Photo de Pablo Moses

Pablo Moses

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Reggae
Autres informations : Biographie

Pablo Moses : discographie

Pablo Moses - The Rebirth album cover Album : The Rebirth
Année : 2010
Pablo Moses - The Rebirth (Dub Versions) album cover Album : The Rebirth (Dub Versions)
Année : 2010
Pablo Moses - In The Future + Dub album cover Album : In The Future + Dub
Année : 1998
Pablo Moses - Pave the way dub album cover Album : Pave the way dub
Année : 1998
Pablo Moses - Reggae Live Sessions Vol. 4 album cover Album : Reggae Live Sessions Vol. 4
Année : 1998
Pablo Moses - Mission album cover Album : Mission
Année : 1995
Pablo Moses - The Confession Of A Rastaman album cover Album : The Confession Of A Rastaman
Année : 1993
Pablo Moses - We Refuse album cover Album : We Refuse
Année : 1990
Pablo Moses - Live to Love album cover Album : Live to Love
Année : 1988
Pablo Moses - Tension album cover Album : Tension
Année : 1985
Pablo Moses - Reggae Greats album cover Album : Reggae Greats
Label : Mango
Année : 1984
Pablo Moses - In The Future album cover Album : In The Future
Année : 1983
Pablo Moses - Pave the way album cover Album : Pave the way
Année : 1981
Pablo Moses - A song album cover Album : A song
Année : 1980
Pablo Moses - Revolutionary Dream album cover Album : Revolutionary Dream
Année : 1975

Actualité de Pablo Moses

Tu shung Peng est une expression de patois jamaïcain pour désigner notre herbe préférée ; c'est aussi un band de reggae originaire du sud ouest parisien et fondé en 1998. Trop peu connu du grand public, le Tu shung Peng a pourtant à son actif de nombreuses collaborations avec des artistes comme U Brown, Michael Rose, Ken Boothe, Clinton Fearon et bien d'autres et un nombre incalculable de dates comme le Garance en 2010 où ils étaient le seul band français à se produire sur scène. Après quatre albums sortis entre 2006 et 2015 le groupe nous revenait le 6 mars dernier avec un nouvel opus de qualité à découvrir absolument Channel 5. Entretien avec l'un de ses membres fondateurs, Manu Humbert. Reggae.fr : Peux tu décrire ton rôle dans Tu Shung Peng ?Manu : J'ai créé le groupe avec Ras Dean qui était un ami d'enfance et batteur de 1997 à 2008. Je suis musicien au mélodica et bien investi dans la production des morceaux et la direction du projet.Peux-tu expliquer le choix du titre de l'album Channel 5 ?C'est notre 5ème album, une pépite raffinée comme un parfum de renom. Nous faisons aussi référence aux " channels " de la console de mixage bien setucirc;r et au studio Channel One...Comment avez-vous travaillé en termes de production ?Je suis parti en Jamaïque avec des riddims que j'avais sélectionnés de notre duo de compositeur Double Barrel (Berur et Mellow Mood) qui sont également musiciens de Tu Shung Peng depuis le début. J'ai proposé les riddims aux Viceroys, Bongo et Nazzleman et on a réalisé les prises de voix à Anchor Studio, Kingston. On a fait la même avec les Nucleus Roots à Manchester en Angleterre. Puis le band a ré-enregistré en live sur les voix au Wise Studio à Ris-Orangis et arrangé les morceaux. Comme sur l'album précédent, nous avons fait appel à Black Steel et Dub Judah pour les harmonies vocales de certains titres. Enfin, Fabwize a mixé l'album, Simon Capony s'est occupé du master.Et comment avez-vous collaboré avec les artistes ? Vous leur proposez plusieurs riddims ? Ils choisissent ?Généralement, on aime sélectionner les riddims pour les chanteurs afin de les emmener dans une direction. C'est ainsi que j'ai procédé pour ce projet. Les Viceroys sont les seuls à avoir choisit leurs riddims. Ils étaient passés au Wise Studio pendant un jour off de leur tournée hexagonale de 2015. Etiez vous avec eux physiquement pour enregistrer à chaque fois ? Pour les records à Kingston, oui. A Manchester, c'est Paul Lush des Nucleus Roots qui a pris le relais. Je le connais depuis longtemps et je savais que les artistes de son écurie donneraient le meilleur d'eux-mêmes !Quel est le feat dont tu gardes le meilleur souvenir ?Le titre Just can't forget de Bongo ! J'ai senti qu'il y avait quelque chose avec cette chanson dès qu'il l'a chantée a cappella. Toute la famille de Sparrow Martin chez qui je logeais à Gordon Town chantait en boucle le titre du soir au matin...Il y a aussi Message in A song, que Wesley Tinglin a fini d'écrire avec moi, au milieu de ses chèvres dans les collines de St Thomas.Je suppose que le travail avec The Viceroys est particulier dans ton esprit maintenant, puisque l'un des membres du groupe, Neville Ingram, est décédé quelques jours après que vous ayez dévoilé le titre Message In A Song ...Oui c'est comme un cycle mystique mais en même temps les gars ne sont plus tout jeunes ! Wesley Tinglin est décédé en 2018. Son compère Neville Ingram l'année suivante et la veille de la sortie du single dont il est le lead vocal... Ces artistes étaient de vrais Rastas comme on en croise peu. La vibration réelle du Rastaman ! De manière générale, qu'est ce que tu as préféré dans le processus de réalisation de cet album ?Comme souvent le travail des voix en JamaetIuml;que pour l'expérience riche qui en ressort à chaque fois, aussi bien professionnellement qu'humainement. Mais j'apprécie tout autant l'étape de la pré-production avec Mellow Mood, guitariste et boss du Wise Studio.Au contraire, qu'est ce qui t'a semblé difficile ou ton plus mauvais souvenir ?Le plus délicat pour moi a été de tomber d'accord sur la direction des mixs avec notre ingénieur du son Fabwize. Sur cet aspect le Tu Shung Peng, dont Fabwize est membre fondateur, l'a toujours suivi et poussé dans son travail du son. Il a sculpté le son qui nous est propre. Pour ma part, au fil des années et particulièrement aujourd'hui je cherche un mix au plus proche du son acoustique de chaque instrument et cet album est quand même très " produit " avec la pâte de notre sorcier frenchie... Au final, on a eu que de bons retours sur les mixs de l'album. Comment es-tu tombé dans la musique jamaïcaine ? En écoutant les LPs de Pablo Moses A Song et Aux armes etc de Gainsbourg à l'âge de 13 ans, j'ai été marqué par l'originalité des rythmiques. Puis au lycée, j'ai rencontré des passionnés du style qui collectionnaient les vinyls jamaïcains. Je suis devenu un inconditionnel et j'ai décidé d'y consacrer ma vie.Ecoutes-tu des artistes de la nouvelle génération ?Oui bien setucirc;r ! Lila Iké, Mortimer, Samory I, Chronixx, Koffee pour les jamaïcains et bien d'autres venant des etIcirc;les vierges ! Il y a de supers artistes émergeants.. Qu'est ce que tu ferais dans la vie si tu ne faisais pas de la musique ? Je pense que je vivrais au milieu des éléments en auto-suffisance. C'est peut-être ce qui m'attend pour les années à venir et n'est pas incompatible avec la musique ! C'est d'autant plus envisageable dans la crise actuelle. Ce n'est pas seulement une crise sanitaire mais aussi une crise sociale et sociétale qui remet en question bien des concepts : la bêtise humaine était de sortie ces derniers mois.... !
Source : reggae.fr | 2020-06-09 02:00:00.0
Par Jérémie Kroubo Dagnini (interview réalisée le 21 aoetucirc;t 2006) Personnage haut en couleur et incontournable de la scène reggae parisienne, le " soldat " Mushapata vient de passer l'arme à gauche. Je connaissais Mushapata depuis une trentaine d'années. Pour être exact, je l'ai rencontré pour la première fois à Reims, le 16 décembre 1994, lorsqu'il est venu se produire à la très regrettée salle de concerts, L'Usine, située au 115, rue Lesage. Par la suite, on s'est revus de manière récurrente dans différents concerts de reggae, en région parisienne la plupart du temps. En effet, dès qu'il y avait un concert à Paris ou en banlieue, Mushapata était toujours de la partie, généralement affublé d'un sac à dos contenant des CDs ou DVDs à vendre, sans parler de la weed. etAgrave; chaque fois qu'on se croisait, il me demandait systématiquement des nouvelles de Michel Jovanovic, le directeur de Mediacom Tour et co-organisateur du No Logo Festival, basé à Reims. D'ailleurs, c'est Michel, je crois, qui avait co-organisé son concert à Reims en 1994... Me sachant rémois d'origine, il espérait que je puisse indirectement relancer sa carrière en plaidant sa cause auprès du Boss. En vain. En aoetucirc;t 2006, dans le cadre de mes recherches doctorales qui donneraient ensuite naissance à mon livre, Vibrations jamaïcaines, j'ai finalement pris le temps d'approfondir la discussion avec ce militant de la première heure. Aoetucirc;t 2006, presque quinze ans déjà ! Les vacances d'été se terminaient, la rentrée se profilait à l'horizon et les rues de Paris commençaient à retrouver leur effervescence habituelle, notamment du côté de la gare de l'Est où j'avais rendez-vous avec ce fondateur de la scène reggae francophone au même titre que Savane, Azikmen, I and I, Kaya, Sixième Continent, Watch'Da, Neg'Soweto et autres Zoanet Comes. Des artistes issus majoritairement de la Caraïbe et d'Afrique noire. Apparus au tournant des années 1970-1980, ces groupes avaient pour habitude, à l'époque, d'ouvrir les concerts de stars jamaïcaines organisés le plus souvent par Simon Njonang. Dans l'interview qu'il m'accorda ce jour-là, à la terrasse d'un petit café de la rue d'Alsace, cet ancien boxeur et garde du corps de Bob Marley revint sans langue de bois sur ses débuts dans le reggae et les prémices du mouvement à Paris. Cette période peut sembler lointaine pour certains, mais elle est néanmoins primordiale pour comprendre l'histoire multiculturelle du reggae hexagonal. Ne dit-on pas qu'un homme sans mémoire est comme un arbre sans racines ? Retour donc sur cette époque charnière avec Mushapata, ce grand baobab parisien et pionnier du reggae en France qui vient de nous quitter et qui restera dans le coeur de la grande communauté reggae parisienne (voire bien au-delà), laquelle ne manquera sans doute pas, je l'espère, de lui rendre un vibrant hommage en temps voulu, un peu finalement comme l'a fait la communauté hip-hop à l'égard de Lionel D. le 12 mars dernier.D'où viens-tu et comment es-tu arrivé au reggae ?Yes ! Je viens d'Afrique, du Congo Kinshasa. Je faisais de la boxe et je suis venu en France pour poursuivre ma carrière pugilistique en professionnel. Mais là, j'ai rencontré beaucoup de problèmes, beaucoup de magouilles au niveau de la boxe et j'ai été dégoetucirc;té. J'ai fait une carrière de cent combats dont soixante combats professionnels. Mais pour des bourses minables... etAgrave; l'époque, on était seuls, on n'avait personne autour de nous, c'est plus ou moins nous-mêmes qui gérions notre carrière. Alors, mon manageur m'a trouvé un boulot dans la sécurité et au moment où Bob Marley est passé ici à Paris, au Bourget, [l'été 1980], j'ai assuré sa sécurité. Je l'ai rencontré, on n'a pas beaucoup parlé car il est anglophone et moi francophone, mais il y a eu un feeling qui est passé entre nous de manière spirituelle et c'est à partir de là que j'ai commencé à faire du reggae. J'étais le premier, ici à Paris, à faire partie du mouvement rasta. Le mouvement rasta, le mouvement reggae c'est nous avec Harry Dambala au début des années 1980. etAgrave; cette époque, Peter Tosh est même venu dans le squat où on vivait, au squat de Corentin Cariou dans le 19ème. C'était le grand squat à l'époque et il est passé par là. J'ai joué avec Toots and The Maytals, Dillinger, U Roy etc. etAgrave; l'époque, j'étais en contact avec les gens qui venaient. Il y avait Burning Spear aussi. Quand Burning Spear est venu jouer le 30 janvier 1986 à la Mutualité, concert organisé par Simon Njonang (Sim's productions), j'ai assuré sa sécurité. Pareil pour les Gladiators ; quand ils ont commencé, quand ils sont arrivés pour leur premier concert, ils n'avaient pas leurs billets retours et on mangeait avec eux dans les foyers de Sarcelles, car nous étions à Sarcelles à l'époque. C'est Simon qui les avait fait venir et moi je faisais la sécurité pour Simon ; et c'est là aussi que j'ai compris qu'avec le reggae, je pouvais faire véhiculer mon message de paix et d'unité.Quels autres groupes de reggae y avait-il à l'époque en France ?Il y avait Savane, qui était un groupe guyanais avec Junior, il y avait des gars comme Roger qui a contribué mais malheureusement il n'est plus là... il y avait Pat...il y avait Pablo Master...il y avait aussi Tonton David, mais il est arrivé après. Pourquoi as-tu choisi le reggae pour véhiculer ton message ?J'habitais au Congo, là-bas on parle swahili qui est la langue la plus parlée en Afrique. On parle swahili au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, en Gambie etc. Nous, à l'époque, on était branché anglophone, on suivait tout ce qui se passait aux etEacute;tats-Unis tels que les Black Panthers. En Afrique aussi on avait une branche Black Panthers, tu sais ! C'est à partir de là qu'on s'est aussi intéressé à la musique anglo-saxonne comme Wilson Pickett, Otis Redding, c'était notre groove. Là-bas, au Congo, il y avait aussi une musique qu'on appelait le braca (prononcer " braka "). Le braca c'était un peu comme du ska ou du rocksteady et donc quand j'ai entendu pour la première fois du reggae, ça m'a immédiatement fait penser au braca, ça m'a rapproché de mes racines. Le braca, c'était une musique traditionnelle qu'on chantait en swahili, et donc quand j'ai commencé à faire du reggae, je chantais en swahili. En fait, mon reggae c'est un mélange de braca et de reggae, de la musique africaine à la sauce jamaïcaine ! Pour moi, le braca c'est l'origine du reggae. Au Congo, je faisais de la musique et j'avais un groupe de chant, et quand j'ai entendu Bob Marley, Jimmy Cliff, Toots and The Maytals, surtout Toots and The Maytals, je me suis dit " ça c'est du braca ", parce que Toots il chantait du ska !Quels instruments utilisait-on dans le braca ?C'était de la guitare sèche et du chant, mais les frappes sur la guitare c'était comme du ska et donc proche du reggae !Quels artistes t'ont influencé ?Otis Redding, moi je faisais du Otis Redding avant. Sinon il y a eu Black Mambazo d'Afrique du Sud, le ska jamaïcain et la musique d'Afrique du Sud ça se ressemblait... Il y a eu aussi Miriam Makeba, Toots and the Maytals, U Roy, I Roy, Dillinger, Big Youth etc., tous ces toasters m'ont aussi influencé car je toaste aussi. Toi tu as commencé à faire du reggae avant des artistes comme Alpha Blondy et Lucky Dube, ou bien en même temps ?etAgrave; peu près en même temps. T'ont-ils influencé ?Non, ils ne m'ont pas influencé. Moi, je t'ai dit, c'est Black Mambazo et d'autres groupes d'Afrique du Sud, ou bien Otis Redding, Wilson Pickett, Toots and The Maytals etc.De quoi parles-tu dans tes chansons ?Moi je suis un militant soldat, je dénonce les " Buffalo Soldiers ". Je dénonce les injustices, c'est pourquoi on m'a trouvé maintes fois dans des manifestations ici à Paris. Les autres musiciens avaient peur et j'étais en avant dans les cortèges. J'ai manifesté contre les idées coloniales. J'ai manifesté lorsque Mandela était en prison, j'ai manifesté pour la libération de Mumia Abu-Jamal [un militant afro-américain injustement condamné à la peine de mort en 1982], lorsque j'étais dans les squats je revendiquais les droits des sans-papiers etc. etAgrave; Paris, c'est moi qui dénonçais les injustices que nos frères subissaient, tu vois ? C'est dans ce contexte que j'utilise ma musique pour véhiculer mon message. Mais il faut qu'il y ait plus de solidarité alors qu'ici, aujourd'hui, les Blacks ils sont éparpillés. Dans les années 1980, on était ensemble, il y avait des journaux, des magazines pour la communauté comme Afrique Antilles, on se côtoyait, on était unis, quoi ! Alors que maintenant, la nouvelle génération n'est pas unie. C'est dommage qu'ils soient divisés, c'est pourquoi mon message c'est l'UNITE. Tu sais, j'étais l'un des premiers à dénoncer la condition des Noirs, je dénonçais aussi la guerre du Golfe, je dénonçais la condition des Noirs en Afrique où les étrangers comme les Chinois s'enrichissent alors que les Noirs n'ont rien, j'étais le premier à dénoncer aussi l'esclavage qui continue en Mauritanie et au Soudan, l'assassinat de Patrice Lumumba, la vache folle, ils nous volent notre pétrole etc... Il faut continuer de dénoncer et s'unir, nous les BLACKS. Ce côté militant t'as-t-il créé des problèmes que ce soit en Afrique ou en France ?etCcedil;a m'a créé des problèmes en Afrique. Lorsque je suis venu en France, je prônais le panafricanisme et mon premier album c'était Saba-Saba Fighting avec Lumumba, Steve Biko et George Jackson des Black Panthers en couverture. etAgrave; l'époque, c'était Mobutu au pouvoir au Congo et je ne pouvais pas rentrer au pays puisqu'il était impliqué dans l'assassinat de Lumumba. Ici, en France, j'ai ensuite sorti un 45T " Chatelet-les-Halles " qui m'a aussi créé des problèmes. C'était à l'époque du terrorisme et je parlais de nos conditions de victimes. Je chantais " Un coup de sifflet, j'ai vu débarquer les keufs. Papiers fouillés, on s'est retrouvé à poils. Ils cherchaient des terroristes, mais moi je suis touriste, un peu artiste... ", je disais que c'était eux les " terroristes ". etAgrave; cause des messages dans mes textes, je n'ai pas eu de distributeurs, ils avaient peur et disaient " on ne veut pas de ta musique elle est trop militante... ", même Alpha Blondy que j'ai vu et qui faisait un concert à l'époque, je lui ai dit " Alpha Blondy ! Essaye de me faire jouer, parles-en à ton producteur... ", mais il m'a répondu " Oh non! Mon frère, j'ai vu ta photo avec les flics su