Capleton

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae
Site Officiel : Capleton
Autres informations : Biographie

Capleton : discographie

Capleton - I-Ternal Fire album cover Album : I-Ternal Fire
Année : 2010
Capleton - Bun Friend album cover Album : Bun Friend
Année : 2008
Capleton - Reign Of Fire album cover Album : Reign Of Fire
Année : 2004
Capleton - The People Dem album cover Album : The People Dem
Année : 2004
Blank Cover Album : Jah Warrior 2 (Luciano and Capleton)
Année : 2004
Capleton - Live at negril album cover Album : Live at negril
Année : 2003
Capleton - Praises to the king album cover Album : Praises to the king
Année : 2003
Capleton - Best of CAPLETON album cover Album : Best of CAPLETON
Année : 2002
Capleton - Still Blazin album cover Album : Still Blazin
Année : 2002
Capleton - More Fire album cover Album : More Fire
Année : 2000
Capleton - One Mission album cover Album : One Mission
Année : 1999
Capleton - Capleton and friends album cover Album : Capleton and friends
Année : 1998
Capleton - I testament album cover Album : I testament
Année : 1997
Capleton - African Star Specials album cover Album : African Star Specials
Année : 1996
Capleton - Prophecy album cover Album : Prophecy
Année : 1995
Capleton - Good So album cover Album : Good So
Année : 1994
Capleton - Alms House album cover Album : Alms House
Année : 1993
Capleton - Double Trouble album cover Album : Double Trouble
Année : 1991
Capleton - Gold album cover Album : Gold
Année : 1991
Capleton - Lotion Man album cover Album : Lotion Man
Année : 1991

Actualité de Capleton

Après une première journée réussie, le Bagnols Reggae Festival se poursuit avec une petite baisse de température niveau météo... La canicule de la veille laisse place à un ciel un peu couvert, mais du côté du public, pas de perte de chaleur. Le line-up du jour est particulièrement réjouissant pour les fans de new roots. Petit voyage dans le début des années 2000 avec des prestations enflammées au programme !La journée, les festivaliers pouvaient profiter d'un festival off bien fourni. L'expo de Fluoman en centre-ville et les projections des films IetI et Reggae Ambassadors 100% reggae français à la médiathèque ont rencontré de francs succès.Côté Parc Arthur Rimbaud, c'est I Wayne qui monte le premier sur scène. Peu d'actualité pour le chanteur jamaïcain qui n'hésite pas à chanter son hit Living In Love dès ses premiers pas sur scène. Les connaisseurs sont au rendez-vous et le pull up est de mise. L'énergie bretucirc;lante du chanteur à la voix d'ange est intacte et on doit avouer qu'on ne s'attendait pas à un show aussi propre de sa part. Malheureusement, timing oblige, on n'aura pas droit à plus de 30 minutes...Il en sera de même pour Bushman qui conserve le même backing-band qu'I Wayne. Particulièrement attendu par le public bagnolais, Bushman prend la scène impeccablement. On peut dire qu'on n'est pas déçus ! On regrette peut-être juste de le voir s'attarder sur des reprises de Peter Tosh (très bien interprétées ceci-dit) plutôt que sur son propre répertoire passant notamment le hit Fire Bun A Weak Heart presque à la trappe lors de sa sortie de scène. Le Bagnols Reggae Festival nous avait promis des sets plus longs pour tous les artistes, ça n'a pas été le cas pour ces deux-là qui partageaient un même plateau dont on aurait bien profiter un peu plus longtemps.Pas trop le temps de maronner, la seule artiste féminine de l'édition 2019 est annoncée ! Cela faisait sept ans qu'on attendait le retour de Queen Ifrica en France et la voilà enfin. Elle débarque sur Calling Africa et impressionne rapidement par sa présence scénique. Sa voix gronde plus que jamais et son discours empreint de militantisme respire l'honnêteté. Elle qui vient de croiser Johnny Clarke et Big Youth en coulisses témoigne de son respect pour les artistes roots à plusieurs reprises. Elle rend d'ailleurs hommage à son père Derrick Morgan avec un medley ska sur lequel elle invite Big Youth et Mike Brokks à la rejoindre pour un moment de partage unique. Quel bonheur de réentendre des titres comme Sinsemilia ou l'énorme Wipe the Tears en live ! Et même s'il nous manque quelques tunes pour pouvoir qualifier ce show de parfait, on ne boude pas notre plaisir d'avoir revu la Queen sur scène qui vient de confirmer qu'elle mérite bien son surnom de Fyah Muma.La Jamaïque compte un autre représentant qui s'illustre en même temps sur la sono de Blackboard Jungle. Rory, le célèbre producteur et selector de Stone Love, livre un set très roots et dub rempli de dubplates et d'exclusivités sorties de son propre studio !Changement d'ambiance juste après lui avec les locaux d'Ashkabad qui ne ménagent pas les festivaliers ! Connu pour son univers electro-dub, le duo ne cherche pas à s'adapter à la programmation très roots du festival et se démarque par son énergie débordante. Une déferlante de basses qui déchaîne totalement les danseurs les plus fous. La tornade Ashkabad a fait son effet !Les amateurs de roots pur et dur avaient de quoi se consoler avec le concert de Johnny Clarke et We The People Band sur la grande scène. Après quelques classiques de Lloyd Parks (Mafia et Officially en tête), Johnny Clarke débarque et déroule un set 100% inédit ! L'auteur de None Shall Escape the Judgement n'a pas répété avec Lloyd Parks et sa bande et ça semble lui plaire. Le show est naturel, la vibes spontanée et les hits défilent. On vient une fois de plus d'assister à un moment unique comme on n'en voit qu'à Bagnols sur Cèze.Retour au new roots pour cette fin de soirée. Pendant que les fans de sound system continuent de danser sur les sélections de Maasai Warrior ou Channel One, c'est Morgan Heritage qui monte sur scène. La famille livre comme à son habitude un show ultra carré avec des mises en place détonnantes, une aisance déconcertante et un discours bien rodé. Le tout manque de spontanéité mais on doit bien avouer que pour danser, c'est efficace ! Le medley sur le Liberation Riddim avec les tunes de Capleton (Jah Jah City), Jah Cure (Love Is the Only Solution) ou Ras Shiloh (Unto Zion) fait toujours son petit effet et on apprécie particulièrement le segment en hommage aux standards du dancehall interprété par Gramps. Le groupe nous offre bien setucirc;r quelques titres aux accents pop comme la reprise de Reggae Night ou le nouveau Beach et Country qui annonce l'arrivée du nouvel album de la formation.Et c'est Alborosie qui vient fermer cette deuxième soirée de concerts avec une prestation tout aussi parfaite que celle de ses prédécesseurs. Rendez-vous demain pour le troisième jour qui nous réserve son lot d'exclusivités...Lire notre report du premier jour.
Source : reggae.fr | 2019-07-31 02:00:00.0
Incandescence, le premier album d'Olivia Flowers sort le 31 mai 2019 et à l'instar des coloris de la pochette, on peut se dire que ça y est, enfin, on est en été ! Les dix titres serviront donc à merveille de bande-son pour vos vacances. Un reggae qui ravira tout le monde car, à l'image d'Olivia, il est d'inspiration multiple, teinté de soul, de blues (blu-dub) ou encore de funk. La chanteuse puise ses influences aussi bien dans le sud des USA dont elle est originaire qu'en Jamaïque ou en France.Olivia a grandi en Caroline du Sud, où elle apprend et perfectionne son chant dans un berceau gospel/soul propre aux églises de sa région. C'est ce qui lui permet aujourd'hui cette grande versatilité et une écriture poignante qui touchera le plus grand nombre avec des sujets très personnels et d'autres plus globaux. Après un passage au Canada où elle a fait ses armes scéniques aux côtés de grands noms du reggae jamaïcain, elle revient en France pour la deuxième fois en 2013 (elle y avait fait une partie de ses études auparavant) et décide de se plonger corps et âme dans l'une de ses raisons de vivre : la musique et le live.Rencontres avec Winston McAnuff et d'autres ou première partie parisienne de Capleton lui confèrent une petite réputation d'estime. On attendait donc avec impatience la confirmation discographique de ce talent énergique qu'on avait pu apprécier sur scène. Incandescence allumera à coup setucirc;r la petite ampoule de votre discothèque dans quelques jours... A suivre !Tracklist :01. What You Want 02. Heavy Load 03. On My Mind 04. Feeling The Same 05. Open Wings 06. The Light 07. Hand In Her Pocket 08. Unda Wata 09. Uglly Beautifull 10. A Change Is Gonna Come
Source : reggae.fr | 2019-05-27 02:00:00.0
Dans la famille Rodigan, nous demandons le fils ! Jamie, rejeton du célèbre selector et animateur radio londonien David Rodigan, est DJ et producteur (tout comme son frère Oliver aka Cadenza). Ce citoyen britannique d'origine anglo-jamaïcaine est evidemment tombé sur les platines dès son plus jeune âge. Outre ses activités de DJ qui l'ont déjà mené au Rototom Sunsplash, à l'Overjam Festival en Slovénie ou au Carnaval de Notting Hill, il vient de produire trois titres sur le premier EP de Tinez (artiste dancehall de Londres) sous le nom Crate Classics (son duo avec Aaron Horn, le fils de Trevor Horn qui n'est autre que le guitariste des Buggles, auteurs du cultissime Video Killed the Radio Star). Plutôt axé dancehall sur ses productions, Jamie n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà sorti l'année dernière le titre Expensive Body de Don Andre et deux tracks sur l'album C13AZY BASS de Lei Di Dai. Bon sang ne saurait mentir, on peut donc gager que son avenir sera radieux et productif et qu'il nous concoctera pour bientôt de nouveaux sons. On attend notamment des collaborations avec Suns of Dub et The Skints. Rencontre.Reggae.fr : Qui es-tu exactement ?Jamie Rodigan : Je suis un DJ londonien de reggae dancehall et je fais aussi de la production depuis cinq ans sous le nom de Crate Classics avec mon binome Aaron Horn. En parallèle j'anime aussi un show radio tous les jeudis de 19h a 21h sur Reprezent Radio.En tant que DJ, quels genres de reggae joues-tu ?Je suis très large, je joue un peu tous les styles de reggae dancehall et même de l'afrobeat. Evidemment je promotionne beaucoup la nouvelle scène UK.En ce qui concerne la production, tu bosses en ce moment sur un EP pour Naomi Cowan n'est-ce pas ?Tout à fait ! etCcedil;a sort bientôt ! Je bosse aussi sur un single avec Capleton enregistré en Jamaïque et je viens de sortir des prods avec des MCs d'ici: Big Zeeks et Don Andre.Et pour les styles d'instrus ?Je suis évidemment plus connu pour des prods reggae et dancehall mais je taquine aussi les beats hip-hop ou afro.Comment est née cette vocation ?Plus jeune j'ai commencé a bricoler à la maison avec les platines de mon père. Mais j'ai mis du temps à vraiment me mettre à fond dedans. J'étais plus intérressé par le foot, il fallait aussi que je poursuive mes études, d'ailleurs c'est l'Université qui m'a donné l'occaz d'être plus assidu et de me professionnaliser en tant que DJ. J'y suis devenu le gars qui mixait à toutes les fêtes étudiantes. Mon père m'a toujours encouragé tout en me mettant en garde sur les pièges et les difficultés du métier.Est-ce une pression d'être le fils de David Rodigan ?C'est marrant beaucoup de gens me posent cette question ! Pas vraiment en fait. En tout cas je ne l'ai jamais ressenti. Moi j'aime juste la musique passionnément, c'est un cheminement naturel même si setucirc;rement influencé par la famille dans laquelle j'ai grandi. En tout cas je ne me pose pas la question et je ne me voyais pas faire autre chose que de la musique.Et en ce qui concerne les soundclashs, c'est une discipline que tu pratiques ?Oui même si ce n'est pas ma principale activité, ça arrive de temps à autres. J'ai d'ailleurs déjà clashé avec mon père.Tu as clashé ton père ?Non (rires) !!! J'ai clashé avec lui, dans son équipe je veux dire. J'étais son selector en 2008, pour le UK Cup Clash, il y avait Bass Odyssey, Jaro et Mighty Crown c'était le top. Plus récemment j'ai fait le Dancehall VS Soca qui n'est pas à proprement parler un clash traditionnel mais plus du tag team, des DJs dancehall contre des DJs soca un peu à la façon du Redbull Culture Clash.Quelle est la perception du métier de DJ ici à Londres ? Est-ce pris au sérieux ?Oui carrément. Comme tu as pu le voir, ici la musique est partout, n'importe quel petit bar a un système de son propre et efficace. De plus, il y a une vraie tradition ici de DJ de radio donc c'est clairement considéré comme un vrai métier pas un truc de saltimbanque. Evidemment il faut avoir le talent et la passion mais après il y a beaucoup d'opportunités pour t'en sortir. Certains diront que c'est un peu saturé car il y a beaucoup de soirées mais moi j'y vois juste encore plus de possibilités de jouer. Londres est une ville immense avec plein de gens, plein de musiques différentes et donc plein d'endroits pour danser et jouer. C'est aussi une vraie mission surtout quand tu fais de la radio. Tu te dois de représenter la richesse des nouvelles scènes et des talents émergents. Et si tu peux aider à lancer des carrières c'est le top !Quel a été le déclic pour passer de DJ à producteur ?Plus jeune j'avais téléchargé le logiciel Fruity Loop pendant mes temps libres et j'y ai pris goetucirc;t. etCcedil;a m'a ouvert une autre dimension et permis d'aller plus loin dans la création que le deejaying pur. En prod, tu peux bosser en équipe, c'est moins solo. J'aime cette vibe de groupe, ça me rappelle le foot.Quelles sont tes techniques de prod ?On se sert de tout ce qui est à notre portée : beaucoup de sampling, j'aime sampler les classiques, et on enregistre aussi des musiciens live pour ajouter des lignes chaudes et vivantes, le tout couplé à des machines bien setucirc;r.Quelle est ta semaine type ?Vu que j'ai un show radio hebdomadaire ça demande beaucoup de préparation et d'écoutes afin d'avoir l'oreille sur toutes les sorties. Je suis aussi 2/3 jours dans mon studio à bosser, créer, peaufiner, trouver de nouvelles idées. On discute beaucoup stratégie aussi avec mon associé. Et le week-end je suis à droite à gauche pour jouer. La vie de DJ/producteur quoi !
Source : reggae.fr | 2019-05-02 02:00:00.0
Kingston, décembre 1995. La nuit est déjà bien avancée et le public trépigne d'impatience en attendant l'arrivée sur scène d'une des icônes du reggae de l'époque : Buju Banton. Derrière la scène, les lunettes noires cachant son regard de guerrier, vêtu d'un simple tee-shirt et d'un jean, l'artiste entame les premières notes d'" Untold Stories ".Un murmure s'élève devant la scène et plusieurs milliers d'amateurs de reggae couvrent la voix de Buju en chantant le premier couplet de la chanson. Peu d'artistes peuvent se targuer d'avoir réalisé un album qui a marqué l'histoire d'une musique. Buju Banton en est et son opus " 'Til Shiloh " sonne comme l'un des précurseurs du renouveau du roots reggae. Buju n'est évidemment pas le seul à avoir relancé sur la scène internationale un style qui avait souffert de la mort de son représentant le plus universel, Bob Marley. On pourrait citer Sizzla et son merveilleux " Black Woman et Child ", Anthony B et " Real Revolutionary ", ou, un peu plus tard, Capleton avec " More Fire ".Mais à l'occasion de la sortie de prison de celui que l'on surnommait Gargamel, nous avons voulu vous proposer un dossier complet sur cet artiste, avec la coopération des éditions La Lune Sur Le Toit, extrait de l'ouvrage Reggae Ambassadors La Légende du Reggae sorti en 2016. Rarement un chanteur aura autant fait l'unanimité auprès de ses pairs. Il n'y a pas, ou si peu, de jeunes artistes de reggae qui omettraient de citer Buju Banton comme référence dans leur apprentissage musical. Les plus anciens des chanteurs de l'île saluent tous l'énergie scénique et l'univers artistique de l'interprète de " 'Til Shiloh ". Il faut dire que sa discographie, débutée au début des années 1990, en impose, et qu'elle serait encore plus conséquente si Buju n'était pas coincé derrière les barreaux dans un pénitencier américain depuis 2011. Condamné pour trafic de cocaïne, il enregistra lors d'une sortie conditionnelle le fulgurant " Jah Army " aux côtés de Stephen Marley, comme pour renforcer les paradoxes de sa personnalité. Un destin qui illustre à merveille les tiraillements des génies musicaux yardies, partagés entre ombre et lumière, positivité et côtés obscurs, spiritualité et matérialisme forcené.Né Mark Myrie, Buju Banton tient son surnom de sa mère, qui le taquinait enfant à propos de son visage joufflu (le mot " buju " désigne le fruit de l'arbre à pain à la forme rondelette). Ce n'est que bien plus tard qu'il adoptera lui-même le suffixe Banton, en référence à l'un de ses artistes favoris, Burro Banton (le mot " banton " qualifiant en Jamaïque les bons conteurs, ceux dont les paroles sont inépuisables), mais c'est le surnom Gargamel qui révèle la part secrète du personnage." C'est un surnom que des amis m'ont donné à l'époque, car j'étais toujours celui qui cherchait à créer des ennuis aux autres. Toujours à ennuyer un tel ou un autre. J'ai changé depuis, mais je me suis dit : gardons le nom. "Buju Banton débute ainsi sa carrière, dans un style que certains qualifient de léger et festif pendant que d'autres le jugent vulgaire. En 1992, il sort coup sur coup les albums " Stamina Daddy " et " Mr Mention ", deux opus quasiment exclusivement dédiés aux filles sexy avec des paroles pour le moins (s)explicites. etAgrave; cette époque, le tout jeune deejay (19 ans seulement) ressemble à un vrai " baldhead " (terme jamaïcain désignant un crâne rasé). Il surfe sur la mode du slackness et choque même quelques esprits avec son titre " Love Mi Browning ", dans lequel il avoue son penchant pour les femmes à la peau claire. Décrié par une partie de la communauté black pour ce single provoquant, il se rattrape in extremis avec " Love Black Woman ", posé sur le même Feeling Soul Riddim produit par Donovan Germain pour le compte du label Penthouse (la première grande maison musicale de Buju). La polémique est importante, mais c'est le titre " Boom Bye Bye ", datant également de 1992, qui va le faire connaître du grand public. Le morceau est implacable et enflamme les sound systems du monde entier, mais Buju y appelle au meurtre des homosexuels avec une décontraction glaçante. La polémique va enfler et menacer de mettre un terme définitif à une carrière qui débutait tout juste. Comprenant le tort que lui cause une telle controverse, Gargamel prend du recul et tente de se refaire une conduite avec un troisième album, " Voice of Jamaica ", qui peine à convaincre, même si l'artiste y aborde des thèmes plus positifs (il encourage ainsi le port du préservatif sur " Willy Don't Be Silly "). "Je ne suis pas soit roots, soit dancehall." C'est son quatrième album, " 'Til Shiloh ", qui le fera entrer de manière définitive dans l'histoire de la musique reggae. Véritable chef-d'oeuvre musical et lyrical, le deejay y montre son vrai visage, explorant sa dualité si intrigante. On y retrouve ainsi des morceaux roots d'une profondeur intense (" Untold Stories ", " Not An Easy Road ", " Wanna Be Loved "...) qui se mêlent à des titres dancehall bretucirc;lants (" Champion ", " It's All Over ", " Rampage "). Buju choisit de ne pas choisir entre roots et dancehall." Je ne suis pas soit roots soit dancehall. Il faut savoir que j'ai constamment les deux en moi, et, parmi mon public, il y a ceux qui apprécient mon son roots et ceux qui préfèrent mes titres dancehall. Le dancehall, c'est mes racines, en quelque sorte. J'aime faire différentes choses, alors le plus simple est d'essayer et d'éviter les étiquettes. "Nous sommes en 1995, la carrière de Buju peut redémarrer de manière plus sereine. Le monde découvre un chanteur à la voix rugissante qui sait se faire mélodieuse. Le superbe " Til I'm Laid to Rest ", posé sur un nyabinghi envoetucirc;tant, et le pamphlet " Murderer ", à l'instru minimaliste, en témoignent. L'artiste arbore désormais une crinière naissante de dreadlocks et affirme s'être converti à rasta. Il se présente comme un héritier du mouvement conscient lancé par Garnett Silk au début des années 1990 pour remettre les chansons culturelles sur le devant de la scène. Buju Banton y parvient une seconde fois en 1997 avec l'album " Inna Heights ". L'opus est célébré comme un nouveau chef-d'oeuvre, encore plus roots que le précédent, et renferme l'un des titres les plus vibrants jamais écrits en Jamaïque : l'inégalable " Hills and Valleys ". Dans cette nouvelle aventure musicale, Buju affirme l'importance des thématiques culturelles dans le reggae. " Honnêtement, je pense que le milieu du reggae est vacillant. Nous avons besoin de plus de Luciano. Des grands chanteurs, comme Bushman par exemple, ont besoin de revenir sur le devant de la scène. Oui, lorsque je suis venu pour la première fois en France, j'étais l'un des premiers artistes dancehall. Mais ce n'est pas vraiment cette pierre que j'ai apportée à l'édifice de la musique jamaïcaine. Depuis mes débuts, j'ai produit et créé de nombreux morceaux conscients et c'est cela qui est le plus important. J'ai envie que les jeunes qui s'intéressent à la musique puissent apprécier mon son. Le dancehall est une musique plaisante, mais elle peut l'être encore plus si elle est propre [sourire]. "Le noble " African Pride ", le solide " Give I Strength " ou la reprise inavouée des Wailers, " Destiny ", s'imposent comme des classiques de l'artiste. Et, cerise sur le gâteau, les 21 titres se clôturent par une confession sous forme d'a capella où Buju avoue à demi-mot ses erreurs de jeunesse et décrit sa double personnalité à l'aide de mots percutants. Avec cet album, Gargamel trouve sa signature vocale, cette capacité à passer du chant au toast sans transition, à sa manière, sans pour autant copier le style singjay des Sizzla ou autres Capleton. Il s'affirme comme un créateur imparable capable d'aller là où on ne l'attend pas, de surprendre, d'expérimenter." J'aime les producteurs qui travaillent à créer divers types de musique. Des producteurs qui ont des inspirations multiples et n'ont pas peur de prendre des risques en proposant des vibrations diverses différentes. "Et c'est ce qu'il fait trois ans plus tard avec " Unchained Spirit ", où le Jamaïcain collabore avec Rancid, un groupe de punk américain, mais également avec Luciano ou Beres Hammond (le génialissime " Pull it Up "). Au début des années 2000, le Banton est au sommet de sa gloire. Même si son album suivant, " Friends For Life ", obtient moins de retentissement que les précédents, l'artiste fait le tour du monde grâce à ses classiques. Les concerts sont pleins et Buju n'est pas repu de succès. Il claque un énorme hit en 2006 en s'appropriant le Taxi Riddim de Sly et Robbie, une rythmique mythique des sound systems des années 1980. " Driver " raconte non sans humour les pérégrinations d'un chauffeur chargé de transporter de l'herbe pour un dealer. "Le reggae doit continuer à toucher les consciences avec ses messages d'élévation et ses prises de position." Gargamel plaisante en musique sur le trafic de drogue... Une histoire qui le rattrapera à peine trois ans plus tard. Entre-temps, plusieurs polémiques sur son homophobie ou l'héritage musical de Bob Marley qu'il dénonce le rattrapent et ternissent à nouveau son image. Buju Banton reste malgré tout optimiste." Je suis une âme optimiste qui cherche toujours à améliorer son état d'esprit, qui cherche à éclaircir des choses qui ont besoin de l'être. Tout le monde devrait être optimiste, cela vous rend meilleur dans la difficulté. Si vous vous bloquez alors que ça va mal, vous ne faites que vous enfermer ! "L'artiste a beau y mettre de la bonne volonté et présenter un nouvel album de belle facture, " Rasta Got Soul ", son avenir s'obscurcit à nouveau quand il est arrêté en 2009 pour trafic de cocaïne aux etEacute;tats-Unis. Poussé à la faute par un agent infiltré, il clame son innocence et bénéficie d'un club de soutien impressionnant fédéré autour du slogan " Free Buju ". La famille Marley, les Morgan Heritage et la quasi-totalité des artistes jamaïcains crient au scandale et ne veulent pas croire à la culpabilité de leur ami. Rien n'y fera. Buju sera reconnu coupable en 2011, après deux années de procédure pendant lesquelles il aura eu le temps d'enregistrer un court album au titre évocateur : " Before the Dawn " (ndlr : avant l'aube). etAgrave; la veille de son procès au verdict implacable (dix ans de prison ferme), l'opus est couronné d'un Grammy Award. Une façon de rendre hommage à un artiste entier, rebelle, et à son immense carrière qui s'arrête net." Je suis un rebelle. Un rebelle honorable, un rebelle avec une cause. Une cause sans équivoque : le reggae doit continuer à toucher les consciences avec ses messages d'élévation et ses prises de position. Le reggae doit être capable d'apporter la joie et un respect de la vie. Voilà où je veux amener le reggaeet c'est mon devoir, jour après jour ! "Le retour musical du Gargamel est désormais prévu en 2019... Il sort ce jour 8 décembre 2018 de prison et le monde du reggae l'attend avec impatience.
Source : reggae.fr | 2018-12-08 01:00:00.0