Burning Spear

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae
Site Officiel : Burning Spear
Autres informations : Biographie

Burning Spear : discographie

Burning Spear - Jah Is Real album cover Album : Jah Is Real
Année : 2008
Burning Spear - Living Dub vol.6 album cover Album : Living Dub vol.6
Année : 2006
Burning Spear - Our Music album cover Album : Our Music
Année : 2005
Burning Spear - Live In South Africa 2000 album cover Album : Live In South Africa 2000
Année : 2004
Burning Spear - Living Dub vol.5 album cover Album : Living Dub vol.5
Année : 2004
Burning Spear - FreeMan album cover Album : FreeMan
Année : 2003
Burning Spear - Farover album cover Album : Farover
Année : 2003
Burning Spear - Best Of The Fittest album cover Album : Best Of The Fittest
Année : 2001
Burning Spear - Live At Montreux Jazz Festival 2001 album cover Album : Live At Montreux Jazz Festival 2001
Année : 2001
Burning Spear - Ultimate Collection album cover Album : Ultimate Collection
Année : 2001
Burning Spear - Spear Burning album cover Album : Spear Burning
Année : 2001
Burning Spear - Living Dub vol.4 album cover Album : Living Dub vol.4
Année : 1999
Burning Spear - Calling Rastafari album cover Album : Calling Rastafari
Année : 1999
Burning Spear - Burning (A)Live (In Concert 97) album cover Album : Burning (A)Live (In Concert 97)
Année : 1998
Burning Spear - Appointment with His Majesty album cover Album : Appointment with His Majesty
Année : 1997
Burning Spear - Living Dub vol.3 album cover Album : Living Dub vol.3
Année : 1996
Burning Spear - Rasta Business album cover Album : Rasta Business
Année : 1995
Burning Spear - Live 1993 album cover Album : Live 1993
Année : 1994
Burning Spear - The World Should Know album cover Album : The World Should Know
Année : 1993
Burning Spear - The Original Burning Spear album cover Album : The Original Burning Spear
Année : 1992
Burning Spear - Jah Kingdom album cover Album : Jah Kingdom
Année : 1991
Burning Spear - Mek We Dweet album cover Album : Mek We Dweet
Année : 1990
Burning Spear - Live In Paris Zenith '88 album cover Album : Live In Paris Zenith '88
Année : 1989
Burning Spear - Mistress Music album cover Album : Mistress Music
Année : 1988
Burning Spear - The fittest Selection album cover Album : The fittest Selection
Année : 1987
Burning Spear - People of the world album cover Album : People of the world
Année : 1986
Burning Spear - Reggae greats album cover Album : Reggae greats
Année : 1984
Burning Spear - Resistance album cover Album : Resistance
Année : 1984
Burning Spear - The Fittest Of The Fittest album cover Album : The Fittest Of The Fittest
Année : 1983
Burning Spear - Living Dub Vol. 2 album cover Album : Living Dub Vol. 2
Année : 1982
Burning Spear - Hail H.i.m. album cover Album : Hail H.i.m.
Année : 1980
Burning Spear - Harder than the Best album cover Album : Harder than the Best
Année : 1979
Burning Spear - Living Dub - Vol. 1 album cover Album : Living Dub - Vol. 1
Année : 1979
Burning Spear - Marcus' Children  album cover Album : Marcus' Children
Année : 1978
Burning Spear - Dry & Heavy album cover Album : Dry & Heavy
Année : 1977
Burning Spear - Live album cover Album : Live
Année : 1977
Burning Spear - Garvey's Ghost album cover Album : Garvey's Ghost
Année : 1976
Burning Spear - Man In The Hills album cover Album : Man In The Hills
Année : 1976
Burning Spear - Marcus Garvey album cover Album : Marcus Garvey
Année : 1975
Burning Spear - Rocking Time album cover Album : Rocking Time
Année : 1974
Burning Spear - Burning Spear album cover Album : Burning Spear
Année : 1973

Actualité de Burning Spear

Par Jérémie Kroubo Dagnini (interview réalisée le 21 aoetucirc;t 2006) Personnage haut en couleur et incontournable de la scène reggae parisienne, le " soldat " Mushapata vient de passer l'arme à gauche. Je connaissais Mushapata depuis une trentaine d'années. Pour être exact, je l'ai rencontré pour la première fois à Reims, le 16 décembre 1994, lorsqu'il est venu se produire à la très regrettée salle de concerts, L'Usine, située au 115, rue Lesage. Par la suite, on s'est revus de manière récurrente dans différents concerts de reggae, en région parisienne la plupart du temps. En effet, dès qu'il y avait un concert à Paris ou en banlieue, Mushapata était toujours de la partie, généralement affublé d'un sac à dos contenant des CDs ou DVDs à vendre, sans parler de la weed. etAgrave; chaque fois qu'on se croisait, il me demandait systématiquement des nouvelles de Michel Jovanovic, le directeur de Mediacom Tour et co-organisateur du No Logo Festival, basé à Reims. D'ailleurs, c'est Michel, je crois, qui avait co-organisé son concert à Reims en 1994... Me sachant rémois d'origine, il espérait que je puisse indirectement relancer sa carrière en plaidant sa cause auprès du Boss. En vain. En aoetucirc;t 2006, dans le cadre de mes recherches doctorales qui donneraient ensuite naissance à mon livre, Vibrations jamaïcaines, j'ai finalement pris le temps d'approfondir la discussion avec ce militant de la première heure. Aoetucirc;t 2006, presque quinze ans déjà ! Les vacances d'été se terminaient, la rentrée se profilait à l'horizon et les rues de Paris commençaient à retrouver leur effervescence habituelle, notamment du côté de la gare de l'Est où j'avais rendez-vous avec ce fondateur de la scène reggae francophone au même titre que Savane, Azikmen, I and I, Kaya, Sixième Continent, Watch'Da, Neg'Soweto et autres Zoanet Comes. Des artistes issus majoritairement de la Caraïbe et d'Afrique noire. Apparus au tournant des années 1970-1980, ces groupes avaient pour habitude, à l'époque, d'ouvrir les concerts de stars jamaïcaines organisés le plus souvent par Simon Njonang. Dans l'interview qu'il m'accorda ce jour-là, à la terrasse d'un petit café de la rue d'Alsace, cet ancien boxeur et garde du corps de Bob Marley revint sans langue de bois sur ses débuts dans le reggae et les prémices du mouvement à Paris. Cette période peut sembler lointaine pour certains, mais elle est néanmoins primordiale pour comprendre l'histoire multiculturelle du reggae hexagonal. Ne dit-on pas qu'un homme sans mémoire est comme un arbre sans racines ? Retour donc sur cette époque charnière avec Mushapata, ce grand baobab parisien et pionnier du reggae en France qui vient de nous quitter et qui restera dans le coeur de la grande communauté reggae parisienne (voire bien au-delà), laquelle ne manquera sans doute pas, je l'espère, de lui rendre un vibrant hommage en temps voulu, un peu finalement comme l'a fait la communauté hip-hop à l'égard de Lionel D. le 12 mars dernier.D'où viens-tu et comment es-tu arrivé au reggae ?Yes ! Je viens d'Afrique, du Congo Kinshasa. Je faisais de la boxe et je suis venu en France pour poursuivre ma carrière pugilistique en professionnel. Mais là, j'ai rencontré beaucoup de problèmes, beaucoup de magouilles au niveau de la boxe et j'ai été dégoetucirc;té. J'ai fait une carrière de cent combats dont soixante combats professionnels. Mais pour des bourses minables... etAgrave; l'époque, on était seuls, on n'avait personne autour de nous, c'est plus ou moins nous-mêmes qui gérions notre carrière. Alors, mon manageur m'a trouvé un boulot dans la sécurité et au moment où Bob Marley est passé ici à Paris, au Bourget, [l'été 1980], j'ai assuré sa sécurité. Je l'ai rencontré, on n'a pas beaucoup parlé car il est anglophone et moi francophone, mais il y a eu un feeling qui est passé entre nous de manière spirituelle et c'est à partir de là que j'ai commencé à faire du reggae. J'étais le premier, ici à Paris, à faire partie du mouvement rasta. Le mouvement rasta, le mouvement reggae c'est nous avec Harry Dambala au début des années 1980. etAgrave; cette époque, Peter Tosh est même venu dans le squat où on vivait, au squat de Corentin Cariou dans le 19ème. C'était le grand squat à l'époque et il est passé par là. J'ai joué avec Toots and The Maytals, Dillinger, U Roy etc. etAgrave; l'époque, j'étais en contact avec les gens qui venaient. Il y avait Burning Spear aussi. Quand Burning Spear est venu jouer le 30 janvier 1986 à la Mutualité, concert organisé par Simon Njonang (Sim's productions), j'ai assuré sa sécurité. Pareil pour les Gladiators ; quand ils ont commencé, quand ils sont arrivés pour leur premier concert, ils n'avaient pas leurs billets retours et on mangeait avec eux dans les foyers de Sarcelles, car nous étions à Sarcelles à l'époque. C'est Simon qui les avait fait venir et moi je faisais la sécurité pour Simon ; et c'est là aussi que j'ai compris qu'avec le reggae, je pouvais faire véhiculer mon message de paix et d'unité.Quels autres groupes de reggae y avait-il à l'époque en France ?Il y avait Savane, qui était un groupe guyanais avec Junior, il y avait des gars comme Roger qui a contribué mais malheureusement il n'est plus là... il y avait Pat...il y avait Pablo Master...il y avait aussi Tonton David, mais il est arrivé après. Pourquoi as-tu choisi le reggae pour véhiculer ton message ?J'habitais au Congo, là-bas on parle swahili qui est la langue la plus parlée en Afrique. On parle swahili au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, en Gambie etc. Nous, à l'époque, on était branché anglophone, on suivait tout ce qui se passait aux etEacute;tats-Unis tels que les Black Panthers. En Afrique aussi on avait une branche Black Panthers, tu sais ! C'est à partir de là qu'on s'est aussi intéressé à la musique anglo-saxonne comme Wilson Pickett, Otis Redding, c'était notre groove. Là-bas, au Congo, il y avait aussi une musique qu'on appelait le braca (prononcer " braka "). Le braca c'était un peu comme du ska ou du rocksteady et donc quand j'ai entendu pour la première fois du reggae, ça m'a immédiatement fait penser au braca, ça m'a rapproché de mes racines. Le braca, c'était une musique traditionnelle qu'on chantait en swahili, et donc quand j'ai commencé à faire du reggae, je chantais en swahili. En fait, mon reggae c'est un mélange de braca et de reggae, de la musique africaine à la sauce jamaïcaine ! Pour moi, le braca c'est l'origine du reggae. Au Congo, je faisais de la musique et j'avais un groupe de chant, et quand j'ai entendu Bob Marley, Jimmy Cliff, Toots and The Maytals, surtout Toots and The Maytals, je me suis dit " ça c'est du braca ", parce que Toots il chantait du ska !Quels instruments utilisait-on dans le braca ?C'était de la guitare sèche et du chant, mais les frappes sur la guitare c'était comme du ska et donc proche du reggae !Quels artistes t'ont influencé ?Otis Redding, moi je faisais du Otis Redding avant. Sinon il y a eu Black Mambazo d'Afrique du Sud, le ska jamaïcain et la musique d'Afrique du Sud ça se ressemblait... Il y a eu aussi Miriam Makeba, Toots and the Maytals, U Roy, I Roy, Dillinger, Big Youth etc., tous ces toasters m'ont aussi influencé car je toaste aussi. Toi tu as commencé à faire du reggae avant des artistes comme Alpha Blondy et Lucky Dube, ou bien en même temps ?etAgrave; peu près en même temps. T'ont-ils influencé ?Non, ils ne m'ont pas influencé. Moi, je t'ai dit, c'est Black Mambazo et d'autres groupes d'Afrique du Sud, ou bien Otis Redding, Wilson Pickett, Toots and The Maytals etc.De quoi parles-tu dans tes chansons ?Moi je suis un militant soldat, je dénonce les " Buffalo Soldiers ". Je dénonce les injustices, c'est pourquoi on m'a trouvé maintes fois dans des manifestations ici à Paris. Les autres musiciens avaient peur et j'étais en avant dans les cortèges. J'ai manifesté contre les idées coloniales. J'ai manifesté lorsque Mandela était en prison, j'ai manifesté pour la libération de Mumia Abu-Jamal [un militant afro-américain injustement condamné à la peine de mort en 1982], lorsque j'étais dans les squats je revendiquais les droits des sans-papiers etc. etAgrave; Paris, c'est moi qui dénonçais les injustices que nos frères subissaient, tu vois ? C'est dans ce contexte que j'utilise ma musique pour véhiculer mon message. Mais il faut qu'il y ait plus de solidarité alors qu'ici, aujourd'hui, les Blacks ils sont éparpillés. Dans les années 1980, on était ensemble, il y avait des journaux, des magazines pour la communauté comme Afrique Antilles, on se côtoyait, on était unis, quoi ! Alors que maintenant, la nouvelle génération n'est pas unie. C'est dommage qu'ils soient divisés, c'est pourquoi mon message c'est l'UNITE. Tu sais, j'étais l'un des premiers à dénoncer la condition des Noirs, je dénonçais aussi la guerre du Golfe, je dénonçais la condition des Noirs en Afrique où les étrangers comme les Chinois s'enrichissent alors que les Noirs n'ont rien, j'étais le premier à dénoncer aussi l'esclavage qui continue en Mauritanie et au Soudan, l'assassinat de Patrice Lumumba, la vache folle, ils nous volent notre pétrole etc... Il faut continuer de dénoncer et s'unir, nous les BLACKS. Ce côté militant t'as-t-il créé des problèmes que ce soit en Afrique ou en France ?etCcedil;a m'a créé des problèmes en Afrique. Lorsque je suis venu en France, je prônais le panafricanisme et mon premier album c'était Saba-Saba Fighting avec Lumumba, Steve Biko et George Jackson des Black Panthers en couverture. etAgrave; l'époque, c'était Mobutu au pouvoir au Congo et je ne pouvais pas rentrer au pays puisqu'il était impliqué dans l'assassinat de Lumumba. Ici, en France, j'ai ensuite sorti un 45T " Chatelet-les-Halles " qui m'a aussi créé des problèmes. C'était à l'époque du terrorisme et je parlais de nos conditions de victimes. Je chantais " Un coup de sifflet, j'ai vu débarquer les keufs. Papiers fouillés, on s'est retrouvé à poils. Ils cherchaient des terroristes, mais moi je suis touriste, un peu artiste... ", je disais que c'était eux les " terroristes ". etAgrave; cause des messages dans mes textes, je n'ai pas eu de distributeurs, ils avaient peur et disaient " on ne veut pas de ta musique elle est trop militante... ", même Alpha Blondy que j'ai vu et qui faisait un concert à l'époque, je lui ai dit " Alpha Blondy ! Essaye de me faire jouer, parles-en à ton producteur... ", mais il m'a répondu " Oh non! Mon frère, j'ai vu ta photo avec les flics sur le disque " Chatelet-les-Halles ".... ". En fait, je me suis senti victime d'un boycott musical ! En 1991 j'ai quand même réussi à jouer avec LKJ et Pablo Moses au Zenith. J'ai joué aussi avec U Roy à la Halle de la Villette, avec Macka B etc.Copyright JKDetAgrave; l'instar de Tiken Jah Fakoly, est-ce que tu penses que la Françafrique est toujours d'actualité ?Tu sais, la Françafrique c'est les magouillent des Français qui promotionnent qui ils veulent au pouvoir en Afrique ou dans leurs médias. Moi j'avais la même démarche que Tiken Jah, alors pourquoi ils ne m'ont pas appelé ? Nous, nous sommes les combattants, nous avons connu la souffrance, moi j'ai fait de la prison à cause de mon militantisme. Quand Tiken Jah est venu faire son premier concert avec son neveu qui joue de l'orgue dans Sinsemilia, je lui ai dit, " Mon frère, essaye de me lancer ", il y avait son manager et son producteur qui ont répondu " Pas lui ! Pas lui ! ", parce qu'ils savaient que moi, c'est de l'authenticité, de l'original, moi je ne suis pas là pour tricher, je n'ai jamais triché, alors que les autres ils sont modérés. Quel est donc ton point de vue sur la scène reggae française ?Il y a toujours du sectarisme. Les vrais sont mis à l'écart et ceux qui sont corrompus et faciles à manipuler marchent avec les maisons de disque. C'est du business et des magouilles !Copyright JKDEt le reggae en Afrique ?Il y a aussi cette espèce de sectarisme, car on ne parle que de l'Ouest. Ils ne sont pas unis, on parle d'unité africaine alors pourquoi on parle toujours de l'Afrique de l'Ouest ? Pourtant en Afrique centrale, il y a des artistes, il y a moi qui suit là, il y a Pablo Master du Cameroun...Le reggae a-t-il eu un impact sur la société en Afrique ?Oui, ça a permis de réveiller les consciences, surtout en Afrique de l'Ouest, ça leur a permis de comprendre ce qu'est la liberté, de revendiquer leurs droits, de se rendre compte du patrimoine qu'ils ont et de comprendre que c'est à eux désormais de le gérer et non pas aux Occidentaux. Heureusement qu'il y a ici Malik Boulibaï qui est animateur à RFI, c'est le seul qui soit actif ! Et donc le reggae à Paris, s'est très divisé aussi?C'est très divisé, on parle de reggae 100% caribéen etc. alors que normalement le reggae c'est l'unité, c'est dommage ! Bob Marley, il avait compris, c'est pourquoi il disait " Babylone n'a pas de couleur, il y a des Babylone noirs et des Babylone blancs " !Et toi, ta définition de Babylone ? Je me souviens de ton apparition dans le film Black Mic-Mac (1986), lorsque tu cries " Babylone " pour prévenir les squatteurs de l'arrivée de la police. Yes ! C'est le système occidental qui nous prend en otage.Et ton activité musicale en ce moment ?Je prépare mon prochain album qui doit sortir avant la fin de l'année. Je parlerai des guerres, de l'unité...c'est toujours le même problème. Il faut que les Africains prennent conscience qu'on a une richesse en Afrique et que les Blacks rentrent au pays pour construire l'Afrique afin que tout le monde mange. On a des richesses et il ne faut pas les laisser gérer par les autres !(Et Mushapata conclut l'entretien en chantant sobrement les paroles suivantes)" Yo ! Ils nous donnent des miettes, des cacahouètesC'est eux qui sont des pickpockets depuis qu'il y a InternetMoi j'ai trouvé mes lunettes c'est là que je me connecteParce que le mal nous guetteJe suis un prophète en cageIls m'ont mis au tribunalIls m'ont fait du mal dans cette capitaleJe n'ai que dalle c'est pourquoi je ralleAu tribunal ils m'ont fait un procès-verbalIls voulaient m'envoyer au SénégalMoi j'étais malade, je n'avais pas d'assistance médicale... "R.I.P. Brother et Walk Good !
Source : reggae.fr | 2020-05-06 02:00:00.0
Troisième et dernier jour de ce deuxième Bagnols Reggae Festival. Les sourires sont encore sur les visages de l'équipe organisatrice et du public malgré le temps qui se gâte. Quelques gouttes de pluie viendront légèrement perturber le déroulé de la soirée sans pour autant décourager le public venu beaucoup plus nombreux que les deux soirs précédents. Ce samedi soir c'était place aux légendes jamaïcaines, aux plus grosses têtes d'affiches du festival et à deux belles exclusivités...Petit retour dans les années 60, aux fondations de la musique jamaïcaine avec les Skatalites ! Quand un groupe comme celui-là est chargé d'ouvrir les hostilités, on sait qu'on peut s'attendre à une très grosse journée. Vin Gordon est au trombone, les classiques fusent et la chanteuse Doreen Shaffer rejoint rapidement la formation pour quelques titres dont un superbe clin d'oeil aux Wailers avec Simmer Down. Stranger Cole lui emboîte le pas avec un nombre incalculable de standards. Rough et Tough, Bangarang, When I Call Your Name... La justesse n'est pas toujours au rendez-vous mais on pardonne aisément Stranger, l'un des artistes jamaïcains les plus âgés encore en activité, toujours très énergique. Chapeau !Si l'Afrique sera mise à l'honneur plus tard sur la scène avec Tiken Jah Fakoly, elle l'est dès le début de la soirée côté sound system avec l'équipe d'Amoul Bayi Records. Fabyah, un Français installé au Sénégal, s'occupe de la sélection et sert des instrus roots et stepper à Saah Karim et Galas. Les deux chanteurs originaires de la Gambie et du Sénégal sont particulièrement complices et complémentaires. Une parfaite entrèe en matière avant les sets plus énervés de Dawa Hi Fi et Parly B et d'Iration Steppas plus tard dans la nuit. Accompagné de Macky Banton au toast, Mark Iration livrera une sélection très roots sans manquer d'énergie. On retiendra des dubplates impressionnants de Michael Prophet ou Sizzla (l'incroyable Like Mountains) ou encore un mix exclusif du Victory de Dubkasm ridé à la perfection par le vétéran Mike Brooks qui prendra par la suite le micro aux côtés de Blackboard Jungle pour la clôture du festival.Légende encore sur la grande scène ! Horace Andy se produit avec Mafia et Fluxy au backing-band formule ultra-réduite. Basse, batterie, clavier et trombone. Mais ça suffit ! Sleepy déroule les tubes remarquablement backé par le duo anglais. Money Money, Skylarking, Man Next Door, Fever... Horace Andy n'a que 45 minutes de set, mais il prend son temps sur les titres et les pull ups s'enchaînent.Mafia et Fluxy restent sur scène, le tromboniste s'enfuit et c'est à trois qu'ils s'occupent du cas d'Eek A Mouse. Le géant jamaïcain, particulièrement rare en France, a le sourire et lance des "Viva la France" à tout va. C'est d'un style très décontracté, coiffé d'un chapeau et d'une cape, qu'il enchaîne ses tubes Virgin Girl, Rude Boy Jamaican (d'une voix tellement grave !!), Ganja Smuggling, No Wicked Can't Reign (très belle ouverture de show) et bien setucirc;r l'immense Wa Do Dem (très belle fermeture). Mouse ne force pas, mais quel plaisir d'entendre ses titres en live pour la première fois pour beaucoup de gens présents ce soir-là.C'est ensuite au tour de Third World. Cat Coore, Richard Daley et leur bande sont toujours de véritables virtuoses de la musique. On passe de titres très pop à du reggae hardcore. Now That We Found Love contraste avec Reggae Ambassadors, mais le show est d'une précision hors du commun. AJ Brown s'en sort très bien au chant. Sans chercher à imiter Bunny Rugs, il parvient à transmettre l'émotion des titres originaux du groupe qui fête cette année ses 45 ans d'existence. Cat Coore nous offre comme à son habitude ses petits solos de violoncelle et nous surprend même à entonner le tune dancehall The Mission de Stephen et Damian Marley avant de glisser vers Redemption Song. On a droit à quelques titres du prochain album dont les singles Loving You Is Easy et Na Na Na. Third World a encore fait forte impression ce soir-là. Qui en aurait douté ?La pluie s'est abattue sur le Parc Arthur Rimbaud pendant le concert de Third World, mais la foule est restée compacte jusqu'à l'arrivée de Tiken Jah Fakoly. Les fans du chanteur ivoirien étaient de sortie ce soir. Le public restera au sec tout le long de sa prestation, remplie d'énergie et de messages forts. Tiken continue de prêcher pour le continent africain avec ses classiques, mais s'ouvre à de nouveaux thèmes avec les titres de son nouvel album Le monde est chaud. L'homme a encore des choses à dire et c'est toujours un plaisir de le retrouver sur scène.Vient ensuite le moment que beaucoup attendaient... Le crew du film Rockers débarque aux côtés du We The People Band sur une scène embellie d'un backdrop signé Fluoman. Leroy "Horsemouth" Wallace, Kiddus I, Big Youth et le trio Kush'Art s'installent tous ensemble sur scène et font quelques pas de danse pendant le titre Man In the Street, l'instrumental qui sert d'intro au concert. Les passionnés savourent et les moins aguerris découvrent, mais tout le monde est conscient d'assister à un moment unique. Première surprise : Horsemouth n'est pas à la batterie. Il harangue la foule aux côtés de ses collègues qui entonnent l'hymne Satta Massa Gana en l'absence de Bernard Collins des Abyssinians (malade) avant que Big Youth ne nous serve son superbe I Pray Thee sur la version. Big Youth, Horsemouth et Kiddus disparaissent ensuite pour laisser Kush'Art et Lloyd Parks reprendre quelques titres d'artistes décédés ayant participé à la bande-originale comme Slave Master de Gregory Isaacs ou Police And Thieves de Junior Murvin. Quelques approximations sans doute dues à un manque de répétitions (il s'agit du tout premier show en Europe !) n'empêchent ni les artistes ni le public de prendre du plaisir. Kiddus I revient ensuite sur le mythique Graduation in Zion et fait des clins d'oeil à Peter Tosh (Stepping Razor) et Justin Hinds (Natty Take Over). Big Youth fait aussi son retour pour quelques titres dont Every Nigger Is a Star et Hit the Road Jack et Horsemouth refait finalement surface pour chanter l'émouvant Jah No Dead de Burning Spear. Comme dans le film, il l'entonne a capella sur fond de bruit de vagues... Il s'installe enfin derrière les fetucirc;ts pour interpréter Rockers de Bunny Wailer. A partir de ce moment-là, le concert prend une tournure un peu spéciale. On sent que quelque chose ne va pas. Et pour cause, l'horaire de fin du festival est dépassé de 40 minutes ! L'équipe de Rockers est interrompue brutalement nous empêchant de profiter d'un final qu'on espérait grandiose.Malgré cette fin de festival en demi-teinte, on repart de Bagnols sur Cèze avec ce sentiment d'avoir profité d'un moment exceptionnel. Les légendes jamaïcaines continuent de nous faire rêver et heureusement que l'équipe du Bagnols Reggae Festival est encore là pour proposer une programmation comme celle-là. Une programmation inédite, différente des autres festivals et respectueuse des fondations de la musique jamaïcaine. Le rendez-vous est pris pour l'année prochaine du 23 au 26 juillet avec cette fois quatre soirs de concerts !Lire nos reports du JOUR 1 et du JOUR 2.
Source : reggae.fr | 2019-08-01 02:00:00.0