Oswin Chin Behilia

Oswin Chin Behilia

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Biographie

Oswin Chin Behilia : le troubadour de Curaçao

Depuis 1963, Oswin « Chin » Behilia arpente les scènes du monde entier avec sa guitare et une voix d’airain, offrant au papiamento — la langue créole des Antilles néerlandaises — une portée qui dépasse largement les horizons de Curaçao. Son titre “Plegaria” est considéré comme un hymne alternatif de l’île, tandis que sa ballade “Sunú” figure parmi les chansons d’amour les plus populaires jamais enregistrées en papiamento.

En bref

Nom complet Oswin Chin Behilia
Surnom « Chin »
Naissance 15 décembre 1938, Curaçao
Domaine Musique antillaise, papiamento, world music
Instruments Guitare, chant
Œuvres emblématiques “Plegaria”, “Sunú”, Bendishon Disfrasa, Liber
Distinctions Cola Debrot Prize (2005), Tapushi Literario (2004), Kruis van verdienste (2019)

Dates clés

Année Événement
1938 Naissance le 15 décembre à Curaçao
1963 Création du groupe Los Tiarucos, qui entame une tournée internationale
1969 Interruption temporaire de la scène en raison de son mariage ; il poursuit sa composition
1977-1990 Retraite relative de la scène internationale, production de compositions au fil des décennies
1990 Élu aux États des Antilles néerlandaises avec 5 000 voix, fondateur du parti Nos Patria
1997 Sortie de Troubadours of the World Singing Chin’s Compositions
2002-2003 Présence remarquée aux WOMEX d’Essen et Séville, programmation sur BBC Radio
2003 Sortie de Bendishon Disfrasa sur le label Otrabanda Records
2004 Performance au North Sea Jazz Festival avec le big band Tumbabó
2005 Récompense Cola Debrot Prize pour la musique
2009-2010 Sortie de Liber, un album de protestation politique

Les origines : Los Tiarucos et la voix de Curaçao

Né le 15 décembre 1938 à Curaçao, Oswin Chin Behilia — toujours appelé « Chin » par les siens et par le public — appartient à cette poignée de chanteurs-compositeurs dont la musique allie mélodies mémorables et paroles engagées. Son nom résonne chez les jeunes comme chez les aînés1.

Il fonde Los Tiarucos en 1963, un groupe de tournée qui se produit dans les années soixante et soixante-dix dans des hôtels et festivals à Curaçao, à Saint-Martin, à Miami, à New York, en République dominicaine, à Porto Rico et au Brésil2. Ces influences caribéennes et latino-américaines imprègnent durablement sa musique. En 1969, Chin interrompt ses tournées lors de son mariage mais continue de composer.

Sa musique se caractérise par des vals antillais rappelant la bossa nova, du son cubain, des danzas, des boléros, des tumbas et le sehú traditionnel. Il se décrit lui-même comme un world troubadour3.

Révélation internationale et engagement

Le tournant arrive à partir de 2002, lorsque les promoteurs européens découvrent Chin au WOMEX d’Essen et au WOMEX de Séville, où il est programmé à deux reprises sur BBC Radio par Charlie Gillett. L’album Bendishon Disfrasa (« Blessing in Disguise ») est sélectionné par Songlines dans les Top 50 albums d’été 2005 et désigné « Album mondial du mois » par Radio France International en août 2004. Il se produit comme chanteur invité au big band Tumbabó de Randal Corsen au North Sea Jazz Festival en 2004, et effectue une tournée au Royaume-Uni en 2005 avec l’African Caribbean Music Circuit4.

Côté politique, Chin a été pendant treize ans le présentateur de son propre talk-show à la télévision de Curaçao, Tele Patria, où il permettait aux gens d’exprimer leur opinion, restant ainsi au cœur des préoccupations sociales. Lorsque ce contrat a pris fin, il a fondé son propre parti politique, Nos Patria. Aux élections de 1990, il a obtenu 5 000 voix et a siégé aux États des Antilles néerlandaises, avant de quitter la politique, qu’il a jugée gekonkel5.

Héritage

Oswin Chin Behilia demeure une figure centrale de la culture curaçolaise. Plus d’une génération de musiciens, dont Izaline Calister — qui a repris « Sunú », « No Bai » et « Plegaria » dans des arrangements jazz avec le pianiste Randal Corsen — a puisé dans son répertoire. Son œuvre continue d’illustrer comment la musique peut porter, au-delà de tous les rythmes caribéens, les questions qui animent une société, du développement au démantèlement d’une fédération.

Ses chansons de protestation — “Zikinza”, “Ata Toni” et “Sigi Traha E Bom” — en font une voix puissante, mêlant danse et engagement6. “Zikinza” avertit que les plages de l’île seront bientôt interdites aux locaux, “Ata Toni” traite de l’argent du pétrole qui part à l’étranger, et “Sigi Traha E Bom” s’oppose à la dissolution de la Fédération des Antilles néerlandaises.

Œuvres majeures

Œuvre Année Pourquoi c’est essentiel
Bendishon Disfrasa 2003 Premier album international, sélectionné par Songlines et Radio France International
“Plegaria” ~1960s Hymne alternatif de Curaçao, repris par Tania Kross sur De Wereld Draait Door en 2009
“Sunú” ~1970s Classique universel du répertoire amoureux en papiamento
Liber 2009 Album politique intégrant tumba, seú et influences latino-américaines

Sources et références


  1. World Music Network, Oswin Chin Behilia, worldmusic.co.uk, biographie et discographie ↩︎

  2. Otrabanda Records, Bendishon disfrasá Liner Notes, 10 juin 2016, liner notes de l’album ↩︎

  3. Dutch Wikipedia, Oswin Behilia, nl.wikipedia.org, biographie complète (musique, politique) ↩︎

  4. Caribbean Beat Magazine, CD Reviews July/August 2010, caribbean-beat.com, critique de l’album Liber ↩︎

  5. Dutch Wikipedia, Oswin Behilia, nl.wikipedia.org, section politique et Tele Patria ↩︎

  6. Caribbean Beat Magazine, CD Reviews July/August 2010, caribbean-beat.com, analyse des chansons politiques ↩︎