Tonton David

Origine : Ile de la Réunion
Instrument :
Styles : Ragga
Autres informations : Biographie

Tonton David : discographie

Tonton David - Babelou album cover Album : Babelou
Année : 2005
Tonton David - Livret de famille album cover Album : Livret de famille
Année : 2005
Tonton David - Récidiviste album cover Album : Récidiviste
Année : 1995
Tonton David - Allez leur dire album cover Album : Allez leur dire
Année : 1994
Tonton David - Le blues des racailles album cover Album : Le blues des racailles
Année : 1991
Tonton David - Best Of album cover Album : Best Of

Actualité de Tonton David

Jah Militant porte bien son nom. Fervent défenseur des valeurs véhiculées par le reggae, le sound system montpelliérain n'a jamais lâché l'affaire depuis plus de 20 ans. Ses sélections roots et dub en ont conquis plus d'un de par leur originalité et leur spiritualité. Malgré une baisse d'activité il y a quelques temps, Jah Militant est plus que jamais de retour. Le crew posera sa sono complète au prochain Dub Camp et nous prépare de nouvelles sorties sur ses labels Jah Militant Records et Back Inna Days Records en 2019 - il vient d'ailleurs de sortir le très beau Hosanna avec Brother Dan au micro. Rencontre avec Weeda, fondateur et propriétaire du célèbre sound system qui n'a en rien perdu de sa détermination à divertir les gens tout en les éduquant sans jamais donner de leçon. La vraie définition d'un Dub Ambassador !Reggae.fr : Pour commencer pourrais-tu nous présenter le projet Jah Militant ?Weeda : Je m'appelle Weeda et je fais tourner le sound system Jah Militant. J'ai fait ma première danse en aoetucirc;t 1998 à l'espace Masséna à Paris, une des salles que les anciens connaissent bien, parce que c'est un lieu où il y avait beaucoup de danses reggae à l'époque. J'ai commencé en jouant surtout du new roots. Et puis les cassettes de Shaka et de différents sounds anglais et jamaïcains ont aidé à ce que mon éducation musicale s'affine un peu et que ma sélection s'oriente vers le roots et culture. etCcedil;a a donc fait 20 ans cet été que je parcours la France et l'Europe pour jouer reggae music. C'est la culture Rastafari qui m'a amené à découvrir le reggae. J'ai rencontré des anciens du mouvement et une association rasta parisienne (Shaka Knotty) puis par la suite j'ai été guidé par un Ras qui s'appelle Dread Nah Fall et qui avait un sound system du nom de King Selassie I Sound. Je lui dois beaucoup ainsi qu'à un ami, Ras Scara B, qui avait un sound system à Paris qui s'appelait Foundation Sound System, il m'a beaucoup apporté musicalement. Ras Nah Fall faisait aussi partie d'une autre asso qui s'appelait Rasta Fusion et dont faisaient partie entre autres Bruno Blum, Sista Blunty, Ras Letef et d'autres anciens. Pour moi reggae music et sound system, c'est la possibilité de transmettre le message de Rastafari et ses enseignements à travers la musique. On parle de "word sound and power", c'est-à-dire de la puissance du verbe par le son, c'est ce que j'essaye humblement de retranscrire : répandre un message d'unité, de justice et d'égalité autour d'une conscience commune. On a des anciens comme Tonton David qui nous disait " une musique consciente pour une jeunesse intelligente ", je considère qu'on peut être sérieux et conscient, aborder et développer des thèmes importants et se divertir en même temps. C'est ce que j'essaye de répandre avec Jah Militant. Une musique consciente pour une jeunesse intelligente, une jeunesse qui prend conscience du monde dans lequel elle vit et des combats importants qu'on doit mener parce que c'est à notre génération de changer les choses. C'est pour ca que le sound system s'appelle Jah Militant : militant pour faire connaître Rastafari et ses enseignements et militant pour les droits, l'égalité pour tous et la justice dans cette société oppressante qu'est Babylone.Comment définirais-tu le sens que tu donnes à tes sélections ?Ce que je joue c'est roots et culture, racines et culture... comment dire... En fait je joue beaucoup de styles dans le reggae et pas que du dub malgré le fait que je produise uniquement ce style avec mon label. Je reste très attaché à la musique jamaïcaine, au roots. Nous sommes dans un monde trouble, on a besoin de plus de paix, de plus d'amour, de plus d'unité entre les peuples. Mais pas n'importe comment, pas de l'amour et de l'unité sans droiture, sans conscience. C'est très compliqué à expliquer mais il faut beaucoup de cohérence dans ce que l'on fait et ça c'est important pour moi. C'est-à-dire que l'idée n'est pas de donner des leçons mais d'essayer de mettre en avant un chemin qui nous paraît juste et conscient dans le système à l'envers dans lequel on vit. La musique me sert de vecteur, je ne veux pas jouer des sons slackness, des choses qui ne sont pas conscientes, et où effectivement n'est mis en avant que la fête et le divertissement et pas l'élévation spirituelle. Le reggae music pour moi c'est ça : un message conscient en premier lieu. Le message est dans la musique et la musique est dans le message. Un rastaman transmet des vibrations. En jouant la musique il essaye de faire partager une onde, une fréquence. Cette vibration n'est pas obligatoirement lyrique, elle peut être aussi musicale. Je ne joue pas de dubs à 190 BPM, le rythme doit être perceptible. La force d'un sélecteur c'est de réussir à faire varier la vibration et le rythme pour que ça reste quelque chose qui te touche. Ni trop rapide et énervé, ni trop lent. Errol Dunkley chantait : " every man do his thing a little way different ", chacun fait les choses à sa manière, et je ne juge personne, je réfléchis au pouvoir du verbe et au pouvoir du son pour que ceux-ci soient bénéfiques à chacun dans la danse. J'essaye d'amener une progression positive, quelque chose qui va toucher les gens pour qu'à la fin de la soirée on se soit diverti mais surtout qu'on soit capable de réfléchir et de se poser les questions qui nous feront avancer, ça c'est quelque chose qui me parle. Cette musique-là peut aider à avancer mieux tous les jours, face aux obstacles que l'on rencontre ici-bas.Que représente Rastafari pour toi ?Pour moi Rastafari c'est une doctrine du coeur, c'est une culture, une tradition et une éducation mais c'est surtout la connaissance des enseignements et l'amour de Sa Majesté l'Empereur Haïlé Sélassié. Sa Majesté parle de moralité internationale, de sécurité collective, de tellement de sujets cruciaux, ce sont des choses qui sont fondamentales. Sélassié est le descendant de Salomon en Ethiopie, le berceau de la création. Il est le Roi des Rois et la lumière de ce monde. Cela me parle, plus que de boire ou pas de l'alcool et de manger ou pas de la viande, ça c'est une histoire de livity et cela regarde chacun. J'aime Sélassié profondément, sa sagesse et ses enseignements m'aident au quotidien à avancer, à me rapprocher du bien.Jah Militant c'est aussi un label, comment en arrive-t-on à la production, est-ce que ça vient naturellement ?Je ne suis pas musicien, je suis un soundman. J'écoute cette musique depuis quelques années maintenant et cela m'a forgé une oreille, un style. Grâce au sound system j'ai accès à des dubplates, à des morceaux exclusifs, à des musiciens qui travaillent de leur coté et qui ne sont pas toujours mis sur le devant de la scène, le but est donc de faire découvrir ces morceaux au plus grand nombre. Si les gens apprécient le style musical que je développe, je me suis dit qu'il serait bien aussi qu'ils puissent avoir cette touche-là chez eux, en gardant toujours cette optique vinyle. C'est venu petit à petit, j'ai eu beaucoup de chance de rencontrer des artistes et musiciens avec qui j'ai eu de bonnes vibrations et dont la musique m'a touché, ce qui m'a amené à lancer le label. J'achète donc des licences à des musiciens ou à des artistes pour présenter leur musique au plus grand nombre, c'est pour ca que tu ne verras jamais Jah Militant faire des polyvinyles en série de 30 copies vendues à 40 ou 50 euros, parce que mon but est de toucher le plus grand nombre et pas de produire de la musique pour un petit nombre qui peut financièrement se le permettre. La musique est à mon sens un partage pas un truc élitiste. Le label est un moyen d'être accessible à ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou venir en sound system et qui peuvent alors ressentir des bonnes vibrations chez eux avec ces morceaux.Au niveau supports, tu vas préférer jouer quoi et pourquoi ?Je joue essentiellement des vinyles. Même mes dubplates, je les grave la plupart du temps sur vinyle. J'aime ce support qui fait partie de mon histoire, une tradition que j'essaye de conserver. Il faut aussi comprendre qu'il y a beaucoup de gens qui jouent CD parce que graver des dubplates ou même acheter des vinyles a un coetucirc;t, que la vie est parfois compliquée et tout le monde ne peut pas se permettre d'aller graver des vinyles ou même d'en acheter. D'autant plus quand on voit maintenant l'envolée ahurissante du prix des vinyles. Il y a 20 ans on achetait des morceaux pour rien et ceux-ci coetucirc;tent aujourd'hui des centaines d'euros ! Néanmoins je mène ma barque comme cela, je reste plus attiré par le vinyle. Pour le label également, je ne sors pas de CD, de mixtapes ou autres, je produirais toujours sur vinyle. Pour être franc, ça ne fait qu'un an que j'ai un Bandcamp. J'ai mis quasiment 10 ans à me mettre à la release digitale, parce qu'il faut aussi suivre l'époque dans laquelle on vit, comprendre qu'il y a des gens qui n'ont pas de platine chez eux. Et comme je souhaite partager cette musique avec le plus grand nombre, je suis obligé de m'y mettre.etlt;a href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna" mce_href="http://jahmilitant.bandcamp.com/album/brother-dan-hosanna"etgt;Brother Dan - Hosanna by Jah Massive meets Brother Danetlt;/aetgt;As-tu une autre activité à côté de la musique ?Oui, j'ai toujours travaillé à côté. Depuis 5 ans, j'ai monté une ferme en agriculture biologique avec ma compagne. Nous faisons des légumes bios, on va un petit peu plus loin que le bio d'ailleurs parce que le bio permet entre autres certains ajouts qui ne nous plaisent pas (souffre, cuivre, oxydes de fer, etc). Nous faisons une agriculture i-tal, naturelle, nous n'utilisons que des décoctions de plantes, du purin et des eaux florales. J'ai toujours eu une activité à coté de la musique parce que j'ai besoin de ça, besoin de croiser d'autres choses dans ma vie. Et soyons francs, je ne connais que très peu de gens qui en vivent, c'est un vrai combat d'en vivre et je respecte beaucoup ceux qui y arrivent car cela demande une totale dévotion, un grand talent et beaucoup de courage.Comme tu nous le disais précédemment tu es actif depuis 1998, quelles évolutions as-tu vues dans le milieu sound system depuis toutes ces années et qu'en penses-tu ?Je ne suis pas là depuis si longtemps comparé à certains. Mais j'ai vu l'arrivée massive du stepper, j'ai vu le développement de ce qu'on appelle le dub 3000, j'ai vu l'évolution des danses qui à la base étaient quand même très portées sur Rasta et qui le sont de moins en moins. J'ai vu le développement des home studios, d'internet et le déclin des shops. A l'époque je me rappelle dans les premières années, il y avait un vendeur en Angleterre qui s'appellait Tradition Hi Fi ; il nous envoyait des listes de disques à vendre sur papier, on l'appelait et on lui envoyait une lettre avec un chèque ou des livres dedans et puis il nous envoyait le disque ; et il fallait connaître le disque parce qu'il n'y avait pas Discogs et Youtube pour aller écouter ! Je n'ai pas vraiment de jugement en fait, ni en bien ni en mal et je n'ai pas envie de rentrer dans des débats stériles. Les choses avancent, changent, l'ordre social aussi. J'ai vu le développement des danses aussi, avant pour voir Aba Shanti ou Jah Shaka il fallait aller en Angleterre, aujourd'hui ils passent 10 fois par an en France et c'est plutôt bien pour nous tous. C'est bien parce que cela a ouvert reggae music à des gens pas forcément issus du milieu, cela a développé une audience plus large. Reggae music a beaucoup influencé la société et surtout les autres styles musicaux, par exemple les sound systems techno se sont clairement inspirés de ceux en Jamaïque, idem pour la cumbia en Colombie. Musicalement, beaucoup de styles musicaux se sont inspirés du reggae. Par exemple, le morceau de Coolio, Gangsta's Paradise, sorti en 1995, et qui fut un hit hip-hop énorme à l'époque, et bien l'original s'appelle Pastime Paradise du groupe Swingin' Stars sorti en 1977, c'est un morceau reggae à l'origine (ndlr : ce morceau des Swingin' Stars est lui-même une reprise d'un titre de Stevie Wonder.)Et au niveau du public dans les soirées, ressens-tu aussi un changement ? Bien setucirc;r, les choses changent et je ne suis pas là pour dire si cela est bien ou mal. Chacun sait l'heure qu'il est et où se situent le bien ou le mal. Chacun est conscient de sa livity et de ce qu'elle engendre. Ce qui est setucirc;r c'est qu'à mes débuts fin 90 début 2000, à Paris ou ailleurs, si tu venais avec ta bouteille de whisky-coca et que tu mettais la tête dans les caissons je t'assure que les frangins te faisaient comprendre quel comportement adopter dans une danse ou en dehors ! En fait, j'ai l'impression qu'avant, on venait chercher une conscience dans les danses, un ralliement autour de thèmes sérieux qui nous donnaient de l'espoir et de la force par rapport aux tribulations et aux aberrations que l'on vivait dans la semaine, cela nous portait jusqu'à la prochaine danse, jusqu'à la prochaine rencontre avec nos frères et soeurs. Il me semble que la donne a changé aujourd'hui, que c'est le contraire, avec le jeune public surtout, qui pour échapper aux tribulations de la semaine vient se mettre " une mine " dans les danses le week-end. Signe des temps ? Je ne sais pas et en même temps je ne souhaite vraiment pas faire d'amalgame ou pointer du doigt qui que ce soit. Il faut avoir du discernement, c'est un sujet complexe et vraiment le but est d'aller vers un meilleur futur pour nous tous ; rastaman a depuis longtemps les clés pour cela !Une question toute simple mais qui pourrait alimenter des débats pendant des heures : c'est quoi le dub ?Le dub des années 70 ou le dub d'aujourd'hui, de quoi on parle ? Le dub si on parle de tradition c'est une version instrumentale donc sans paroles avec des effets pour créer un nouveau morceau, un morceau different en fait. Le dub d'aujourd'hui, le steppa ou le UK dub, c'est une musique souvent faite par ordinateur ou séquencée par ordinateur, avec des BPM qui sont plus rapides. Le dub dans tout les cas pour moi c'est aussi et surtout une musique spirituelle. Une vibration puissante.Pour finir est-ce qu'il y a des projets qui vont arriver ?Beaucoup de travail avec le label pour de nouvelles productions. Je vais régulièrement en studio pour faire des arrangements avec des musiciens et des mixes pour les prochaines sorties. Je travaille en ce moment avec des gens comme Jah Massive, Coco Rootikal Temple, Bro Ishai, Ranking Fox et Simon Nyabin, Khayo Benyameen, Boris Reality ou encore Zulu Vibes pour ne citer qu'eux. Plein de projets dans les tuyaux et toujours en vinyle bien setucirc;r. Généralement je presse entre deux et quatre releases par an suivant les délais de la presse. Au niveau du sound system, j'ai la chance d'avoir beaucoup de dates avec ou sans la sono, que ce soit en France ou en Europe. Je serai présent au Dub Camp notamment cet été avec la sono complète pour recevoir Moa Anbessa et Aba Shanti I. Beaucoup de bonheur et de chance de pouvoir avancer sur cette route grâce au Tout Puissant qui me donne la force et l'inspiration.
Source : reggae.fr | 2019-04-08 02:00:00.0

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