Tonton David

Origine : Ile de la Réunion
Instrument :
Styles : Ragga
Autres informations : Biographie

Tonton David : discographie

Tonton David - Babelou album cover Album : Babelou
Année : 2005
Tonton David - Livret de famille album cover Album : Livret de famille
Année : 2005
Tonton David - Récidiviste album cover Album : Récidiviste
Année : 1995
Tonton David - Allez leur dire album cover Album : Allez leur dire
Année : 1994
Tonton David - Le blues des racailles album cover Album : Le blues des racailles
Année : 1991
Tonton David - Best Of album cover Album : Best Of

Actualité de Tonton David

Jah Militant porte bien son nom. Fervent défenseur des valeurs véhiculées par le reggae, le sound system montpelliérain n'a jamais lâché l'affaire depuis plus de 20 ans. Ses sélections roots et dub en ont conquis plus d'un de par leur originalité et leur spiritualité. Malgré une baisse d'activité il y a quelques temps, Jah Militant est plus que jamais de retour. Le crew posera sa sono complète au prochain Dub Camp et nous prépare de nouvelles sorties sur ses labels Jah Militant Records et Back Inna Days Records en 2019 - il vient d'ailleurs de sortir le très beau Hosanna avec Brother Dan au micro. Rencontre avec Weeda, fondateur et propriétaire du célèbre sound system qui n'a en rien perdu de sa détermination à divertir les gens tout en les éduquant sans jamais donner de leçon. La vraie définition d'un Dub Ambassador !Reggae.fr : Pour commencer pourrais-tu nous présenter le projet Jah Militant ?Weeda : Je m'appelle Weeda et je fais tourner le sound system Jah Militant. J'ai fait ma première danse en aoetucirc;t 1998 à l'espace Masséna à Paris, une des salles que les anciens connaissent bien, parce que c'est un lieu où il y avait beaucoup de danses reggae à l'époque. J'ai commencé en jouant surtout du new roots. Et puis les cassettes de Shaka et de différents sounds anglais et jamaïcains ont aidé à ce que mon éducation musicale s'affine un peu et que ma sélection s'oriente vers le roots et culture. etCcedil;a a donc fait 20 ans cet été que je parcours la France et l'Europe pour jouer reggae music. C'est la culture Rastafari qui m'a amené à découvrir le reggae. J'ai rencontré des anciens du mouvement et une association rasta parisienne (Shaka Knotty) puis par la suite j'ai été guidé par un Ras qui s'appelle Dread Nah Fall et qui avait un sound system du nom de King Selassie I Sound. Je lui dois beaucoup ainsi qu'à un ami, Ras Scara B, qui avait un sound system à Paris qui s'appelait Foundation Sound System, il m'a beaucoup apporté musicalement. Ras Nah Fall faisait aussi partie d'une autre asso qui s'appelait Rasta Fusion et dont faisaient partie entre autres Bruno Blum, Sista Blunty, Ras Letef et d'autres anciens. Pour moi reggae music et sound system, c'est la possibilité de transmettre le message de Rastafari et ses enseignements à travers la musique. On parle de "word sound and power", c'est-à-dire de la puissance du verbe par le son, c'est ce que j'essaye humblement de retranscrire : répandre un message d'unité, de justice et d'égalité autour d'une conscience commune. On a des anciens comme Tonton David qui nous disait " une musique consciente pour une jeunesse intelligente ", je considère qu'on peut être sérieux et conscient, aborder et développer des thèmes importants et se divertir en même temps. C'est ce que j'essaye de répandre avec Jah Militant. Une musique consciente pour une jeunesse intelligente, une jeunesse qui prend conscience du monde dans lequel elle vit et des combats importants qu'on doit mener parce que c'est à notre génération de changer les choses. C'est pour ca que le sound system s'appelle Jah Militant : militant pour faire connaître Rastafari et ses enseignements et militant pour les droits, l'égalité pour tous et la justice dans cette société oppressante qu'est Babylone.Comment définirais-tu le sens que tu donnes à tes sélections ?Ce que je joue c'est roots et culture, racines et culture... comment dire... En fait je joue beaucoup de styles dans le reggae et pas que du dub malgré le fait que je produise uniquement ce style avec mon label. Je reste très attaché à la musique jamaïcaine, au roots. Nous sommes dans un monde trouble, on a besoin de plus de paix, de plus d'amour, de plus d'unité entre les peuples. Mais pas n'importe comment, pas de l'amour et de l'unité sans droiture, sans conscience. C'est très compliqué à expliquer mais il faut beaucoup de cohérence dans ce que l'on fait et ça c'est important pour moi. C'est-à-dire que l'idée n'est pas de donner des leçons mais d'essayer de mettre en avant un chemin qui nous paraît juste et conscient dans le système à l'envers dans lequel on vit. La musique me sert de vecteur, je ne veux pas jouer des sons slackness, des choses qui ne sont pas conscientes, et où effectivement n'est mis en avant que la fête et le divertissement et pas l'élévation spirituelle. Le reggae music pour moi c'est ça : un message conscient en premier lieu. Le message est dans la musique et la musique est dans le message. Un rastaman transmet des vibrations. En jouant la musique il essaye de faire partager une onde, une fréquence. Cette vibration n'est pas obligatoirement lyrique, elle peut être aussi musicale. Je ne joue pas de dubs à 190 BPM, le rythme doit être perceptible. La force d'un sélecteur c'est de réussir à faire varier la vibration et le rythme pour que ça reste quelque chose qui te touche. Ni trop rapide et énervé, ni trop lent. Errol Dunkley chantait : " every man do his thing a little way different ", chacun fait les choses à sa manière, et je ne juge personne, je réfléchis au pouvoir du verbe et au pouvoir du son pour que ceux-ci soient bénéfiques à chacun dans la danse. J'essaye d'amener une progression positive, quelque chose qui va toucher les gens pour qu'à la fin de la soirée on se soit diverti mais surtout qu'on soit capable de réfléchir et de se poser les questions qui nous feront avancer, ça c'est quelque chose qui me parle. Cette musique-là peut aider à avancer mieux tous les jours, face aux obstacles que l'on rencontre ici-bas.Que représente Rastafari pour toi ?Pour moi Rastafari c'est une doctrine du coeur, c'est une culture, une tradition et une éducation mais c'est surtout la connaissance des enseignements et l'amour de Sa Majesté l'Empereur Haïlé Sélassié. Sa Majesté parle de moralité internationale, de sécurité collective, de tellement de sujets cruciaux, ce sont des choses qui sont fondamentales. Sélassié est le descendant de Salomon en Ethiopie, le berceau de la création. Il est le Roi des Rois et la lumière de ce monde. Cela me parle, plus que de boire ou pas de l'alcool et de manger ou pas de la viande, ça c'est une histoire de livity et cela regarde chacun. J'aime Sélassié profondément, sa sagesse et ses enseignements m'aident au quotidien à avancer, à me rapprocher du bien.Jah Militant c'est aussi un label, comment en arrive-t-on à la production, est-ce que ça vient naturellement ?Je ne suis pas musicien, je suis un soundman. J'écoute cette musique depuis quelques années maintenant et cela m'a forgé une oreille, un style. Grâce au sound system j'ai accès à des dubplates, à des morceaux exclusifs, à des musiciens qui travaillent de leur coté et qui ne sont pas toujours mis sur le devant de la scène, le but est donc de faire découvrir ces morceaux au plus grand nombre. Si les gens apprécient le style musical que je développe, je me suis dit qu'il serait bien aussi qu'ils puissent avoir cette touche-là chez eux, en gardant toujours cette optique vinyle. C'est venu petit à petit, j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer des artistes et musiciens avec qui j'ai eu de bonnes vibrations et dont la musique m'a touché, ce qui m'a amené à lancer le label. J'achète donc des licences à des musiciens ou à des artistes pour présenter leur musique au plus grand nombre, c'est pour ca que tu ne verras jamais Jah Militant faire des polyvinyles en série de 30 copies vendues à 40 ou 50 euros, parce que mon but est de toucher le plus grand nombre et pas de produire de la musique pour un petit nombre qui peut financièrement se le permettre. La musique est à mon sens un partage pas un truc élitiste. Le label est un moyen d'être accessible à ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou venir en sound system et qui peuvent alors ressentir des bonnes vibrations chez eux avec ces morceaux.Au niveau supports, tu vas préférer jouer quoi et pourquoi ?Je joue essentiellement des vinyles. Même mes dubplates, je les grave la plupart du temps sur vinyle. J'aime ce support qui fait partie de mon histoire, une tradition que j'essaye de conserver. Il faut aussi comprendre qu'il y a beaucoup de gens qui jouent CD parce que graver des dubplates ou même acheter des vinyles a un coetucirc;t, que la vie est parfois compliquée et tout le monde ne peut pas se permettre d'aller graver des vinyles ou même d'en acheter. D'autant plus quand on voit maintenant l'envolée ahurissante du prix des vinyles. Il y a 20 ans on achetait des morceaux pour rien et ceux-ci coetucirc;tent aujourd'hui des centaines d'euros ! Néanmoins je mène ma barque comme cela, je reste plus attiré par le vinyle. Pour le label également, je ne sors pas de CD, de mixtapes ou autres, je produirais toujours sur vinyle. Pour être franc, ça ne fait qu'un an que j'ai un Bandcamp. J'ai mis quasiment 10 ans à me mettre à la release digitale, parce qu'il faut aussi suivre l'époque dans laquelle on vit, comprendre qu'il y a des gens qui n'ont pas de platine chez eux. Et comme je souhaite partager cette musique avec le plus grand nombre, je suis obligé de m'y mettre.etlt;a href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna" mce_href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna"etgt;Brother Dan - Hosanna by Jah Massive meets Brother Danetlt;/aetgt;As-tu une autre activité à côté de la musique ?Oui, j'ai toujours travaillé à côté. Depuis 5 ans, j'ai monté une ferme en agriculture biologique avec ma compagne. Nous faisons des légumes bios, on va un petit peu plus loin que le bio d'ailleurs parce que le bio permet entre autres certains ajouts qui ne nous plaisent pas (souffre, cuivre, oxydes de fer, etc). Nous faisons une agriculture i-tal, naturelle, nous n'utilisons que des décoctions de plantes, du purin et des eaux florales. J'ai toujours eu une activité à coté de la musique parce que j'ai besoin de ça, besoin de croiser d'autres choses dans ma vie. Et soyons francs, je ne connais que très peu de gens qui en vivent, c'est un vrai combat d'en vivre et je respecte beaucoup ceux qui y arrivent car cela demande une totale dévotion, un grand talent et beaucoup de courage.Comme tu nous le disais précédemment tu es actif depuis 1998, quelles évolutions as-tu vues dans le milieu sound system depuis toutes ces années et qu'en penses-tu ?Je ne suis pas là depuis si longtemps comparé à certains. Mais j'ai vu l'arrivée massive du stepper, j'ai vu le développement de ce qu'on appelle le dub 3000, j'ai vu l'évolution des danses qui à la base étaient quand même très portées sur Rasta et qui le sont de moins en moins. J'ai vu le développement des home studios, d'internet et le déclin des shops. A l'époque je me rappelle dans les premières années, il y avait un vendeur en Angleterre qui s'appellait Tradition Hi Fi ; il nous envoyait des listes de disques à vendre sur papier, on l'appelait et on lui envoyait une lettre avec un chèque ou des livres dedans et puis il nous envoyait le disque ; et il fallait connaître le disque parce qu'il n'y avait pas Discogs et Youtube pour aller écouter ! Je n'ai pas vraiment de jugement en fait, ni en bien ni en mal et je n'ai pas envie de rentrer dans des débats stériles. Les choses avancent, changent, l'ordre social aussi. J'ai vu le développement des danses aussi, avant pour voir Aba Shanti ou Jah Shaka il fallait aller en Angleterre, aujourd'hui ils passent 10 fois par an en France et c'est plutôt bien pour nous tous. C'est bien parce que cela a ouvert reggae music à des gens pas forcément issus du milieu, cela a développé une audience plus large. Reggae music a beaucoup influencé la société et surtout les autres styles musicaux, par exemple les sound systems techno se sont clairement inspirés de ceux en Jamaïque, idem pour la cumbia en Colombie. Musicalement, beaucoup de styles musicaux se sont inspirés du reggae. Par exemple, le morceau de Coolio, Gangsta's Paradise, sorti en 1995, et qui fut un hit hip-hop énorme à l'époque, et bien l'original s'appelle Pastime Paradise du groupe Swingin' Stars sorti en 1977, c'est un morceau reggae à l'origine (ndlr : ce morceau des Swingin' Stars est lui-même une reprise d'un titre de Stevie Wonder.)Et au niveau du public dans les soirées, ressens-tu aussi un changement ? Bien setucirc;r, les choses changent et je ne suis pas là pour dire si cela est bien ou mal. Chacun sait l'heure qu'il est et où se situent le bien ou le mal. Chacun est conscient de sa livity et de ce qu'elle engendre. Ce qui est setucirc;r c'est qu'à mes débuts fin 90 début 2000, à Paris ou ailleurs, si tu venais avec ta bouteille de whisky-coca et que tu mettais la tête dans les caissons je t'assure que les frangins te faisaient comprendre quel comportement adopter dans une danse ou en dehors ! En fait, j'ai l'impression qu'avant, on venait chercher une conscience dans les danses, un ralliement autour de thèmes sérieux qui nous donnaient de l'espoir et de la force par rapport aux tribulations et aux aberrations que l'on vivait dans la semaine, cela nous portait jusqu'à la prochaine danse, jusqu'à la prochaine rencontre avec nos frères et soeurs. Il me semble que la donne a changé aujourd'hui, que c'est le contraire, avec le jeune public surtout, qui pour échapper aux tribulations de la semaine vient se mettre " une mine " dans les danses le week-end. Signe des temps ? Je ne sais pas et en même temps je ne souhaite vraiment pas faire d'amalgame ou pointer du doigt qui que ce soit. Il faut avoir du discernement, c'est un sujet complexe et vraiment le but est d'aller vers un meilleur futur pour nous tous ; rastaman a depuis longtemps les clés pour cela !Une question toute simple mais qui pourrait alimenter des débats pendant des heures : c'est quoi le dub ?Le dub des années 70 ou le dub d'aujourd'hui, de quoi on parle ? Le dub si on parle de tradition c'est une version instrumentale donc sans paroles avec des effets pour créer un nouveau morceau, un morceau different en fait. Le dub d'aujourd'hui, le steppa ou le UK dub, c'est une musique souvent faite par ordinateur ou séquencée par ordinateur, avec des BPM qui sont plus rapides. Le dub dans tout les cas pour moi c'est aussi et surtout une musique spirituelle. Une vibration puissante.Pour finir est-ce qu'il y a des projets qui vont arriver ?Beaucoup de travail avec le label pour de nouvelles productions. Je vais régulièrement en studio pour faire des arrangements avec des musiciens et des mixes pour les prochaines sorties. Je travaille en ce moment avec des gens comme Jah Massive, Coco Rootikal Temple, Bro Ishai, Ranking Fox et Simon Nyabin, Khayo Benyameen, Boris Reality ou encore Zulu Vibes pour ne citer qu'eux. Plein de projets dans les tuyaux et toujours en vinyle bien setucirc;r. Généralement je presse entre deux et quatre releases par an suivant les délais de la presse. Au niveau du sound system, j'ai la chance d'avoir beaucoup de dates avec ou sans la sono, que ce soit en France ou en Europe. Je serai présent au Dub Camp notamment cet été avec la sono complète pour recevoir Moa Anbessa et Aba Shanti I. Beaucoup de bonheur et de chance de pouvoir avancer sur cette route grâce au Tout Puissant qui me donne la force et l'inspiration.
Source : reggae.fr | 2019-04-08 02:00:00.0
Stand Tall Sound a participé à écrire l'histoire du mouvement sound system en France. Né des cendres du célèbre High Fight International en 1993, le sound a compté parmi ses rangs les plus grands artistes francophones (de Nuttea à Raggasonic en passant par Janik et Féfé Typical) et ses soirées faisaient partie des plus réputées dans les années 90. Moins actif en danse aujourd'hui, le selector Polino continue d'assouvir sa passion en animant une belle émission tous les lundis sur la webradio Reggae.fr. Rencontre avec l'un des selectors les plus influents de l'Hexagone.Reggae.fr : Stand Tall fait partie des sounds incontournables de l'histoire du reggae français et il est issu d'un autre sound incontournable, High Fight International. Peux-tu nous raconter la transition entre les deux aventures ?Polino : Quand Tonton David, pris par son succès en major, nous a clairement fait comprendre que High Fight n'était plus sa priorité à cause de son rythme de vie entre tournées, répétitions et promotion, on a vu la fin arriver. Comme David était une personnalité forte du sound et qu'il avait investi pas mal dans le matériel sono et studio, le nom High Fight a été utilisé comme crédit sur certains de ses titres et est devenu une sorte de marque associée à lui. Donc continuer High Fight sans Tonton ce n'était pas possible.Que sont devenus les dubplates d'High Fight et les membres de l'équipe ?Les dubplates sont toujours chez moi bien au chaud, encore aujourd'hui (rires). Pour ce qui est de l'équipe, on a tous continué sans David en créant Stand Tall. Depuis, Don Lickshot est décédé d'un fucking cancer (REP). Les autres vous les connaissez, ils sont encore là, Nuttea, Féfé Typical et Tip Top l'opérateur. Comme on avait une expérience solide, ça n'a pas été compliqué de monter un nouveau sound. Et à l'époque, on s'est attachés à recruter des gars qui avaient aussi de l'expérience. On avait la dream-team des sounds français !Comme Selecta K-Za par exemple ?Oui effectivement. Il était en formation chez nous. On avait une émission de radio sur Générations FM où je l'avais intégré. Mais après l'interruption de l'émission au bout de deux ans par la direction de la radio, il a négocié un nouveau créneau pour lui à la rentrée suivante et il a quitté Stand Tall.Stand Tall était-il équipé de sa propre sono ?Non. High Fight avait sa sono achetée grâce au succès de Tonton David. etCcedil;a nous a permis de nous rendre compte qu'une sono perso n'était pas si utile que ça. etCcedil;a demandait obligatoirement un lieu de stockage, du matériel et il fallait de toutes manières louer un camion à chaque déplacement sans parler du poids des boxes et des amplis qu'il fallait porter avant la soirée et surtout après à six ou sept heures du matin jusqu'au local, heure à laquelle peu de candidats étaient présents (rires). On a donc préféré louer le matériel pour nos soirées. etCcedil;a demandait beaucoup moins de logistique.Quel genre de matériel louiez-vous ?La location nous a permis de jouer sur des top systèmes (Christian Hell, Martin Audio, Turbosound...) avec le top des consoles (Midas, Soundcraft, Tac...) et les périphériques et compresseurs qui vont avec. Je ne m'étale pas trop sur tout le matos car c'est la signature du son Stand Tall et c'est personnel.Que penses-tu du débat sono/pas sono ?Chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. Ce qui compte c'est que le résultat soit de qualité, en location ou en home-made. C'est d'ailleurs je pense, une des raisons qui freine le mouvement sound en France : des soirées sound system sans cette fameuse sono qui donne une atmosphère unique à la soirée que tu ne retrouves nulle part ailleurs. Une vraie bonne sono, c'est la base !La culture sound system a commencé à se développer en France par les sounds rub-a-dub puis juggling. Aujourd'hui, on assiste à une montée en puissance des sound systems UK/Dub avec des grosses sonos artisanales. Comment vois-tu cette évolution ?J'ai l'impression que la scène dub a récupéré pas mal du public des rave-parties (arrêtées par les autorités car souvent illégales) où il y avait du gros son également, avec un coté " kangourou hypnotique ". Ce n'est plus un public reggae à 100 %. Moi ça me fait bizarre, je n'ai pas l'habitude .Penses-tu que l'ambiance raggamuffin des années 90 reviendra au goetucirc;t du jour ?etCcedil;a me parait difficile vu les conditions de nos jours, je parle encore une fois de la sono. "Une vraie bonne sono, c'est la base !" Stand Tall a detucirc; faire face à l'éloignement des MCs du milieu des sound systems lorsque les artistes reggae ont commencé à signer en major au milieu des années 90. Comment as-tu abordé ce tournant en tant que selector ?Nuttea était déjà signé en major depuis High Fight, mais c'est vrai que des gars comme Raggasonic se sont un peu éloignés des sounds après leur succès. Avoir des artistes disques d'or dans sa team, c'était plutôt une récompense pour nous, même si ça les rendait moins disponibles c'est vrai. On ne peut pas tout avoir !En as-tu voulu à certains artistes ?Non car j'avais déjà connu ça avec High Fight, donc pas de surprise !Le clash entre Daddy Yod et Nuttea en 1993 a alimenté bien des débats, aujourd'hui encore. Peux-tu nous donner ta version de la soirée ?J'étais le selector de Ghetto Youth Progress Sound qui accompagnait Nuttea. Yod était avec Ragga Dub Force. Il y a d'abord eu le clash Mr Lézard VS Azrock (REP) où Lézard partait avec l'avantage des paroles, mais AZR, avec son expérience de soundman a retourné la chose à son avantage et a gagné ce premier clash. Quant à Yod et Nuttea... Nuttea avait un petit avantage sur les textes et il était plus technique et plus moderne dans le style. Avantage qui s'est réduit lors de la confrontation jusqu'à ce que Yod dérape un peu niveau paroles et là Nuttea a pris le dessus jusqu'à la fin et il a logiquement gagné ce clash devenu mythique.Même si vous n'êtes plus aussi actifs et visibles que dans les années 90/début 2000, Stand Tall existe toujours. Quelle est l'équipe actuelle ?J'ai quitté Paris pour le sud de la France (Toulouse) il y a environ sept ans. Mais je suis toujours le selector et Tip Top, l'opérateur du sound, est resté à Paris ; ce qui rend impossible de jouer ensemble en général. La dernière date qu'on a faite ensemble c'était l'hommage à Don Lickshot organisé par Féfé Typical à Paris en 2012. On a aussi subi le même changement qu'en Jamaïque où les sounds ont perdu leurs crews de DJ's et chanteurs. Les artistes sont devenus des ''mercenaires'' qui passent de sound en sound selon la demande, ce qui est une conséquence directe de leur succès grandissant. Moi je suis de la génération où le selector ne parlait pas au micro, donc je garde cette vieille tradition, sauf en clash (rires). Aujourd'hui les selectors sont devenus des ''samplers'' pour certains et d'autres parlent plus que la musique, on dirait des VRP.Recrutez-vous encore des membres ?On n'a jamais vraiment recruté en fait. Les gens venaient d'eux-mêmes nous solliciter. Le dernier en date à nous avoir rejoints c'est Iko Tuff. J'ai réalisé un street album pour lui (Stand Tall play Iko Tuff), mais malheureusement on n'a toujours pas eu l'occasion de jouer ensemble en live à cause de la distance et des conditions pour jouer.Quelles sont vos activités actuelles ?On a une émission de radio hebdomadaire partagée avec Bam Salute sur campus FM Toulouse avec rediffusion sur Reggae.fr, et des soirées mais rarement sur des grosses sonos malheureusement.Regrettes-tu " la grande époque " des sound systems ?Ce que je regrette ce sont les conditions sound system : encore une fois la fameuse sono.L'identité du sound est-elle toujours la même aujourd'hui ?Je pense que oui, c'est toujours le même selector depuis le début (rires). Je joue toujours en vinyles essentiellement pour des questions de qualité, mais il y a de moins en moins de sorties vinyles depuis l'arrivé du mp3. J'ai déjà joué en mp3 au début des années 2000 en sound, mais j'ai laissé tomber, en plus le dancehall moderne m'attire de moins en moins. Pour moi c'est trop inspiré par le rap US commercial. A l'époque, on était toujours au top niveau nouveautés (disques) depuis 1993. Maintenant beaucoup moins forcément (rires). Donc j'explore plus en arrière dans le temps dans les titres qui m'ont fait découvrir le sound system. Forcément c'est plus 80's rub-a-dub ou early digital, des titres que souvent je connaissais déjà, mais que je n'avais jamais joué auparavant. C'est comme des nouveautés pour moi.Cuttez-vous toujours des dubplates ?Occasionnellement. On n'a jamais payé pour des dubs français. Les artistes étaient fiers d'être joués par Stand Tall. Mais finalement, on n'a pas tellement de dubs français car tu pouvais entendre nos artistes et des invités en live dans nos soirées. Les dernier cuts français que j'ai faits c'était avec Tiwony, en échange de la mixtape que j'ai réalisée pour lui (Pliss Roots) fier lui aussi de poser pour Stand Tall, le sound de son mentor Féfé Typical. J'ai cutté peu de Jamaïcains ces dernières années, uniquement des connexions que j'ai faites en direct avec l'artiste quand celui-ci était raisonnable niveau tarif, ce qui devient très rare avec des noms connus.Comment avez-vous évolué dans l'enregistrement des dubplates ? On a généralement enregistré les dubs dans notre studio depuis le début, que ce soit des artistes jamaïcains ou français. On recherche des conditions vocales comme pour un single (mais avec moins de temps forcément). Si l'artiste galère (trop de drops), il y a peu de chance que le dubplate aboutisse. On a compris que la motivation autre que financière de l'artiste était un plus pour la qualité des dubplates, donc rencontrer et échanger avec l'artiste est très important.Cuttez-vous des dubplates par correspondance ?Il m'est arrivé d'en faire mais avec des contacts solides. Généralement l'artiste lui-même ou quelqu'un de très proche. Mais je préfère être présent. Je suis du genre à couper sec l'enregistrement lorsque ça ne me plaît pas.Cuttez-vous toujours des dubplates de clash ?Depuis la rencontre contre les Italiens de One Love en 2001, j'ai compris que le clash de haut niveau était une affaire de gros sous, donc j'évite de plus en plus les textes clash puisqu'on ne prévoit plus de participer à des clashes. Si je pars en clash, c'est pour finir sur le podium européen au minimum ! Et je n'ai pas les moyens. Mais si un clash de 45T se prépare, je suis partant !Y a-t-il un sound contre lequel tu aimerais clasher ?Je ne crois pas. Il y avait Blues Party avec Nono qui nous provoquait régulièrement vers 1994 devant les boutiques de disques comme Blue Moon. Il nous chambrait : " alors les clasheurs quand est-ce qu'on clash ensemble ? " (Nono voice). Mais nous avions d'autres priorités à ce moment-là. Heureusement pour eux d'ailleurs car une défaite à cette époque aurait freiné le parcours de clash qu'ils ont eu par la suite je pense. Depuis la chose est faite mais sans Nono malheureusement (REP) en 2013. Et on a gagné !Les dubplates clash ont-ils un sens pour toi dans une danse régulière ?Disons que le dubplate pour moi fait partie de l'identité du sound. Donc oui mais pas avec des paroles clash toute la soirée. Juste un segment parce que le clash fait partie de la culture, sinon je trouve ça ridicule. C'est comme si tu clashais un sound invisible.Que représente la culture clash pour toi ?C'est une culture qui fait partie du sound system depuis toujours, la forme a juste changé au fil du temps. Ces titres personnalisés n'existent qu'en reggae. etAgrave; la base c'est pour attirer plus de public, une concurrence positive qui fait progresser tout le monde, mais qui peut dégénérer parfois comme dans le sport, c'est humain. C'est pour ça que je kiffe les 45Ts sur le thème du sound.Quel est ton meilleur souvenir en clash ?La rencontre avec One Love en Italie. C'était notre premier clash bien payé et à l'étranger en plus !Ton pire souvenir en clash ?C'était aussi One Love parce qu'on a bien perdu, même si l'expérience était enrichissante.Quels sont les sounds internationaux qui t'inspirent le plus et pourquoi ?Stur Gav c'est pour moi l'école des sounds et Jaro l'école bis. Jammy's est aussi une référence pour l'ensemble label/riddims/sono et crew d'artistes. Il y a aussi Stone Love, les boss du juggling avec Rory, un selector légendaire, certainement le plus grand. Et enfin Silverhawk, le sound de Steely (REP), un wicked sound avec ses fameuses intros de dubplates. Toute une époque !Aujourd'hui, selon toi, qui est le sound Netdeg;1 dans le monde ?Choix difficile : Rodigan, Downbeat, Mighty Crown, Jaro ? Il faudrait organiser un clash entre les quatre pour savoir qui est le meilleur.Et en France ?Je ne suis plus trop les sounds français depuis Toulouse, même si avant non plus (rires). Sans trop réfléchir je dirais Soul Stereo à cause de leur box.Quels sont tes trois dubplates favoris ?Je vais en donner cinq ! Buju Banton : Destiny, Cornell Campbell : Watch this Sound, The Heptones (Barry Llewellyn ) : Fight to the Top, Earl Sixteen : Love is a Feeling et Nuttea : Compétition.Tes trois riddims favoris ?Le Real Rock qui a enrichi Studio One, le Sleng Teng qui a fait passer Jammy de Prince à King et le Darker Shade of Black, superbe adaptation des Beatles par Jackie Mittoo, le maître.Quel est LE dubplate qui manque à votre box et que vous ne pourrez jamais avoir ?Dennis Brown. Lequel je ne sais pas, il y en a tellement !Des projets ?Maintenant que tu me poses la question, je vais réfléchir à quelle pierre de plus je pourrais apporter à l'édifice... si c'est possible.
Source : reggae.fr | 2018-07-12 02:00:00.0
Doublure en charnière centrale de l’équipe de France pour la Coupe du monde, Presnel Kimpembe a confié son état d’esprit avant le début de la compétition. "Chacun son chemin, chacun son destin. Je suis prêt à 200% et si le coach fait appel à moi, je serai là, je répondrai présent ", a lancé le joueur du PSG, paraphrasant évidemment Tonton David et son tube Chacun sa route sorti en 2002. Le joueur de 22 ans est forcément fier de faire partie du groupe tricolore. "C’est un rêve de gosse d’être ici et je profite de chaque instant ", a-t-il conclu, peu bavard mais amusant.
Source : Sports.fr | 2018-06-13 20:01:00.0

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