Jah Shaka

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae Dub
Site Officiel : Jah Shaka
Autres informations : Biographie

Actualité de Jah Shaka

Jah Militant porte bien son nom. Fervent défenseur des valeurs véhiculées par le reggae, le sound system montpelliérain n'a jamais lâché l'affaire depuis plus de 20 ans. Ses sélections roots et dub en ont conquis plus d'un de par leur originalité et leur spiritualité. Malgré une baisse d'activité il y a quelques temps, Jah Militant est plus que jamais de retour. Le crew posera sa sono complète au prochain Dub Camp et nous prépare de nouvelles sorties sur ses labels Jah Militant Records et Back Inna Days Records en 2019 - il vient d'ailleurs de sortir le très beau Hosanna avec Brother Dan au micro. Rencontre avec Weeda, fondateur et propriétaire du célèbre sound system qui n'a en rien perdu de sa détermination à divertir les gens tout en les éduquant sans jamais donner de leçon. La vraie définition d'un Dub Ambassador !Reggae.fr : Pour commencer pourrais-tu nous présenter le projet Jah Militant ?Weeda : Je m'appelle Weeda et je fais tourner le sound system Jah Militant. J'ai fait ma première danse en aoetucirc;t 1998 à l'espace Masséna à Paris, une des salles que les anciens connaissent bien, parce que c'est un lieu où il y avait beaucoup de danses reggae à l'époque. J'ai commencé en jouant surtout du new roots. Et puis les cassettes de Shaka et de différents sounds anglais et jamaïcains ont aidé à ce que mon éducation musicale s'affine un peu et que ma sélection s'oriente vers le roots et culture. etCcedil;a a donc fait 20 ans cet été que je parcours la France et l'Europe pour jouer reggae music. C'est la culture Rastafari qui m'a amené à découvrir le reggae. J'ai rencontré des anciens du mouvement et une association rasta parisienne (Shaka Knotty) puis par la suite j'ai été guidé par un Ras qui s'appelle Dread Nah Fall et qui avait un sound system du nom de King Selassie I Sound. Je lui dois beaucoup ainsi qu'à un ami, Ras Scara B, qui avait un sound system à Paris qui s'appelait Foundation Sound System, il m'a beaucoup apporté musicalement. Ras Nah Fall faisait aussi partie d'une autre asso qui s'appelait Rasta Fusion et dont faisaient partie entre autres Bruno Blum, Sista Blunty, Ras Letef et d'autres anciens. Pour moi reggae music et sound system, c'est la possibilité de transmettre le message de Rastafari et ses enseignements à travers la musique. On parle de "word sound and power", c'est-à-dire de la puissance du verbe par le son, c'est ce que j'essaye humblement de retranscrire : répandre un message d'unité, de justice et d'égalité autour d'une conscience commune. On a des anciens comme Tonton David qui nous disait " une musique consciente pour une jeunesse intelligente ", je considère qu'on peut être sérieux et conscient, aborder et développer des thèmes importants et se divertir en même temps. C'est ce que j'essaye de répandre avec Jah Militant. Une musique consciente pour une jeunesse intelligente, une jeunesse qui prend conscience du monde dans lequel elle vit et des combats importants qu'on doit mener parce que c'est à notre génération de changer les choses. C'est pour ca que le sound system s'appelle Jah Militant : militant pour faire connaître Rastafari et ses enseignements et militant pour les droits, l'égalité pour tous et la justice dans cette société oppressante qu'est Babylone.Comment définirais-tu le sens que tu donnes à tes sélections ?Ce que je joue c'est roots et culture, racines et culture... comment dire... En fait je joue beaucoup de styles dans le reggae et pas que du dub malgré le fait que je produise uniquement ce style avec mon label. Je reste très attaché à la musique jamaïcaine, au roots. Nous sommes dans un monde trouble, on a besoin de plus de paix, de plus d'amour, de plus d'unité entre les peuples. Mais pas n'importe comment, pas de l'amour et de l'unité sans droiture, sans conscience. C'est très compliqué à expliquer mais il faut beaucoup de cohérence dans ce que l'on fait et ça c'est important pour moi. C'est-à-dire que l'idée n'est pas de donner des leçons mais d'essayer de mettre en avant un chemin qui nous paraît juste et conscient dans le système à l'envers dans lequel on vit. La musique me sert de vecteur, je ne veux pas jouer des sons slackness, des choses qui ne sont pas conscientes, et où effectivement n'est mis en avant que la fête et le divertissement et pas l'élévation spirituelle. Le reggae music pour moi c'est ça : un message conscient en premier lieu. Le message est dans la musique et la musique est dans le message. Un rastaman transmet des vibrations. En jouant la musique il essaye de faire partager une onde, une fréquence. Cette vibration n'est pas obligatoirement lyrique, elle peut être aussi musicale. Je ne joue pas de dubs à 190 BPM, le rythme doit être perceptible. La force d'un sélecteur c'est de réussir à faire varier la vibration et le rythme pour que ça reste quelque chose qui te touche. Ni trop rapide et énervé, ni trop lent. Errol Dunkley chantait : " every man do his thing a little way different ", chacun fait les choses à sa manière, et je ne juge personne, je réfléchis au pouvoir du verbe et au pouvoir du son pour que ceux-ci soient bénéfiques à chacun dans la danse. J'essaye d'amener une progression positive, quelque chose qui va toucher les gens pour qu'à la fin de la soirée on se soit diverti mais surtout qu'on soit capable de réfléchir et de se poser les questions qui nous feront avancer, ça c'est quelque chose qui me parle. Cette musique-là peut aider à avancer mieux tous les jours, face aux obstacles que l'on rencontre ici-bas.Que représente Rastafari pour toi ?Pour moi Rastafari c'est une doctrine du coeur, c'est une culture, une tradition et une éducation mais c'est surtout la connaissance des enseignements et l'amour de Sa Majesté l'Empereur Haïlé Sélassié. Sa Majesté parle de moralité internationale, de sécurité collective, de tellement de sujets cruciaux, ce sont des choses qui sont fondamentales. Sélassié est le descendant de Salomon en Ethiopie, le berceau de la création. Il est le Roi des Rois et la lumière de ce monde. Cela me parle, plus que de boire ou pas de l'alcool et de manger ou pas de la viande, ça c'est une histoire de livity et cela regarde chacun. J'aime Sélassié profondément, sa sagesse et ses enseignements m'aident au quotidien à avancer, à me rapprocher du bien.Jah Militant c'est aussi un label, comment en arrive-t-on à la production, est-ce que ça vient naturellement ?Je ne suis pas musicien, je suis un soundman. J'écoute cette musique depuis quelques années maintenant et cela m'a forgé une oreille, un style. Grâce au sound system j'ai accès à des dubplates, à des morceaux exclusifs, à des musiciens qui travaillent de leur coté et qui ne sont pas toujours mis sur le devant de la scène, le but est donc de faire découvrir ces morceaux au plus grand nombre. Si les gens apprécient le style musical que je développe, je me suis dit qu'il serait bien aussi qu'ils puissent avoir cette touche-là chez eux, en gardant toujours cette optique vinyle. C'est venu petit à petit, j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer des artistes et musiciens avec qui j'ai eu de bonnes vibrations et dont la musique m'a touché, ce qui m'a amené à lancer le label. J'achète donc des licences à des musiciens ou à des artistes pour présenter leur musique au plus grand nombre, c'est pour ca que tu ne verras jamais Jah Militant faire des polyvinyles en série de 30 copies vendues à 40 ou 50 euros, parce que mon but est de toucher le plus grand nombre et pas de produire de la musique pour un petit nombre qui peut financièrement se le permettre. La musique est à mon sens un partage pas un truc élitiste. Le label est un moyen d'être accessible à ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou venir en sound system et qui peuvent alors ressentir des bonnes vibrations chez eux avec ces morceaux.Au niveau supports, tu vas préférer jouer quoi et pourquoi ?Je joue essentiellement des vinyles. Même mes dubplates, je les grave la plupart du temps sur vinyle. J'aime ce support qui fait partie de mon histoire, une tradition que j'essaye de conserver. Il faut aussi comprendre qu'il y a beaucoup de gens qui jouent CD parce que graver des dubplates ou même acheter des vinyles a un coetucirc;t, que la vie est parfois compliquée et tout le monde ne peut pas se permettre d'aller graver des vinyles ou même d'en acheter. D'autant plus quand on voit maintenant l'envolée ahurissante du prix des vinyles. Il y a 20 ans on achetait des morceaux pour rien et ceux-ci coetucirc;tent aujourd'hui des centaines d'euros ! Néanmoins je mène ma barque comme cela, je reste plus attiré par le vinyle. Pour le label également, je ne sors pas de CD, de mixtapes ou autres, je produirais toujours sur vinyle. Pour être franc, ça ne fait qu'un an que j'ai un Bandcamp. J'ai mis quasiment 10 ans à me mettre à la release digitale, parce qu'il faut aussi suivre l'époque dans laquelle on vit, comprendre qu'il y a des gens qui n'ont pas de platine chez eux. Et comme je souhaite partager cette musique avec le plus grand nombre, je suis obligé de m'y mettre.etlt;a href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna" mce_href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna"etgt;Brother Dan - Hosanna by Jah Massive meets Brother Danetlt;/aetgt;As-tu une autre activité à côté de la musique ?Oui, j'ai toujours travaillé à côté. Depuis 5 ans, j'ai monté une ferme en agriculture biologique avec ma compagne. Nous faisons des légumes bios, on va un petit peu plus loin que le bio d'ailleurs parce que le bio permet entre autres certains ajouts qui ne nous plaisent pas (souffre, cuivre, oxydes de fer, etc). Nous faisons une agriculture i-tal, naturelle, nous n'utilisons que des décoctions de plantes, du purin et des eaux florales. J'ai toujours eu une activité à coté de la musique parce que j'ai besoin de ça, besoin de croiser d'autres choses dans ma vie. Et soyons francs, je ne connais que très peu de gens qui en vivent, c'est un vrai combat d'en vivre et je respecte beaucoup ceux qui y arrivent car cela demande une totale dévotion, un grand talent et beaucoup de courage.Comme tu nous le disais précédemment tu es actif depuis 1998, quelles évolutions as-tu vues dans le milieu sound system depuis toutes ces années et qu'en penses-tu ?Je ne suis pas là depuis si longtemps comparé à certains. Mais j'ai vu l'arrivée massive du stepper, j'ai vu le développement de ce qu'on appelle le dub 3000, j'ai vu l'évolution des danses qui à la base étaient quand même très portées sur Rasta et qui le sont de moins en moins. J'ai vu le développement des home studios, d'internet et le déclin des shops. A l'époque je me rappelle dans les premières années, il y avait un vendeur en Angleterre qui s'appellait Tradition Hi Fi ; il nous envoyait des listes de disques à vendre sur papier, on l'appelait et on lui envoyait une lettre avec un chèque ou des livres dedans et puis il nous envoyait le disque ; et il fallait connaître le disque parce qu'il n'y avait pas Discogs et Youtube pour aller écouter ! Je n'ai pas vraiment de jugement en fait, ni en bien ni en mal et je n'ai pas envie de rentrer dans des débats stériles. Les choses avancent, changent, l'ordre social aussi. J'ai vu le développement des danses aussi, avant pour voir Aba Shanti ou Jah Shaka il fallait aller en Angleterre, aujourd'hui ils passent 10 fois par an en France et c'est plutôt bien pour nous tous. C'est bien parce que cela a ouvert reggae music à des gens pas forcément issus du milieu, cela a développé une audience plus large. Reggae music a beaucoup influencé la société et surtout les autres styles musicaux, par exemple les sound systems techno se sont clairement inspirés de ceux en Jamaïque, idem pour la cumbia en Colombie. Musicalement, beaucoup de styles musicaux se sont inspirés du reggae. Par exemple, le morceau de Coolio, Gangsta's Paradise, sorti en 1995, et qui fut un hit hip-hop énorme à l'époque, et bien l'original s'appelle Pastime Paradise du groupe Swingin' Stars sorti en 1977, c'est un morceau reggae à l'origine (ndlr : ce morceau des Swingin' Stars est lui-même une reprise d'un titre de Stevie Wonder.)Et au niveau du public dans les soirées, ressens-tu aussi un changement ? Bien setucirc;r, les choses changent et je ne suis pas là pour dire si cela est bien ou mal. Chacun sait l'heure qu'il est et où se situent le bien ou le mal. Chacun est conscient de sa livity et de ce qu'elle engendre. Ce qui est setucirc;r c'est qu'à mes débuts fin 90 début 2000, à Paris ou ailleurs, si tu venais avec ta bouteille de whisky-coca et que tu mettais la tête dans les caissons je t'assure que les frangins te faisaient comprendre quel comportement adopter dans une danse ou en dehors ! En fait, j'ai l'impression qu'avant, on venait chercher une conscience dans les danses, un ralliement autour de thèmes sérieux qui nous donnaient de l'espoir et de la force par rapport aux tribulations et aux aberrations que l'on vivait dans la semaine, cela nous portait jusqu'à la prochaine danse, jusqu'à la prochaine rencontre avec nos frères et soeurs. Il me semble que la donne a changé aujourd'hui, que c'est le contraire, avec le jeune public surtout, qui pour échapper aux tribulations de la semaine vient se mettre " une mine " dans les danses le week-end. Signe des temps ? Je ne sais pas et en même temps je ne souhaite vraiment pas faire d'amalgame ou pointer du doigt qui que ce soit. Il faut avoir du discernement, c'est un sujet complexe et vraiment le but est d'aller vers un meilleur futur pour nous tous ; rastaman a depuis longtemps les clés pour cela !Une question toute simple mais qui pourrait alimenter des débats pendant des heures : c'est quoi le dub ?Le dub des années 70 ou le dub d'aujourd'hui, de quoi on parle ? Le dub si on parle de tradition c'est une version instrumentale donc sans paroles avec des effets pour créer un nouveau morceau, un morceau different en fait. Le dub d'aujourd'hui, le steppa ou le UK dub, c'est une musique souvent faite par ordinateur ou séquencée par ordinateur, avec des BPM qui sont plus rapides. Le dub dans tout les cas pour moi c'est aussi et surtout une musique spirituelle. Une vibration puissante.Pour finir est-ce qu'il y a des projets qui vont arriver ?Beaucoup de travail avec le label pour de nouvelles productions. Je vais régulièrement en studio pour faire des arrangements avec des musiciens et des mixes pour les prochaines sorties. Je travaille en ce moment avec des gens comme Jah Massive, Coco Rootikal Temple, Bro Ishai, Ranking Fox et Simon Nyabin, Khayo Benyameen, Boris Reality ou encore Zulu Vibes pour ne citer qu'eux. Plein de projets dans les tuyaux et toujours en vinyle bien setucirc;r. Généralement je presse entre deux et quatre releases par an suivant les délais de la presse. Au niveau du sound system, j'ai la chance d'avoir beaucoup de dates avec ou sans la sono, que ce soit en France ou en Europe. Je serai présent au Dub Camp notamment cet été avec la sono complète pour recevoir Moa Anbessa et Aba Shanti I. Beaucoup de bonheur et de chance de pouvoir avancer sur cette route grâce au Tout Puissant qui me donne la force et l'inspiration.
Source : reggae.fr | 2019-04-08 02:00:00.0
Nous vous avions présenté dernièrement les soirées Sundub, rassemblements du dimanche en terres bordelaises. Nous faisons à nouveau " quelques " kilomètres pour vous faire découvrir l'ambiance des chaleureux Dubmingo au coeur de la capitale espagnole.Cet événement est devenu un immanquable des adaptes madrilènes de dub sessions. Au point de leur faire rebaptiser le nom du club Rock Palace en Roots Palace. Organisés depuis 2015 par Gudaridub, nom bien connu de la communauté sound system culture ibérique pour ses multiples passages au Rototom ainsi qu'à l'emblématique IDG au mois d'avril et son label Gudaridud Records, les Dubmingo sont avant tout des évènements dédiés à diffuser les productions internationales en invitant à chaque édition des noms emblématiques tout en appuyant aussi les nouveaux projets. C'est cette dimension conviviale dans un club assez petit et cosy qui permet le partage entre grands noms et artistes de Madrid ou d'ailleurs. Débutants, passionnés, artistes déjà en place, tous sont les bienvenus pour proposer le temps d'un set leur univers et leurs meilleures sélections. Depuis ses débuts, la Dubmingo family ne cesse de croître et de faire des rencontres. L'aventure débuta non loin du club actuel dans le quartier multiculturel, coloré et populaire de Lavapies aux côtés de Jah Vibes, Ras Jahgec, Roots Creator, les locaux madrilènes Nu School Steppas et Mas Jahma Sound ou bien encore Irie Papo. De la partie : des Espagnols tels que Burian Fyah, Cherry Dub, Iseo et Dodosound, Chronic Sound, Afrikan Warriors et The Emeterians mais aussi des invités de marque venus d'ailleurs comme les Portugais Real Rockers, Warriors Of Dub from Argentina, DJ Vadim ou Kai Wadada de la Wadada Sound System Family tout droit venu des îles grecques. Et enfin sur les dernières éditions les Ital Roots et Equal Brothers.Nous étions donc à Madrid le 17 février dernier pour la 75ème édition des Dubmingos. Ouverture des portes dès 17H avec encore les derniers préparatifs, réglages et où une ambiance de fin de journée dominicale se fait sentir. C'est davantage sur les coups de 20H que Gudaridub se met réellement en place avec le morceau de Prince David Evil Fe Burn et propose des tunes de plus en plus dansants pour réchauffer la foule qui s'agrandit peu à peu prête à entamer la soirée qui ne se terminera que quatre heures plus tard.Après son set il est temps pour Miky Gudaridub de faire les présentations des tant attendus Mafia and Fluxy. Les deux frères Leroy " Mafia " et Dave " Fluxy " arrivés de Londres sont en effet les invités pour cette édition. Passionnés de reggae depuis leur tendre adolescence et bercés par le rêve de devenir un jour de grands producteurs, ils débutèrent en formant un petit groupe de lycée avant de poursuivre comme ils savent le faire le mieux : à deux, unis et soudés. A force de persévérance et de passion, ils sont heureux de pouvoir compter aujourd'hui Santana, Gregory Isaacs, Sugar Minott, Anthony B ou Luciano dans la liste des grands noms internationaux avec qui ils eurent le plaisir de travailler.En guise d'introduction, un premier remake melodica et violon de World A Reggae d'Ini Kamoze. Il sera suivi de Richman Poorman qui ouvre ainsi bien le bal. Les Mafia et Fluxy annoncent donc tous sourires le ton de la soirée. Ce sera un retour sur les grands classiques, une soirée spécialement tournée vers le roots mais avec quelques touches dancehall et rub a dub pour venir bousculer la foule toujours au bon moment ! Un beau pull up sur Denis Brown vient enflammer les massives qui reprennent très vite leurs danses rythmées par le titre Old Marcus Garvey du grand Burning Spear.Le titre Licky Licky du dernier album Repatriation de King Kong fraîchement sorti en 2018 vient pimenter la sélection avant de poursuivre avec le premier moment de complicité entre artistes de la soirée. C'est Mary Jane du groupe Emeterians, Madrilènes expatriés à Londres, qui vient envahir la salle de sa chaleureuse voix sur une belle impro et ses envoetucirc;tants "sunshine of my life " repris par Leroy " Mafia ".Les percussions et cuivres entraînants de la version dub du conscient titre de Sugar Minott et quelques titres de Richie Spice, Jah Shaka ou bien encore Buju Banton viennent remuer la foule qui retrouve ensuite une note de douceur avec un dubplate du Mash Down Rome de Michael Prophet qui subit deux violents pull ups rassemblant la foule qui brandit alors ses lighters. Les deux frères en sont déjà à presque deux heures de set lorsqu'ils laissent place à la Dubmingo Family pour quelques freestyles. Ils invitent à nouveau un membre des Emeterians, Mister Brother Wildman, la Madrilène Sista Cheka vient elle aussi poser son flow sur un riddim rub a dub. C'est ensuite au tour d'un autre invité, non des moindres, Yeyo Pérez, un grand warrior de la scène madrilène, de prendre le micro et de contribuer, avec son flow et son énergie inépuisables, à rendre l'ambiance de plus en plus bouillante dans le petit club madrilène.La fin de soirée se fait sentir après ces grands moments de complicité intense entre artistes. Mafia and Fluxy annoncent peu à peu les derniers tunes et se font un plaisir avec une série de pull ups pour faire durer la soirée sur un dernier son de Lenn Hammond.Les derniers sourires et poignées de mains s'échangent avant que les massives ne se dirigent vers la sortie du Rock Palace en se languissant déjà d'être au prochain Dubmingo.Afin de ne pas oublier le reste des addicts espagnols, les sessions se déplacent désormais à Valencia, Lugo, Cordoba, Santiago de Compostela et depuis déjà 3 éditions à Saint-Sébastien permettant même aux addicts de l'Hexagone de s'offrir une session et un périple espagnol pour terminer la semaine !
Source : reggae.fr | 2019-03-03 01:00:00.0
Après plus de trois ans de silence, le Parc Arthur Rimbaud de Bagnols sur Cèze a de nouveau résonné au son de notre musique préférée le week-end dernier. Le Bagnols Reggae Festival s'est déroulé avec succès, offrant des moments d'émotions musicales assez incroyables. Retour sur trois jours de chaleur et de good vibes intenses...JOUR 1 Pour l'ouverture du festival, le soleil est au rendez-vous, tout comme les festivaliers qui attendent patiemment l'ouverture des lieux devant la grille. C'est l'artiste français Max Livio qui ouvre le bal pour cette première journée. Malgré un public peu nombreux, Max nous offre un concert puissant et poétique avant de laisser la place aux Viceroys. L'espace Dub Club, sonnorisé par les 24 scoops de Blackboard Jungle (rien que ça!), débute le festival avec un set énergique de Roots Attack et Joseph Cotton qui se mêle au public comme à son habitude.Amputés d'un membre, les Viceroys ne se laissent pas démonter malgré l'absence de Wesley Tinglin, auteur de toutes les paroles du trio. Neville Ingram assure le lead vocal comme à son habitude et Michael Gabbidon se charge des choeurs. Les deux légendes déroulent les uns après les autres leurs classiques : Heart Made of Stone, Love Jah, So Many Problems ou l'indémodable Yaho qui clôture le concert.Misty In Roots prend ensuite la relève. Le groupe anglais livre un concert mystique avec un son planant accompagné de la voix cristalline de son chanteur Poko. La formation plonge l'assistance dans une transe musicale avec des titres comme True Rats ou Cover Up issus de leur dernier album Roots Controller et des morceaux plus anciens comme Poor et Needy et How Long Jah. Dub Judah, habitué à jouer sur scène avec les Twinkle Brothers, ravie les amateurs de roots côté sound system. Entre sélections pointues, interventions vocales et improvisations au mélodica, le vétéran anglais livre une prestation inédite comme on en voit rarement avant que Soom T n'électrise la place de son fast style terriblement efficace posé sur les sélections de Kunta du sound Zion High Foundation.Jimmy Cliff, l'un des artistes les plus attendus du week-end, fait son entrée sur scène. La foule se fait dense pour accueillir cette légende vivante. Vêtu d'une tunique noire et brodée accompagnée d'un chapeau assorti, Cliff démarre son show avec un titre nyabinghi avant de laisser place à une énergie débordante, d'une profondeur musicale assez impressionnante en partie grâce à la qualité du band qui l'accompagne. Il déroule ses hits tels que Hakuna Matata, The Harder They Come, Reggae Night, Many Rivers to Cross et bien setucirc;r l'immense You Can Get It If You Really Want. Un concert mémorable de presque deux heures ! Pour clôturer la soirée sur la grande scène, c'est le très talentueux Anthony B., artiste phare de la scène new roots, qui est appelé. Il fait son entrée sur l'énorme Higher Meditation qui nous met directement dans l'ambiance. Fidèle à sa réputation, Anthony B. livre un show enflammé, voire électrisant. L'artiste jamaïcain éclipse ses plus gros tubes pour se concentrer sur son répertoire plus récent. On a tout de même droit à Damage, World A Reggae Music et le tube Police. Malgré un band pas vraiment à la hauteur, Anthony B. fait preuve d'énergie et fait même monter des enfants sur scène à la fin de son set terminé par un joli One Love de circonstance pendant que Blackboard Jungle s'en donne à coeur joie avec Earl Sixteen et Nish Wadada de l'autre côté du Parc Arthur Rimbaud.JOUR 2Avant de profiter des concerts, on pouvait faire un petit tour par la Cave Mallet en centre-ville qui accueillait une sublime expo de l'artiste Fluoman. Son fils, Elijah, fait office de guide au milieu des oeuvres colorées de l'artiste qui réagissent à la lumière noire, dévoilant parfois des détails imperceptibles comme la fumée du chalice de Joseph Hill ou les rides de Big Youth...Dans le parc, c'est Joe Pilgrim qui ouvre le bal avec ses Ligerians devant un public malheureusement très peu nombreux. L'alchimie est parfaite entre Joe Pilgrim et The Ligerians qui nous livrent un concert magnifique. Puis, changement de registre avec Skarra Mucci accompagné du backing-band marseillais Dub Akom. Le Jamaïcain nous offre un show explosif durant lequel il navigue entre reggae, rub-a-dub, dancehall et même hip-hop. Il passe évidemment en revue tous ses hits tels que Movie Star, My Sound ou le plus récent Dreader Than Dread. Le public est complètement électrisé par ce show, que Skarra finit trempé de la tête au pied. Après le warm-up de Blackboard, le vétéran nantais Ras Abubakar s'installe avec sa team de Zion Gate au sound system. Le chanteur guyanais Ras McBean est avec eux et se pose sur des versions particulièrement roots alors que la Cap-Verdienne ride les sélections de Blackboard Jungle avant que le maître absolu Jah Shaka ne rende la place complètement mystique.La légende du rocksteady Ken Boothe vient ensuite sur scène pour régaler nos oreilles de sa voix mielleuse et suave. Mister Ken Boothe arrive tout de blanc vêtu, toujours aussi charismatique. Son show n'a pas beaucoup changé depuis quelques années mais c'est toujours un plaisir immense de pouvoir écouter ce Pape de la musique jamaïcaine. Comme à son habitude, il rentre sur Do The Rocksteady et enchaîne avec ses titres les plus connus Artibella, When I Fall in Love, Set Me Free, Silver Words, Everything I Own et bien d'autres. C'est toujours une déchirure la fin d'un concert de Ken Boothe, on aimerait que cela dure à l'infini. Place ensuite aux femmes pour cette fin de soirée ! Jah9 débarque d'abord avec The Dub Treatment et dès le début du concert, on sent que la chanteuse a (enfin) trouvé son groupe ! La collaboration est efficace et Jah9 ne manque évidemment pas de nous jouer ses classiques New Name, Avocado ou Humble Mi. Vient ensuite le moment que tout le monde attend. Une atmosphère spéciale commence à s'installer dans le parc Arthur Rimbaud en ce soir d'éclipse lunaire. Dezarie, la chanteuse des etIcirc;les Vierges vient ce soir faire sa première et unique date en Europe sur la scène du Bagnols Reggae Festival. C'est devant une foule surexcitée que Dezarie fait son entrée sur scène. Dès les premières notes du premier morceau Hail Jah jouées au pinao par le bassiste Ron Benjamin, la chanteuse crée une ambiance très mystique avec sa voix puissante et cristaline. C'est réellement un moment de magie musicale que nous sommes en train de vivre rythmé par les tubes Gracious Mama Africa, Gone Down ou Strenghten Your Mind. Le groupe laisse une grande place à l'improvisation ce qui provoque de longues parties instrumentales très agréables. Au bout de près de deux heures de concert et après un rappel devant une foule plutôt dispersée ce concert historique prend fin. JOUR 3Pour ce dernier jour, le festival off accueille notre équipe pour la diffusion du film Reggae Ambassadors, La légende du reggae à la médiathèque. Une fois encore, la ville entière de Bagnols sur Cèze joue le jeu pour vibrer aux couleurs rouge jaune vert une semaine toute entière. Les concerts commencent quant à eux avec Marcus Gad. L'artiste de Nouvelle-Calédonie est le premier à ouvrir devant autant de monde. En effet en ce samedi les spectateurs ont répondu présents à l'appel dès l'ouverture du festival. Marcus Gad nous présente son dernier album Chanting et déroule un show rempli de spiritualité devant un public très réceptif. C'est ensuite au tour de l'artiste sud-africaine Nkulee Dube qui n'est autre que la fille du grand Lucky Dube. Entre reprises de son illustre paternel et titres de son propre répertoire, c'est une réelle découverte pour nous !Côté Dub Club, Nucleus Roots est venu avec une véritable dream-team de MCs : Simon Dan, UK Principal et Ossie Gad, le chanteur des mythiques Natural Ites, auteurs du tube Picture on the Wall. Ils jouent en même temps qu'une autre légende du reggae, jamaïcaine cette fois : Ijahman Levi. Backé par le même band que les Viceroys, Ijahman entame son set sur le puissant Africa après des problèmes techniques qui retardent son entrée sur scène. Qu'à cela ne tienne, le chanteur poursuit avec ses plus grands succès comme Mandela, Are We A Warrior et bien setucirc;r l'incroyable Heavy Load. Malgré ses 72 ans, l'artiste jamaïcain nous livre un show de près d'une heure et demie réussi. Une fois la nuit tombée, c'est le producteur français Weeding Dub qui prend le contrôle du Dub Club. Particulièrement en vogue en ce moment, il s'affère sur sa console pour un live-set steppa qui soulève la poussière. Le point d'orgue de sa prestation reste bien setucirc;r l'énorme Gypsy Dub qui impressionne même la légende Aba Shanti I qui lui succède à la control tower.Autre légende, Alpha Blondy est sans doute celui que le public attend le plus de tout le week-end. On sent que la foule est là pour lui en ce soir le plus chargé du festival. Après son immanquable prière "L'éternel est mon berger", il enchaîne comme à son habitude sur son tube Jerusalem. Même si son set ne change que très peu, l'énergie d'Alpha fait plaisir à voir. Les hits Sweet Fanta Diallo et Cocody Rock sont repris en choeur par le public plus qu'enchanté de retrouver la star ivoirienne.Pour finir ces trois superbes jours de musique et de good vibes, on accueille l'un des fils de Bob : Julian Marley. Il commence son show avec une reprise de Positive Vibration et enchaîne avec Sharp As A Razor paru sur son album Awake. Julian ne manque pas de naviguer entre ses propres créations et celles de son père pour un show plutôt classique mais qui clôture parfaitement trois jours explosifs.
Source : reggae.fr | 2018-08-01 02:00:00.0
L'artiste belge Uman arrive avec son émission Dancehall Station tous les mercredis sur la webradio Reggae.fr en compagnie de Selecta Killa. L'émission, disponible en podcast, comptabilise plus de 20 000 téléchargements hebdomadaires. Dancehall Station est un phénomène qui va au-delà d'un rendez-vous radiophonique. Rencontre avec Uman pour parler de cette activité et de musique en général...Reggae.fr : Ton émission Dancehall Station vient de débarquer sur la webradio Reggae.fr, mais elle existe déjà depuis un certain temps. Comment est-elle née ?Uman : En fait je fais de la radio dans le domaine du reggae depuis plus de 25 ans. Avant j'avais un sound system qui s'appelait Bass Culture avec qui on avait créé une émission de radio. Maintenant, depuis une dizaine d'années, je bosse avec Selecta Killa. On a commencé notre émission Dancehall Station sur la radio bruxelloise KIF. Notre show tournait bien, on organisait des soirées dancehall dans le club Bazaar à Bruxelles et comme il y avait une grosse affluence, ça permettait de faire connaître l'émission. Les shows étaient enregistrés en français pour KIF et en anglais pour plusieurs radios internet comme Big Up Radio, Free Up Radio, BM Radio. Puis KIF a un peu abandonné sa radio, mais dans un autre temps une radio dans le même genre que Mouv' s'est créée en Belgique, Radio Tarmac. Aujourd'hui on continue notre show chez eux avec de meilleurs moyens. A côté de ça, on a toujours continué à prospecter les radios de diffusion sur le web parce que plus il y a de sources plus il y a d'auditeurs. A un moment je me suis dit qu'on n'avait rien en France et que c'était dommage. etEacute;tant donné mes bonnes connexions avec l'équipe de Reggae.fr, ça me paraissait normal de vous proposer l'émission. Le modèle qu'on développe n'est pas quelque chose qu'on retrouve sur les ondes de l'Hexagone. Voilà comment Dancehall Station est arrivé sur Reggae.fr.Justement, c'est quoi le concept de Dancehall Station ?Dancehall Station c'est un concept qui n'est pas un format sound system, mais qui fonctionne avec une paire MC-DJ pour les clubs et la radio. On organise des soirées à Bruxelles depuis 2013 au Bazaar où d'autres DJs internationaux et artistes comme Kalash ou Spice sont invités. Avec Selecta Killa on tourne aussi dans d'autres clubs belges et en festivals. Sur la radio, on joue comme en club, même si ce n'est pas la même ambiance. L'émission nous permet d'être au courant de tout ce qui se passe, de toutes les nouveautés. Quand tu es l'acteur d'une musique c'est important de savoir ce qui se fait. La radio c'est une bonne base pour développer les soirées, pour faire l'écrémage des meilleurs morceaux et j'ai toujours aimé le médium de la radio.Comment se déroule une émission Dancehall Station ?Vu que ça fait une dizaine d'années que l'on fait l'émission, maintenant on a un déroulé type. La première heure on joue toutes les nouveautés, puis on enchaîne sur un Back in The Dayz, un Top 5 et on finit avec une Downtown Session où on joue de la trap et du hip-hop moderne. A Bruxelles les scènes hip-hop et reggae se sont toujours mélangées. En tout cas beaucoup de gens du dancehall ont toujours été connectés avec le hip-hop. Nous dans nos soirées on a toujours passé des morceaux trap donc c'était logique qu'on en joue aussi dans l'émission.Peux-tu nous dire un mot sur Selecta Killa qui t'accompagne ? C'est un Bruxellois qui est tombé dans le son vers 15-16 ans. Il s'est rapidement mis à mixer à droite à gauche. C'est un très bon DJ, il a une très bonne technique, il fait des mixes très propres. Il mixe un peu comme un DJ lokal, c'est-à-dire rapidement, efficacement, proprement.L'émission est uniquement musicale, penses-tu un jour proposer des moments d'interview d'artistes ?Le truc c'est que c'est compliqué de faire venir les artistes dancehall jamaïcains à la radio. Mais maintenant qu'on joue sur Reggae.fr on a des accréditations pour des festivals donc on va essayer de ramener des artistes en studio. On l'a fait récemment avec Demarco dans les locaux de Tarmac. Donc oui quand on peut avoir un artiste on le fait. Considères-tu l'activité radiophonique comme partie intégrante de ton métier d'artiste ?Bien setucirc;r. Là actuellement chez Tarmac on est payés, mais c'est la première en fois en vingt-cinq ans que je suis payé dans ce domaine. Ce n'est pas parce qu'on ne gagne pas d'argent que ce n'est pas notre métier. En tant que chanteur il y a des albums qui marchent très bien et d'autres moins, ce n'est pas pour autant que ce n'est pas mon métier. Quand je faisais de la radio libre pendant vingt ans j'y étais tous les mercredis et vendredis donc c'était déjà un métier pour moi.Quel est l'état de la scène belge musicale actuellement ?Pour le moment ce qui explose c'est le hip-hop francophone belge avec Isha, Caballero, Elvis Roméo etc. La scène dancehall et reggae belge est plus présente en Flandre qu'en Wallonie. Le reggae en Belgique c'est une anecdote. "Mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel." On avait beaucoup aimé ton album Umanist l'année dernière. Quel bilan tires-tu de cette sortie ?Je suis assez content, il m'a réouvert des portes et m'a permis de pas mal tourner en Belgique. J'ai eu peu d'opportunités sur la France malheureusement. C'est un album orienté vers un reggae assez moderne contrairement à la scène française actuelle plus orientée roots avec Naâman ou Jahneration. J'essaye d'avoir mon son à moi et je pense que j'y suis arrivé avec Umanist donc je suis content. Sur ce dernier album tu as invité pas mal d'artistes, alors qu'à ton habitude ce n'était pas trop le cas. Comment choisis-tu tes featurings ?J'ai fait pas mal de featurings où j'ai été invité par d'autres artistes et pour mes projets, j'avais seulement fait quelques featurings sur ma première mixtape, Umanizm. Je me disais que ça faisait longtemps que je n'avais pas invité quelqu'un sur un des mes albums. Après deux voyages en Haïti, j'ai bien connecté avec des mecs là-bas principalement avec BIC et il s'est retrouvé sur deux morceaux. Je me retrouvais au final avec deux featurings de la même personne, j'ai donc connecté avec d'autres gens que j'apprécie comme Yaniss Odua, ZA et Taïro. Pour Gifta c'est différent. Il est revenu sur le devant de la scène en France et quand j'ai entendu ses nouveaux sons, j'ai de suite eu envie de collaborer avec lui. Mais pour le prochain album je pense qu'il n'y aura pas de featuring.Travailles-tu déjà sur quelques chose de nouveau ?Je bosse actuellement sur un nouveau projet qui devrait sortir début 2019. Là j'ai déjà enregistré une quinzaine de morceaux. A côté de ça, je viens de sortir Pum Pum en France, un tune enregistré avec un collectif belge il y a pas mal de temps déjà. C'est un single très dancehall avec un clip marrant et c'est sorti chez Warner.Au final tu es un artiste très versatile. Chanson française, dancehall, rap, reggae... C'est difficile de te caser dans un style précis. C'est ce que tu recherches ?L'art c'est être libre, donc si on est libres il faut pratiquer cette liberté. Si c'est pour vivre enfermé dans un schéma qui doit faire une réussite commerciale, tu ne profites pas de ta liberté. J'ai écouté beaucoup de musiques différentes, j'ai commencé par le reggae et le hip-hop mais j'aime beaucoup aussi la chanson française et autres. En fait on ne peut pas tout dire dans tous les styles. Il y a des styles musicaux qui permettent de dire certaines choses et des styles qui permettent de dire d'autres choses. C'est en fonction de mon âme, du moment dans lequel je suis dans ma vie. Si j'ai envie d'enchaîner trois chansons tristes avec des guitares et des claviers, je le fais. Et si après j'ai envie de faire quinze bangers, je le fais. Ce que je veux dire, c'est que je fais de la musique pour me faire plaisir à moi avant tout.Tes sujets d'inspiration sont-ils toujours les mêmes que depuis tes débuts ?Je me rends compte qu'avec le temps les gens m'associent à un artiste militant, mais si tu regardes mon catalogue, il y a beaucoup de chansons sur l'amour de ses frères, de sa femme ou de ses parents. On n'écrit pas une chanson pour dire " je ne sais pas ", on écrit plutôt pour dire " j'aime ou j'aime pas ". etCcedil;a tourne toujours autour de la vie, de l'amour et du désamour. Sur le prochain album ça tirera plus vers la poésie, un peu comme sur l'album L'aventure c'est l'aventure. Il paraît que tu peins aussi. Qu'est-ce qui te plait dans la peinture ?Dans la musique je peux faire des concessions pour aller vers les autres, car il y a une dimension universelle, on est avec le monde. Alors que dans la peinture je suis seul avec moi-même. Ma peinture est plus intimiste que ma musique.Te souviens-tu de la toute première fois où tu as entendu du reggae ?J'ai grandi dans mon quartier où il y avait un disquaire d'import en 84-85, j'avais 14 ans à cette époque et le shop était entre ma maison et mon école. Au final je n'allais plus à l'école, j'allais écouter des skeuds au magasin. "Il y a 260 styles de reggae différents." Quel est le premier album de reggae que tu aies acheté ?Je pense que le premier c'était un album de The Specials, ou peut-être un Bob Marley.Te rappelles-tu ta première fois en sound system ?C'était un rappeur, TLP, qui venait de Gand. Un des premiers que j'ai vu jouer des dubplates. Mais les premiers vrais sound systems c'était au Reggae Geel entre 1989 et 1991.Comment définirais-tu le reggae ?Pour moi la Jamaïque c'est un tambour de machine à laver, c'est un shaker. Ce qui est fabuleux avec la musique jamaïcaine c'est avant tout leur culture de la musique. Tu sens que c'est un exutoire absolu pour eux. Ils comprennent tout ce qui se passe dans le monde, ils le digèrent et le recrachent à leur sauce. Après si l'on doit définir le reggae on parle de rub-a-dub, dancehall, dub, rockers, roots etc. Il y a 260 styles de reggae différents.Te souviens-tu de ta première performance en live ?C'était en 1991 avec un groupe de rap qui s'appelle Puta Madre. Le premier single que j'avais sorti avec eux c'était déjà du ragga hip-hop. J'ai toujours rajouté du ragga au rap.Quels sont les artistes qui t'ont le plus influencé ?etCcedil;a va de Renaud à Gainsbourg, en passant par les Clash, Madness, The Specials... Après, clairement Bob Marley, Max Romeo, Black Uhuru, Steel Pulse, mais aussi NTM, les Beasties Boys, Run DMC, etc. Chez moi c'est un peu une mixture de tout. Pour résumer, on peut dire que mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel.Quels artistes reggae écoutes-tu en ce moment ?J'écoute énormément Tarrus Riley, Vybz Kartel ou Popcaan. Mais je n'accroche pas avec la nouvelle génération roots jamaïcaine comme Protoje ou Chronixx.Y a-t-il un vieil album que tu écoutes toujours avec le même plaisir aujourd'hui ?Je pense à Handsworth Revolution de Steel Pulse et Satta Massagana des Abyssinians. Quel est ton meilleur souvenir reggae ?Le truc qui m'a vraiment impressionné c'est de voir Jah Shaka jouer défoncé et atteindre une transe. J'ai eu ça avec Burning Spear quand je l'ai vu sur scène, ou avec African Head Charge aussi.C'est quoi pour toi le concert le plus dingue que tu aies fait en Belgique ?Je pense que ce sont les concerts de NTM qui étaient incroyables. Et aussi les concerts d'un rappeur qui s'appellait Paris. www.facebook.com/dancehallstation.bewww.selectakilla.comwww.umanmusic.clubwww.mixcloud.com/selectakillawww.facebook.com/selectakillaofficielwww.facebook.com/umanistwww.instagram.com/dancehallstationwww.instagram.com/selectakillawww.instagram.com/umanmusic
Source : reggae.fr | 2018-07-06 02:00:00.0