Tiken Jah Fakoly

Origine : Côte d'Ivoire
Instrument :
Styles : Reggae
Site Officiel : Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly : discographie

Tiken Jah Fakoly - Alerte album cover Album : Alerte
Année : 2012
Tiken Jah Fakoly - African Revolution album cover Album : African Revolution
Année : 2010
Tiken Jah Fakoly - Le Cameleon album cover Album : Le Cameleon
Année : 2008
Tiken Jah Fakoly - Tiken Jah Fakoly Live a Paris album cover Album : Tiken Jah Fakoly Live a Paris
Année : 2008
Tiken Jah Fakoly - L'Africain album cover Album : L'Africain
Label : Barclay
Année : 2007
Ref : CD 530 130-6
Tiken Jah Fakoly - Coup de gueule album cover Album : Coup de gueule
Label : Universal
Année : 2004
Tiken Jah Fakoly - Françafrique album cover Album : Françafrique
Année : 2002
Tiken Jah Fakoly - Cours d'histoire album cover Album : Cours d'histoire
Année : 1999
Tiken Jah Fakoly - Mangecratie album cover Album : Mangecratie
Label : Blue Silver
Année : 1996
Tiken Jah Fakoly - Missiri album cover Album : Missiri
Année : 1994
Tiken Jah Fakoly - Djelys album cover Album : Djelys
Année : 1993
Tiken Jah Fakoly - Les Djelys album cover Album : Les Djelys
Année : 1993

Actualité de Tiken Jah Fakoly

C'était déjà la 22ème édition du Reggae Sun Ska ! Le festival en a connu des péripéties en plus de vingt ans d'existence. Après de nombreux déménagements, l'équipe semble enfin avoir trouvé le lieu parfait pour s'installer durablement sur ses chères terres médocaines. De retour à un évènement à taille humaine (on est loin des 80 000 personnes accueillies en 2012), le Sun Ska n'en est pas pour autant affaibli. Cette année, ce sont 27 500 fans de musique qui se sont préssés sur le site du Domaine de Nodris à Vertheuil pour profiter de trois jours de concerts et d'une ambiance unique. Des animations en tous genres sont venues égayer le quotidien des festivaliers qui avaient le choix entre la grande scène One Love et l'espace Dub Foundation pour satisfaire leur soif de son...C'est la sono des locaux de Kaya Natural Sound System qui accueille les premiers festivaliers dans le Sun Ska Village à l'entrée du camping. Elle résonnera pendant trois jours en journée et en after à la fin des concerts avec une multitude de surprises, selectors et MCs venus d'ici et d'ailleurs prêter main forte à la team bordelaise. Des bonnes vibes roots et culture, rub-a-dub et dub ! Parfait pour se mettre en jambe !Côté Dub Foundation, la sono de Sinai Sound System est aussi en place pour tout le week-end. Les Anglais sont venus équipés de 12 basses hyper efficaces formées en trois murs. Côté sélection, les membres de Sinai ne ménagent pas les festivaliers et n'hésitent pas à jouer des grosses prods digital et stepper dès les premières heures d'ouverture. Particulièrement respectueux, ils feront même quelques clins d'oeil à la scène dub bordelaise en jouant notamment des dubplates de Wandem Sound et de sa fameuse Hornsmen Section. On avait l'habitude de voir Legal Shot sonoriser cet espace depuis plusieurs années et on peut dire qu'on ne perd pas au change. L'équipe de Sinai restera tout aussi professionnelle que ses collègues rennais durant les trois jours de festival, accueillant un line-up très varié...Le tout jeune Bisou incarne d'ailleurs cette diversité. Son univers electro dub planant emporte les quelques danseurs déjà présents dès l'ouverture du site.Sur la scène One Love, c'est Booboo'zzz All Stars qui ouvre les festivités. Les musiciens bordelais sont venus avec une belle équipe composée de Max Livio, Joss Bari, Naeteuml; et bien setucirc;r Wyman Low, frontman du groupe. Du reggae, de la soul, de la pop, des pull-ups, de la bonne humeur, des voix puissantes, de belles reprises... Tels sont les ingrédients de la team qui colle le smile au public et lui retire rapidement sa timidité !Pas de deuxième grande scène cette année au Sun Ska. On revient à un rythme moins soutenu, avec des pauses, des temps calmes, de quoi profiter pour s'alimenter, visiter les stands, se reposer les oreilles ou danser sur les sélections de Rezident et Selecta Antwan perchés au-dessus de la régie pendant les changements de plateaux. Un rythme plus lent qui n'est pas pour nous déplaire à l'heure où tout s'accélère... Les fans de hip-hop s'enjaillent ensuite sur les délirants Cabalero et Jeanjass quand les amateurs de dub et de reggae digital se pressent côté sound system pour profiter du superbe plateau proposé par la team Brigante Records. Pendant près de quatre heures, Supa Mana, Atili et Higher Light se succèdent aux platines, jouent des prods, des dubplates et servent des riddims à Green Cross, Prendy, Adam Paris ou encore l'incroyable G Rhyme, un tout petit Anglais à l'immense talent qui en aura bluffé plus d'un durant tout le week-end, s'invitant en freestyle ici et là !Depuis toujours le Reggae Sun Ska ouvre sa prog à d'autres styles musicaux et la grande Calypso Rose en est la preuve. Quel bonheur de voir cette dame au sourire charmeur et à l'énergie débordante se dandiner sur scène au son de la musique de son île, Trinidad et Tobago. La protégée de Manu Chao amène une ambiance unique sur le site du Sun Ska. Chaleur et bonne humeur ; la fougue de la chanteuse est contagieuse et le public fond littéralement à l'écoute de son tube Calypso Blues. Musique des Caraïbes proche du mento (la première musique jamaïcaine, ancêtre du ska), le calypso avait bien sa place dans un festival reggae !Ce vendredi, les légendes sont de sortie au Sun Ska. Tiken Jah Fakoly emboîte le pas à la grande dame de Trinidad et prend la scène comme à son habitude. De long vas-et-viens d'un côté à l'autre de la scène armé du bâton qu'il arborait fièrement sur la pochette de son album Racines. Tiken est toujours aussi énergique sur scène et le public reprend en choeur ses classiques de l'époque tout en profitant des morceaux de son nouvel album Le monde est chaud sorti en juin.Vient ensuite LE moment que beaucoup attendaient avec impatience : le premier concert de Buju Banton sur le sol français depuis sa libération de prison en décembre 2018. Cela faisait dix ans que Gargamel n'était pas venu chez nous. Un rendez-vous immanquable pour les fans de l'artiste qui étaient visiblement au rendez-vous. Après une intro du Shiloh Band sur Carmina Burana, Buju entonne Our Father a capella depuis les loges. On constate de suite que sa voix est impeccable ! Il débarque ensuite tranquillement sur Destiny et déroule une set-list impressionnante ! Not An Easy Road, Give I Strength et Hills And Valleys suivent avant de laisser place à un segment ska tonitruant avec l'énorme Mighty Dread et le tout aussi excellent Better Must Come. L'attitude de Buju sur scène n'a pas changé. Physiquement très énergique mais vocalement peu présent, il laisse beaucoup de place à ses choristes et musiciens. On aime ou on n'aime pas ! On aurait aimé l'entendre un peu plus chanter ses classiques mais la joie de le revoir sur scène l'emporte sur la déception. Le segment dancehall met d'ailleurs tout le monde d'accord avec les indémodables Bongo Cart, Sha La La, Batty Rider, Too Bad et bien setucirc;r Champion tous enchaînés beaucoup plus rapidement que les titres précédents. Le Banton communique très peu, sa présence scénique parle d'elle-même. Après un gros quart d'heure d'énergie pure, l'ambiance retombe sur l'émouvant Untold Stories avant une fin de concert exceptionnelle. Wanna Be Loved, Love Sponge, Driver et enfin Murderer ont tous droit à un pull up ! Le show se termine comme il avait commencé, sur Our Father avant que Buju Banton ne nous remercie pour notre patience. On aurait aimé entendre les nouveaux tunes Country For Sale et Steppa, mais les hits de l'artiste sont trop nombreux par rapport au temps de scène qui lui est alloué. Pas grave ! Buju est de retour et on était là pour assister à ça. Le Sun Ska vient de vivre un moment historique soyons-en setucirc;rs.
Source : reggae.fr | 2019-08-16 02:00:00.0
Troisième et dernier jour de ce deuxième Bagnols Reggae Festival. Les sourires sont encore sur les visages de l'équipe organisatrice et du public malgré le temps qui se gâte. Quelques gouttes de pluie viendront légèrement perturber le déroulé de la soirée sans pour autant décourager le public venu beaucoup plus nombreux que les deux soirs précédents. Ce samedi soir c'était place aux légendes jamaïcaines, aux plus grosses têtes d'affiches du festival et à deux belles exclusivités...Petit retour dans les années 60, aux fondations de la musique jamaïcaine avec les Skatalites ! Quand un groupe comme celui-là est chargé d'ouvrir les hostilités, on sait qu'on peut s'attendre à une très grosse journée. Vin Gordon est au trombone, les classiques fusent et la chanteuse Doreen Shaffer rejoint rapidement la formation pour quelques titres dont un superbe clin d'oeil aux Wailers avec Simmer Down. Stranger Cole lui emboîte le pas avec un nombre incalculable de standards. Rough et Tough, Bangarang, When I Call Your Name... La justesse n'est pas toujours au rendez-vous mais on pardonne aisément Stranger, l'un des artistes jamaïcains les plus âgés encore en activité, toujours très énergique. Chapeau !Si l'Afrique sera mise à l'honneur plus tard sur la scène avec Tiken Jah Fakoly, elle l'est dès le début de la soirée côté sound system avec l'équipe d'Amoul Bayi Records. Fabyah, un Français installé au Sénégal, s'occupe de la sélection et sert des instrus roots et stepper à Saah Karim et Galas. Les deux chanteurs originaires de la Gambie et du Sénégal sont particulièrement complices et complémentaires. Une parfaite entrèe en matière avant les sets plus énervés de Dawa Hi Fi et Parly B et d'Iration Steppas plus tard dans la nuit. Accompagné de Macky Banton au toast, Mark Iration livrera une sélection très roots sans manquer d'énergie. On retiendra des dubplates impressionnants de Michael Prophet ou Sizzla (l'incroyable Like Mountains) ou encore un mix exclusif du Victory de Dubkasm ridé à la perfection par le vétéran Mike Brooks qui prendra par la suite le micro aux côtés de Blackboard Jungle pour la clôture du festival.Légende encore sur la grande scène ! Horace Andy se produit avec Mafia et Fluxy au backing-band formule ultra-réduite. Basse, batterie, clavier et trombone. Mais ça suffit ! Sleepy déroule les tubes remarquablement backé par le duo anglais. Money Money, Skylarking, Man Next Door, Fever... Horace Andy n'a que 45 minutes de set, mais il prend son temps sur les titres et les pull ups s'enchaînent.Mafia et Fluxy restent sur scène, le tromboniste s'enfuit et c'est à trois qu'ils s'occupent du cas d'Eek A Mouse. Le géant jamaïcain, particulièrement rare en France, a le sourire et lance des "Viva la France" à tout va. C'est d'un style très décontracté, coiffé d'un chapeau et d'une cape, qu'il enchaîne ses tubes Virgin Girl, Rude Boy Jamaican (d'une voix tellement grave !!), Ganja Smuggling, No Wicked Can't Reign (très belle ouverture de show) et bien setucirc;r l'immense Wa Do Dem (très belle fermeture). Mouse ne force pas, mais quel plaisir d'entendre ses titres en live pour la première fois pour beaucoup de gens présents ce soir-là.C'est ensuite au tour de Third World. Cat Coore, Richard Daley et leur bande sont toujours de véritables virtuoses de la musique. On passe de titres très pop à du reggae hardcore. Now That We Found Love contraste avec Reggae Ambassadors, mais le show est d'une précision hors du commun. AJ Brown s'en sort très bien au chant. Sans chercher à imiter Bunny Rugs, il parvient à transmettre l'émotion des titres originaux du groupe qui fête cette année ses 45 ans d'existence. Cat Coore nous offre comme à son habitude ses petits solos de violoncelle et nous surprend même à entonner le tune dancehall The Mission de Stephen et Damian Marley avant de glisser vers Redemption Song. On a droit à quelques titres du prochain album dont les singles Loving You Is Easy et Na Na Na. Third World a encore fait forte impression ce soir-là. Qui en aurait douté ?La pluie s'est abattue sur le Parc Arthur Rimbaud pendant le concert de Third World, mais la foule est restée compacte jusqu'à l'arrivée de Tiken Jah Fakoly. Les fans du chanteur ivoirien étaient de sortie ce soir. Le public restera au sec tout le long de sa prestation, remplie d'énergie et de messages forts. Tiken continue de prêcher pour le continent africain avec ses classiques, mais s'ouvre à de nouveaux thèmes avec les titres de son nouvel album Le monde est chaud. L'homme a encore des choses à dire et c'est toujours un plaisir de le retrouver sur scène.Vient ensuite le moment que beaucoup attendaient... Le crew du film Rockers débarque aux côtés du We The People Band sur une scène embellie d'un backdrop signé Fluoman. Leroy "Horsemouth" Wallace, Kiddus I, Big Youth et le trio Kush'Art s'installent tous ensemble sur scène et font quelques pas de danse pendant le titre Man In the Street, l'instrumental qui sert d'intro au concert. Les passionnés savourent et les moins aguerris découvrent, mais tout le monde est conscient d'assister à un moment unique. Première surprise : Horsemouth n'est pas à la batterie. Il harangue la foule aux côtés de ses collègues qui entonnent l'hymne Satta Massa Gana en l'absence de Bernard Collins des Abyssinians (malade) avant que Big Youth ne nous serve son superbe I Pray Thee sur la version. Big Youth, Horsemouth et Kiddus disparaissent ensuite pour laisser Kush'Art et Lloyd Parks reprendre quelques titres d'artistes décédés ayant participé à la bande-originale comme Slave Master de Gregory Isaacs ou Police And Thieves de Junior Murvin. Quelques approximations sans doute dues à un manque de répétitions (il s'agit du tout premier show en Europe !) n'empêchent ni les artistes ni le public de prendre du plaisir. Kiddus I revient ensuite sur le mythique Graduation in Zion et fait des clins d'oeil à Peter Tosh (Stepping Razor) et Justin Hinds (Natty Take Over). Big Youth fait aussi son retour pour quelques titres dont Every Nigger Is a Star et Hit the Road Jack et Horsemouth refait finalement surface pour chanter l'émouvant Jah No Dead de Burning Spear. Comme dans le film, il l'entonne a capella sur fond de bruit de vagues... Il s'installe enfin derrière les fetucirc;ts pour interpréter Rockers de Bunny Wailer. A partir de ce moment-là, le concert prend une tournure un peu spéciale. On sent que quelque chose ne va pas. Et pour cause, l'horaire de fin du festival est dépassé de 40 minutes ! L'équipe de Rockers est interrompue brutalement nous empêchant de profiter d'un final qu'on espérait grandiose.Malgré cette fin de festival en demi-teinte, on repart de Bagnols sur Cèze avec ce sentiment d'avoir profité d'un moment exceptionnel. Les légendes jamaïcaines continuent de nous faire rêver et heureusement que l'équipe du Bagnols Reggae Festival est encore là pour proposer une programmation comme celle-là. Une programmation inédite, différente des autres festivals et respectueuse des fondations de la musique jamaïcaine. Le rendez-vous est pris pour l'année prochaine du 23 au 26 juillet avec cette fois quatre soirs de concerts !Lire nos reports du JOUR 1 et du JOUR 2.
Source : reggae.fr | 2019-08-01 02:00:00.0
Depuis déjà plus de vingt ans, Tiken Jah Fakoly est le porte parole du peuple africain face à la corruption, les guerres, le dictat de l'argent et l'inconscience écologique. Avec son tout nouveau projet Le monde est chaud sorti le 17 mai dernier, il poursuit son engagement au coeur même de son pays d'origine qu'il met à l'honneur. C'est en effet à Abidjan aux côtés de musiciens locaux que fut enregistré le projet.L'artiste crée un album d'une grande authenticité ancré dans la culture africaine en mêlant les ingrédients traditionnels du reggae / basse, cuivres et choeurs / à de frais et entraînants rythmes africains au son de la kora ou du n'goni. C'est cette pureté de la vibe africaine que l'on savoure dans Lybia et No No No ou encore l'envoetucirc;tant Kodjougou sur lequel le chant de l'artiste dans sa langue natale nous embarque dans un beau voyage.Tiken dénonce toujours aussi énergiquement la corruption, la suprématie du système occidental et prône l'union des différentes nations africaines. L'urgence climatique est aussi abordée avec etEacute;cologie et Le monde est chaud en featuring avec Soprano qui nous rappelle la belle collaboration de 2007 Ouvrez les frontières. Le dansant Ngomi est des plus appréciables de l'album. Un texte très introspectif où l'artiste se compare à une galette grillée de sa région pour illustrer allégoriquement sa carrière et les difficultés connues par la communauté rasta ivoirienne en proie à la barbarie gouvernementale. On retrouve un artiste touchant, usé certes, mais pas prêt à stopper le combat. Une façon élégante de lancer un " ils ne m'auront pas " aux dirigeants lui faisant subir censure et annulations de concerts. Enfin c'est tout son amour pour la beauté de son continent que l'on retrouve dans We Love Africa.Quelle que soit la langue choisie, Doumia Fakoli, ce prophète du XXIe siècle, porte merveilleusement le flambeau de l'Afrique et des valeurs reggae. Le monde est chaud est moderne, vivant, combattant et plein d'espoir au très bel alliage instrumental. Et pour ceux qui auraient encore soif de chants engagés de notre icône du reggae africain, d'autres titres sont attendus en aoetucirc;t ; restez donc à l'affetucirc;t !Tracklist :01. Le monde est chaud feat. Soprano02. Pourqoui nous fuyons03. No No No04. Lybia05. etCcedil;a vole06. Dieu nous attend07. Kungo08. We Love Africa09. Kodjougou10. Ngomi11. Rasta12. etEacute;cologie
Source : reggae.fr | 2019-06-19 02:00:00.0
Manjul a grandi à Paris où il découvre la musique en apprenant le violon. Très jeune il rencontre le reggae et le Rastafarisme, et devient peu à peu multi instrumentiste (percus nyabinghi, basse, claviers...) tout en apprenant le métier d'ingénieur du son. Il part ensuite vivre à Mayotte où il fonde le groupe Humble Ark Band, et c'est quelques années plus tard en s'installant à la Réunion qu'il monte son premier studio (le Humble Ark) où il enregistre (entre autres) Indian Ocean In Dub Fight 1, une compilation de dubs réalisés avec des artistes issus de tout l'Océan Indien. En 2001, il déménage au Mali où il remonte le Humble Ark Studio ; viendront ensuite des dizaines de collaborations avec des artistes comme Takana Zion, Tiken Jah Fakoly, Sugar Minott, Natty Jean ou Danakil. En 2005 Manjul sort Dub To Mali, un projet qui réunit sa passion du reggae et son amour pour l'Afrique. L'album sera suivi d'un second opus en 2007 et le producteur nous présente aujourd'hui le troisième volet (accompagné d'une réédition des deux premiers au format vinyle).C'est donc dans un univers bien à lui, fait d'une fusion entre reggae, dub et musique africaine que va nous amener Manjul ; et ça démarre fort avec Where is Manjul, parfaite introduction mêlant à merveille dub poetry, chant traditionnel africain et cuivres sur un gros riddim roots. On découvre ensuite Oh Mali, une déclaration d'amour faite par Manjul à son pays d'adoption sur un gros dub où il partage la vedette avec des solos de percussions et quelques notes de cuivres. Les riddims sont riches et travaillés à souhait, tellement que même après plusieurs écoutes vous découvrirez toujours un nouveau détail qui vous avait échappé. Le meilleur exemple est setucirc;rement le sublime Chaque saison a sa raison, un instrumental où les fletucirc;tes, les cordes et les percussions continuent encore de nous surprendre.Au milieu de ces morceaux tous plus soignés les uns que les autres, on a particulièrement aimé If You Don't Feel No Pain - dont le riddim nous fait penser aux lives dub de groupes come High Tone ou Improvisators Dub - ou encore Dub For the Miniamba (chanté par Tenin Massaran Kouyaté) grâce auquel il vous suffira de fermer les yeux pour être transporté directement en Afrique de l'Ouest. C'est sur un dub du riddim composé par Manjul pour Natty Jean et son Santa Yalla il y a quelques années que va se conclure ce bel album (Emperor). Une instru toujours aussi soignée et pleine d'effets sur laquelle le producteur rend hommage à Sa Majesté Haïlé Sélassié en guise de générique de fin.Avec Dub To Mali vol.3, Manjul nous offre une fois de plus une formidable plongée dans son univers qu'on aime tant, inspiré autant par le reggae jamaïcain et le rastafarisme que par la musique traditionnelle et le mysticisme africains et avec toujours le même souci du détail. On en redemande.Tracklist : 1. Where is Manjul2. Oh Mali3. Guede Dub4. Tounka5. If you Don't Feel no Pain6. Dub for the Miniambia7. Dub Music ( Coming in, Coming out) 8. Sougouniambe9. Bana Magni10. Real Hot 11. Timbuktu12. Ba Dji13. Afreecan adventurer14. Chaque Saison Sa Raison 15. Politricks16. Les Hommes de main 17. Emperor bacoshop.fr/etiquette/manjul-vinyle-frsmarturl.it/DubToMali3
Source : reggae.fr | 2019-06-17 02:00:00.0
L'artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly vient de lancer son nouvel album "Le Monde est chaud". Un nouvel opus dans lequel le reggaeman panafricaniste, s'engage pour la lutte contre le réchauffement climatique.
Source : dw-world.de | 2019-05-29 10:45:00.0
Cela faisait un petit moment qu'on n'avait pas entendu parler de Jerry Julian, mais il est bien de retour cette année avec un nouvel album baptisé Hope. Avec cet opus l'artiste originaire de l'île caribéenne de la Dominique multiplie les couleurs musicales et oscille entre reggae roots, jazz et soul. Jerry Julian n'en est pas à son coup d'essai. Dès son arrivée en France dans les années 90, il crée son premier groupe reggae, Natural Gift, qui eut son heure de gloire dans le sud de la France. Il s'installe ensuite en Amérique du Sud où il collabore avec les deux groupes Panama Red et Dub Proyecto en Colombie, en etEacute;quateur ou encore au Costa Rica. Il part ensuite pour l'Asie, au Népal plus précisément, où il commence à écrire et expérimenter sur scène les premières chansons de son premier album solo, Smile, sorti en 2009.Pour ce nouvel album, produit par Stef Cavin (clavier de Dub Akom) pour le label 20K Records, on retrouve aux choeurs Sista B et Ludo N'Hollé, le batteur de Tiken Jah Fakoly. Certains membres de Dub Akom participent aussi au projet et sont d'ailleurs à l'origine du riddim du cinquième track de l'opus. Jerry Julian nous surprend avec un reggae roots mélangé à des sonorités modernes (vocoder, trap), jazz et soul qui donnent une profondeur inattendue à cet album. L'album débute avec Praise Jah. Un sublime morceau qui s'ouvre avec un solo de clarinette aérien et profond, puis laisse place à des sonorités électroniques puissantes, une basse grasse et ample, une rythmique implacable. On poursuit avec un morceau qui porte bien son nom. I Love The Roots est un pur reggae roots accompagné d'une section cuivres ronde et des interventions de guitares électriques efficaces sur lequel Jerry Julian nous compte son amour pour le reggae. Pour le troisième titre de l'album, Heartical Feeling, le chanteur fait une nouvelle fois le choix d'utiliser du vocoder pour un tune entraînant et joyeux influencé par la soul. L'album se poursuit avec une chanson pleine d'amour nommée Everyone Needs Some Loving. Le riddim sonne très reggae 80's toujours accompagné d'une section cuivres avec ce son à la fois tranchant et rond. En fond, on peut entendre la voix de Sista B qui amène de l'aspérité au titre. Le cinquième tune de l'album, Changes in my Life, est un reggae roots précis, efficace, presque envoetucirc;tant grâce à la combinaison basse-batterie. L'artiste de la Dominique nous y raconte les changements que la musique a amenés dans sa vie et son parcours personnel. S'ensuit Harvest Time, un morceau acoustique parfaitement mené et ponctué d'interventions à la trompette. Heaven Can't Be Lies et Secrets of the Night sont deux tunes qui nous font voyager dans un univers plus tourné vers le funk et le disco, qui nous donnent envie de nous déhancher toute la nuit. Le neuvième track nous ramène dans des sonorités purement reggae. On retrouve un solo de toute beauté à la clarinette. L'avant dernier titre, Welcome Home to Africa, annonce clairement la couleur : Jerry Julian invite chaque Africain à revenir sur le continent. On termine l'opus avec le titre éponyme de l'album, une parfaite conclusion avec un riddim reggae trap et une voix passée sous vocoder qui amène de la fraîcheur au morceau.Jerry Julian fait son retour en beauté avec un nouvel album efficace, puissant, et surtout hautement intéressant avec ce mélange entre reggae roots et vocoder. L'artiste fait un retour très réussi qui risque de faire parler de lui. Tracklist :1. Praise Jah2. I Love the Roots3. Heartical Feeling4. Everyone Needs Some Loving5. Changes In My Life6. Harvest Time7. Heaven Can't Be Lies8. Secrets Of The Night9. Love Will Be There10. Welcome Home To Africa11. Hope
Source : reggae.fr | 2019-04-29 02:00:00.0
Même s'il est moins connu que ses confrères francophones tels que Naâman, Biga Ranx ou Vanupié, le jeune Filentre est tout aussi talentueux. C'est ce qu'il nous prouve une fois de plus avec son nouvel album baptisé Inou Wali, qui signifie " merci " en soussou, la langue de Guinée. Trois ans après son EP Homme Libre, c'est avec plaisir que nous accueillons ce nouveau projet, bel hommage à l'Afrique - terre d'accueil de l'artiste montpelliérain depuis de nombreuses années - à ses peuples, à sa diversité, à sa beauté, à son âme, à la gentillesse de ses habitants, à ses luttes, à sa tristesse, à sa détresse. Filentre dépeind aussi l'Afrique comme source d'inspiration, comme espace de paix et de vivre ensemble, accompagné de sonorités hybrides, entre reggae roots profond et mélodies ancestrales africaines. Cet album est avant tout un pont jeté entre deux continents, une histoire commune et partagée, d'hommes et de femmes qui se lèvent, se battent et ne baissent jamais les bras pour créer un avenir meilleur.Enregistré dans le studio du virtuose Manjul, le Humble Ark au Mali, l'opus accueille des invités de premiers choix : le très grand Tiken Jah Fakoly, mais aussi le Guinéen Takana Zion et l'un des maîtres de la kora, le seul et l'unique Sidiki Diabaté. On ouvre l'album avec un morceau plein d'espoir nommé Continue le combat posé sur un riddim roots totalement envoetucirc;tant. Sur La marche, Filentre et Tiken défendent les peuples africains face à l'injustice, la misère, l'oppression, l'impérialisme occidental et la corruption de leurs chefs d'Etats. Filentre s'essaye ensuite avec brio à l'anglais sur Little Song, un son plutôt tranquille qui pointe du doigt les bienfaits du reggae et son pouvoir de nous rendre heureux.Le quatrième titre de l'opus, Un monde entier, est un tune enjoué porté par un texte conscient qui nous parle de l'importance de partir à la découverte de notre Terre, afin de s'enrichir, de s'ouvrir et d'appréhender le monde dans sa diversité. Le titre suivant, Là-bas, nous décrit les rêves de la jeunesse africaine qui souhaite s'exiler vers l'Europe pour avoir une meilleure vie et pouvoir construire une vie " Là-bas ". Mais comme le dit Filentre dans sa chanson, les choses ne se passent pas toujours bien entre les dangers de la route ou les rêves qui se brisent au coeur de l'océan. On poursuit avec le sublime Seulement vivre. Avec ce morceau, le chanteur nous amène dans un univers acoustique, porté par un texte puissant qui compte l'histoire d'un homme qui repense à sa vie, à sa famille, à ses rêves alors qu'il est en train de sombrer dans cette mer de malheur.De là-haut offre quant à lui un voyage poétique, tant grâce au texte qu'aux instruments sublimés par le très grand Sidiki Diabaté et son jeu si féerique. Un titre propice à la rêverie. Avec Sadness, Filentre revient à l'anglais sur un titre roots à l'atmosphère plutôt mélancolique. Arrive ensuite le duo avec Takana Zion, Humain, qui traite des moyens d'entraide, des solutions pour changer notre monde et faire avancer la condition humaine. L'opus se clôture avec Inou Wali en parfaite conclusion.Filentre nous compte une terre faite de multiples contrastes, de combats, d'engagements, d'entraide et de partage en signant un sublime album qui nous amène au coeur d'un voyage poétique et musical entre l'Afrique et l'Europe, loin des sentier battus. Tracklist :1 Continue le combat2 La marche feat. Tiken Jah Fakoly3 Little Song4 Un monde entier5 Là-bas6 Seulement vivre7 De là-haut8 Sadness9 Humain feat. Takana Zion10 Inou Wali
Source : reggae.fr | 2019-04-01 02:00:00.0
Le public français l'a découvert aux côtés de Danakil. En quelques années, Natty Jean s'est imposé comme un membre à part entière du groupe tout en développant doucement mais setucirc;rement sa carrière solo. Six ans après son premier album, Santa Yalla, le Sénégalais fait enfin son retour avec un album engagé et mature aux couleurs africaines bien setucirc;r, mais aussi urbaines. Natty nous en parle avec fierté et enthousiasme...Reggae.fr : Pourquoi avoir choisi d'appeler ton album Imagine ?Natty Jean : Je l'ai appelé Imagine parce que pour moi c'est un peu le fruit de l'utopie de la situation actuelle. Je parle un peu de l'Afrique, de sa relation avec l'Europe, de tous ces paradoxes et tout le contraste qu'il y a autour de ça. Je parle aussi de la vie du reste du monde. L'Afrique est l'un des continents les plus riches naturellement parlant grâce à ses ressources et en même temps il reste le plus pauvre sur le plan économique. On ne se doute pas qu'il y a un problème. Moi en tant qu'artiste africain, mon engagement est là pour porter de l'espoir aux Africains et pour taper du poing sur la table pour dire qu'on en a marre de cette situation.Cet album est un peu à l'inverse des schémas dominants dans les grands médias. Tu nous exposes une Afrique rêveuse, créative, innovante, autonome. Pourquoi selon toi on ne met jamais ces aspects-là en avant ?Je ne sais pas. Je constate comme vous que, justement, on ne met jamais vraiment les avantages de l'Afrique en avant. Nous en tant qu'Africains, on est obligés de se souder pour avoir une force et pouvoir se faire entendre. Pour moi, le combat commence par là. Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force, car tant que l'Afrique sera désunie, on ne pèsera pas dans la balance. Aujourd'hui on est dirigés par l'Europe, je ne vais pas refaire l'histoire mais on voit très bien que nous ne sommes pas indépendants financièrement, on a encore le Franc CFA par exemple. Tant que toutes ces choses-là ne seront pas réglées, on ne pourra pas avancer. Aujourd'hui ça arrange beaucoup de pays comme la France que l'Afrique soit soumise comme ça, parce qu'ils peuvent venir faire leur business là-bas et ramasser encore plus d'argent. On sait très bien qu'il y a beaucoup de sociétés françaises qui saisissent des ressources naturelles et qui repartent dans une impunité totale. Ils exploitent l'Afrique sans payer. Je me considère comme un artiste engagé mais je n'ai pas forcément envie de ne parler que des côtés négatifs ; il y a aussi beaucoup de belles choses en Afrique et le but c'est aussi de démontrer ça dans l'album. Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour.L'immigration est un sujet très présent sur cet album. Principalement sur le morceau Imagine, où tu expliques que le rêve européen se transforme très vite en cauchemar. D'après toi, comment rétablir la vérité sur la situation des Africains qui viennent s'installer en Europe ?Je ne veux pas avoir la prétention d'avoir une solution pour tout ça, mais j'essaye de donner la réponse en musique. Les gens ne veulent ni en parler ni en entendre parler. Je pense que tout le monde est conscient de la situation, mais personne ne fait rien. Aujourd'hui tout le monde est au courant de ce qui se passe, on va tous sur internet, on voit tous ces morts africains, ces corps qu'on ramasse à la pelle sur les côtes de Lampedusa en Italie. Mais qui propose quelque chose de concret ? Moi je parle de la France depuis tout à l'heure parce que depuis huit ans, je vis ici et je passe plus de temps en France qu'au Sénégal, mon pays. Aujourd'hui je peux dire ce qui se passe parce que je le vois très bien. Je passe tous les jours devant Calais et je vois la situation des migrants. Je les vois et je me dis que c'est incroyable. Comment les gens peuvent-ils être abandonnés comme ça dans des taudis ? Quand on fait un saut dans l'histoire et qu'on voit que ces gens sont venus en France pour survivre et qu'aujourd'hui la France les laisse mourir de faim moi je trouve ça scandaleux. "Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force" A travers cet album, tu prônes aussi un retour en terre natale, une reconstruction de l'Afrique par la jeunesse, d'ouvrir les yeux sur la situation de plus en plus catastrophique, n'est-ce pas ?Moi je pense que ça fait partie des solutions pour que l'Afrique soit indépendante parce qu'on sait qu'à travers le monde il y a des Africains qui font de grandes choses. Que ce soit dans l'art, dans la culture ou dans la science, il y a toujours des Africains qui font avancer le monde. On a besoin que ces Africains reviennent en Afrique pour qu'ils fassent avancer notre continent. Nous sommes tous conscients de ça, c'est juste que des fois puisque la situation est très difficile en Afrique il faut qu'on arrive à donner envie aux gens. Il faut que moi et d'autres dans la musique on arrive à faire passer le message. J'ai beaucoup de respect pour Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly, même si je pense que je me démarque vis-à-vis d'eux dans la fraîcheur musicale. Ce sont des papas et des référents pour moi. Je suis dans la continuité de ces artistes-là. Au début j'étais très réticent par rapport à l'idée de toujours faire passer le message de l'Afrique, mais maintenant j'ai compris que les Français n'étaient pas au courant de la politique qui a été menée en Afrique. Je pense qu'ils ne se sont pas rendus et ne se rendent toujours pas compte de tout le mal que leur pays a fait à l'Afrique. J'ai compris ça en vivant ici et en échangeant avec les gens qui sont là. Il fallait que je fasse passer le message dans mes chansons.Au final c'est un message d'espoir ?Bien setucirc;r, toujours. Comme mon premier album. On a toujours besoin de ça. On a besoin de rêver et de dire qu'une Afrique meilleure est possible.Ton engagement rappelle bien setucirc;r Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy que tu as cités. Tu te sens proche d'eux ?Oui bien setucirc;r, mais quand je parle de fraîcheur c'est parce que je ne suis pas connu comme eux. Ils ont déjà eu une carrière et n'ont plus rien à prouver. Moi j'ai encore du taf ! Quand tu regardes aujourd'hui le reggae africain on n'en a pas dix milles à la hauteur de Tiken Jah Fakoly ou Alpha Blondy. Il n'y a pas d'ouverture ni de moyens, alors on ne voit pas les autres petits artistes qui ont autant de talent qu'eux. On a besoin que d'autres viennent s'exprimer et dire ce qu'ils ont à dire. Quand je parle de fraîcheur c'est dans ce sens-là que je l'entends. Aujourd'hui on a besoin d'artistes reggae africains. Il faut qu'ils viennent, qu'ils jouent et qu'ils soient connus. Tant qu'on a des gens qui ont un message et la tête sur les épaules, ils peuvent percer.Penses-tu que des festivals comme Abi Reggae participent à créer cette nouvelle ère ?Oui oui c'est génial ça par exemple. Ce sont ces choses-là qui manquent. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas eu lieu cette année. C'était pour moi le seul festival d'Afrique de l'Ouest où j'avais l'impression d'être dans un vrai festival de reggae. Je souhaite qu'on puisse développer ce genre d'évènements au Sénégal. "Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour" Il y a un mois maintenant, Dakar a subi de grosses inondations alors que le Président Macky Sall était en train de danser lors d'une cérémonie de parrainage. Qu'est-ce que ça t'inspire ?etCcedil;a me fait honte. C'est honteux de faire ça quand tu es Président. Nous on a besoin de travailler deux fois plus que les autres et lui il se pavane dans des cérémonies, ça me dépasse ! On voit très bien la mentalité qu'ils ont. Je voudrais aussi que vous sachiez que ça ne reflète pas vraiment la réalité. Au Sénégal il y a plein de gens comme moi qui veulent changer les choses et qui ne veulent pas de cette corruption-là. Alors je vais profiter de cette question pour dire mon point de vue sur la situation. On se dirige vers des élections début 2019, alors je voudrais dire la déception que j'ai en regardant le pouvoir qui est en place en ce moment avec le Président Macky Sall. C'était pour nous tellement de fierté quand il est arrivé au pouvoir parce qu'il était jeune. Nous on était dans un élan de jeunesse alors on s'est dit que c'était vraiment un espoir pour que la politique change. On a été très déçus par cet homme-là parce qu'il a été pire que tous les présidents de par sa manière de diriger et de par ses relations avec la France. Aujourd'hui il est en train de mettre en prison tous les candidats sérieux des prochaines élections. Il corrompt sa famille, ses enfants, sa femme, ses ministres. Comment dire qu'aujourd'hui je suis dégouté de la situation politique au Sénégal ? Mais il me semble qu'il y a de l'espoir avec un ou deux candidats qui arrivent à me toucher par leur discours. On verra bien ce que ça va donner.Dans l'album beaucoup de sonorités se croisent, des sons très modernes et d'autres plus traditionnels. Pourquoi avoir fait ce choix ?Oui effectivement j'utilise des instruments traditionnels comme la kora, le balafon ou la fletucirc;te peul. J'utilise aussi des percussions comme le djembé. Pour moi c'était logique d'utiliser tous ces instruments. Le côté street aussi m'est très légitime parce que j'ai grandi dans le hip-hop et j'ai fait du rap pendant des années. Du rap je suis arrivé au reggae mais j'aime toujours autant faire de la musique. Pour moi c'était important de mélanger tout ça et j'en suis fier parce que ça apporte de la diversité. etCcedil;a me manquerait moi en tant qu'artiste, en tant que mélomane, qu'il n'y ait pas toutes ces sonorités si variées.Pourquoi avoir utilisé plusieurs langues pour t'exprimer dans cet album : wolof, français et anglais ?Je vais être honnête, je ne suis pas très à l'aise avec l'anglais. Après j'essaye de m'améliorer. La langue dans laquelle je suis le plus à l'aise c'est le wolof, c'est ma langue maternelle. Mon premier album était à 90% wolof. Par la force des choses, j'ai appris le français puisque je vis en France. Aujourd'hui je peux avoir la prétention d'aborder certains sujets en français parce que je les ai vécus. Le fait de vivre les choses en français m'a donné envie d'écrire dans cette langue. Ce n'était pas dans le but de toucher plus de monde, mais c'est juste que j'ai avancé, mes réalités sont devenues plus françaises tout en restant sénégalaises. La prochaine étape c'est de chanter en anglais.Ton chant évolue selon les chansons. Par moment tu es plus proche du rap et d'autres plus du chant, est-ce un choix ?Je commence souvent par une idée de chant, mais mon côté hip-hop me rattrape. etCcedil;a se passe au feeling selon le morceau, mais ça dépend aussi du riddim.Comment as-tu choisi les artistes qui t'accompagnent sur cet album ?En fait ce sont vraiment des gens que j'apprécie depuis longtemps. Il y a trois featurings. Il y en a un sur On m'a dit avec Diamy Sacko, une jeune Malienne qui a une voix superbe. Elle fait partie de la génération montante des chanteuses au Mali. Je l'ai rencontrée grâce à un choriste, Hamed Fofana. Il m'a mis en contact avec elle et j'ai adoré son feeling et sa voix. Et dans le morceau Prezident, il y a Gaston du groupe de rap Sen Kumpeteuml; et Didier Awadi que je ne présente plus. Il m'a toujours soutenu et je l'ai toujours respecté. Enfin, j'ai invité Viviane Chidid sur Ak Yow, une chanteuse de mbalax du pays. C'est au Sénégal que j'avais envie d'aller chercher ces artistes pour retrouver mon pays.Quels sont les musiciens qui t'accompagnent sur l'album ?J'ai pris beaucoup de temps à mettre tout ça en place, au moins cinq ou six ans. J'ai commencé la création des morceaux avec Manjul que je ne présente plus. On avait posé des voix témoins ensemble au tout début du processus de création. On a développé les morceaux petit à petit puis j'ai fait appel à d'autres gars qui ont fait des riddims comme Danakil ou Kubix qui a fait deux riddims sur l'album. Massive Boris et Smart, les bassiste et clavier de Danakil ont aussi fourni des instrus et sinon il y a Mouloud au clavier, Yovo M'Bouéké à la basse et Richacha Balengola à la batterie par exemple. Il y a tellement de musiciens qui ont travaillé avec moi. etCcedil;a me fait plaisir d'avoir autant de gens autour de moi et ça me conforte dans la qualité de cet album.
Source : reggae.fr | 2018-09-26 02:00:00.0