Jah Shaka

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae Dub
Site Officiel : Jah Shaka
Autres informations : Biographie

Actualité de Jah Shaka

Jah Massive est un sound system basé à Upsala en Suède et actif depuis 2004. Jah Massive c'est aussi un label que tout amateur de stepper mystique et méditatif se doit de connaître. Nous avons eu la chance de le rencontrer en juin dernier lors du So Good Festival pour un entretien aussi intéressant qu'agréable.Reggae.fr : Pour commencer, peux-tu te présenter au public français ?Jah Massive : Mon nom est Robin aka Jah Massive, je viens de Suède et j'ai monté mon sound system au début des années 2000, autour de 2004. Je suis en mission avec la musique de Jah, je voyage partout autour du monde pour la jouer.Parle-nous de ta découverte du reggae et de la culture sound system.J'écoutais du reggae bien avant de découvrir les sound systems. Des cousins à moi m'avaient donné beaucoup de cassettes avec des mix reggae donc c'est ce que j'écoutais ; j'avais douze ans et je suis né en 1981 donc c'était en 92 ou 93 et je n'ai découvert le sound system qu'en 1998, cinq ans plus tard. J'achetais déjà des vinyles et j'ai vu une affiche avec des haut-parleurs, mais je n'avais pas réalisé ce que c'était. J'avais aussi une K7 avec Jah Shaka, c'était l'enregistrement d'une session sound system, mais je ne le savais pas, je pensais que c'était un live band qui jouait un concert avec un chanteur incroyable, des échos et tout ; je n'avais jamais entendu de sélection avant parce que je ne connaissais pas les sound systems, personne ne m'en avait parlé. Et puis en 1998 un sound system s'est monté dans ma ville à Upsala, Meditative Soundsystem, c'était le premier et là je suis allé aux sessions, j'ai vu des box, j'ai vu ce qu'ils faisaient et j'ai compris quelle était ma mission. Je collectionnais et j'avais déjà beaucoup de disques que je jouais déjà très fort mais chez moi. Je ne connaissais rien au sound system et pourtant quelque part j'y étais déjà connecté, donc après ça je me suis lancé.Parle-nous de la culture reggae et sound system en Suède.La Suède a une culture reggae, nous avons des villes comme la mienne, Upsala, qui ont une réelle histoire avec le reggae avec le Upsala Reggae Festival, il y a des groupes de reggae qui viennent d'Upsala, et la culture sound system est arrivé en 1998, le premier sound system du pays était d'Upsala. Nous avons donc une petite culture reggae en Suède mais ça ne prend pas autant d'ampleur qu'ici en France ou dans d'autres parties de l'Europe.Les productions Jah Massive sont toujours reconnaissables, souvent très mystiques. Comment arrives-tu à garder cette originalité ?Premièrement, je ne veux pas faire les choses comme tout le monde donc je le fais de façon " old school ". Je joue tout sur des claviers, je n'utilise pas beaucoup de sons qui viennent d'ordinateurs, j'utilise seulement le logiciel pour enregistrer. Je peux utiliser l'ordinateur mais je veux garder l'originalité, j'ai mon son et personne ne peut le copier, il faudrait acheter exactement mon clavier et tout le reste pour avoir mon son. C'était comme ça avant, chaque sound était différent, chaque producteur sonnait différemment, c'était plus personnel, pas comme aujourd'hui où tout le monde peut avoir le même son parce que tout le monde utilise les mêmes machines. Avant c'était différent et j'essaye de rester sur cette voie, la voie originale, je pense que c'est la meilleure. Si tout le monde faisait cela, si chacun développait plus son propre style, trouvait sa propre voie je pense que cela pourrait être encore mieux. Car nous avons de très bons producteurs aujourd'hui, mais ils peuvent devenir ennuyeux quand ils font les mêmes choses que tout le monde, je pense que si toutes ces personnes talentueuses utilisaient des studios personnalisés, il y aurait plus de tunes complètement fous qui sortiraient.Une petite question toute simple qu'on adore poser : c'est quoi le dub ?Ma définition du dub ce serait une version plus instrumentale et plus spirituelle du reggae. Pour moi le dub n'est pas un truc techno ou un truc pour faire la fête, c'est spirituel. Quand tu vas vers le dubwise, tu rends un morceau reggae plus spirituel, plus profond, plus lourd, et puis tu mets des mélodies avec des fletucirc;tes etc. L'inspiration vient du fait qu'on ne copie jamais personne, je ne copie jamais personne je fais juste de la musique pour Jah Rastafari et c'est pour cela que ça sonne différemment. Je ne pense pas à King Alpha quand je produis, je ne pense pas à Nomadics ou à Daba Hifi, je pense à Rastafari. C'est cela qui rend mes sons différents des autres, il y a un esprit différent dans ma musique, tu peux sentir la puissance d'une manière différente. Tu ne vas pas te dire " j'ai déjà entendu ce son avant " ou " je connais ce style ", quand tu entends ma musique cela ne ressemble à rien d'autre, cela peut te rappeler la vibes old school mais ça ne sonne pas comme ce que les gens produisent généralement.Parle nous de ta relation avec Rastafari ?Etant jeune, j'ai grandi dans une éducation très religieuse, mon père est musulman, ma mère est une chrétienne très croyante, j'ai été dans une école chrétienne et j'étais très intrigué par Dieu, Jésus, Mohamed, ceci et cela. Tout cela était très confus pour moi. Qui avait raison ? Maman ou papa ? Je ne savais pas qui choisir . Et puis il y a eu ce morceau que j'ai entendu quand j'avais 12 ans du chanteur Iqulah, le morceau s'appelle Jah First et ça dit " girl I love you but I love Jah first " et ce morceau m'a tué parce que je me disais comment tu peux aimer Jah plus que ta petite amie ? J'étais jeune, je n'avais jamais eu de véritable petite amie. Ce morceau a été très puissant pour moi, j'ai ensuite découvert Jah, mon cousin m'a expliqué que cela venait de Jahovia pour faire la version courte ; et puis on m'a fait découvrir Sélassié mais je ne comprenais pas comment Dieu pouvait être un homme parce que j'ai été élevé comme un musulman ou un chrétien pour qui Dieu est quelque chose que tu ne peux pas toucher, quelque chose que tu ne peux voir, quelque chose d'invisible. Rastafari m'a donc sauvé de cette confusion entre ces dieux invisibles, Rastafari est réel, il est naturel, vous pouvez le voir, le sentir, vous pouvez lire et connaître la véritable histoire et pour moi s'il y a un Dieu, il est ce Dieu, Rastafari.Tu viens souvent jouer chez nous. Comment ressens-tu la vibe en France ?Super nice, ce que la France a d'un peu différent par rapport à d'autres pays c'est que les massives sont vraiment dans la musique, les sessions sont toujours pleines quand vous jouez en France, vous n'avez jamais 50 ou 100 personnes, vous avez 300, 500, des fois 1000 personnes. Donc cela fait une différence, vous avez une vraie réponse, vous le sentez, vous pouvez sentir les bonnes vibrations quand vous jouez ici. C'est ma 3 ou 4ème fois ici à Bordeaux, je suis allé jouer à Dijon, Lyon, à Toulouse, à Nantes, à Marseille... J'adore la France on y est très bien.As-tu des souvenirs particuliers en France ?Mon meilleur souvenir en France est sans doute en 2012 quand j'ai été invité à Dijon par Dubatriation Sound System, ils m'ont invité à venir de Suède avec mon Sound System. J'ai donc amené mon sound à Dijon et j 'y ai joué de 21h à 7h00 du matin non stop, pas de pause, mon meilleur souvenir, une session de 9h00 pure power avec ma sono au complet. Il devait y avoir 800 personnes, c'était la première fois de ma vie que je jouais devant ce genre de public, donc pour moi c'était une bénédiction de voyager depuis la Suède et de jouer là et que tant de personnes soient venus pour me supporter. On devait s'arrêter à 6h00 mais à chaque fois les gens criaient " last one, last one " alors on a continué pendant une heure. Cette session restera un grand souvenir, je ne l'oublierai jamais.Pour finir, as-tu un message pour les massives français ?Oui, j'ai été agréablement surpris il y a quelques semaines alors que j'étais à Toulouse, ils ont vraiment gardé une vibe originale là-bas. J'ai vu des sound systems old school, qui utilisent de l'analogique comme sur mon propre sound system, donc un gros big up à Toulouse ; et au reste de la France : regardez ce qu'ils font à Toulouse et écoutez leur vibe. Ce ne sont pas juste les sounds, musicalement ils produisent setucirc;rement la meilleure musique reggae en France, Riddim Activist, Conscious Embassy Studios, ce sont peut-être les studios les plus fous d'Europe.
Source : reggae.fr | 2019-12-10 01:00:00.0
Mr Zèbre est un dubmaker pas comme les autres que les amateurs de stepper commencent à bien connaître grâce à de nombreuses sorties vinyles. Un acteur de la scène dub française qu'on se devait de rencontrer...Reggae.fr : Pour commencer pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Reggae.fr ?Mr Zèbre : Je m'appelle Thibault, aka Mr Zèbre, je produis du dub depuis à peu prés 7-8 ans. Mon projet a commencé à l'étranger, j'ai vécu en Amérique Latine pendant 8 ans, 5 ans au Pérou et 3 ans au Mexique. Je faisais de la musique électronique avant. En fait le projet de Mr Zèbre existait dans un style musical complètement différent du dub avec des influences dub dans le traitement du son, mais le projet tel qu'il est aujourd'hui est né il y a 8 ans à Lima au Pérou où j'habitais à l'époque.Parle-nous de ton nom, Mr Zèbre, ça vient d'où ? Le projet électro que j'avais avant était un projet assez bordélique et expérimental. J'enregistrais pas mal de sons concrets, des frottements, des percussions, des ambiances, des sons urbains. Je mélangeais tout ça. Le côté un peu surréaliste et décalé du nom, l'association homme/animal, le côté totem me plaisaient bien par rapport à la musique que je faisais. Mais en soi ça n'a pas vraiment de sens très profond. J'ai gardé le nom après.Comme tu viens de nous le dire tu avais précédemment un projet beaucoup plus orienté électro, raconte-nous comment tu en es arrivé au dub ?J'écoute du dub depuis longtemps, depuis plus d'une quinzaine d'années. J'ai eu comme pas mal de gens en France une premiere grosse claque en écoutant Iration Steppas en session, c'était un live-mix avec Dennis Rootical. Avant ça j'écoutais du Lee Perry, du King Tubby, des choses plus anciennes et plus classiques et aussi du High Tone, Zenzile... Quand j'habitais au Pérou, avec deux amis on a ouvert un bar musical pendant un moment, et on faisait jouer pas mal de gens de la scène péruvienne là-bas. J'ai rencontré un pote argentin, DJ Rastacore. Il organisait des soirées appelées Reggae to Drum et Bass où comme le nom l'indique plein de styles issus de la musique jamaïcaine se croisaient : reggae, dub, ska, hip-hop, dubstep... Il y a eu beaucoup de soirées, c'était une sacré époque ! Il y a eu aussi la rencontre là-bas avec un pote qui s'appelle Jaime Léon de Lima Sound System, qui maintenant a un sound system avec 6 scoops. Je lui ai fait découvrir quelques trucs de UK dub plus contemporains, lui écoutais pas mal de reggae. Il a commencé à ramener des artistes européens au Pérou dont le premier était Mad Professor, en 2010 je crois. Et la première fois qu'il a ramené Mad Professor, il a organisé un workshop, et c'est là que je me suis dit qu'il fallait vraiment faire ça. Le mixage live à la console, c'est quelque chose que je trouve vraiment génial, c'est une musique qui m'a toujours attiré, à la fois esthétiquement et techniquement. De mon coté j'ai ramené Weeding Dub avec les Fu-Steps et O.B.F au Pérou, et avec d'autres potes on a ramené Channel One à Lima. Quelques années plus tard, quand j'habitais au Mexique on a créé un festival avec d'autres amis là-bas : le Dub Experience où on a ramené Vibronics, O.B.F, Blackboard Jungle, Jah Shaka... C'est un peu l'ensemble de tout ça qui m'a influencé pour faire de la musiqueEn parlant technique, il paraît que tu ne fais plus de live dub en session, peux-tu nous dire pourquoi ? C'est pas évident de faire un live-mix sur console et de jouer sur sound system. C'est parfois plus facile sur un système son classique que sur un sound. Avec un sound system, tu peux toujours avoir une petit souci, ça fait partie du délire, mais à la console tu peux avoir d'autres pépins. D'autre part, préparer un live ça prend du temps et je préfère passer plus de temps à produire de la musique en studio et à faire de la sélection. Le live-mix ça demande aussi d'avoir " la tête dans la console ", tu crées un mix unique mais ça demande une sacrée concentration. Tu as moins de temps pour interagir avec les gens, gérer ta sélection... Et puis jouer sur pré-ampli c'est le pied, chercher le rendement maximum de ce que ton morceau peut donner diffusé sur sound system. Je préfère aussi largement jouer au niveau des gens en sound que sur scène. Mais je pense que je referais un live un de ces jours.Justement, parle-nous de ce rapport direct qu'il y a avec le public dans le sound system. Est-ce que des fois il t'arrive d'être surpris des réactions quand tu joues un morceau pour la première fois par exemple ?Oui c'est ça qui est cool dans le sound system : c'est un peu un laboratoire. Il m'arrive de mixer un titre dans le train quand je me rends sur une date et de le jouer le soir-même. Des fois ça fonctionne, d'autres fois non. Je trouve ça intéressant, tu pensais que ton tune était un killer et ça marche moins bien que prévu, parfois c'est l'inverse ! Un des avantages avec le sound system c'est la proximité avec les gens et le fait que tu puisses tester un morceau que tu as mixé la veille. Quand on a ramené Weeding Dub en live au Pérou, il a joué dans un grand festival qui s'appelle le Selvamonos avec qui je collaborais. Il avait fait une super introduction, un truc génial qu'il avait mixé au casque sur ordi je crois. Il y a ce coté rapide entre ce que tu produis et ce que tu peux diffuser, c'est hyper vivant. Après, tout dépend bien setucirc;r des morceaux que tu fais, plus instrumentaux ou avec des moyens électroniques.Tes prods sont jouées par beaucoup de monde. Jah Shaka a même inclus ton Yamasee War à sa sélection, qu'est-ce que ça te fait quand tu apprends ça ?etCcedil;a fait plaisir bien setucirc;r. On a été bien surpris avec Peah de Rootical Attack : " ce morceau là Shaka l'a joué ?! " je ne pensais pas que Shaka puisse jouer ce type de morceau. On l'avait invité avec des potes au Mexique en 2017, il a joué le Yamasee War en pre-last tune. etCcedil;a faisait d'autant plus plaisir qu'on avait mis du temps à organiser l'évènement et que ça avait bien marché, c'était la premiere fois que Shaka venait au Mexique. Une des choses les plus intéressantes dans cette scène dub/sound system ce sont les croisements entre les gens et la musique de pays complètement différents : ce morceau à été fait au Mexique, pressé par Rootical Attack en France, puis retour au Mexique en étant joué par Jah Shaka. Le projet dub de Mr Zèbre a commencé à Lima et Mexico mais ça s'est fait connaître un peu via des sorties vinyles et digitales sur des labels européens. Même en n'étant pas en France, le projet a fait son chemin et ça fait plaisir. Je suis rentré vivre en France en 2017.Pour finir est-ce qu'il y a des projets qui arrivent bientôt et dont tu peux déjà nous parler ?J'ai une release prévue sur Emana Sound, un morceau avec Lotta des Fu-Steps et Guru au sax. Je commence aussi à préparer le prochain album.
Source : reggae.fr | 2019-11-29 01:00:00.0
Sound systems, selectors, chanteurs, deejays, artistes français, jamaïcains, anglais, européens et africains, conférences, réflexions, scénographie léchée... Le Dub Camp a la panoplie complète du festival parfait pour les véritables passionnés de reggae, dub et dérivés du genre. Toujours en quête de renouvellement, l'équipe de l'association Get Up! parvient à surprendre les festivaliers chaque année malgré une direction artistique concentrée sur la culture sound system. Adrien et Morgane y étaient pour vous au mois de juillet dernier. Ils vous font vivre leur Dub Camp à eux... Day 1 Comme tous les dub addicts de France et d'Europe, cela faisait des semaines que l'on trépignait d'impatience à l'idée de refouler les prés de Joué sur Erdre. En à peine cinq ans d'existence, le Dub Camp a su s'imposer / tant par la programmation que par l'ambiance qui y règne / comme LE festival de référence pour les amateurs de sound systems reggae / dub. Cette sixième édition du Dub Camp débute par une " Opening Session " sonorisée par le Sir Round Sound de King Shiloh installée au beau milieu du camping du festival.Il est 16h, le soleil frappe encore fort et beaucoup de festivaliers sont toujours en train de monter leurs tentes quand le Sir Round Sound se fait entendre. Ce sont les Ethiopiens The Shashemane Soldiaz qui ouvrent les hostilités, représentés par Teddy Dan et Ras Ibi ; ils seront épaulés par Bredda Neil derrière la tour de contrôle. etCcedil;a commence très roots avec des titres comme le Rise et Shine de Bunny Wailer ou le Conquering Lion de Yabby You et les deux MCs éthiopiens sont là pour reprendre les versions. L'ambiance monte et les skankers sont de plus en plus nombreux à se masser autour de la sono à 360etdeg; ; Bredda Neil décide de nous offrir le Roar Like a Lion pour finir cette première sélection, ça commence bien !C'est au tour de Vibronics de se mettre aux platines, accompagné de sa compatriote Nia Songbird et de l'Allemande Saralène. Deux chanteuses que l'on avait pu entendre sur l'album Woman on a Mission dont on entendra beaucoup d'extraits au cours de cette session au milieu d'autres classiques de Vibronics comme Searching for Jah ou R.A.S.T.A.F.A.R.I.On retrouve ensuite Dougie Wardrop de Conscious Sounds avec Donovan Kingjay et Barry Isaac qui nous offriront un set purement UK où ils seront rejoints par Ras Divarius et son violon sur fond de coucher de soleil au dessus du lac de Vioreau. Puis le vétéran Pablo Gad (backé par Irie Ites) nous montrera qu'il est toujours en forme, en enchaînant les tubes comme Don't Push Jah ou Hard Times.C'est King Shiloh qui conclut cette première soirée et il démarre avec un recut du Them Belly Full de Bob Marley avant de nous offrir une longue séquence de roots. Bredda Neil fait monter l'ambiance d'un cran avec quelques gros steppers comme l'énorme Open the Borders de Speng Bond avant d'entraîner tout le monde dans une danse folle avec son inévitable last tune, le Mamaliga Remix, un dubplate que tout le monde a encore dans la tête au moment de rentrer sous sa tente. Day 2 Deuxième jour, il est temps de découvrir le site du festival et ses 3 chapiteaux ; on commence par aller faire un tour à la Jukebox Arena, une cour caribéenne installée en plein milieu du festival. On peut s'y poser en admirant les affiches de soirées et de labels mythiques qui décorent les murs en écoutant la sono de NOFA reliée à un véritable jukebox rempli de classiques que tout festivalier peut activer à sa guise. On va voir ce qu'il se passe sous la Sound Meeting Arena où, comme tous les ans, trois crews viendront chacun avec leur sound system pour sonoriser le chapiteau. Les Iration Steppas sont déjà en train de balancer des gros steppers, trop tôt pour nous, on décide de prendre la route de l'Outernational Arena pour aller découvrir la nouvelle sono de Jah Militant. Et on n'est pas déçus ! Les Allemandes de Roots Daughters sont en train de mettre l'ambiance avec une sélection assez roots, très pointue et dans laquelle on entendra beaucoup de voix féminines.On fait ensuite une petite promenade entre le digital de Legal Shot sous le Dub Club et le gros roots des Roots Workers sous le (toujours aussi agréable) Uplift Corner avant de revenir sous l'Outernational, et on doit vous avouer qu'on va un peu rester bloqués sous ce chapiteau pour le reste de cette soirée. Ce sont d'abord les Italiens de Moa Anbessa qui nous régalent avec une sélection toujours aussi efficace. His Foundation, Step it Up, Jah Jah a di Best... que des big tunes. Weeda, le selecta de Jah Militant reprend la main pour nous amener dans une de ces danses rootikal dont il a le secret et où il est rejoint par Afrikan Simba qui prend le micro sur les versions. Une danse que l'on savoure jusqu'au dernier tune : le Warrior de Jah Massive qui offrira à Aba Shanti I un public chauffé à bloc.La légende des sound systems UK se met aux platines pour une session " 90's revival " de quatre heures, autant vous dire que ça va encore être difficile pour nous de bouger de ce chapiteau. On arrivera quand même à s'en échapper pour aller déguster quelques instants la voix de velours de Samory I sur la sono de Legal Shot ; et le temps d'un petit tour devant le dub fi dub entre Kiraden, Iration Steppas et Indica Dub histoire de se défouler un peu dans cette arène où l'ambiance est au stepper UK warrior style.Mais comme on vous le disait, on a passé une bonne partie de cette fin de soirée devant Aba Shanti et sa sélection old school durant laquelle il prendra beaucoup la parole nous expliquant la création et l'histoire de quasiment chaque morceau. On y entendra beaucoup de dubplates et de productions d'Aba comme par exemple le Positive Vibration, mais aussi des titres qui nous ramènent au dub des années 90 avec une grosse touche de Disciples. Ce soir encore, le retour à notre tente se fera plein de bonnes vibes. Day 3 En ce troisième jour où la fatigue commence à se faire sentir, on arrive sous la Sound Meeting Arena alors que les Young Veterans jouent des gros roots, rejoints par l'infatigable Ras Divarius venu poser ses notes de violon sur les versions ; ce soir les Allemands partageront le chapiteau avec Hytal Bosrah et Young Warrior. Les Dubkasm sont en train de se faire plaisir sur les 3x3 scoops du Wandem Sound System posés sous la Dub Club Arena, ils vont retourner le chapiteau avec leur Victory, rejoué en live au saxo par Digistep avant de balancer un remix énorme d'Africa, extrait de la récente collaboration entre OBF et Nazamba.Viendront ensuite deux sessions très attendues sous ce même Dub Club : Sip a Cup et Dub Judah. C'est d'abord Gussie P qui se met aux machines (seul, en l'absence d'Errol Bellot) pour un danse très roots et pleine de bonnes vibes où les classiques vont pleuvoir. Avant que le prochain set ne démarre, un bénévole prend la parole pour réclamer une minute de silence en l'honneur de Steve, victime des violences policières lors de la dernière fête de la musique à Nantes.C'est donc au tour de Dub Judah de démarrer sa sélection et à voir le " public " massé derrière l'artiste pour profiter du spectacle, on sent qu'il va se passer quelque chose (Aba Shanti, Mark Iration et Denis Rootikal, Dub Kazman, les Dubkasm, ils sont tous là ...). Et Dub Judah ne va pas les décevoir en proposant un set d'anthologie où il assure, comme à son habitude, la sélection, le live mix, la basse et le chant avec un sourire toujours aussi communicatif. Il sera rejoint par de nombreux artistes sur les versions : Afrikan Simba prendra le micro, Digistep y ira de ses airs de saxo et Fransax nous offrira une improvisation psychédélique à la fletucirc;te tibétaine.Après un rapide tour devant le dub 3000 d'Ist3p, le reste de notre soirée se passera entre le Sound Meeting et le Dub Club où le Wandem Sound System offrira une danse intense aux skankers, entre sélections pointues et dubplates dubbés à souhait. Tout ça avec une grosse touche de live music grâce à sa section cuivres (la Hornsmen Section), avec une mention spéciale pour l'un de ses membres, Fransax (ex Improvisators Dub) aussi à l'aise au saxo qu'à la fletucirc;te ou au coquillage et qui offrira même un moment de méditation mémorable avec son morceau au sitar.Sous le chap' Sound Meeting, l'heure est au stepper, Young Warrior, Hytal Bosrah et Young Veterans jouent maintenant un morceau chacun et l'ambiance est mystique. Le dernier tour arrive vite et ce sont les Allemands qui entament avec un gros recut du Them Belly Full de Marley, le fils de Jah Shaka y répond avec un énorme dubplate 100% instrumental qui fera chavirer tout le chapiteau avant qu'Hytal Bosrah ne clôture cette soirée avec le Blessings d'Izyah Davis sur une production Maasai Warrior. Day 4 Ce dernier jour s'ouvre comme l'an dernier sur des sessions acoustiques. MOJA sous la Sound Meeting Arena, Tom Spirals sous le Dub Club, mais c'est vers l'Outernational Arena que nous allons nous diriger afin de profiter des derniers morceaux du superbe mini concert de Nai Jah (il est à peine 13h). On prend ensuite la route du Sound Meeting où Mikey Dread fait tourner quelques galettes bien roots tout en continuant à s'installer pour cette longe session (Channel One va en effet jouer de 13h30 à 22h00 !).Ne voulant surtout pas rater la prestation d'Amoul Bayi sur la puissante sono d'Indy Boca, on retourne vers l'Outernational Arena où le crew sénégalais ne vas pas nous décevoir avec des tunes comme It's Over (delivré en live par Saah Karim), ou encore une future sortie de Daba Makourejah que l'on attend désormais avec impatience. Fabyah Forward, le selecta, surprendra tout le monde en balançant La Caraïbe de Yaniss Odua dont le riddim sera repris par la sublime voix de Saah Karim.On essaiera ensuite de se frayer un chemin à travers la foule qui s'est massée sous le Dub Club afin d'aller prendre notre dose de dub a dub devant les Stand High avant de retourner au Sound Meeting où nous allons laisser les Channel One nous faire voyager à Notting Hill pour le reste de la soirée. Le crew anglais nous offre une danse à laquelle personne ne pourra résister (on a même vu un agent de sécurité se laisser aller à sauter dans tous les sens), tellement intense que tout le monde semble surpris quand Ras Kayleb annonce l'heure du last tune et se met à saluer le public. Fausse alerte, ceux qui étaient déjà sur le chemin de leurs tentes font demi-tour aux premières notes du Soldier March de Keety Roots que Mikey Dread décide de balancer en guise de very last tune ; le genre de morceau qui vous fait oublier les courbatures et le manque de sommeil. La soirée se prolongera jusqu'à 1h00 du matin au camping avec un meeting entre Prayazen et Stepper Allianz sous la Rootsman Corner Arena.Encore une édition du Dub Camp dont les skankers rentreront avec des bons souvenirs plein la tête qu'ils se raconteront jusqu'à la prochaine, tout comme nous. Avec une programmation tellement riche qu'on a même pas pu vous parler de tous les artistes présents ou de toutes les conférences qui se sont tenues et une ambiance toujours aussi bonne, le Dub Camp réussit une fois de plus son pari d'être LE rendez-vous dub à ne pas rater. Merci Get Up! et à l'année prochaine !
Source : reggae.fr | 2019-09-18 02:00:00.0
Mr Zèbre est un de ces producteurs dont on entend de plus en plus parler dans le milieu dub avec des dizaines de sorties vinyles comme par exemple le Yamasee War (pressé sur le label Rootikal Attack Records), régulièrement joué par Jah Shaka. Pour son nouveau projet, le dubmaker s'est entouré de Ras Mykha, chanteur bien connu des amateurs de sound system qui, en plus d'assurer le chant, s'est aussi occupé de l'artwork de Welcome Ina Di Dance, un LP récemment pressé sur le label Patate Records.Un LP qui commence avec The King, un dub bien mystique aux basses gargantuesques et aux cuivres vrombissants sur lequel le MC délivre son message rasta, parfaite introduction à l'univers dans lequel vont nous promener Mr Zèbre et Ras Mykha tout au long de cet opus. Le tune est - comme tous les autres - suivi d'une version (The King Dub) dubbée à souhait et truffée d'effets en tous genres. On découvre ensuite The Lighter, un gros stepper de warrior taillé pour faire danser en sound system, puis Truth and Right, un dub plus tranquille et très méditatif aux basses toujours aussi surdimensionnées sur lequel le flow de Ras Mykha fait encore mouche.On change de face et les big tunes continuent de pleuvoir à commencer par Red Eyes et son riddim inna warrior style, stepper sombre et entraînant aux sonorités électroniques que va retourner Ras Mykha de son flow tranchant ; ou encore Welcome, un morceau tout aussi orienté stepper que le précédent dont la version est reprise par le mélodica de Noefree. Deux titres qui devraient à coup setucirc;r faire skanker dans les sounds cet été. C'est enfin Be Wise qui conclut cet essai en parfait générique de fin où les notes de clavier viennent répondre au chant de Ras Mykha.Welcome Ina Di Dance, un LP plus que réussi et clairement destiné aux amateurs de stepper UK où Mr Zèbre propose à Ras Mykha des riddims taillés sur mesure, toujours aussi soignés et efficaces ; mais devait-on attendre moins de la part d'un tel duo ?Tracklist :A1 : The King A2 : The King Dub A3 : The LighterA4 : The Dub Lighter A5 : Truth and RightA6 : Truth and Dub B1 : Red EyesB2 : Red Eyes DubB3 : WelcomeB4 : Welcome From Melodica Ft NoefreeB5 : Be WiseB6 : Wise Dub
Source : reggae.fr | 2019-06-27 02:00:00.0
Jah Militant porte bien son nom. Fervent défenseur des valeurs véhiculées par le reggae, le sound system montpelliérain n'a jamais lâché l'affaire depuis plus de 20 ans. Ses sélections roots et dub en ont conquis plus d'un de par leur originalité et leur spiritualité. Malgré une baisse d'activité il y a quelques temps, Jah Militant est plus que jamais de retour. Le crew posera sa sono complète au prochain Dub Camp et nous prépare de nouvelles sorties sur ses labels Jah Militant Records et Back Inna Days Records en 2019 - il vient d'ailleurs de sortir le très beau Hosanna avec Brother Dan au micro. Rencontre avec Weeda, fondateur et propriétaire du célèbre sound system qui n'a en rien perdu de sa détermination à divertir les gens tout en les éduquant sans jamais donner de leçon. La vraie définition d'un Dub Ambassador !Reggae.fr : Pour commencer pourrais-tu nous présenter le projet Jah Militant ?Weeda : Je m'appelle Weeda et je fais tourner le sound system Jah Militant. J'ai fait ma première danse en aoetucirc;t 1998 à l'espace Masséna à Paris, une des salles que les anciens connaissent bien, parce que c'est un lieu où il y avait beaucoup de danses reggae à l'époque. J'ai commencé en jouant surtout du new roots. Et puis les cassettes de Shaka et de différents sounds anglais et jamaïcains ont aidé à ce que mon éducation musicale s'affine un peu et que ma sélection s'oriente vers le roots et culture. etCcedil;a a donc fait 20 ans cet été que je parcours la France et l'Europe pour jouer reggae music. C'est la culture Rastafari qui m'a amené à découvrir le reggae. J'ai rencontré des anciens du mouvement et une association rasta parisienne (Shaka Knotty) puis par la suite j'ai été guidé par un Ras qui s'appelle Dread Nah Fall et qui avait un sound system du nom de King Selassie I Sound. Je lui dois beaucoup ainsi qu'à un ami, Ras Scara B, qui avait un sound system à Paris qui s'appelait Foundation Sound System, il m'a beaucoup apporté musicalement. Ras Nah Fall faisait aussi partie d'une autre asso qui s'appelait Rasta Fusion et dont faisaient partie entre autres Bruno Blum, Sista Blunty, Ras Letef et d'autres anciens. Pour moi reggae music et sound system, c'est la possibilité de transmettre le message de Rastafari et ses enseignements à travers la musique. On parle de "word sound and power", c'est-à-dire de la puissance du verbe par le son, c'est ce que j'essaye humblement de retranscrire : répandre un message d'unité, de justice et d'égalité autour d'une conscience commune. On a des anciens comme Tonton David qui nous disait " une musique consciente pour une jeunesse intelligente ", je considère qu'on peut être sérieux et conscient, aborder et développer des thèmes importants et se divertir en même temps. C'est ce que j'essaye de répandre avec Jah Militant. Une musique consciente pour une jeunesse intelligente, une jeunesse qui prend conscience du monde dans lequel elle vit et des combats importants qu'on doit mener parce que c'est à notre génération de changer les choses. C'est pour ca que le sound system s'appelle Jah Militant : militant pour faire connaître Rastafari et ses enseignements et militant pour les droits, l'égalité pour tous et la justice dans cette société oppressante qu'est Babylone.Comment définirais-tu le sens que tu donnes à tes sélections ?Ce que je joue c'est roots et culture, racines et culture... comment dire... En fait je joue beaucoup de styles dans le reggae et pas que du dub malgré le fait que je produise uniquement ce style avec mon label. Je reste très attaché à la musique jamaïcaine, au roots. Nous sommes dans un monde trouble, on a besoin de plus de paix, de plus d'amour, de plus d'unité entre les peuples. Mais pas n'importe comment, pas de l'amour et de l'unité sans droiture, sans conscience. C'est très compliqué à expliquer mais il faut beaucoup de cohérence dans ce que l'on fait et ça c'est important pour moi. C'est-à-dire que l'idée n'est pas de donner des leçons mais d'essayer de mettre en avant un chemin qui nous paraît juste et conscient dans le système à l'envers dans lequel on vit. La musique me sert de vecteur, je ne veux pas jouer des sons slackness, des choses qui ne sont pas conscientes, et où effectivement n'est mis en avant que la fête et le divertissement et pas l'élévation spirituelle. Le reggae music pour moi c'est ça : un message conscient en premier lieu. Le message est dans la musique et la musique est dans le message. Un rastaman transmet des vibrations. En jouant la musique il essaye de faire partager une onde, une fréquence. Cette vibration n'est pas obligatoirement lyrique, elle peut être aussi musicale. Je ne joue pas de dubs à 190 BPM, le rythme doit être perceptible. La force d'un sélecteur c'est de réussir à faire varier la vibration et le rythme pour que ça reste quelque chose qui te touche. Ni trop rapide et énervé, ni trop lent. Errol Dunkley chantait : " every man do his thing a little way different ", chacun fait les choses à sa manière, et je ne juge personne, je réfléchis au pouvoir du verbe et au pouvoir du son pour que ceux-ci soient bénéfiques à chacun dans la danse. J'essaye d'amener une progression positive, quelque chose qui va toucher les gens pour qu'à la fin de la soirée on se soit diverti mais surtout qu'on soit capable de réfléchir et de se poser les questions qui nous feront avancer, ça c'est quelque chose qui me parle. Cette musique-là peut aider à avancer mieux tous les jours, face aux obstacles que l'on rencontre ici-bas.Que représente Rastafari pour toi ?Pour moi Rastafari c'est une doctrine du coeur, c'est une culture, une tradition et une éducation mais c'est surtout la connaissance des enseignements et l'amour de Sa Majesté l'Empereur Haïlé Sélassié. Sa Majesté parle de moralité internationale, de sécurité collective, de tellement de sujets cruciaux, ce sont des choses qui sont fondamentales. Sélassié est le descendant de Salomon en Ethiopie, le berceau de la création. Il est le Roi des Rois et la lumière de ce monde. Cela me parle, plus que de boire ou pas de l'alcool et de manger ou pas de la viande, ça c'est une histoire de livity et cela regarde chacun. J'aime Sélassié profondément, sa sagesse et ses enseignements m'aident au quotidien à avancer, à me rapprocher du bien.Jah Militant c'est aussi un label, comment en arrive-t-on à la production, est-ce que ça vient naturellement ?Je ne suis pas musicien, je suis un soundman. J'écoute cette musique depuis quelques années maintenant et cela m'a forgé une oreille, un style. Grâce au sound system j'ai accès à des dubplates, à des morceaux exclusifs, à des musiciens qui travaillent de leur coté et qui ne sont pas toujours mis sur le devant de la scène, le but est donc de faire découvrir ces morceaux au plus grand nombre. Si les gens apprécient le style musical que je développe, je me suis dit qu'il serait bien aussi qu'ils puissent avoir cette touche-là chez eux, en gardant toujours cette optique vinyle. C'est venu petit à petit, j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer des artistes et musiciens avec qui j'ai eu de bonnes vibrations et dont la musique m'a touché, ce qui m'a amené à lancer le label. J'achète donc des licences à des musiciens ou à des artistes pour présenter leur musique au plus grand nombre, c'est pour ca que tu ne verras jamais Jah Militant faire des polyvinyles en série de 30 copies vendues à 40 ou 50 euros, parce que mon but est de toucher le plus grand nombre et pas de produire de la musique pour un petit nombre qui peut financièrement se le permettre. La musique est à mon sens un partage pas un truc élitiste. Le label est un moyen d'être accessible à ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou venir en sound system et qui peuvent alors ressentir des bonnes vibrations chez eux avec ces morceaux.Au niveau supports, tu vas préférer jouer quoi et pourquoi ?Je joue essentiellement des vinyles. Même mes dubplates, je les grave la plupart du temps sur vinyle. J'aime ce support qui fait partie de mon histoire, une tradition que j'essaye de conserver. Il faut aussi comprendre qu'il y a beaucoup de gens qui jouent CD parce que graver des dubplates ou même acheter des vinyles a un coetucirc;t, que la vie est parfois compliquée et tout le monde ne peut pas se permettre d'aller graver des vinyles ou même d'en acheter. D'autant plus quand on voit maintenant l'envolée ahurissante du prix des vinyles. Il y a 20 ans on achetait des morceaux pour rien et ceux-ci coetucirc;tent aujourd'hui des centaines d'euros ! Néanmoins je mène ma barque comme cela, je reste plus attiré par le vinyle. Pour le label également, je ne sors pas de CD, de mixtapes ou autres, je produirais toujours sur vinyle. Pour être franc, ça ne fait qu'un an que j'ai un Bandcamp. J'ai mis quasiment 10 ans à me mettre à la release digitale, parce qu'il faut aussi suivre l'époque dans laquelle on vit, comprendre qu'il y a des gens qui n'ont pas de platine chez eux. Et comme je souhaite partager cette musique avec le plus grand nombre, je suis obligé de m'y mettre.etlt;a href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna" mce_href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna"etgt;Brother Dan - Hosanna by Jah Massive meets Brother Danetlt;/aetgt;As-tu une autre activité à côté de la musique ?Oui, j'ai toujours travaillé à côté. Depuis 5 ans, j'ai monté une ferme en agriculture biologique avec ma compagne. Nous faisons des légumes bios, on va un petit peu plus loin que le bio d'ailleurs parce que le bio permet entre autres certains ajouts qui ne nous plaisent pas (souffre, cuivre, oxydes de fer, etc). Nous faisons une agriculture i-tal, naturelle, nous n'utilisons que des décoctions de plantes, du purin et des eaux florales. J'ai toujours eu une activité à coté de la musique parce que j'ai besoin de ça, besoin de croiser d'autres choses dans ma vie. Et soyons francs, je ne connais que très peu de gens qui en vivent, c'est un vrai combat d'en vivre et je respecte beaucoup ceux qui y arrivent car cela demande une totale dévotion, un grand talent et beaucoup de courage.Comme tu nous le disais précédemment tu es actif depuis 1998, quelles évolutions as-tu vues dans le milieu sound system depuis toutes ces années et qu'en penses-tu ?Je ne suis pas là depuis si longtemps comparé à certains. Mais j'ai vu l'arrivée massive du stepper, j'ai vu le développement de ce qu'on appelle le dub 3000, j'ai vu l'évolution des danses qui à la base étaient quand même très portées sur Rasta et qui le sont de moins en moins. J'ai vu le développement des home studios, d'internet et le déclin des shops. A l'époque je me rappelle dans les premières années, il y avait un vendeur en Angleterre qui s'appellait Tradition Hi Fi ; il nous envoyait des listes de disques à vendre sur papier, on l'appelait et on lui envoyait une lettre avec un chèque ou des livres dedans et puis il nous envoyait le disque ; et il fallait connaître le disque parce qu'il n'y avait pas Discogs et Youtube pour aller écouter ! Je n'ai pas vraiment de jugement en fait, ni en bien ni en mal et je n'ai pas envie de rentrer dans des débats stériles. Les choses avancent, changent, l'ordre social aussi. J'ai vu le développement des danses aussi, avant pour voir Aba Shanti ou Jah Shaka il fallait aller en Angleterre, aujourd'hui ils passent 10 fois par an en France et c'est plutôt bien pour nous tous. C'est bien parce que cela a ouvert reggae music à des gens pas forcément issus du milieu, cela a développé une audience plus large. Reggae music a beaucoup influencé la société et surtout les autres styles musicaux, par exemple les sound systems techno se sont clairement inspirés de ceux en Jamaïque, idem pour la cumbia en Colombie. Musicalement, beaucoup de styles musicaux se sont inspirés du reggae. Par exemple, le morceau de Coolio, Gangsta's Paradise, sorti en 1995, et qui fut un hit hip-hop énorme à l'époque, et bien l'original s'appelle Pastime Paradise du groupe Swingin' Stars sorti en 1977, c'est un morceau reggae à l'origine (ndlr : ce morceau des Swingin' Stars est lui-même une reprise d'un titre de Stevie Wonder.)Et au niveau du public dans les soirées, ressens-tu aussi un changement ? Bien setucirc;r, les choses changent et je ne suis pas là pour dire si cela est bien ou mal. Chacun sait l'heure qu'il est et où se situent le bien ou le mal. Chacun est conscient de sa livity et de ce qu'elle engendre. Ce qui est setucirc;r c'est qu'à mes débuts fin 90 début 2000, à Paris ou ailleurs, si tu venais avec ta bouteille de whisky-coca et que tu mettais la tête dans les caissons je t'assure que les frangins te faisaient comprendre quel comportement adopter dans une danse ou en dehors ! En fait, j'ai l'impression qu'avant, on venait chercher une conscience dans les danses, un ralliement autour de thèmes sérieux qui nous donnaient de l'espoir et de la force par rapport aux tribulations et aux aberrations que l'on vivait dans la semaine, cela nous portait jusqu'à la prochaine danse, jusqu'à la prochaine rencontre avec nos frères et soeurs. Il me semble que la donne a changé aujourd'hui, que c'est le contraire, avec le jeune public surtout, qui pour échapper aux tribulations de la semaine vient se mettre " une mine " dans les danses le week-end. Signe des temps ? Je ne sais pas et en même temps je ne souhaite vraiment pas faire d'amalgame ou pointer du doigt qui que ce soit. Il faut avoir du discernement, c'est un sujet complexe et vraiment le but est d'aller vers un meilleur futur pour nous tous ; rastaman a depuis longtemps les clés pour cela !Une question toute simple mais qui pourrait alimenter des débats pendant des heures : c'est quoi le dub ?Le dub des années 70 ou le dub d'aujourd'hui, de quoi on parle ? Le dub si on parle de tradition c'est une version instrumentale donc sans paroles avec des effets pour créer un nouveau morceau, un morceau different en fait. Le dub d'aujourd'hui, le steppa ou le UK dub, c'est une musique souvent faite par ordinateur ou séquencée par ordinateur, avec des BPM qui sont plus rapides. Le dub dans tout les cas pour moi c'est aussi et surtout une musique spirituelle. Une vibration puissante.Pour finir est-ce qu'il y a des projets qui vont arriver ?Beaucoup de travail avec le label pour de nouvelles productions. Je vais régulièrement en studio pour faire des arrangements avec des musiciens et des mixes pour les prochaines sorties. Je travaille en ce moment avec des gens comme Jah Massive, Coco Rootikal Temple, Bro Ishai, Ranking Fox et Simon Nyabin, Khayo Benyameen, Boris Reality ou encore Zulu Vibes pour ne citer qu'eux. Plein de projets dans les tuyaux et toujours en vinyle bien setucirc;r. Généralement je presse entre deux et quatre releases par an suivant les délais de la presse. Au niveau du sound system, j'ai la chance d'avoir beaucoup de dates avec ou sans la sono, que ce soit en France ou en Europe. Je serai présent au Dub Camp notamment cet été avec la sono complète pour recevoir Moa Anbessa et Aba Shanti I. Beaucoup de bonheur et de chance de pouvoir avancer sur cette route grâce au Tout Puissant qui me donne la force et l'inspiration.
Source : reggae.fr | 2019-04-08 02:00:00.0
Nous vous avions présenté dernièrement les soirées Sundub, rassemblements du dimanche en terres bordelaises. Nous faisons à nouveau " quelques " kilomètres pour vous faire découvrir l'ambiance des chaleureux Dubmingo au coeur de la capitale espagnole.Cet événement est devenu un immanquable des adaptes madrilènes de dub sessions. Au point de leur faire rebaptiser le nom du club Rock Palace en Roots Palace. Organisés depuis 2015 par Gudaridub, nom bien connu de la communauté sound system culture ibérique pour ses multiples passages au Rototom ainsi qu'à l'emblématique IDG au mois d'avril et son label Gudaridud Records, les Dubmingo sont avant tout des évènements dédiés à diffuser les productions internationales en invitant à chaque édition des noms emblématiques tout en appuyant aussi les nouveaux projets. C'est cette dimension conviviale dans un club assez petit et cosy qui permet le partage entre grands noms et artistes de Madrid ou d'ailleurs. Débutants, passionnés, artistes déjà en place, tous sont les bienvenus pour proposer le temps d'un set leur univers et leurs meilleures sélections. Depuis ses débuts, la Dubmingo family ne cesse de croître et de faire des rencontres. L'aventure débuta non loin du club actuel dans le quartier multiculturel, coloré et populaire de Lavapies aux côtés de Jah Vibes, Ras Jahgec, Roots Creator, les locaux madrilènes Nu School Steppas et Mas Jahma Sound ou bien encore Irie Papo. De la partie : des Espagnols tels que Burian Fyah, Cherry Dub, Iseo et Dodosound, Chronic Sound, Afrikan Warriors et The Emeterians mais aussi des invités de marque venus d'ailleurs comme les Portugais Real Rockers, Warriors Of Dub from Argentina, DJ Vadim ou Kai Wadada de la Wadada Sound System Family tout droit venu des îles grecques. Et enfin sur les dernières éditions les Ital Roots et Equal Brothers.Nous étions donc à Madrid le 17 février dernier pour la 75ème édition des Dubmingos. Ouverture des portes dès 17H avec encore les derniers préparatifs, réglages et où une ambiance de fin de journée dominicale se fait sentir. C'est davantage sur les coups de 20H que Gudaridub se met réellement en place avec le morceau de Prince David Evil Fe Burn et propose des tunes de plus en plus dansants pour réchauffer la foule qui s'agrandit peu à peu prête à entamer la soirée qui ne se terminera que quatre heures plus tard.Après son set il est temps pour Miky Gudaridub de faire les présentations des tant attendus Mafia and Fluxy. Les deux frères Leroy " Mafia " et Dave " Fluxy " arrivés de Londres sont en effet les invités pour cette édition. Passionnés de reggae depuis leur tendre adolescence et bercés par le rêve de devenir un jour de grands producteurs, ils débutèrent en formant un petit groupe de lycée avant de poursuivre comme ils savent le faire le mieux : à deux, unis et soudés. A force de persévérance et de passion, ils sont heureux de pouvoir compter aujourd'hui Santana, Gregory Isaacs, Sugar Minott, Anthony B ou Luciano dans la liste des grands noms internationaux avec qui ils eurent le plaisir de travailler.En guise d'introduction, un premier remake melodica et violon de World A Reggae d'Ini Kamoze. Il sera suivi de Richman Poorman qui ouvre ainsi bien le bal. Les Mafia et Fluxy annoncent donc tous sourires le ton de la soirée. Ce sera un retour sur les grands classiques, une soirée spécialement tournée vers le roots mais avec quelques touches dancehall et rub a dub pour venir bousculer la foule toujours au bon moment ! Un beau pull up sur Denis Brown vient enflammer les massives qui reprennent très vite leurs danses rythmées par le titre Old Marcus Garvey du grand Burning Spear.Le titre Licky Licky du dernier album Repatriation de King Kong fraîchement sorti en 2018 vient pimenter la sélection avant de poursuivre avec le premier moment de complicité entre artistes de la soirée. C'est Mary Jane du groupe Emeterians, Madrilènes expatriés à Londres, qui vient envahir la salle de sa chaleureuse voix sur une belle impro et ses envoetucirc;tants "sunshine of my life " repris par Leroy " Mafia ".Les percussions et cuivres entraînants de la version dub du conscient titre de Sugar Minott et quelques titres de Richie Spice, Jah Shaka ou bien encore Buju Banton viennent remuer la foule qui retrouve ensuite une note de douceur avec un dubplate du Mash Down Rome de Michael Prophet qui subit deux violents pull ups rassemblant la foule qui brandit alors ses lighters. Les deux frères en sont déjà à presque deux heures de set lorsqu'ils laissent place à la Dubmingo Family pour quelques freestyles. Ils invitent à nouveau un membre des Emeterians, Mister Brother Wildman, la Madrilène Sista Cheka vient elle aussi poser son flow sur un riddim rub a dub. C'est ensuite au tour d'un autre invité, non des moindres, Yeyo Pérez, un grand warrior de la scène madrilène, de prendre le micro et de contribuer, avec son flow et son énergie inépuisables, à rendre l'ambiance de plus en plus bouillante dans le petit club madrilène.La fin de soirée se fait sentir après ces grands moments de complicité intense entre artistes. Mafia and Fluxy annoncent peu à peu les derniers tunes et se font un plaisir avec une série de pull ups pour faire durer la soirée sur un dernier son de Lenn Hammond.Les derniers sourires et poignées de mains s'échangent avant que les massives ne se dirigent vers la sortie du Rock Palace en se languissant déjà d'être au prochain Dubmingo.Afin de ne pas oublier le reste des addicts espagnols, les sessions se déplacent désormais à Valencia, Lugo, Cordoba, Santiago de Compostela et depuis déjà 3 éditions à Saint-Sébastien permettant même aux addicts de l'Hexagone de s'offrir une session et un périple espagnol pour terminer la semaine !
Source : reggae.fr | 2019-03-03 01:00:00.0