est aujourd’hui retentissant, en particulier auprès des jeunes Kabyles et Maghrébins, ceux du pays et ceux de la diaspora, qui ne l’ont pourtant jamais connu ni vu chanter sur scène», précisent, dans l’argumentaire du colloque, les organisateurs de cette manifestation qui prend une dimension internationale par l’implication de chercheurs venus d’Agadir (Maroc), d’Ottawa (Canada) et de France. Outre les départements de culture et de langue amazighe de Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Batna, la liste des intervenants comprend des enseignants des universités de Blida, Tindouf et Mila. Déclinées dans les trois langues (tamazigh, arabe et français), les communications portent sur la biographie et l’œuvre de Matoub Lounès en tant que poète-interprète, dont le militantisme a déteint incontestablement sur son œuvre, ce qui lui a coûté sa vie. C’est cette œuvre engagée sur laquelle s’est penché le professeur Ahmed Boualili dans une étude stylistique et une critique idéologique qui l’ont amené à faire ressortir les «principales philosophies» qui se dégagent des textes de l’auteur d’Aghuru. Le professeur Boualili s’est intéressé à la «philosophie politique» du chanteur ainsi qu’à sa «philosophie esthétique». «On a tendance à penser que ce qui oppose Lounis Aït Menguellet et Matoub Lounès tient au fait que le premier privilégie la sagesse, alors que le second est plutôt un homme d’action, meneur de troupes et démagogue dans son sens premier. D’ailleurs, on est enclin à qualifier le premier de philosophe et le second de casse-cou. Pourtant, l’oreille initiée peut déceler dans l’œuvre poétique de Matoub Lounès beaucoup de sagesse philosophique, qu’on m’excuse la tautologie», remarque le Pr Boualili, qui distingue trois fonctions dans la poésie de Matoub : religieuse, politique et technique. La dénonciation des dérives du pouvoir dans notamment les chansons Tabrats i lhukam (Lettre aux gouvernants), Monsieur le président et bien d’autres, remplit pleinement la fonction politique en empruntant à Bakounine le principe que l’«Etat est incompatible avec la liberté humaine» et que le même Etat «est un danger liberticide». Matoub s’oppose ainsi à la conception de Hobbes pour qui «la liberté doit être aliénée à l’Etat», il est donc «partisan d’une société sans Etat» et de la «promotion des particularités régionales et la reconstitution des communautés». «Pour Matoub, la Kabylie est l’exemple même d’une communauté forte capable de faire avancer l’Algérie», observe Ahmed Boualili. L’universitaire déduit aussi que, pour le Rebelle, «la religion est dangereuse, notamment dans son versant dogmatique» et qu’à ce propos, «dans la chanson Hymne à Boudiaf, il dénonce le courant obscurantiste qui va mener l’Algérie au chaos». La liberté aussi est un thème majeur dans la poésie du chanteur, en tant que «droit inaliénable», un droit qui s’arrache. Le professeur Boualili considère que Matoub rejoint en cela «la conception des philosophes du contrat social» à l’exemple de Rousseau. «Matoub est un homme d’action, pragmatique, humaniste, accepte l’autre, est de toute les luttes, s’oppose à la religion, à l’hégémonie de l’Etat, aux calculs politiques manipulateurs, à l’oppression au nom d’un dogme ou d’une langue, à l’essentialisme à la prédestinée humaine…» En un mot, Matoub Lounès est un «philosophe existentialiste», conclut le Pr Boualili. L’œuvre et le combat de Matoub Lounès dépassent les frontières nationales et forcent le respect de nos voisins rifains du Maroc. Abdelmoutaleb Zizaoui, d’Agadir, a pris connaissance des chansons de Matoub deux ans après sa mort. Hier, il a communiqué sur les thématiques de l’ironie du sort et de l’éveil identitaire dans l’œuvre du Rebelle et leur trouve des échos dans la chanson engagée rifaine. Pour Djamel Chikh, de l’université d’Ottawa, «dans l’imaginaire militant amazigh, Matoub joue le rôle de leader d’opinion dont le verbe est écouté et le message suivi». Matoub Lounès est vu comme «un personnage-repère dans l’imaginaire social militant dont le rôle sociopolitique est cardinal», ce qui le distingue des autres interprètes engagés de son temps et des temps anciens.
Source : elwatan.com | 2018-06-20 13:00:00.0
Les services de sécurité ont arrêté une dizaine de personnes, mardi dans la soirée à Tizi Ouzou, lors du rassemblement organisé en signe de soutien au blogueur Merzoug Touati.    « Entre 10 et 15 militants ont été embarqués par la police », a indiqué Yanis Adjilia, membre du Comité pour la libération du blogueur Merzoug Touati, dans une déclaration à Elwatan.com. « L’intervention de la police a eu lieu après l’arrivée des militants du MAK, venus prendre part au rassemblement de soutien à Merzoug Touati », a-t-il ajouté.     Le rassemblement empêché cette soirée à la placette Mbarek Ait Menguellet de Tizi Ouzou est organisé dans le cadre des actions menées par le comité pour la libération de Merzoug Touati qui prévoit la tenue d’un rassemblement devant la cour de justice de Béjaia le 21 juin prochain, date du procès en appel du blogueur. Deux actions similaires devraient avoir lieu ce mercredi à Sidi Aiche et Kendira.    Accusé d’intelligence avec Israël, Merzoug Touati a été condamné, le 24 mai dernier par le tribunal criminel de Béjaia, à dix ans de prison ferme. 
Source : elwatan.com | 2018-06-13 00:56:00.0

Une nouvelle fois, le grand poète-chanteur, Lounis Aït-Menguellet, a triomphé, vendredi soir à la Coupole d’Alger. Le poète a chanté, durant plus de deux heures, devant des milliers de fans venus de plusieurs régions du pays. Ni la cherté du billet d’entrée (1000 à 2000 DA), ni encore le match de l’équipe nationale qui se […]

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Source : algerie-focus.com | 2018-06-02 12:56:25.0
Comme chaque année en pareille occasion, la section des sciences de l’information et de la communication (SIC) de la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou a organisé, hier, une journée d’étude sur la liberté de la presse. Cette rencontre, abritée par l’auditorium du campus de Tamda, a porté notamment sur des communications dont le thème avait trait à la Journée mondiale de la liberté de la presse. Mlle Cheklat, enseignante en sciences de l’information et de la communication, a animé une conférence sur «La liberté d’expression en Algérie», tandis que Haroun Talananaâ, professeur dans le même département, a parlé de «La responsabilité du journaliste sur les erreurs professionnelles conformément aux textes de la loi organique de 2012». L’ancien journaliste Makhlouf Faked était également l’invité de cette rencontre, pour apporter des témoignages sur l’exercice de la profession, notamment lors des moments difficiles de la décennie noire. Il a, en effet, revisité, entre autres, la période de l’ouverture démocratique qui a été suivie par l’avènement de journaux indépendants. M. Faked a également parlé de son itinéraire dans la presse :  il a exercé à El Moudjahid, Horizons, Algérie Républicain et Le Matin. De précieux témoignages en guise de repères incontournables pour de jeunes étudiants appelés à investir le terrain à la fin de leur cursus de formation. M. Faked a également procédé à la remise des prix aux lauréats du concours de la meilleure photographie initié par les étudiants des sciences de l’information et de la communication. Yasmine Rahali, Anis Assanoune et Masssinissa Mazouni ont décroché respectivement les 1er, 2e et 3e prix. Des étudiants ont également projeté un reportage réalisé sur Smail Yefsah, journaliste de l’ENTV, assassiné en 1993. Par ailleurs, lors de la même journée d’étude, il a été procédé à la présentation du n°1 de La Gazette de l’étudiant réalisé par des étudiants, au campus de Tamda, avec l’encadrement de leurs enseignants. Cette publication a été éditée hier et distribuée notamment dans l’enceinte universitaire. Ce support d’information estudiantin, dont le contenu est issu essentiellement des séances pédagogiques, porte sur plusieurs sujets. Il aborde, en outre, l’itinéraire de l’UMMTO qui boucle ses 40 ans d’existence. Des articles sur le développement de cette institution, son extension et son apport dans l’officialisation de la langue amazighe ont été réalisés par les étudiants, qui ont également assuré la couverture des événements importants organisés au sein de cet établissement, comme l’attribution du diplôme de docteur honoris causa au chantre de la chanson kabyle Lounis Aït Menguellet et les conférences abritées par l’auditorium de Hasnaoua qui a accueilli de nombreuses personnalités. Dans le même journal, on trouve aussi des articles sur la célébration du 38e anniversaire du Printemps amazigh et sur l’apport de la radio locale de Tizi Ouzou dans la formation des étudiants. Dans la rubrique «région», les étudiants ont réalisé des articles sur leurs villages et communes. Notons que les articles de cette gazette sont rédigés en français, en tamazight et en arabe. Enfin, il est utile de préciser que cette journée s’est déroulée en présence de Jughurtha Nekmouche (représentant du doyen de la faculté des sciences humaines et sociales), de Samira Mameri (chef de département des sciences humaines) et Abdenour Boussaba (chargé de la spatialité des SIC).  
Source : elwatan.com | 2018-05-04 13:00:00.0
- Vous avez publié une traduction du Sommeil du juste de Mouloud Mammeri en tamazight aux éditions El Othmania (Taguni Nwin Ighezza). Comment s’est concrétisé ce projet ? La concrétisation du projet de la traduction d’une telle œuvre au-delà de l’effort consenti pour les multiples relectures fut un réel plaisir. Puisque à chaque fois le roman prenait des tournures surprenantes, il m’a été donné de découvrir des facettes de l’écriture Memmerienne jamais soupçonnées par le naïf lecteur que j’étais. Facettes se révélant après moult discussions avec des amis et autres recherches dans le vaste champ de la littérature française. Par exemple le titre : Le sommeil du juste ‘’ qui est une phrase utilisée par Victor Hugo dans les Misérables, il s’agit de la fameuse scène où la»sauvagerie» de Jean Valjean fut domptée par l’innocente image du dormeur Monseigneur Bienvenu qui apparut artistiquement éclairée par un rayon de lune ... Là le criminel Jean Valjean qui s’apprêtait à massacrer l’innocent et bienfaiteur hôte fut frappé par les traits calmes et innocents de Monseigneur Bienvenu qui dormait du «Sommeil du juste». La théorie était que la bonté de l’évêque fit du sauvage une brebis. Ainsi les pulsions criminelles du prisonnier évadé furent anéantis par l’église et par l’innocente attitude de Monseigneur durant son ‘’Sommeil du juste’. Le titre en lui-même prend soudain une signification autre d’où la traduction qui paraît à la première lecture un peu éloignée du sens premier ! J’ai pris cet exemple pour dire toute la complexité de l’écriture Memmerienne qui échappe souvent au sens premier pour aller questionner parfois l’Histoire et souvent des références littéraires contemporaines ou non. Bien sûr sans l’aide et la confiance maintes fois affirmée de Monsieur Assad, SG du Haut-Commissariat à l’Amazighité (HCA), le travail aurait été confié à quelqu’un d’autre mais le Destin a voulu que ce soit votre modeste serviteur qui s’en charge car il faut savoir que depuis ma jeunesse je voue une admiration sans bornes pour ce roman et pour son auteur. Je ne remercierais jamais assez Hadj Saïd Abdennour Abdenbi mohand u Ramdam Seddik Iazougen, Boussad Kebir Salem Usalas. Pour leurs lectures et relectures. C’est grâce à tous ce beau monde que cette traduction fut concrétisée sans oublier le ministère de la Culture et les éditions El Otmania. - On parle de l’absence de lectorat dans cette langue. Comment l’expliquez-vous ? Il faut avouer que ce phénomène se manifeste partout et dans toutes les langues. Le peu de temps que nos concitoyens concèdent à la lecture est gracieusement offert à la presse sportive principalement footballistique. N’empêche que le livre amazigh tente de prendre une place appréciable sur le marché. La configuration des librairies à Tizi-Ouzou ou Béjaïa change... Désormais, l’étalage consacré à la langue de Mammeri est plus grand et le choix est d’année en année plus important et il faut dire que le HCA y est pour quelque chose car cette institution a fortement encouragé les jeunes auteurs à produire. Justement, le HCA a un catalogue qui s’étoffe chaque année de nouveaux titres, dans différents genres… Après avoir édité environs 200 ouvrages en tamazight couvrant des domaines variés à l’exemple de la poésie du roman de la nouvelle et surtout de dictionnaires parfois spécialisés. Ainsi on a vu des tentatives réussies de constitution de glossaires. La stratégie actuelle de l’institution consiste en l’adoption du partenariat avec d’autres constitutions. Ainsi en ce qui concerne l’édition c’est principalement avec l’ENAG que les choses se font. - Quel rôle devra éventuellement jouer l’école ? Les établissements scolaires peuvent venir au secours non seulement du livre amazigh mais plus encore elles peuvent sauver l’humanité ! Ainsi les bibliothèques des établissements scolaires doivent se doter de titres en tamazight ce qui boostera la production... L’auteur sera réconforté en voyant sa production lue à l’école, le distributeur l’éditeur aussi ... Tout le monde gagnerait à condition que les chefs d’établissement sachent rendre justice à cette langue lors des réunions des différents conseils de gestion. - Des propositions ? Je rêve de voir un jour la pensée amazighe traduite vers d’autres langues Si Mohand, Ccix mohand, Lounis Ait Menguellet. Ces personnes méritent que leurs pensées soient partagées avec le monde. Il est temps de mettre en lumière notre offrande à l’humanité car nous sommes une vieille race civilisée qui a tout donné sans fanfaronnade mais actuellement le siècle nous presse de montrer à nos enfants qu’ils ont de quoi être fiers en étant Amazigh en étant Africains en étant Algériens !  
Source : elwatan.com | 2018-04-20 13:00:00.0
Le ministre des Moudjahidine a pris part, au village Tassaft, aux festivités de la commémoration du 59e anniversaire de la mort du Colonel Amirouche. Nous allons écrire l’histoire de la Guerre de Libération sans aucune ligne rouge. Cette dernière concernera seulement l’atteinte à l’unité nationale et aux principes fondateurs de la Révolution», a déclaré, hier, Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, lors de sa visite dans la wilaya de Tizi Ouzou, à l’occasion de la commémoration du 59e anniversaire de la mort des Colonels Amirouche et Si El Haouès. Ainsi, lors de sa prise de parole au carré des martyrs du village Tassaft Ouguemoun, dans la commune d’Iboudrarene où sont organisées les festivités de cette commémoration, M. Zitouni a également souligné qu’aujourd’hui, «toute l’Algérie revisite le Colonel Amirouche qui était un enfant du peuple, né en Kabylie, mais tombé au champ d’honneur en dehors de cette région, à Djebel Thameur, le 29 mars 1959. Il a vécu et est mort pour que l’Algérie soit indépendante. Son combat est un message d’espoir pour la jeunesse d’aujourd’hui. D’ailleurs, les valeurs de cet homme doivent être transmises à la nouvelle génération, et ce, pour la préservation de l’unité nationale», a-t-il indiqué avant de rappeler que la plupart des officiers de l’ALN sont issus de la Kabylie qui a, a-t-il ajouté, grandement participé dans la lutte armée contre le colonialisme. De son côté, Nordine Aït Hamouda, fils du Colonel Amirouche, a interpellé le ministre sur «les erreurs d’histoire qui figurent dans diverses publications». «Il faut faire attention aux livres d’histoire, car certaines données sont fausses», a-t-il laissé entendre. M. Aït Hamouda a aussi rendu hommage aux femmes qui ont activement contribué durant la Guerre de Libération nationale. «Le nombre de maquisards, en Kabylie, était de 12 000 avant que 8000 ne soient tués, en deux mois, durant l’opération ‘‘Jumelle’’. Puis, se sont les femmes qui ont activement pris part à la Révolution», a-t-il déclaré. Par ailleurs, des moudjahidine, à l’image de Mohamed Tahar Bouzeghoub, officier de l’ALN dans la Wilaya I historique, ont apporté des témoignages sur Amirouche. Notons enfin que la Fondation Colonel Amirouche a procédé à la remise des reconnaissances à d’anciens maquisards, dont certains sont décédés ces dernières années, comme Rachid Adjaoud, Mustapha Laliam et Hamou Amirouche. Djoudi Attoumi et Slimane Laichour ont été également honorés. Des représentants d’associations, comités de village et partis politiques et des élus ont aussi déposé des gerbes de fleurs dans devant le mémorial des martyrs, tout comme le chanteur Lounis Aït Menguellet qui a assisté à cet hommage.
Source : elwatan.com | 2018-04-01 13:00:00.0
«Dans la nuit noire, tôt ou tard va briller un espoir et germer la victoire», disait Françoise Hardy. Qui aurait pu croire à l’aboutissement du combat amazigh du vivant de beaucoup de ses militants ? Ce combat qu’ils ont hérité de leurs aînés lâchement assassinés, Benay Ouali, M’barek Aït Menguellet, Amar Aït Hamouda et de ceux que la mort a fauchés avec la rage de l’injustice et du reniement au cœur des Khelifati Mohand Amokrane, Ali Laïmeche,Taous Amrouche, Bessaoud Mohand Arab, et j’en passe. Oui, qui pourrait croire que sous le règne de ce même Président — qui a déclaré d’un air arrogant et menaçant que tamazight ne sera jamais officielle — celle-ci serait introduite dans la Constitution en tant que langue nationale et officielle et que Yennayer serait déclaré fête nationale, chômée et payée pour tous les Algériens. Dans ces moments, c’est un vers du grand poète tunisien Abou El Kacem Chebbi qui me vient à l’esprit : «Si un peuple décide de vivre, le destin est contraint de répondre et de se soumettre.» Non, je ne suis pas venu ici pour remercier et applaudir ce pouvoir qui a assassiné de sang-froid 127 Kabyles à la fleur de l’âge, qui a emprisonné et torturé dans ses geôles les meilleurs enfants de cette patrie et qui viole l’enceinte des universités pour déloger et arrêter ceux qui refusent d’être autres qu’eux-mêmes. Ce pouvoir qui a exilé ceux qui ont donné leur jeunesse et sacrifié leurs familles pour cette patrie, notamment Hocine Aït Ahmed et Yaha Si El Hafid. Je suis ici pour saluer et m’incliner devant nos enfants, ces collégiens, ces lycéens et ces étudiants qui ont envahi la rue ces derniers jours pour exprimer leur ras-le-bol sur la négation et le mépris de leur identité et de leur langue maternelle. Ces jeunes qui ont fait sursauter les décideurs qui croyaient que le peuple est acquis en lui greffant l’arabisme et l’islamisme négationnistes. Toutes mes pensées vont vers les élèves du primaire à l’université qui ont boycotté durant l’année scolaire 1994/95 l’école qui a refusé leur langue, leur culture et leur identité. Je viens ici pour m’agenouiller avec respect devant les tombes de ces braves jeunes qui avaient fait face aux balles assassines des gendarmes, qui restent à ce jour impunis, et pour saluer leurs mères qui ont lancé des youyous en mettant la chair de leur chair sous terre et leurs pères sans pairs qui sont restés courageux et fiers devant le désastre et l’amer. Je suis ici pour exprimer mon respect et mon admiration aux militants des années de terreur et de plomb qui étaient à l’origine du Printemps berbère en avril 1980, notamment Mouloud Mammeri et les 24 détenus qui étaient le symbole de cette héroïque lutte. Ces valeureux hommes qui ont éveillé les consciences et enraciné le combat amazigh dans les générations futures. Je ne suis pas venu ici pour rendre grâce à ce pouvoir qui a dérobé notre indépendance et qui a troqué l’authentique identité de toutes nos régions contre celle de l’Orient et la langue de nos mères et de nos pères contre celle du lointain désert et qui nous a fait payer notre refus très cher, mais pour verser des larmes de joie et de peine. Des pleurs de joie pour l’aboutissement du combat des valeureux hommes depuis la crise berbériste à ce jour et les larmes de peine pour la souffrance de ces militants qui n’ont pas pu assister à l’aboutissement de leur combat. Je suis venu pour m’incliner devant la mémoire de ceux qui nous ont quittés et souhaiter longue vie à ceux qui sont encore de ce bas monde qui étaient à l’origine du Mouvement culturel berbère (MCB), cette braise qui était la source du noble combat démocratique et identitaire qui s’est étendu à toute la Tamazgha (l’Afrique du Nord). Je suis ici pour rendre un vibrant hommage à cette glorieuse Kabylie qui a fait face à l’oppresseur colonial et à celui de l’indépendance. Comment cette région rebelle ne peut-elle pas être à l’avant-garde des justes luttes, car c’est bien elle qui a payé le plus grand tribut durant la Révolution en sacrifiant ses meilleurs enfants, dont Amirouche, le lion du Djurdjura, Abane, l’architecte de la Guerre de Libération, Krim, le signataire des Accords d’Evian et tant d’autres. Cette Kabylie qui a fait face aux putschistes Ben Bella et Boumediène sous l’égide du FFS avec ses valeureux hommes et ses 453 martyrs. Cette Kabylie qui a engendré des artistes que Kateb Yacine appelait «les maquisards de la chanson», particulièrement Ferhat Mehenni qui ne chantait pas pour faire vibrer les corps, mais pour réveiller l’esprit qui dort. Matoub Lounès qui a fait de tamazight le combat de son existence, jusqu’à ce qu’il le paye de sa vie, et d’autres tels que Atmani, Sliman Azem, Mohya, Aït Menguellet, Idir, Brahim Izeri, Malika Domrane, Sadoui Salah, Aït Messelayen, Farid Ali… Non, je ne remercie guère le pouvoir d’avoir reconnu ma langue comme nationale et officielle, car je ne l’ai importée ni de l’Occident ni du Levant pour le supplier et le remercier. Mais je l’accuse de tous les crimes moraux et physiques commis contre cette authentique langue. Je ne le remercie point d’avoir déclaré Yennayer fête nationale chômée et payée, car nos enfants l’ont toujours fêté et ils n’ont jamais attendu son accord pour déserter l’école afin de le célébrer. C’est plutôt à lui de demander pardon d’avoir falsifié l’histoire et d’avoir plongé toute une région dans le noir. Je suis heureux de cette décision, mais je ne suis ni dupe ni naïf devant ce pouvoir qui vous caresse d’une main et vous déchire les tripes de l’autre ; sinon, comment le même jour de cette reconnaissance Bouaziz Aït Chebib est convoqué au commissariat, est-ce avec ces agissements malsains et répressifs qu’on apaise les esprits et qu’on montre sa bonne foi envers les militants de cette cause ? Ce que nous pouvons tirer de cet événement, c’est qu’autant que puisse durer la nuit, le jour finit par apparaître et quels que soient la brutalité, la violence, le mépris, l’injustice… des tyrans, la volonté du peuple aboutit toujours même dans la douleur, le sang et les larmes, mais tous les despotes sont de mauvais élèves et continuent dans l’arbitraire et l’injustice. Malheureusement, beaucoup des victimes qui ont subi cette tyrannie ne sont plus parmi nous et ils n’ont pas vu le fruit de leur long combat. Je pense particulièrement à Mohand Ouharoun, L’Ahcen Bahbouh, Mustapha Bacha, Ahcen Taleb, Saïd El Hadj Djilali, Mahdi Siyam, Ramdan Amazigh, Achour le Berbère, Nabila Djahnin, Tahar Oussedik, Tahar Djaout, Saïd Boukhari et à beaucoup d’autres. Je m’incline encore une fois devant les âmes de ces êtres chers jusqu’à toucher la terre, cette terre de nos mères qui couvre les corps de ces valeureux frères. Compagnons de combat ! Reposez en paix, mais surveillez-nous de près pour ne pas baisser les bras devant ces oppresseurs, persécuteurs et brimeurs qui sèment la haine, la discorde, la frayeur et la peur. Citoyens, restons vigilants ! Un proverbe kabyle dit : «Le serpent ne fait pas de bisous.»     Par Ali Aït Djoudi Militant de la cause amazighe
Source : elwatan.com | 2017-12-31 12:00:00.0
Les élections locales ont enregistré plus de suffrages exprimés pour les APC que pour l’APW dans la wilaya de Tizi Ouzou, avec un taux de participation de 43,75%, soit 312 232 votants pour les membres des municipalités et 37,63% (268 573 voix) pour l’Assemblée de wilaya, avec une légère augmentation par rapport  à celui du même scrutin en 2012, qui était de 40,56% pour les APC et 36,50% pour l’APW, contrairement aux législatives du 4 mai dernier dont le taux de participation n’a pas dépassé 17,40% Selon des citoyens rencontrés lors de notre passage dans les centres de vote, les élections locales suscitent plus d’engouement que les autres consultations électorales, dans la mesure où, ont-ils estimé, les électeurs connaissent bien les candidats. «Cette fois-ci, il y a une participation très appréciable par rapport aux autres élections, car le citoyen sait qu’il vote pour quelqu’un de son village, de son quartier ou bien de la famille, contrairement aux législatives où les habitants d’une localité où il n’y a pas de candidats ne se sentent même pas concernés. Le vote pour quelqu’un de la région est une sorte de confiance à l’égard d’un représentant de la population», a expliqué un quadragénaire, enseignant de son état,  rencontré à la sortie d’un bureau de vote au chef-lieu de wilaya de Tizi Ouzou. Le même avis est d’ailleurs partagé par plusieurs électeurs que nous avons interrogés. «Les gens veulent voter, car les candidats ont fait un grand travail de proximité. Ils ne se sont pas contentés de faire des meetings dans les places publiques. Il y a ceux qui ont même fait du porte- à-porte pour convaincre les citoyens de se rendre aux urnes», nous a informé un autre. Aussi, les raisons de la mobilisation pour les élections locales pourraient être liées au nombre important de candidats. «Avec la participation de plus de 8000 personnes en lice dans les différentes communes, la sensibilisation est facile, d’autant plus que chaque candidat peut mobiliser sa famille, ses amis, entre autres», nous fait remarquer un ancien élu. Pour ce qui est des résultats proclamés, on note le retour du FFS qui s’est imposé en tête du classement à l’APW avec 19 sièges, suivi du RCD (14), FLN (7) et le RND (7). Les autres listes en lice, à savoir le PT, MSP, MPA, MEN, Alliance TAJ et celles des indépendants (Alternative citoyenne et Izourane) n’ont pas franchi le seuil des 7% des suffrages exprimés. Ainsi, les 47 sièges que compte l’Assemblée de wilaya reviennent aux partis qui y ont siégé durant le mandat écoulé. Pour ce qui est des résultats dans les communes, on souligne la montée du FFS qui remporte 21 APC, dont Draâ Ben Khedda, Ouadhias, Ouaguenoun, Aghribs, Tigzirt et Mâatkas. Il est talonné  toujours par le RCD qui a obtenu la majorité des voix dans 19 mairies, à l’image de Tizi Rached, Boudjima, Mizrana, Souamaâ, Iferhounene et Abi Youcef. Le FLN, quant à lui, sera à la tête des APC de Larbaâ Nath Irathen, Ain Zaouia, Yakouren, Ifigha et Idjer, tandis que les mairies de Fréha, Ait Yahia Moussa, Akerrou, Yataffene, Iboudrarène et Ait Khellili seront gérées par le RND. Le MPA est sorti majoritaire dans quatre municipalités, à savoir Ain El Hammam, Ait Chaffaâ, Sidi Naâmane et Ait Agouacha. Le PT a eu l’APC de Boghni. Les indépendants se sont imposés dans 9 communes, dont Azazga et Beni Douala. Dans  la commune du chef-lieu de wilaya, l’élection a été remportée par la liste d’indépendants (Thagmat), conduite par le maire sortant, Ouahab Ait Menguellet, qui a glané 15 des 33 sièges que compte l’APC, devant le FFS (4), FLN (4), RND (4), RCD (3) et l’Alternative citoyenne (une autre liste d’indépendants) (3). Par ailleurs, Youcef Aouchiche, tête de liste FFS à l’APW, nous a précisé que «la victoire de son parti est celle de la vérité et de l’engagement politique pour l’intérêt du citoyen. Cela démontre que le FFS reste toujours la première force politique dans la wilaya de Tizi Ouzou. Je tiens à remercier les électeurs qui nous ont fait confiance», nous a-t-il confié. Malik Hassas, président du bureau régional du RCD et tête de liste pour l’APW, estime que son parti a récupéré ses fiefs, comme Bouzeguène, Azeffoun, Iflissen, Makouda et Mekla. «Globalement, nous sommes satisfaits des résultats obtenus par notre parti. Je tiens à remercier tous les citoyens qui ont voté pour nous. Je tiens également à féliciter, en ma qualité de tête de liste RCD, le FFS pour sa victoire à l’APW», a déclaré M. Hassas. De son côté, Saïd Lakhdari, mouhafedh du FLN, a souligné que son parti est satisfait, puisque «il conserve sa place de troisième force politique de la région. Je félicite toutes les listes qui ont remporté des APC et l’APW. Nous restons favorables à toute alliance allant dans l’intérêt du développement local. Le FLN est contre le blocage»., nous-a-t-il déclaré. Enfin, il est utile de souligner que le scrutin de jeudi s’est déroulé dans le calme et sans aucun incident à travers les quatre coins de la wilaya de Tizi Ouzou.
Source : elwatan.com | 2017-11-25 12:00:00.0
Le militant de la démocratie et ancien animateur du MCB, Saïd Boukhari, s’est éteint, hier, à l’âge de 55 ans, à l’hôpital de Tigzirt, dans la wilaya de Tizi Ouzou, des suites d’une longue maladie. Sa disparition est tombée tel un couperet, tant le défunt était un homme humble, très estimé et jouissait d’une grande popularité. Saïd Chemakh, enseignant au département de langue et culture amazighes de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, a déclaré avec beaucoup d’émotion :  «Nous venons de perdre un homme sincère qui a marqué de son empreinte son parcours dans la revendication identitaire et dans toutes les causes justes. La triste nouvelle de la disparition de notre frère Boukhari nous a vraiment affligés. Il était toujours très souriant et  dynamique. Il était aussi l’homme de toutes les luttes.» Saïd Boukhari était, en effet, un homme plein de courage et de détermination durant son itinéraire de militant authentique. Outre son implication dans les événements d’Avril 1980, alors qu’il était scolarisé au lycée technique de Dellys, Saïd s’est fait également remarquer durant le boycott scolaire de 1994-1995, notamment aux côtés d’autres militants connus, à l’image de Djamel Zenati dans les commissions nationales du MCB. Il était toujours animateur actif dans le mouvement associatif. D’ailleurs, il était membre fondateur de la ligue de voile de la wilaya de Tizi Ouzou, qu’il a créée, à la fin des années 1980, avec ses amis, à l’image de Amar Cherkit et Boualem Rachedi. Natif de Maâtkas, il a cependant vécu plus de la moitié de sa vie à Tigzirt, où il exerçait sa fonction d’enseignant d’éducation physique au lycée Omar Toumi jusqu’à son départ à la retraite. En septembre dernier, un grand hommage lui a été rendu à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Des centaines de personnes avaient assisté à cette journée qui se voulait comme un moment de retrouvailles pour Saïd avec plusieurs de ses anciens amis de combat, comme Saïd Khelil et Mohand Naït Abdellah, détenus des événements d’Avril 1980. Ils ont rappelé les moments de militantisme partagés avec Saïd Boukhari. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali, le wali de Tizi Ouzou, Mohamed Bouderbali, la directrice de la culture, Nabila Goumeziane, ainsi que de nombreux militants et artistes, dont Lounis Ait Menguellet, ont rendu visite au défunt qui était cloué au lit, dans sa maison, en raison de sa maladie. L’enterrement de ce militant infatigable aura lieu demain, vendredi, au village Bouarfa, dans la commune de Maâtkas, à 25 kilomètres au sud de Tizi Ouzou.  
Source : elwatan.com | 2017-11-23 12:00:00.0
Il est des hommes dont le parcours se confond et de manière indélébile avec celui de leur époque et l’histoire de leur pays. Sadek Hadjeres est incontestablement une de ces figures emblématiques qui ont marqué le parcours du mouvement nationaliste et indépendantiste algérien, puis du combat politique et social post-indépendance. Avec ses compagnons de lutte, il est la part vivante et intelligente de notre histoire contemporaine. Du PPA-MTLD, qu’il quitte en 1949 en raison de divergences stratégiques, au Parti communiste algérien, en lutte pour l’indépendance nationale, jusqu’au Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), qu’il fonde avec ses camarades en 1966 et qui le propulse dans la lutte clandestine pendant près de trente ans, Sadek Hadjeres a traversé debout la moitié du XXe siècle en arborant l’étendard de la résistance. L’insupportable répression sous le parti unique et sa redoutable Sécurité militaire n’ont pas eu raison de ses longs et multiples engagements. C’est un militant au long cours. A 90 ans, il garde ardentes ses convictions, d’une extraordinaire lucidité et surtout d’un espoir vif. S’il jette un regard critique sur les différentes étapes de la marche algérienne depuis le mouvement national, le plus connu des communistes algériens n’est guère gagné par le fatalisme ambiant. Pour l’enfant des deux Larbaâ (Nath Irathen et de la Mitidja), tout n’est pas perdu. Il y a des raisons d’espérer, point de fatalité, il n’y a que des combats à mener. Il ne désespère pas non plus des Algériens, malgré les vicissitudes de l’histoire, les échecs recommencés et les horizons bouchés. C’est dans son village natal de Taddart Bwadda (Ath Oumalou) qu’il retrouve les siens, ceux de la vie réelle dont il est le plus proche. C’est là-bas qu’il touche du doigt ce désir du changement, cette aspiration à une société juste où les hommes et les femmes s’émancipent de toutes les pesanteurs sociales et politiques. Larbaâ Nath Irathen a choisi la date historique du 1er novembre pour célébrer l’homme et son combat. Il est accueilli en héros national par la deuxième génération de militants. C’est au pied de la stèle de Abane Ramdane, autre monument de la Révolution, que les Said Khelil, Hend Sadi, Mokrane Ait Larbi, Wahab Ait Menguellet, Tahar Khouas et d’autres ont été témoigner leur reconnaissance au géant Sadek Hadjeres. Un hommage rendu par des militants qui ont inscrit leur combat dans la lignée de la lutte de Libération nationale. Le moment était celui de la communion et surtout de transmission entre deux époques, deux combats et deux générations liées par la même soif de liberté et le désir de démocratie. Cette halte chargée de symboles était aussi une occasion de faire une introspection sur les combats d’hier. Les débats animés par Daho Djerbal, Ali Guenoun et Hend Sadi ont permis de mieux comprendre la complexité et les insuffisances de l’histoire du mouvement national et la guerre de libération. Cela a aidé surtout à situer le rôle, les positions et le parcours de Sadek Hadjeres à chaque moment de cette époque. De la première école militante qui était le scoutisme, au mouvement étudiant qui l’a tout naturellement conduit au PPA-MLTD qu’il quitte à la faveur de la crise dite berbériste en 1949. Pour Sadek Hadjeres, il s’était posé la question démocratique et le refus d’application de ses principes au sein du mouvement indépendantiste. Et c’est au Parti communiste algérien qu’il rejoint en 1951 qu’il se forge une âme militante qui prend en charge toutes les dimensions de la Révolution. Pour lui et ses compagnons Amar Ouzegane, Bachir Hadj Ali et bien d’autres, la guerre de libération ne doit pas se contenter d’un recouvrement formel de la souveraineté nationale. Si elle ne libère pas l’homme de sa condition d’opprimé, elle reste inachevée. C’est cet esprit qui anime par la suite leur engagement au sein du PAGS. Si l’histoire officielle a minoré pour ne pas dire ignoré l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur, Sadek Hadjeres reste l’acteur vivant de ce combat à l’égard duquel l’Algérie officielle fait montre d’une insupportable ingratitude. Elle persiste dans un déni inacceptable. Sinon comment un militant de la trempe de Sadek Hadjeres ne jouit pas de ses droits d’ancien combattant. Les autorités refusent jusqu’à présent de lui reconnaître le statut de moudjahid. Il est une victime permanente et symbolique d’un ostracisme officiel d’une Algérie qui refuse d’assumer une séquence pourtant glorieuse de son histoire. Son dossier comme celui de son compagnon de toujours Bachir Hadj Ali sont «perdus» dans les placards poussiéreux du ministère des Moudjahidine depuis 1989. Le dirigeant historique du PAGS n’est pas à la recherche des privilèges ou d’un statut matériel, encore moins à être sous les feux des projecteurs. Avec constance et humilité, Sadek Hadjeres et avec lui beaucoup d’Algériens refusent que soit bannie l’histoire des communistes algériens. L’Etat algérien gagnerait - ce mois de novembre - à rendre justice à ces vaillants militants qui dans la douleur ont forgé la conscience nationale et sociale pendant les différentes étapes de l’histoire du pays. 
Source : elwatan.com | 2017-11-16 12:00:00.0