Bounty Killer

Origine : Jamaique
Instrument :
Styles : Ragga
Site Officiel : Bounty Killer
Autres informations : Biographie

Bounty Killer : discographie

Bounty Killer - Nah No Mercy: The Warlord Scrolls album cover Album : Nah No Mercy: The Warlord Scrolls
Année : 2006
Bounty Killer - Ghetto Dictionary: The Art of War album cover Album : Ghetto Dictionary: The Art of War
Année : 2002
Bounty Killer - Ghetto Dictionary: The Mystery album cover Album : Ghetto Dictionary: The Mystery
Année : 2002
Bounty Killer - The 5th Element album cover Album : The 5th Element
Année : 1999
Bounty Killer - The Best Of Bounty Killer album cover Album : The Best Of Bounty Killer
Année : 1999
Bounty Killer - Next Millenium album cover Album : Next Millenium
Année : 1998
Bounty Killer - My Xperience album cover Album : My Xperience
Année : 1996
Bounty Killer - Down in the Ghetto album cover Album : Down in the Ghetto
Année : 1995
Bounty Killer - Roots, Reality, And Culture album cover Album : Roots, Reality, And Culture
Année : 1994
Bounty Killer - Ghetto Gramma album cover Album : Ghetto Gramma
Bounty Killer - No Argument album cover Album : No Argument

Actualité de Bounty Killer

Kalash a débarqué il y a quelques jours avec son 4ème album Mwaka Moon. Mi dancehall mi trap, l'album est déjà un énorme succés et cumule des dizaines de millions de vues sur Youtube. Surtout, c'est un bijou de productions qui montre s'il le fallait encore à quel point l'artiste martiniquais a une voix, un flow et un charisme hors du commun et qu'il n'est pas possible de le placer dans une case musicale spécifique, tant il manie l'art de mélanger les styles pour créer sa propre identité artistique. Nous vous proposons aujourd'hui une superbe rencontre avec le phénomène Kalash, une plongée inédite dans son univers, que vous pourrez pleinement vivre en live le 21 décembre au Zénith de Paris ! Entretien : Reggae.fr : Ton Album Mwaka Moon est sorti le 13 octobre, peux-tu nous dire comment s'est déroulé l'enregistrement et avec quelle équipe tu as travaillé?C'est un album qui me correspond encore plus que Kaos. Je l'ai travaillé en enregistrant chaque jour de nouvelles prods, de nouvelles choses, sans revenir en arrière, au feeling. Je l'ai fait dans le calme et la sérénité sans me brusquer. Il s'agit de mon 4ème album, il y a 20 titres dessus. Il y a une moitié de titres dancehall et l'autre moitié de titres trap. J'ai collaboré avec des beats makers déjà présents sur mon l'album Kaos. Supa Dups est un jamaïcain qui travaille pour Rihanna, Drake, Bruno Mars... Il y a Rvssian également jamaïcain qui a collaboré avec Konshen, Demarco, Vybz Kartel. Il avait produit le Crown Love Riddim en 2016. Stephen etldquo;di Geniusetldquo; Mc Gregor (fils de Freddie Mc Gregor) avec qui j'ai fait Taken sur l'album précédent. Le producteur allemand X-Plosive m'a produit Pree Me. Il est dans le hip hop, on avait travaillé le titre Rouge et Bleu ensemble sur Kaos. Il y a également le jeune et talenteux antillais Pyroman (Niska...) qui est le compositeur de Bando. J'ai collaboré avec le Martiniquais Hazou sur le titre Empire, sans oublier Joe Mike qui avec qui j'avais déjà fait Après l'automne.Est-ce que tu as envisagé de faire un album juste avec un seul beat maker ?Oui j'y ai pensé, je pense que je pourrais faire un album entier avec Stephen etldquo;di Geniusetldquo; Mc Gregor. Il a d'ailleurs 80 % des sons de l'album, avec Rvssian ou Pyroman également. "Je ne peux pas rentrer vraiment dans une case. J'ai les pieds sur terre mais mon esprit est en altitude." Est ce que tu t'es lancé dans l'enregistrement de cet album tout de suite après la sortie de Kaos ?Non j'ai pris un temps pour tourner afin de présenter l'album Kaos sur scène, j'ai tout de même durant cette période enregistré des sons comme Mechop, Pwoblem ou encore Friendzone qui sont des sons que j'ai sortis en single mais hors album. J'ai commencé à travailler sur Mwaka Moon quelques mois après.A l'écoute de Kaos, on ressentait un album conceptuel qui formait vraiment un tout alors que Mwaka Moon semble plus varié et plus ouvert au niveau des prods. Etait-ce une volonté de ta part ?C'est du au fait que j'ai aimé enregistrer sur des prods différentes sans me poser de questions, selon l'humeur et la vibe du jour, ce n'était pas un choix stratégique. J'ai également beaucoup dialogué avec les gens avec qui j'ai travaillé sur l'album, car ils s'agit de personnes expérimentées. Je pense par exemple au titre Laisse moi te sauver qui est un titre chanté un peu particulier. Ce jour-là on avait fait des sons dancehall, reggae et lorsque Supa Dupps a mis l'instru, il me disait qu'il me voyait faire une carrière de chanteur américain (rire..), j'ai commencé à faire quelque chose dans un mode Boys II Men en rigolant !Le titre de l'album Mwaka Moon, est-ce une invitation à joindre ton univers ?Exact, lorsqu'on met cet album, on écoute quelque chose qui me correspond vraiment et qui est tamponné Kalash. Les ambiances et les tempos des prods sont des choses qui me conviennent vraiment. Une ambiance aérienne et planante, je ne peux pas rentrer vraiment dans une case. J'ai les pieds sur terre mais mon esprit est en altitude.Au niveau des featurings présents sur l'album Mwaka Moon figure notamment King Kosa. Tu ne vas pas forcement vers l'évidence commerciale, comment tu effectues tes choix ?Avant toute chose, il s'agit de featurings que je valide artistiquement, on avait la possibilité d'en faire des plus commerciaux, avec des noms surs pour percer au niveau national. Je préfère collaborer avec des artistes dont j'apprécie la musique comme Niska, Lacrim, Damso, en plus ils cartonnent en ce moment. Ils ont chacun leurs propres univers musicaux, et c'est intéressant de voir ce que peut donner le mélange de nos deux styles sur un même morceau. On retrouve aussi des noms comme Vybz Kartel ou Mavado, qui sont des grosses pointures du dancehall. King Kosa est un jeune très talentueux qui travaille avec Rvssian. Il est ghost writer pour beaucoup d'artistes, on s'est croisé a Miami et c'est Rvssian qui avait une prod sur laquelle il nous voyait bien tous les deux, cela a donné le titre I Can See Why. Même si j'ai rien contre les collaborations à distance, pour cet album j'ai favorisé d'enregistrer avec les artistes, pour l'anecdote avec Mavado j'ai enregistré dans sa chambre. D'ailleurs au sujet des feats, j'ai entendu dire que pour l'abum Kaos, tu avais fait un son avec Bounty Killer, vas-tu le sortir un jour ?Je pense que je vais le retravailler, on a les voix , on a tout posé, mais on va le modifier au niveau de la musique. Je l'ai pas sorti car je suis pas pleinement content et je ne vais pas lancer un son avec la légende du dancehall sans en être satisfait a 100%. "Même si j'ai signé je ne vais pas forcement abandonner mon identité pour une major." Le choix de ton premier single sur Kaos, le titre Bando, était en créole. Etait-ce une façon de montrer ton indépendance artistique même si tu es signé en major ?Le premier sujet de discussion avec Universal était que je ne dois pas suivre une direction artistique imposée, que j'avais totale liberté avec ma musique. Juste essayer de faire la musique que j'aime et faire des hits. Il a toujours été question d'être libre. Le choix de Bando c'était volontaire d'une part car il s'agissait d'un morceau fort mais également parce que le fait que mon premier morceau sorti avec une maison de disque nationale soit en créole c'était symbolique. Une manière de montrer que même si j'ai signé je ne vais pas forcement abandonner mon identité pour une major.Tu t'es fait connaître avec des titres plutôt festifs qui collent à l'ambiance musicale caribéenne du début des années 2000 et même si tu as toujours abordé les réalités quotidiennes de ton île dans ta musique, on sent que tu as glissé vers un univers plus dark ces derniers temps. Est-ce qu'on se trompe ? A quoi est-ce du ? Ta vie est-elle plus sombre ou est-ce plus l'environnement dans lequel tu évolues qui t'inspire ce côté dark ?Le changement vient du fait que ma vie a bien changé, lorsque j'ai fait Pran pied avec Lieutenant j'étais dans une période de ma vie ou j'étais en total freestyle, je n'avais pas de chez moi je dormais à droite à gauche, toujours en vadrouille, en soirée, en soundsystem. Lorsque j'ai grandi j'ai eu plus de responsabilité, plus de succès, donc plus de choses à gérer, ma musique a donc évolué dans ce sens. Il y a une forme de mélancolie dans tes deux derniers albums?Oui car au-delà du fait que j'ai traversé des choses difficiles, j'ai toujours aimé la musique mélancolique. J'en ai toujours écouté chez moi ou dans ma voiture. Cela permet de s'évader, de réfléchir, d'exprimer sa colère, sa tristesse, peu importe le thème lorsque l'univers est mélancolique cela me parle plus.Dans tes textes, tu as toujours - notamment avec les deux derniers albums - une approche poétique. On sent une filiation avec des artistes antillais tel que Kolo Barst ...Je me situe dans la filiation d'artistes comme Kolo Barst mais également d'Eugnène Mona (Ti Milo). Dans son morceau Mango ve a, il parle d'une mangue mais il écrit d'une manière où il pourrait parler d'une femme. Il ne cherche pas à faire de grande tournure de phrase, mais à faire passer un image. J'aime cette approche métaphorique dans ses textes, et je tends à faire cela. Tu peux fermer les yeux et voir ce qu'il dit. Que les phrases amènent des images dans la tête des gens.Même si tu est issu de la scène dancehall reggae, depuis quelques années tu t'es écarté artistiquement de ce style, comment te situes-tu à ce niveau?Je n'ai pas forcement d'étiquette, même si entre les albums j'ai sorti des sons comme Vex, Pwoblem ou Friendzone qui sont du dancehall, je mélange tellement les styles à chaque fois, qu'on peut se demander dans quel case je suis. J'aime autant posé sur du dancehall, sur du reggae, que sur du hip hop. Sur Mwaka Moon, il y a plus de prods dancehall qui m'ont plu c'est pour cela qu'elles sont plus nombreuses que sur Kaos. Je pense que le public me place sur les deux scènes. D'une part le hip hop français et sur la scène dancehall française antillaise.Le fait que des chanteurs comme Pleen Pyroman, Mc Janick ou Sael te etldquo;valideetldquo; en tant qu'artiste, est-ce important à tes yeux ?Quand j'étais jeune, c'était très important lorsque j'allais en sound sytem ou qu'ils m'invitaient sur leur album. Il s'agit des artistes que je regardais à la télé lorsque j'étais petit. C'était flatteur, cela voulait dire qu'ils me considèrent comme un artiste, il s'agissait une victoire. Il y a environ un an et demie, Azrock nous quittait, tu avais fait le son Un point c'est tout avec lui, comment l'avais-tu rencontré ?Je l'avais croisé une première fois au studio à Montreuil, il était un ami de mon ancien manageur. Lorsque j'étais à Paris il m'arrivait de dormir chez lui, on faisait beaucoup la fête ensemble. Au final on a fait de la musique ensemble, mais on était avant tout ami. Lorsque j'ai appris sa disparition j'étais choqué, et je ne comprends toujours pas.En musique tu as deux mentors, d'une part Admiral T et de l'autre Booba. Quels sont tes côtés Booba, et tes côtés Admiral T ?Admiral m'a plus influencé au niveau de la musique dancehall dans ma jeunesse, mais également dans son coté chef de famille, construire quelques chose autour de toi en plus de ta carrière. Lorsque j'ai connu la musique de Booba, ce qui m'a toujours plu c'est l'arrogance justifiée. Il était là pour imposer ses idées. Et les défendre jusqu'au bout. Son discours est resté le même et sa carrière est un exemple de réussite et de détermination. Même lorsque il y a eu du boycott il est passé à travers sans se prostituer. "Je pense que le public me place sur les deux scènes. D'une part le hip hop français et sur la scène dancehall française antillaise." Avec ton équipe, tu effectues un gros travail pour la réalisation de tes clips notamment avec Kris Macari. Quelle est l'importance d'un clip dans la musique actuellement ?De nos jours, l'image porte le morceau, elle peut le sublimer mais un mauvais clip peut le desservir. Il me semble également que c'est une bonne chose de pouvoir mettre un son en image afin de mettre de la lumière sur les mots. Parfois les paroles que tu utilises ne sont pas toujours captées de la même façon, et les mettre en image permet d'éclairer visuellement la signification de certains sons.Tes disques sont très digitaux. Comment travailles-tu avec ton groupe pour rendre l'univers du disque sur scène ?Il s'agissait d'une des premières conditions pour que j'accepte de faire des tournées live, celle de rendre le son de l'album sur scène. On travaille avec les musiciens mais également avec des séquences car c'est compliqué de rendre parfois la puissance du hip hop en live comme sur le CD. Chacun des 4 musiciens a son ordinateur pour jouer les séquences, ils sont appuyés par le digital afin de rendre toute la puissance des prods de l'album. Et puis il faut savoir que là c'est un groupe que j'ai formé moi-même avec lequel on a beaucoup répété. Je leur est envoyé ma vision du live en leur montrant beaucoup de shows de Bounty killer, Mavado et Sizzla, car il y a une façon de jouer en Jamaïque. Même si chaque groupe à sa couleur il y a des automatismes qui existe sans que l'artiste ait besoin de crier etldquo;Mixetldquo; ou etldquo;One Dropetldquo;. Il y a des gestuelles ou des intonations qui permettent au band de comprendre ce qu'il doit envoyer derrière. On s'est mutuellement éduqué, j'avais tendance à ne pas parler entre les morceaux et à enchainer les tunes, ils m'ont appris à poser plus mon show, à être confiant. Donc c'est un bel échange avec les musiciens. Cet été tu as joué au Reggae Sun Ska (voir le live de sa performance ici), qui est le plus gros festival de reggae en France. Etait-ce important et comment as-tu appréhendé la date ?Il s'agissait d'un de mes objectifs, mais je n'étais pas du tout sur de moi pour ce concert. Car je sais que dans ce genre de festival tu vas à la rencontre d'un public de puristes auxquels les nouvelles tendances musicales parlent moins. Mais j'ai beaucoup apprécié la manière dont ils m'ont accueilli sans a priori, ils ont jugé la performance. Et peu importe le style du morceau joué, qu'il soit reggae, rap ou lover le public a réagi à l'énergie qui se dégageait sur scène. Il s'agit d'un des concerts où j'ai pris le plus de plaisir. On te voyait quand même assez peu en salles de concert mais là le 21 décembre tu vas faire le Zénith de Paris !On gravit les échelons au fur et a mesure. On agit en fonction des opportunités. On a fait le tour des petites salles de France, sur Paris on fait les salles mythiques comme notamment l'Olympia, la Cigale ou le Zenith le 21 décembre. On accentue au fur et a mesure la capacité, on commence à être bien rodé, on va s'attaquer à des festivals mythiques comme notamment le Summerjam, que je regardais il y a encore quelques années sur youtube !Merci Kalash !
Source : reggae.fr | 2017-10-26 02:00:00.0
Douze ans qu'on l'attendait ce nouvel effort solo. Douze ans que le dernier fils Marley nous fait patienter avec des albums en collaboration, des compilations et autres singles tous plus efficaces les uns que les autres. Douze ans c'est long, mais l'attente en valait la peine. Même si les plus grosses balles avaient déjà été dévoilées ces derniers mois (l'énorme Medication en tête), Stony Hill s'avère d'excellente facture avec une tracklist variée, des instrus soignées et des lyrics affetucirc;tés. C'était le moins qu'on puisse attendre de la part de l'artiste reggae le plus plébiscité de la planète.Stony Hill c'est le nom du quartier où Damian a grandi. Un arrondissement huppé de la capitale jamaïcaine perché sur une colline où les plus grandes fortunes de l'île viennent se réfugier. Le petit Gong ne renie pas ses origines ; lui qui n'a pas connu les ghettos contrairement à certains de ses frères, ne cherche pas à cacher les cadeaux que la vie lui a faîts. Conscient de sa chance, il narre l'histoire de son père qui lui a permis d'échapper à la misère sur un Living it Up au refrain très radiophonique en saisissante opposition aux délicieux couplets deejay. S'il n'a pas connu les difficultés de certains de ses compatriotes, Jr Gong n'est pas arrivé au sommet sans effort. Il profite également de ce titre pour balayer les critiques tout comme sur Here We Go, premier sur la tracklist et l'un des tunes les plus réussis posé sur un hip-hop où la voix de Dennis Brown se fait entendre après que Big Youth se soit chargé de l'intro en reprenant son mythique I Pray Thee sur fond de tonnerre et nappes de synthé très dark. Une atmosphère pesante que l'on retrouve indubitablement dans l'univers de Damian ; les singles déjà connus Nail Pon Cross ou R.O.A.R. sont là pour en témoigner.Comme à chacun de ses albums, Gong Zilla glisse quelques ballades parmi ses titres comme le très beau piano/voix Autumn Leaves, sans doute une référence à Nat King Cole... So a Child May Follow et Speak Life suivent le même chemin, guitares et percussions en plus. Le dancehall a aussi sa place sur l'opus ; Damian Marley a grandi avec cette musique et elle fait partie de lui tout autant que le reggae roots. La rencontre avec Major Myjah, le fils de Bounty Killer, sur le très RetB Upholstery ne nous convainc malheureusement pas vraiment, pas plus que le tune Time Travel où l'artiste se contente d'une énumération d'avancées technologiques salies par la bêtise humaine. La litanie est depuis longtemps l'une des marques de fabrique de Damian (souvenons-nous notamment de l'énorme Nah Mean avec Nas), mais ce n'est pas non plus avec Grown et Sexy en featuring avec son frère Stephen qu'il parvient à nous charmer. Le petit clin d'oeil à la ville de Bordeaux où il enregistra les voix de cette chanson au lendemain d'un passage au Reggae Sun Ska n'y fera rien, ce n'est pas notre came ! On adhère par contre à 100 % aux deux titres roots de l'album, Looks Are Deceiving et The Struggle Discontinues, où les Wailers semblent revivre derrière le fils de feu leur leader. Autre très belle réussite : la refonte du Whole World is Africa de Black Uhuru sur le très rythmé Caution. Il s'agissait en fait du tout premier single dévoilé en juin 2016, mais on en découvre ici une version remixée beaucoup plus dynamique et hautement aboutie.Particulièrement influencé par son environnement proche, Damian Marley vient de livrer un album complètement ancré dans la modernité tout en gardant son cachet d'antan. Il nous a toujours habitués à quelques curiosités tout au long de sa discographie, preuve qu'il ne se repose pas sur ses acquis et tente sans cesse de nouvelles choses. L'extrême diversité de ce Stony Hill n'est pourtant pas synonyme d'irrégularité. Damian Marley confirme haut la main son statut d'artiste reggae polyvalent Netdeg;1 !Tracklist :01. Intro (spoken by Big Youth)02. Here We Go 03. Nail Pon Cross 04. R.O.A.R. 05. Medication feat. Stephen Marley 06. Time Travel 07. Living It Up 08. Looks Are Deceiving09. The Struggle Discontinues 10. Autumn Leaves 11. Everybody Wants To Be Somebody 12. Upholstery feat. Major Myjah 13. Grown et Sexy feat. Stephen Marley 14. Perfect Picture feat. Stephen Marley15. So a Child May Follow 16. Slave Mill 17. Caution 18. Speak Life
Source : reggae.fr | 2017-08-19 02:00:00.0
Près de douze ans d'attente depuis Welcome to Jamrock. Damian Marley sait se faire désirer. Son nouvel album solo est enfin sur le point de voir le jour. Le dernier fils de Bob Marley était récemment en tournée en France pour préparer le terrain. Il a pris le temps de répondre à nos questions pour nous en dire plus sur cet opus tant attendu. On y aborde également sa passion pour le dancehall et sa relation avec les fans. Après vous avoir dévoilé quelques extraits vidéos de cet entretien, Reggae.fr vous offre l'intégralité de cette rencontre inédite avec Jr Gong, à deux jours de la sortie de Stony Hill.Reggae.fr : Peux-tu nous présenter ton nouvel album qui sort ce 21 juillet ?Damian Marley : Le titre de l'album c'est Stony Hill. Il rend en quelque sorte hommage à mon éducation car j'ai été élevé dans un endroit en Jamaïque qui s'appelle Stony Hill. Je n'y suis pas né, mais j'ai vécu là-bas à partir de mes 5 ans jusqu'à la fin de mon adolescence. J'ai vécu là-bas pendant toute ma scolarité. C'est l'un des plus beaux endroits des beaux quartiers de Kingston, il a joué un rôle très important dans mon éducation et je voulais le souligner avec cet album. Il sort le 21 juillet qui est aussi la date de mon anniversaire. C'est une date spéciale, plus qu'une simple sortie d'album. C'est cool. J'ai hâte qu'il sorte maintenant. Peux-tu nous en dire plus sur cet endroit Stony Hill ?C'est à Kingston... Certains diraient que c'est à St Andrew. St Andrew et Kingston forment un seul et même département en fait. C'est une communauté privilégiée où l'on trouve des gens riches. Je pense que tous les citoyens jamaïcains aspirent à vivre dans ce genre de quartier où moi j'ai eu la chance de grandir. C'est pour ça que j'en suis très fier. Et je voulais rendre hommage à mon éducation, à mes parents... et quand je dis mes parents, je ne parle pas de Bob Marley. Je parle de ma mère Cindy et de mon beau-père Tom qui ont tous les deux joué un rôle très important dans mon éducation et qui m'ont aidé à devenir la personne que je suis aujourd'hui.A quoi correspondent les masques que l'on voit sur la pochette ?Ce sont des masques d'argile. C'est de l'art jamaïcain fait par des sculpteurs. Mon beau-père est un grand fan d'art jamaïcain. Il a une superbe collection, l'une des plus belles de l'île. Il a des oeuvres de plusieurs peintres et artistes de différentes époques de l'Histoire de la Jamaïque. Sa collection dont il est le plus fier, ce sont les oeuvres d'un artiste qui s'appelle Kapo qui était un Marron. Ces masques sont là pour montrer la reconnaissance que j'ai envers l'éducation que j'ai reçue et pour faire un clin d'oeil à l'amour qu'a mon beau-père pour l'art jamaïcain. On te voit à nouveau avec un regard très sérieux et grave sur la pochette. On n'a pas souvent l'occasion de te voir sourire. etCcedil;a t'arrive quand même des fois ?(rires) Oui quand il y a matière à sourire. Quand il s'agit de sourire, vous savez... Les faux sourires ce n'est pas pour moi. On sourit quand il y a une raison de sourire. Je ne veux pas que les gens le voient comme un manque de respect. En fait, c'est même un moyen de leur témoigner mon respect selon moi. Quand vous prenez une photo avec moi, je vous donne mon vrai visage. Je ne plaisante pas. Je suis honnête. J'essaye toujours de m'exprimer honnêtement. Parlons du titre Medication. Le clip a-t-il été tourné dans la prison que tu as achetée pour cultiver de la ganja ?Oui, le clip a été tourné à Coalinga en Californie. Ce qui s'est passé c'est que je me suis associé à des gens en Californie pour cultiver de l'herbe et on cherchait un endroit pour le faire. Et il y avait cette prison à vendre. Il se trouve que la superficie de la prison était idéale pour cette activité. En fait, on ne cherchait pas forcément à acheter une prison, on voulait juste un endroit pour faire pousser notre herbe et la prison était sur le marché. Ce sont les gens géniaux de Ocean Grown Extracts qui nous ont orientés vers cette idée. J'ai eu de la chance de pouvoir faire ce partenariat avec eux juste au moment où ils étaient sur le point d'acquérir cet établissement. Mais on ne l'a pas acheté parce que c'était une prison, on l'a acheté parce qu'on voulait cultiver de la marijuana et il se trouve que cette prison était disponible. Le titre parle de l'herbe médicinale. Tu utilises la weed à des fins médicales parfois ?Non je ne suis pas malade. Ou peut-être suis-je malade mentalement, je ne sais pas (rires). J'utilise la marijuana pour me débrouiller dans la vie. La weed m'aide à méditer et à avancer dans tout ce que je dois faire. La marijuana a toujours été un sacrement dans la culture et la foi rasta. Ce n'est pas un secret. etCcedil;a fait partie de la culture jamaïcaine depuis des années. On fume l'herbe pour des raisons spirituelles, pour se libérer du stress, pour réfléchir et élever nos pensées sur l'environnement qui nous entoure, on fait ça depuis des années. On voit bien que l'herbe est utile à la méditation et à l'inspiration. Et ce sur quoi on insiste aujourd'hui, grâce aux récentes recherches, ce sont les propriétés médicinales de la marijuana. Nous avons toujours déclaré dans notre culture que l'herbe était la panacée des nations, sans même avoir conscience de ces recherches scientifiques. Et plus il y a de recherches faîtes, plus on se rend compte du potentiel curatif de cette plante. Mais ce n'est pas un secret que les rastas, les Jamaïcains et même le monde entier utilise la ganja pour se déstresser. Et c'est en quelque sorte une manière de se guérir puisque le stress peut entraîner des maladies.Stephen est très souvent présent à tes côtés. Est-ce qu'on le retrouve sur d'autres morceaux sur cet album ?Oui on le retrouve au chant sur deux autres titres et il a participé à la réalisation de plusieurs riddims. On maintient toujours ce lien fraternel qui nous unit.Y a-t-il d'autres featurings ?Oui il y a un jeune qui s'appelle Major Myjah. C'est un nouvel artiste bourré de talent qui se trouve être le fils de Bounty Killer, une de nos légendes jamaïcaines et un de mes frères proches avec qui j'ai fait plusieurs titres ces années passées. D'ailleurs c'est sans doute mon premier album solo sur lequel Bounty ne figure pas. Mais son héritage s'exprime à travers son fils. Major Myjah est-il un artiste dancehall comme son père ?Il fait du dancehall oui, mais c'est un chanteur, pas un deejay comme son père. Il fait aussi du RetB et du hip-hop. Nous avons découvert le tune R.O.A.R. il y a peu. C'est un titre dans lequel tu prends la défense des gangsters n'est-ce pas ?R.O.A.R. est une chanson qui parle des quartiers défavorisés en Jamaïque, de ceux qu'on appelle gangsters ou rude-boys et de l'héritage qui en découle. Car à la base, ces gens à qui on donne ces noms de voyous servaient de protecteurs à leur communauté. Ils s'assuraient de certaines choses, comme ce que je dis dans la chanson, que les enfants ne traînent pas dans la rue la nuit, que les visiteurs ne viennent rien voler dans la communauté et que les habitants puissent laisser leur voiture ouverte sans problème. Aujourd'hui, notre génération a perdu ces valeurs et cette chanson tente de les raviver. Je n'essaye pas de glorifier la violence mais d'inciter à la responsabilisation d'une communauté.R.O.A.R. est un titre dancehall et on sait que tu aimes particulièrement cette musique. Peux-tu nous donner ta définition du mot dancehall ?Je connais l'histoire du dancehall. Le dancehall à la base est un lieu. Quand on parle de dancehall, on se réfère à un endroit et pas vraiment à un style de musique. Et avec le temps, le type de musique que l'on jouait dans ces endroits a commencé à être qualifé de musique dancehall. Par exemple dans les années 70, ce que l'on appelle aujourd'hui one drop ou dub était appelé dancehall à l'époque. Le lieu où l'on jouait la musique a aussi façonné l'identité de la musique et on peut mesurer cette évolution. Il y a eu une nouvelle tendance musicale en Jamaïque il y a quelques années qui est très différente de ce que pouvait faire la génération de mon père. C'est plus moderne et plus rythmé, mais ça appartient toujours à la culture jamaïcaine qui est une culture reggae. De nos jours, la musique dancehall est plus une musique digitale, énergique, rythmée et faite par la jeune génération. On sait que la culture dancehall et sound system est très importante pour toi...Oui c'est très important parce que la première musique que j'ai achetée avec mon propre argent de poche était des cassettes de dancehalls. C'était en fait des enregistrements de soirées sound system. Et on y entendait beaucoup de dubplates, mais je ne comprenais pas ce que c'était au début. C'est en discutant avec un de mes héros, Admiral Bailey, que j'ai vraiment compris le truc. C'est lui qui m'a expliqué ce délire de refaire une de tes chansons en changeant un peu les paroles et en nommant le sound system ou le selector. J'étais fasciné par les dubplates une fois que j'avais compris le truc. Tu es un artiste très difficile d'accès que ce soit pour le public ou pour les journalistes. On a vu récemment un incident au Kenya où un journaliste local t'insulte publiquement pour avoir refusé de prendre des photos avec des gens. Après t'avoir rencontré plusieurs fois, on croit comprendre que tu n'es pas très à l'aise avec l'extrême célébrité. Est-ce qu'on se trompe ?[Il hésite] Non je suis très à l'aise avec qui je suis, mais je vais vous expliquer l'évolution du monde depuis mes débuts et vous pourrez juger par vous-mêmes de ma réaction face aux sollicitations du public. Au début de ma carrière, quand quelqu'un voulait prendre une photo avec moi, il fallait qu'il ait avec lui un appareil photo. Aujourd'hui, tout le monde a un appareil photo sur son téléphone. Et c'est devenu difficile pour moi de prendre des photos avec tout le monde parce que sinon je serais en retard à mes concerts, je louperais peut-être des avions... Il y a aussi des moments où j'ai envie de prendre du temps pour moi. Je suis un être humain. Il arrive donc un moment où je dois dire non à certaines personnes. Malheureusement, il y a des gens qui ne comprennent pas ça ou qui n'y sont pas sensibles. Un homme est juste un homme et jamais je ne voudrais manquer de respect à qui que ce soit. Je pense que mes vrais fans peuvent comprendre et être indulgents vis-à-vis de ça. Nous avons attendu 12 ans entre Welcome to Jamrock et Stony Hill. Combien de temps allons-nous devoir attendre avant le prochain album ?Ah ! Pas aussi longtemps. Je vous promets que l'attente ne sera pas aussi longue (rires).
Source : reggae.fr | 2017-07-19 02:00:00.0