Biographie
Guy Lobé : la voix qui a fait danser le makossa
Le 16 mars 2015, l’hôpital général de Yaoundé enregistre le décès d’un homme qui, depuis le quartier Akwa à Douala, avait appris à faire vibrer tout le Cameroun. Guy Lobé s’en va à cinquante-six ans, laissant derrière lui une carrière qui a fait du makossa — un style pop camerounais né à Douala, mêlant rythmes duala, afro-cubain et soukous — un genre universel.1
En bref
| Nom complet | Guy Serge Lobé |
| Naissance | 27 janvier 1959, Douala-Akwa (Cameroun) |
| Décès | 16 mars 2015, Yaoundé (Cameroun) |
| Domaine | Makossa |
| Instruments | Chant, guitare, basse, piano |
| Œuvres emblématiques | “Mon amie à moi”, “Solitude”, “Mourir d’aimer” |
| Distinctions | Médaille de Chevalier de l’ordre national de la valeur (à titre posthume, 2015) |
Dates clés
| Année | Événement |
|---|---|
| 1959 | Naissance au quartier Akwa, Douala ; aîné de sept enfants |
| 1984 | Premier album “Dégager”, produit par Aladji Touré |
| 1986 | “Mon amie à moi” devient un hit au Cameroun et en diaspora |
| 1987 | Sortie de “Solitude” |
| 1988 | “Union libre” |
| 1989 | “Coucou” |
| 1990 | “Malinga” |
| 1994 | “Ambiances” ; période de tournées internationales |
| 2001 | “Bizness Man” |
| 2002 | “Moundj’am” ; dernier grand album d’avant le virage |
| 2010 | AVC ; rumeurs de décès puis rémission |
| 2015 | Décès à l’hôpital général de Yaoundé, le 16 mars |
De Douala au succès continental
Guy Lobé grandit à la Rue Kotto à Deïdo, élevé par ses grands-parents. Il est l’aîné d’une famille de sept enfants. Lycéen au collège Integ, il décroche son baccalauréat et intègre une société d’assurances. Mais la musique le hante : il participe aux concerts scolaires, puis commence à jouer dans les cabarets de Douala, dont l’Aris Bar, un des lieux mythiques des années quatre-vingt. Il apprend la guitare, la basse et le piano — une maîtrise qui fera de lui un arrangeur complet. En 1984, le bassiste légendaire Aladji Touré le produit. “Dégager” est un premier album qui plaît. Mais c’est en 1986 que tout bascule : “Mon amie à moi” devient un phénomène culturel, un hymne qui traverse les frontières du Cameroun et résonne dans la diaspora africaine à Paris. Les albums suivent à un rythme effréné — “Solitude” (1987), “Union libre” (1988), “Coucou” (1989), “Malinga” (1990) — certains intervalles entre deux disques ne dépassant pas quelques mois. Guy Lobé grimpe au sommet des hit-parades et remporte des prix en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Canada et dans les Antilles. Sa voix claire, ses textes soignés et sa maîtrise de trois langues — duala, français et pidgin — en font un artiste universel. Ses comparses lui reconnaissent un talent de parolier: il écrit pour Charlotte Mbango, Epée & Koum, Sissi Dipoko, Joëlle Esso et Betuel Enola. En 2010, Guy Lobé souffre d’un accident vasculaire cérébral. Les rumeurs de son décès circulent massivement, mais il s’en remet. Deux ans plus tard, il se marie à Paris et se met au travail sur un album de world music. Le makossa lui demandait trop de force, il voulait changer de registre.2
Dernières années et héritage
Le 16 mars 2015, exactement un an après la disparition de Lapiro de Mbanga, Guy Lobé s’éteint à l’hôpital général de Yaoundé. Ses collègues artistes — Epée & Koum, Nkotti François, Sam Mbendè — rendent hommage à un homme qu’ils décrivent comme un grand artiste, un arrangeur exceptionnel. Son influence survit à travers les artistes qu’il a formés : Papillon, Sergeo Polo, Nguea La Route. Il laisse une œuvre qui se résume en un chiffre — une quinzaine d’albums en vingt ans, un rythme soutenu sans précédent.3
Héritage
Sa musique continue de résonner dans les clubs de Douala et de Yaoundé, où les DJ mixent encore ses morceaux des années quatre-vingt. Les jeunes artistes camerounais se réclament de son style, notamment dans la nouvelle vague de makossa contemporain qui émerge depuis les années 2010.4
Œuvres majeures
| Œuvre | Année | Pourquoi c’est essentiel |
|---|---|---|
| “Mon amie à moi” | 1986 | Le titre-phare qui fait de Guy Lobé une star en Afrique et en diaspora |
| “Solitude” | 1987 | Consacre sa maturité avec “Mourir d’aimer” et “Aye Mba” |
| “Union libre” | 1988 | Formation de musiciens exceptionnelle, Makossa à son apogée |
| “Moundj’am” | 2002 | Dernier grand album d’avant le virage world music |
Sources et références
-
Frank Bessem, Musiques d’Afrique, musiques-afrique.net/cameroon/art-guy-lobe.html ↩︎
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Discogs, Guy Lobé, discogs.com/artist/1429960-Guy-Lobé ↩︎
-
Afroriginal, Guy Lobe 1965–2015, afroriginal.blogspot.com/2023/03/guy-lobe-1965-2015.html ↩︎
-
Camerounweb, Guy Lobe as I knew him, tiptopstars.com, 20 mars 2015 ↩︎










