Daara-J

Origine : Sénégal
Instrument :
Styles : Rap
Site Officiel : Daara-J

Daara-J : discographie

Daara-J - Boomrang album cover Album : Boomrang
Label : BMG
Année : 2003
Daara-J - Xalima album cover Album : Xalima
Label : Sony Music
Année : 1998
Ref : CD B10592
Daara-J - Daara J album cover Album : Daara J
Label : Sony Music
Année : 1997
Ref : CD B11352
Daara-J - Exodus album cover Album : Exodus

Actualité de Daara-J

En faisant l’état des lieux dans le mouvement hip hop, Malal Almamy Talla alias Fou malade, président de G Hip hop, note une renaissance du mouvement en termes d’organisation, de structuration. Ainsi, il appelle l’Etat du Sénégal à prendre davantage conscience des énergies nouvelles qui s’expriment à travers cet univers artistique, en vue de les accompagner à jouer pleinement leur rôle dans le développement. Dans cet entretien, il manifeste toute sa satisfaction liée à la mise en place du Fonds de développement des cultures urbaines par l’Etat du Sénégal.
Quel est l’état des lieux dans le mouvement hip hop au Sénégal ?
En tant que Malal Almamy Talla Alias Fou malade, dirigeant du Mouvement Guédiawaye Hip hop, je suis très content de parler des cultures urbaines, de Hip hop de manière globale. Car, il faut préciser que les cultures urbaines, c’est l’appellation politique du hip hop. C’est quand les politiques ont voulu donner un contenu politique au hip hop, autrement dit quand ils ont voulu négocier et accepter le Hip hop pour le justifier, qu’ils l’ont appelé ainsi. Mais nous, nous l’appelons Hip hop. C’est cette culture qui nous a élevé et balisé le terrain. Elle nous a poussé à la quête de la connaissance. Elle a produit en nous la self-confidence (confiance en soi). C’est cette culture qui nous a appris qu’on peut devenir des entrepreneurs. Qu’on pouvait partir de zéro pour devenir plus tard des héros. En ce qui me concerne, j’ai commencé en 1994 avec le groupe African. La première génération du Hip hop, c’est avec Didier Awadi, les Positive Black Soul, Kocc Barma de Max Crazy, Gnoul Té, Rapadio, Pee Froiss, Daara-J. Il y a ensuite la deuxième génération. Je crois que j’en fais partie, c’est Keur-Gui, 5ème Underground, Simon, avec Ti Grim B, Underground PA, Diwaniz, Wa Guëbleu, Gaston, etc. Il y a ensuite la troisième génération. Le travail de la première génération a consisté à installer le Hip hop. Quand ce mouvement est venu au Sénégal, il était tellement stigmatisé par la société sénégalaise qui peinait à l’accepter comme forme d’expression. Car, les gens disaient qu’il venait des Etats-Unis, il était insolent, que ses acteurs portaient des pantalons tellement longs. Tout un tas de clichés et de stéréotypes. Cependant, les messages que les hip hoppeurs lançaient étaient très forts. On se souvient de ce « Ceci n’est pas normal », « Atayaa » du Pbs, Daara-J, Pee Froiss qui était le groupe le plus engagé. L’arrivée de Rapadio a aidé à rendre le rap beaucoup plus wolof et plus proche du langage urbain. Ces groupes ont beaucoup travaillé à sensibiliser les jeunes. C’est pourquoi, en 2000, énormément de jeunes sont allés voter. Ce travail a été parachevé par des groupes comme Keur-Gui, Bat’Haillons Blindé, Fuk’N’Kuk, etc., pour arriver à créer ce qu’on appelle le mouvement « Y en a marre ». Les deux générations ont donc travaillé sur des textes très sociaux, en lien avec la société. Aujourd’hui, la troisième génération parle de Bling Bling, d’argent.

Sur le plan musical, qu’est-ce qui a bougé ?
D’un point de vue musical, énormément de choses ont changé et on assiste, en même temps, à la structuration du Hip hop. C’est-à-dire que ce que le Hip hop avait perdu avec la deuxième génération, la troisième est en train de le rattraper car les hip hoppeurs prennent le Grand Théâtre, Sorano, la Place du Souvenir, le Monument de la Renaissance, bref, le Hip hop mobilise. Les acteurs du hip hop sont très présents dans les réseaux sociaux, travaillent avec les nouvelles technologies, etc. On assiste à la création de centres sociaux dédiés au hip hop comme Africulturban, la Maison de la Culture urbaine, Guédiawaye Hip hop, etc. Il y a eu tellement de dynamiques. On assiste à une renaissance en termes d’organisation et de structuration mais aussi en termes d’entrepreneuriat. Aujourd’hui, la nouvelle génération parle d’argent, d’économie, etc. Au début, tout le monde voulait devenir rappeur. Même les fans voulaient et finissaient par devenir rappeurs. Nous sommes arrivés à un moment où les gens ont compris que le Hip hop comporte différents métiers, le Hip hop et ses dérivés. Il y a des opportunités de formations offertes par G Hip Hop, Africultururban, la Maison des cultures urbaines qui se trouve à Ouakam. Il y a la vidéographie, la photographie, le management. Au début, il n’y avait pas de possibilités d’apprendre le management. Aujourd’hui, il y a des formations qui sont offertes autour de ces différentes branches du Hip hop. Cela offre énormément d’opportunités et il y a une interaction entre les jeunes Sénégalais et les autres. Les groupes dont on rêvait, on les voit à travers les festivals comme Festa2H, et puis les jeunes voyagent, etc. Ils vont au Mali, au Burkina Faso, au Maroc, au Cameroun. Grâce à ces événements que nous organisons, les jeunes entre-agissent, ce qui débouche à une coopération Sud-Sud. A l’image de la Cedeao, les jeunes se retrouvent grâce au Hip hop et discutent de migration, de radicalisation, etc.

Quels est le levier à activer pour davantage valoriser le Hip hop ?
Le levier à activer, c’est ce que l’Etat a compris en mettant en place le Fonds de développement des cultures urbaines. En 2012, « Y en a marre » a mobilisé les jeunes, c’est ce que les politiques ont compris quand ils disaient que le Hip hop est un levier d’émancipation citoyenne. C’est ce qui a amené le président Macky Sall à mettre en place le Fonds de développement des cultures urbaines pour accompagner les initiatives qui sont prises dans le Hip hop, notamment l’information, la structuration, etc. Aujourd’hui, il y a nécessité de comprendre qu’au-delà de la couture, de la coiffure, des autres métiers, il y a les nouvelles énergies. Il s’agit du Hip hop. Le Hip hop ne s’apprend pas dans les centres de formation. Il est important que l’Etat fasse une politique d’ajustement, il doit tenir compte des mutations ; et les mutations, ce sont les nouvelles énergies. Il doit capitaliser toutes ces énergies afin de les accompagner.

Pensez-vous que la mise en place de ce fonds est pertinente ?
Bien sûr. La mise en place de ce fonds est très importante car elle a permis de faire bouger les choses à Mbirkilane, à Rosso et un peu partout. Car, dans toutes les localités, il y a un fonds sur lequel les acteurs culturels peuvent compter. D’autant plus que, ce fonds est super bien géré. Nous, nous avions déposé pour la structuration de G Hip hop et cela nous permet de gérer nos salaires et nos charges liées à l’eau, l’électricité, etc. Le centre est géré de manière autonome, même si nous nous sommes installés sur un espace qui appartient à la mairie. Mais, ça nous permet d’augmenter notre programmation. C’est-à-dire, si nous n’avions pas la possibilité de louer une sonorisation pour organiser un « sifer » tous les samedis à travers Woriba Champion style, donner du transport, on peut le faire maintenant. Ce fonds est très utile parce que quand on donne aux jeunes cette opportunité de se regrouper tous les samedis, on réussit à les capter. Peut-être qu’ils allaient se livrer à des occupations négatives, s’ils n’avaient pas cette possibilité. Seulement, en ce qui concerne la nécessité de promouvoir l’impact du fonds, c’est au gestionnaire de le faire. Nous sommes des acteurs culturels, certains ont souscrit pour la formation, d’autres pour l’entrepreneuriat, d’autres pour la mobilité, etc. A mon avis, la Direction des arts doit également jouer un rôle dans la promotion du fonds ou de son impact.

Le niveau de succès du Hip hop sénégalais vous satisfait-il ?
Bien sûr. Chaque génération s’impose et les générations précédentes refusent que les nouvelles générations les étouffent ou les pervertissent. Par exemple, Fuk’N’Kuk peut être considérée comme de l’actuelle génération, mais aussi, comme de l’ancienne génération. Car, c’est un groupe qui fait du rap pas du tout «bling bling», du rap «underground» très scotché aux réalités du moment. Et il remplit le Théâtre national Daniel Sorano, c’est agréable à regarder sur scène. Il refuse d’être perverti par ce qui se passe aujourd’hui. On retrouve ce Hip hop très diversifié. On peut retrouver du Dip dans le Hip hop sénégalais, mais également du Omzo Dollar, du Keur-Gui. Ce mélange permet d’équilibrer car si on n’a que du Fuk’N’Kuk ça devient monotone. Le rap sénégalais est connu pour son engagement social, son intérêt à la chose politique. Cet aspect a été valorisé par « Y en a marre » à travers le projet Citizen Mike. G Hip hop également le valorise à travers Jotayou Gokh-Yi, etc.

Et le Hip hop sénégalais se porte-t-il bien à l’extérieur ?
N’oubliez pas, quand on te dit que ta musique est connue de l’extérieur, c’est pour te demander si ton produit marche à l’extérieur. Les commerces, les labels, les maisons de disque sont de gros commerçants qui ne cherchent pas à vendre un discours, mais plutôt un style, un rythme. Maintenant, faut-il se pervertir pour vendre sa musique ou faut-il rester scotché aux réalités sociales ? C’est un choix. C’est comme si on me disait : Préfères-tu un Souleymane Faye qui pervertit son texte pour vendre sa musique ? Vendre à l’extérieur, ça dépend. Les Etats-Unis influencent tout le monde parce qu’ils sont nombreux. C’est un marché. En Afrique, c’est normal que le Nigeria influence tout le monde parce que c’est un géant, un pays géant économiquement, mais aussi sur le plan démographique. Ça aussi, ce sont des paramètres à prendre en compte.

Parlez-nous de vos projets…
Nous sommes concentrés sur G Hip hop qui est un centre de formation et de réinsertion aux métiers du Hip hop. Un centre qui essaie de répondre aux problèmes rencontrés par les jeunes et les acteurs du Hip hop dans la commune de Wakhinane-Nimzatt. On essaie de faire des événements, de faire bouger les choses. On essaie de lutter contre le désenclavement culturel en mettant en place un espace qui est disponible pour les populations, mais surtout pour les jeunes acteurs. On déroule des formations, des concerts et énormément de choses. Du 16 au 18 novembre, nous organisons un festival qui s’appelle Voice Thought. C’est un festival qui invite à donner la réflexion du Hip hop, les responsabilités des acteurs du Hip hop africain face à la radicalisation des jeunes. Il s’agit d’ateliers de DJing, de concerts, de panels à Dalifort, Guédiawaye, etc. Nous préparons également le festival Guédiawaye By Rap. Ce sera la quatrième édition qui va célébrer le Cinquantenaire de Guédiawaye. C’est important en termes de patrimoine de sensibiliser les jeunes sur la connaissance de leur localité. Sur le plan artistique, je prépare quelque chose avec mon acolyte Niagass, un album qui s’appelle « Ousseynou ak Assane ». C’est un album qui va sortir en 2018. Nous avons bouclé notre enregistrement. Nous étions en discussion avec Universal Afrique pour voir comment promouvoir cet album sur le plan sous-régional, africain et international.

LeSoleil Propos recueillis par Abdou DIOP

Source : xibar.net | 2017-11-05 10:23:00.0
Bob Marley l'avait dit : " Le reggae retournera un jour à sa source, l'Afrique ". On savait le reggae omniprésent sur le continent, témoignage d'un peuple fier de sa diaspora internationale, et le festival Abi Reggae ne fait que confirmer l'amour que les Africains ont pour les musiques jamaïcaines et leurs déclinaisons. Rarement nous avions vu autant d'unité entre les acteurs culturels d'une ville, d'un pays et d'un continent, qu'ils soient institutionnels, associatifs, médiatiques ou intellectuels. La planète reggae était représentée sous toutes ses formes du 6 au 9 avril derniers à Abidjan. Pendant quatre jours, la capitale ivoirienne a vibré toute entière sous les lignes de basse reggae, les percussions nyabinghis et des voix venues des quatre coins du monde pour défendre cette musique qui n'échappe pas non plus aux clichés là-bas. Des légendes jamaïcaines (U-Roy et Ijahman Levi) aux stars françaises (Danakil et Yaniss Odua) en passant par les représentants du reggae ivoirien et africain (Spyrow, Seyni Kouyaté, Ismael Isaac, Kajeem, Nkule Dube ou Daara J Family) et même quelques découvertes internationales (les Chinois Long Shen Dao, le Turque Sattas ou la libanaise Mirna) ; tous marchaient dans la même direction : celle d'un reggae juste, pertinent et élévateur.Initié par le ministre d'Etat Moussa Dosso en 2015, le Festival Abi Reggae fêtait cette année sa troisième édition. Plusieurs fois qualifiée d'édition de la maturité pendant le week-end, elle aura tenu ses promesses en parvenant à créer un pont entre la musique et des réflexions sur des thèmes chers aux artistes reggae. Des intellectuels du monde entier tels qu'Hélène Lee (France, réalisatrice du film Le Premier Rasta), Horace Campbell (Jamaïque, auteur du livre Rasta and Resistance) ou Mère Jah Evejah (Bénin, Ambassadrice de la diaspora) ont ainsi débattu sur l'esclavage, le panafricanisme, la reconnaissance de Rastafari... Une liberté d'expression totale a même permis d'aborder la question de la légalisation de la ganja après un monologue saisissant de Mutabaruka, dub poet jamaïcain présent également lors des rencontres matinales organisées au Palais de la Culture d'Abidjan. Cette même liberté d'expression, les artistes locaux s'en sont saisis pour critiquer sans crainte le système actuel et certains haut dirigeants africains et mondiaux. Malgré une forte présence policière évidente pour des raisons de sécurité, rien n'aura perturbé le sentiment d'émancipation et de délivrance qui doit habiter tout festivalier. Musique, liberté, conscience, éducation, harmonie... Tout était réuni pour un événement réussi, un festival comme chez nous, mais pour une fois sur les terres qui virent naître les ancêtres de ceux qui allaient créer le reggae. Abi Reggae est parvenu à afficher les couleurs Rouge Jaune Vert en grand, à piétiner certains préjugés, à donner une visibilité à une culture riche et à rendre accessible à tous un divertissement de taille (seulement 2000 FCFA l'entrée par soir, soit environ 3eteuro;). Mutabaruka Hélène Lee Véritable fête, le festival de cette année commençait pourtant sur une note douloureuse. Désiré Parker, l'un des plus fervents acteurs du reggae à Abidjan, est décédé d'une crise cardiaque la veille de l'évènement. Son nom est sur toutes les lèvres au matin du premier jour. Pas un artiste ne lui rendra pas hommage ce week-end, y compris les étrangers, tous conscients de son implication. C'est lui qui avait d'ailleurs invité Danakil en 2013 à jouer sur le même site du Palais de la Culture dans le quartier de Treichville, lieu d'implantation du festival. Ceux qui ne le connaissaient pas découvrent l'importance de son travail. Akae Beka, le nouveau groupe de Midnite, est même censé jouer dans son club, le Parker Place, dans quelques semaines... C'est en son honneur que R-Light, un excellent groupe local, entonnera l'hymne du festival à plusieurs reprises dans le week-end. Les autres artistes du pays auront eux aussi marqué les esprits à l'image de Kajeem et son show énergique, Beta Simon et ses histoires tantôt drôles tantôt mystiques ou les plus connus Ras Goody Brown et surtout Ismael Isaac, enfant du quartier ovationné lorsqu'il monta sur scène en béquilles au petit matin après une soirée perturbée par de longs retards. La spontanéité de Black Mojah a également fait des siennes puisque de nombreux soldats et soldates / surnom qu'il donne à ses fans / étaient présents, mais c'est l'ardeur de Spyrow qui nous aura le plus étonnés. Avec un style très proche des artistes jamaïcains de la génération new roots, il a su mettre le feu au public avec pour point d'orgue le remix Rouge Jaune Vert avec toute la team ivoirienne (Aiman Raad, Bobo Levy, Jah Slave etc.) et Yaniss Odua en personne ! R Light Kajeem Ismael Isaac Kalujah Naftaly Sekouba Bolomba Beta Simon Black Mojah Les Vieux Mogos Spyrow Parmi les autres artistes du continent noir, le Guinéen Seyni Kouyaté et son reggae façon griot ont marqué les esprits. Le vainqueur des Victoires du reggae catégorie africaine, Malayky, a lui aussi fait forte impression devant un public acquis à sa cause. Jah Verity, lui, est entré sur scène en portant sa croix à la manière de Jésus. Lui qui n'a pas la langue dans sa poche a largement brillé sur la scène d'Abi Reggae tout comme la Daara J Family emmenée par un Faada Freddy rayonnant. Alors qu'il mène actuellement une carrière solo exemplaire en Europe, Freddy n'a pas oublié ses racines et les fans du groupe se sont régalés avec la rencontre de sa voix subtilement éraillée et celle plus sauvage de son compère Ndongo D. Les Sénégalais ont livré sans aucun doute l'un des shows les plus carrés du week-end, mais la palme du feu revient assurément à un autre duo : Banlieuz'Art. Soutenu par une forte communauté guinéenne, le groupe était particulièrement attendu. Prévus en milieu de soirée le dimanche, ils se sont finalement produits à 7H du matin après qu'un orage soit venu gâcher la fête et entraîner un retard de plus de quatre heures. Alors que la plupart du public était resté assis pour les concerts précédents, Banlieuz'Art a su réveiller tout le monde tel un ouragan ! Debout sur leurs chaises, les fans ont repris les paroles en choeur sans faiblir avant de déserter le site, laissant l'etEacute;thiopien Sydney Salmon malheureusement bien seul pour clôturer le festival.Malayky Seyni Kouyaté Trobul Smallz General Bob Zep Lion Jah Verity Daara J Family Banlieuz'Art Sydney Salmon Il fallait de l'endurance pour vivre ce festival pleinement. Les nombreux retards causés par les intempéries ou autres problèmes techniques ont mis notre patience et notre résistance à rude épreuve. Mais tout ce qui devait arriver arriva... parfois tôt le matin ! Pas de quoi perturber nos Danakil qui ont relevé haut la main le défi de jouer à 5H du matin, terminant leur set face à un lever de soleil de toute beauté. Une ambiance spéciale que Balik et sa clique ne sont pas près d'oublier. Malgré un public clairsemé, les Français ont carrément embarqué les Ivoiriens dans leur univers. Les réactions furent timides mais les quelques fans qui connaissaient le répertoire de Danakil ont su se faire entendre. Yaniss Odua a eu plus de chance. L'ambiance était à son comble pour le Martiniquais et son fidèle Artikal Band qui montèrent sur scène aux alentours de minuit le samedi. Abidjan leur a réservé un des accueils les plus chaleureux du festival et Yaniss le leur a bien rendu en offrant quelques extraits inédits et précieux de son nouvel album ; notamment dès le début avec le titre Nouvelle donne, interprété sous les oreilles attentives de Balik, parolier de cette nouvelle chanson. Pas de répit pour le Artikal Band qui a de suite enchaîné avec U-Roy. On a vite compris qu'il était LA star du festival. Son apparition le premier jour à la cérémonie d'ouverture avait failli causer des émeutes et il en fut de même le jour de son passage où une queue interminable de fans l'attendait devant sa loge pour prendre des photos. Après seulement une seule répétition dans un studio d'Abidjan (Trinity Studio), la communion entre le backing band français et le deejay jamaïcain opérait déjà ! On s'est délecté des standards de Daddy U-Roy, mais c'est un titre moins connu de son répertoire que le public attendait particulièrement. La veille, au studio, apprenant que son gros hit local était Go Deh Natty Dread, U-Roy pris la décision au dernier moment de l'inclure dans son set. Bonne idée ! Dès les premiers lyrics entonnés a capella, ce fut l'explosion dans la foule !Danakil Yaniss Odua U-Roy U-Roy et le Ministre Moussa Dosso (à droite)L'autre star du festival, c'était bien setucirc;r Ijahman Levi. On a bien cru qu'il n'allait jamais monter sur scène. Lui qui aurait detucirc; clôturer le festival fit finalement son apparition aux alentours de 3H du matin pour contenter le public qui avait patienter plus de quatre heures pendant l'orage. Choix judicieux. Mais difficile de réveiller un public à cette heure-là. La fatigue n'aidant pas, Ijahman n'aura pas livré son meilleur set, laissant tout de même une belle place à l'improvisation et à des chorégraphies endiablées. Pour notre part, l'attente sous la pluie fut comblée par une jam session improvisée dans la loge de Murray Man. Un moment unique, intimiste et improbable. Ce genre d'imprévus imposés par des contraintes naturelles et techniques qui vous rappellent qu'il faut parfois laisser les choses se faire... Murray Man montera sur scène bien plus tard, juste avant la tornade Banlieuz'Art. Il fournit une prestation exceptionnelle, accompagné d'un backing-band local, le Kingston Gangstar, ultra-efficace. Une belle surprise pour nous qui sommes plutôt habitués à le voir en configuration sound system en Europe. Ijahman Levy Murray Man Le festival fit preuve d'une grande ouverture d'esprit cette année. Quelques groupes plus world music s'étaient glissés dans la programmation, à l'image des Algériens Djmawi Africa et leur fusion aux allures parfois celtes ou des Turques Sattas au reggae très rythmé. Les Chinois Long Shen Dao étaient particulièrement attendus par les curieux. Leur cocktail reggae rock à la Police en aura laissé quelques-uns perplexes, d'autres conquis. Autre preuve de la tolérance des organisateurs : une forte présence féminine ! Les locales Tee Namy et Gun Deevine n'ont pas eu à rougir face à leurs homologues masculins. La libanaise Mirna s'en est également très bien tirée avec son reggae world aux soupçons de pop. Sa présence scénique et sa légèreté ont envahi le festival offrant un instant de rêve au public. La plus belle surprise est sans doute venue de Nkulee Dube, la fille de feu Lucky Dube, grande figure du reggae sud-africain. Si elle ne pu s'empêcher de faire quelques reprises de papa, pour le plus grand plaisir des fans, elle ne s'est pas privée de nous faire découvrir son répertoire aux accents jazzy. Accompagnée par ses compatriotes du Azania Band / à la paire basse-batterie redoutable / elle a montré toute l'étendue de son talent, du chant au toast, rappelant parfois le reggae lourd et profond des etIcirc;les Vierges. Djmawi Africa Fadah Faisoli Ali Long Shen Dao Sattas Nkule Dube Mirna Gun Deevine Venir à Abi Reggae c'est comme un pèlerinage. Un pèlerinage sur les terres du reggae, les terres de l'humanité. Un festival de cette envergure en Afrique, c'est tout un symbole... Comme si la planète reggae toute entière effectuait enfin son rapatriement. Une belle programmation, des débats, un village d'exposants, des rencontres inévitables, la chaleur physique et spirituelle du continent africain... quoi de mieux comme environnement pour apprécier le reggae au maximum ? Ajoutez à cela des repas succulents midi et soir (poulet piqué, poissons braisés, atchéké, allocos, frites...) et le tableau est complet. Il suffit de prendre le rythme local, ne pas être pressé, s'attendre à tout et finalement se laisser aller pour repartir comblé ! Abi Reggae 2018, Reggae.fr sera de la partie !
Source : reggae.fr | 2017-04-20 02:00:00.0