Ismaël Lô

Origine : Sénégal
Instrument :
Styles : Folk Mbalax

Ismaël Lô : discographie

Ismaël Lô - Classics Titles album cover Album : Classics Titles
Label : Cantos
Année : 2006
Ismaël Lô - Senegal album cover Album : Senegal
Année : 2006
Ismaël Lô - Dabah album cover Album : Dabah
Label : Universal
Année : 2001
Ismaël Lô - The ballader : The best of Ismael Lo album cover Album : The ballader : The best of Ismael Lo
Label : Sony Music
Année : 2001
Ismaël Lô - Tadieu bone album cover Album : Tadieu bone
Label : Syllart
Année : 1999
Ismaël Lô - Jammu Africa album cover Album : Jammu Africa
Année : 1996
Ref : CD 534 233 2
Ismaël Lô - Iso album cover Album : Iso
Label : Mango
Année : 1994
Ref : CD 522 362-2
Ismaël Lô - Ismaël Lô album cover Album : Ismaël Lô
Label : Barclay
Année : 1991
Ref : CD 847 972 2
Ismaël Lô - Tajabone album cover Album : Tajabone
Label : Barclay
Année : 1991
Ref : CD 847 972-2
Tajabone Sun/NeXT audio (334 K)
Ismaël Lô - Diawar album cover Album : Diawar
Label : Syllart
Année : 1989
Ref : CD 38759-2
Jelebi Sun/NeXT audio (419 K)
Bode Gor Sun/NeXT audio (228 K)
Ismaël Lô - Natt album cover Album : Natt
Label : Syllart
Année : 1987
Ref : CD 38740-2

Actualité de Ismaël Lô

Saintrick vit à Dakar, parle le wolof sans accent, et fait de la musique très proche du style populaire sénégalais mbalax. Pourtant Patrick Joël Mayitoukou est né à Brazzaville en 1968, au quartier ex-Voie, et est très fier de ses origines congolaises
La première langue africaine parlée par Patrick a été le wolof, pour avoir passé une partie de son enfance à Dakar où son père a travaillé pendant dix ans. En 1983, à la mort de son père, la famille rentre à Brazzaville, et le jeune Patrick participe alors à plusieurs formations musicales. On le retrouve d’abord dans un groupe d'harmonicistes, ensuite à Lomoka Spirituel, dans le quartier Matoure, ensuite pendant cinq ans dans la chorale du quartier Saint-Charles-Louanga, Touti Ndissa ( qui signifie « faites nous chanter » en lingala) et avant d’atterrir dans un orchestre raggae, Jah Children, où il rencontre Cyrill Koussonga, un excellent compositeur, qui lui offre ses titres qui sont toujours dans le répertoire de Saintrick.

C’est dans Jah Children que l’artiste chante en solo pour la première fois de sa vie. Saintrick rejoint ensuite Africa Brass, un orchestre de jazz avec lequel il commence à tourner en Afrique. S’ensuivra un court passage comme choriste chez Zao et la création des Tambours de Brazza. En 1988, Saintrick lance sa propre formation, Les Tcheli, qui l'accompagne jusqu'à nos jours.

Au cours de cette période, Saintrick crée son propre style de musique métissée, yeketi, qui se repose sur le wala de Nzongo Soul, la rumba congolaise, et le mbalax sénégalais. Au Congo, Saintrick a toujours gardé sa culture sénégalaise. S’il a chanté en wolof, c’était pour ne pas oublier la langue de son enfance. Et la communauté sénégalaise de Brazzaville l'a soutenu au début de sa carrière solo alors que sa musique était considérée comme non commercialisable au Congo.

Le début d’une carrière prometteuse

Sa carriere solo a débuté grâce à sa participation en première partie d'artistes sénégalais comme Baba Maal, Youssou N'Dour et Ismaël Lô. En 1993, Saintrick sort son première album, Sidilo, un hommage à Ismaël Lô. À Dakar, il s’installe en 1999 après une odyssée qui commence par la fuite de Brazzaville vers l'autre rive dans une pirogue visée par des tirs en 1997. Passant par Kinshasa et Bangui, il arrive, accompagné de son frère Luc et du groupe Tcheli, le 18 août 1999, après seize ans d’absence du Sénégal. Le pays de son enfance l’accueille chaleureusement, et Saintrick se réintègre facilement grâce à ses multiples contacts musicaux. La srtucture de Mori Kanté, Africafête, devient son agence artistique. Il participe au projet Refugee Voices de Youssou N'Dour. Avec son inséparable frère Luc, il fonde une structure de production, ZHU Culture, agence artistique qui offre différentes formations en sonorisation, expertise culturelle, carrières d'artistes.

Diversité de casquettes

Les multiples talents de Saintrick ne se limitent pas à la musique. Il y a quelques années, il participe à la première pub de la bière Ngok au Congo, et au Sénégal on le retrouve dans une pub pour Orange. Il vient également de tourner dans le premier film de Laurentine Milébo à Paris. Saintrick a écrit un livre sur la sonorisation qui sert de manuel à la majorité des ingénieurs du son en Afrique francophone. Il prépare actuellement la sortie d'un livre autobiographique et est l’auteur d’une bande dessinée sur les pygmées parue en 2012.

Invité du festival Nsangu Ndij Ndji, demain soir Saintrick sera aux côtés de son icône, Ismaël Lô, pour le concert de clôture de cette dixième édition. En effet, Pierre-Claver Mabiala a réservé le concert à Saintrick pour la dixième édition de son festival où il va se produire pour la première fois devant le public de Ponton.

Sasha Gankin
Adiac-congo.com

www.pagesafrik.info le rendez-vous des stars
Source : starducongo.com | 2014-06-07 20:28:00.0
Il y a dix ans, Pierre Claver Mabiala lançait la première édition du festival Nsangu Ndji-Ndji dans le but de de promouvoir les musiques de recherche et de favoriser la diffusion du spectacle vivant. Depuis, le festival s’est enraciné dans la vie culturelle de Pointe-Noire, a accueilli des artistes majeurs de la musique africaine et s’est imposé comme une manifestation incontournable pour les artistes et les professionnels des arts et pour les populations. Rencontre avec Pierre Claver Mabiala, directeur du festival
Les Dépêches de Brazzaville : Vous célébrez les dix ans d’existence du festival. Quel est votre ressenti sur son parcours ?
Pierre Claver Mabiala
: Aujourd’hui N'sangu Ndji-Ndji, favorisant la diffusion du spectacle vivant, le développement des carrières artistes et la mise en valeur des jeunes talents, veut, à travers la musique et les arts, renforcer le dialogue des cultures, la diversité culturelle en mettant en valeur les différentes identités culturelles. La cohésion sociale passe par cette façon de voir les choses.

Ismaël Lô du Sénégal, Freddy Massamba et Saintrick du Congo, Naneth du Gabon, sont à l’affiche de cette édition. Chacun de ses artistes viennent d’horizons très différents. Quel a été le fil directeur des choix de votre programmation 2014 ? Comment avez-vous choisi les artistes ?
Pour les dix ans, on voulait faire la fête, mais aussi on voulait marquer l’histoire et les esprits des gens. Comme chaque année, on a besoin d’un grand frère ou d’une grande sœur pour soutenir les jeunes. Notre choix est tombé sur Ismaël Lô car c’est un grand monsieur, un grand artiste, un grand Africain, et il a des choses à dire aux jeunes, c’est un modèle. Puis, on s’est dit que pour les dix ans il fallait reconnaître qu’il y a des fils du pays qui font de bonnes choses ailleurs, comme on dit. Des gars qui se comportent très bien sur la scène internationale, mais très peu présents au pays. On a donc pensé à Fredy Massamba et Saintrick. Pour les dix ans, on voulait présenter, comme à l’église, des témoignages. On a voulu marquer les esprits en disant qu’on avait aussi favorisé les échanges entre artistes. On a invité le duo Maryse et Jean Rémy (RDC/France) qui se sont rencontrés lors de l’édition 2011 de N’sangu Ndji-Ndji à Pointe-Noire puis s’en est suivie une très bonne collaboration artistique avec beaucoup de concerts en Afrique et ailleurs. Et enfin, la place que notre programmation accorde aux jeunes en développement d’Afrique : Naneth et Queen Koumb du Gabon, Armand Biyag du Cameroun, Huguembo de la RDC Frederick Samara du Tchad.

Les musiques populaires congolaises y trouvent-elles aussi leur place ?
Oui, toutes les musiques ont une place dans notre festival, pourvu qu’elles soient porteuses des valeurs identitaires de notre pays et de l’Afrique. Qu’elles soient propres, pas obscènes.

Dans une Afrique francophone qui peine à avoir de solides et cohérentes politiques de soutien aux créateurs, que peut apporter aux artistes africains un festival comme le vôtre ?
Il faut plutôt dire « dans un pays comme le nôtre ou dans une Afrique centrale »… Toute l’Afrique francophone n’est pas dans cette situation. Nous, au Congo-Brazza, nous sommes les derniers dans le soutien à la culture. N’sangu Ndji-Ndji veut apporter aux artistes de l’espoir, en leur disant qu’on peut grandir avec ses propres efforts. Qu’il faut résister et lutter sans cesse. Et aussi un espace très convivial pour des échanges, pour la diffusion du spectacle.

Que pensez-vous du succès de la nouvelle vague d’artistes nigérians et ghanéens au Congo ?
Ce n’est pas mauvais de consommer aussi ce qui vient d’ailleurs. C’est une ouverture. Mais, que cela nous serve aussi d’exemple pour créer des conditions de positionnement de nos produits, de nos artistes, de nos propositions artistiques… Mais là aussi, je m’adresse aux politiques, car les artistes et les acteurs culturels font déjà assez. C’est d’ailleurs grâce à ces derniers que notre culture et nos arts résistent encore sur la scène internationale. Ce n’est que de l’initiative privée, la volonté publique traîne les pieds, on ne sait pas pourquoi…

Le niveau de cette nouvelle vague d’artistes d’Afrique anglophone est-il comparable à celui de leurs contemporains d’Afrique francophone ?
Il ne faut pas se tromper, on a les mêmes niveaux, il existe même des disciplines artistiques pour lesquelles on est les meilleurs. Mais comment savoir et comment faire comprendre cela au monde ? Eux, les anglophones, ils ont des outils pour avancer, ils ont l’accompagnement, ils ont les moyens pour se positionner et pour mieux communiquer…

Et la musique congolaise dans tout ça, arrive-t-elle, selon vous, encore à trouver sa place dans les grands débats des musiques du monde ?
Nous avons tellement marqué l’histoire de la musique africaine qu’on ne peut pas s’effacer subitement. Mais, vous avez raison de poser cette question. Si les choses ne changent pas au niveau de la vision politique de soutien et d’accompagnement de la culture et des arts au Congo, notre musique, nos créations artistiques manqueront de dynamisme et de compétitivité. On va nous oublier… Mais je me dis que les politiques ne seront pas aussi criminels, les solutions seront apportées….

Comment expliquez-vous votre attachement et votre engagement à la culture ?
J’aime mon pays, j’aime ma culture, j’aime mon art, et j’aime tout ce qui fait de moi loango, congolais. Et faire l’art dans les quartiers pour le bien et le bonheur des gens abandonnés à leur propre sort, c’est une vraie raison de bien me sentir artiste et acteur culturel.

Après dix ans de festival, l’épineuse question du manque de financement des festivals en Afrique se pose-t-elle encore à vous ?
Énormément, il nous manque encore les moyens pour réussir notre rêve. Je ne sais pas comment on y arrive. En fait, ce qui nous manque, c’est l’apport des pouvoir publics…

Que peut-on vous souhaiter pour cette nouvelle édition ?
L’attention et le soutien financier enfin du ministère de la Culture et des Arts !

Meryll Mezath
Adiac-Congo.com

www.pagesafrik.info le rendez-vous des stars
Source : starducongo.com | 2014-06-02 02:05:00.0
Le festival international des musiques et des arts N’Sangu Ndji-Ndji va fêter sa dixième édition, qui se déroulera du 4 au 8 juin prochain, a annoncé son directeur, Claver Mabiala, lors de la conférence de presse qu’il a animée avec Hélène Troffigué, chargée de communication et des relations publiques, le 27 mai à l’espace culturel Yaro, organisateur de l’événement.
Les organisateurs ont présenté cette dixième édition qui s’annonce exceptionnelle ainsi que l’historique du Festival N’Sangu Ndji-Ndji. Une programmation musicale et artistique riche et variée est prévue pour marquer ses dix ans d’existence. Plusieurs artistes internationaux sont attendus, notamment : le célèbre Ismaël Lô (Sénégal), Saintrick (Congo-Sénégal), Freddy Massamba (Congo-Belgique), Gasandji (RDC-Belgique), le duo Jean-Rémy Guedon et Maryse Ngalula (France-RDC). Il y aura aussi Queen Koumb’ (Gabon), Armand Biyag (Cameroun), Naneth (Gabon), Hunguembo (RDC) Frederick Samara Musique (Tchad).

De nombreux artistes et groupes du pays y prendront également part comme Brice Mizingou, Hantar Le Lion, Ibra’son Kololo, Racines, Teddy Benzo, Dark side of the moon, Bane B’Siane, Liman’Lit’si, les Argus, So’Kazam et bien d’autres. Plusieurs activités gratuites (concerts, ateliers de pratique artistique, rencontres professionnelles et animations) sont inscrites au programme et se dérouleront à l’espace culturel Yaro, l’Institut français du Congo, le centre culturel Jean-Baptiste-Tati-Loutard. Il y a également la soirée du partenaire que la résidence du consul de France à Pointe-Noire abritera ainsi qu’une visite touristique.

Cadre de promotion, de diffusion musicale et artistique, le Festival N’Sangu Ndji-Ndji s’affirme comme un espace d’accompagnement, un relais de diffusion du spectacle vivant et de découverte des jeunes créateurs. En dix ans d’existence, le festival a su mobiliser tous les publics, en particulier les jeunes des quartiers populaires, qu’il veut rapprocher des arts et de la culture. N’Sangu Ndji-Ndji entend œuvrer pour un dialogue des cultures et contribuer au renforcement du vivre-ensemble et de la cohésion sociale au sein des populations de Pointe-Noire, cité économique, cosmopolite et en pleine mutation. « C’est un aspect que nous prenons à cœur », a souligné Pierre Claver Mabiala qui n’a pas manqué d’exprimer son désarroi quant au manque d’appui des pouvoirs publics et des collectivités locales aux projets culturels et artistiques. « Nous ressentons un pincement au cœur en constatant qu’en dix ans de fonctionnement, le festival n’a été organisé qu’avec des moyens privés ou extérieurs. Et nous ne sommes pas les seuls à vivre cette situation », a-t-il déploré.

Il faut rappeler que N’Sangu Ndji-Ndji est l’un des rares festivals de la ville océane qui a résisté au manque de soutiens, surtout de l’État. Bon nombre d’événements culturels qui faisaient la fierté de la ville océane ont disparu pour cette raison. Pour changer la donne, le festival entend inciter les pouvoirs publics et les collectivités locales à prendre en compte la dimension culturelle dans les politiques de développement.

La conférence de presse, qui a été clôturée par une prestation de l’artiste Hantar Le Lion, s’est déroulée en présence de plusieurs partenaires du festival.

Lucie Prisca Condhet N’Zinga
Adiac-congo.com

www.pagesafrik.info le rendez-vous des stars
Source : starducongo.com | 2014-05-30 23:30:00.0
La grande famille Syllart Productions est en deuil. De Dakar à Kinshasa et de Bamako à Cotonou, tout ce que la scène musicale africaine de la sphère francophone compte de révélations apparues au cours des trois dernières décennies pleure aujourd’hui son principal découvreur de talents, en même temps qu’un "ami" et un "frère". Ibrahima Sylla, producteur de génie, est décédé à Paris le 30 décembre, des suites d’une longue maladie au crépuscule de 2013.

"C’est grâce à lui que le monde m’a découvert", se souvient, ému, le Sénégalais Ismaël Lô, qui doit à cet inlassable défricheur son ascension internationale. C’est avec Sylla qu’il enregistre Tajebone, le single qui le propulsera. Et lorsque Barclay, par l’odeur alléché, se présente à sa porte, l’artiste sénégalais renâcle à céder aux avances de la major. "On n’était lié que par un contrat moral, mais il m’a dit: “Sama rakk, denga doff !" ["Petit frère, tu es fou ou quoi !"] Il m’a presque tordu la main pour que je signe avec eux ! Son associé Alain Jossé, son associé rencontré au lycée en 1969 et qui l’a rejoint en 1988 pour tenir ses affaires au Sénégal, confirme : "Il souhaitait qu’un artiste grandisse, quitte à aller voir ailleurs."
Des musiques africaines sans frontières
Pour ce Sénégalais né en 1955 en Côte d’Ivoire de parents d’origine guinéenne et qui sera inhumé à Dakar, les traditions musicales de l’Afrique occidentale et centrale étaient la seule boussole, l'exigence son seul credo. "Il ne lésinait pas sur les moyens et mettait le level très haut", résume Ismaël Lô. D’Orchestra Baobab à Baaba Maal et de Salif Keita à Alpha Blondy, en passant par Oumou Sangaré, Koffi Olomidé ou Zaïko Langa Langa, Ibrahima Sylla promenait sa passion exigeante d’un bout à l’autre de ce continent dont il avait exploré avec succès quasiment tous les styles. "À part le rap, précise Alain Jossé. Ce n’était pas de notre génération, on n’y comprenait rien."

"Je suis passé le voir à Paris le 6 décembre dernier, à l’occasion d’un concert au Théâtre de la Ville, confie Ismaël Lô. Sur son lit, il continuait à travailler sur le dernier Africando". C’est avec, en tête, les accents de ce groupe dont il fut le mentor, fusionnant sonorités musicales et linguistiques des quatre coins de cette Afrique dont il ignorait les frontières et de la Caraïbe avec laquelle il n’avait jamais rompu le fil, qu’Ibrahima Sylla s’en est allé rejoindre au Paradis des musiciens Tabu Ley Rochereau, l’ancien guest d’Africando, parti un mois avant lui.

Retrouvez cet article sur Jeuneafrique.com

www.pagesafrik.info le rendez-vous des stars
Source : starducongo.com | 2014-01-03 10:23:00.0
Youssou N’Dour, Ismaël Lô, Salif Keita, Baaba Maal, Africando, Oumar Pène ou encore Sekouba Bambino, autant de musiciens mis en avant par un homme : le Sénégalais Ibrahima Sory Syllart, créateur dans les années 80 de la maison de production du même nom. Ce doyen, dénicheur de talents, a créé au fil des années la plus grande collection de musique africaine. Il est décédé le lundi 30 décembre au matin à Paris. Joint à Kaolack juste avant son concert, Youssou N'Dour évoque la perte d'un grand homme de la musique du continent.
Youssou N'Dour, le 12 Octobre 2013 au Grand Bal à Bercy
Pierre-René Worms
Standard
Source : RFI | 2013-12-31 11:46:02.0
Musique sénégalaise
Paris à l’heure dakaroise
Du 6 au 8 décembre, un week-end dakarois, évènement phare du Tandem Paris-Dakar, étendu sur toute l’année 2013, accueillait une multitude d’artistes de la capitale sénégalaise à Paris. Parmi eux, le chanteur Ismaël Lô a donné deux concerts exceptionnels au Théâtre de la Ville, le 7 décembre, en présence des maires respectifs de Paris et Dakar. Reportage.
© AL Lemancel
Ismaël Lô au Théâtre de la Ville, lors de la semaine dakaroise à Paris 2013
Source : rfimusique | 2013-12-09 11:20:54.0
L'OBS - A 38 ans, le président du mouvement des patriotes pour le développement (Mpd)/ «Liggeey», Aliou Sow, est un stakhanoviste qui s’est longtemps battu contre un destin improbable.
Est-ce l’allure qui est suggestive ? Ou cette façon bien pensée qu’a Aliou Sow de croiser et décroiser ses jambes, tout en se réajustant subtilement sur le sofa beige et blanc crème de son bureau ? Quand Aliou Sow parle de sape, il y a chez lui une pointe d’élégance surfaite, une pincée de naturel et un zeste de spontanéité. Mais il y a aussi une bonne dose de charisme savamment entretenu par une longue habitude. Il dit : «Depuis l’école primaire, j’ai toujours été un garçon qui tient à sa mise, son élégance, sa propreté, sa correction. Même pauvre, je tenais toujours à mon paraître. J’ai toujours eu un comportement correct. Je veux être correct dans mes discours et mes fréquentations. Aujourd’hui, je suis un opposant et les vaches sont maigres, mes revenus ont baissé et mes charges ont augmenté. Le salaire d’un maître assistant est différent de celui d’un ministre. Mais, quand il s’agit d’élégance, je dépense sans compter. Pour acheter mes livres, mes chaussures, mes costumes, mes parfums et mes lunettes, je n’hésite pas à me fais plaisir.» Mais pour évoquer sa dépense la plus folle pour son habillement, Aliou Sow voilera ses propos du masque de la pudeur : «Je ne le dirai pas. Je ne veux pas choquer les gens. J’aime m’habiller chez les grandes marques comme Smalto, Hugo Boss et la marque Zara», lâche l’actuel chef de file du Mpd/ «Liggeey», son mouvement politique qui va se muer sous peu en parti.

Jeter dehors

Enfant de la balle, Aliou Sow est né en pleine… dalle. Sans le sou, mais fier jusqu’au cou. Fils aîné d’une fratrie monogame Laobé de 4 enfants, le môme Aliou a grandi sans affrontements ni ruptures, entre l’affection d’une maman ménagère et la constance d’un pater cultivateur et berger. Mais, si le destin auréolé de l’ancien ministre de la Décentralisation sous Wade a été très surprenant, du fait de ses origines très modestes, la réussite d’Aliou Sow a été bâtie brique par brique, le jeune «campagnard» qui n’a jamais rechigné à la tâche. «Je suis né à Keur Pathé dans une case en banco et mon cordon ombilical a été coupé par une matrone avec un couteau non stérilisé. Je ne connaissais ni pâte dentifrice ni brosse à dents et pour aller à l’école, je me tapais 3 kilomètres à l’aller et au retour», se plait-il à raconter aujourd’hui. Loin des heurts de son enfance.

En 1981, survient la première déchirure dans la vie d’Aliou. Ses parents divorcent et il est confié à sa mère qui l’emmène avec elle à Sikatroum, un patelin sérère, niché à 10 kilomètres de la commune de Ndoffane (région de Kaolack). Il avait 6 ans à peine. Son père le récupère par la suite pour l’inscrire à l’école de Segregata. Brillant élève, son père s’oppose cependant à le laisser poursuivre ses études. «Papa, qui était très attaché à moi, ne voulait pas que je pousse plus loin les études. Mais, suite aux pressions de ma mère et d’un de mes instituteurs, il s’est résolu à me laisser poursuivre mes humanités. A Segregata puis à Affé (département de Kaffrine, Ndlr). Je suis allé à l’école dans un monde nouveau, sans l’ambiance familiale», confie-t-il.

Dans ce 2e village où il loge dans une famille d’accueil, le jeune Aliou fréquente les volontaires du Corps de la paix américain. De ce contact, il chope l’amour de la culture américaine et de la langue anglaise. Son Entrée en 6e en poche, il s’installe à Kaffrine où après quelques mois, la dame qui les avait accueillis, trois autres camarades ruraux et lui, les met à la porte, sous le prétexte qu’elle ne pouvait plus continuer à entretenir les enfants d’autrui. «C’était en 1988 et elle a jeté nos bagages à la rue alors que nous étions en pleine composition», se souvient-il, amer. Aliou change 4 fois de maison d’accueil avant de changer de ville. La classe de 5e secondaire, Aliou la fera à Kaolack. Toujours loin des siens et de l’ambiance familiale, l’échappé de Keur Pathé passe avec brio les classes du cycle secondaire. Il sera admis au Lycée Valdiodio Ndiaye, puis au Lycée Taïba Ics de Mboro où il décroche le Bac, parchemin qui lui ouvre les portes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un brillant parcours qui vaut aujourd’hui à Alioune ce sourire béat qui irradie son visage à l’évocation de son cursus scolaire. «Du Cours d’initiation (Ci) jusqu’en Doctorat, je n’ai jamais redoublé», sourit-il, fier de sa personne. Seul hic : Aliou n’a jamais été bon en maths. Il en a la phobie. La faute, dit-il, à un malentendu avec son prof de Maths en classe de 4e. Esprit rebelle, Aliou Sow n’aime pas la contrainte et refuse la servitude. «Je préfère tout perdre plutôt que de me soumettre. Je ne suis pas né coiffé et il fallait que je me batte. Il fallait que je me débrouille pour me réaliser», argue-t-il.

Après son baccalauréat en 1995, il s’inscrit au département d’anglais de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad. Trois ans plus tard, il émarge au centre d’études des sciences et techniques de l’Information (Cesti). Alliant militantisme syndical, politique et études, il devient président de l’amicale de la Faculté des Lettres, membre fondateur de la coordination des étudiants de Dakar. Aujourd’hui, à 38 ans, le maître-assistant à l’Ucad, termine la rédaction de sa thèse de Doctorat d’Etat en Lettres sur les questions raciales, les droits humains et l’intégration économique des noirs d’Afrique du Sud post Apartheid, après avoir occupé plusieurs hautes fonctions dans la nomenclature gouvernementale (député, président du conseil rural de Kaffrine, ministre et secrétaire général de l’Ujtl etc.)

Fini avec son ex-Ami

Jeune étudiant, le jeune Aliou Sow a toujours refusé de grossir le lot des «serial dragueurs» et des garçons qui aimaient faire la bringue. «Depuis ma jeunesse jusqu’à présent, je n’ai jamais fréquenté les boîtes de nuit, je n’étais pas un jeune dragueur et je n’étais pas non plus un adepte des 400 coups. Je n’ai jamais fumé, bu ou touché à la drogue. Pendant tout le temps que j’étais étudiant, je n’ai eu qu’une seule petite amie. Aujourd’hui, on m’attribue plusieurs conquêtes, mais il n’en est rien et la plupart du temps, je ne connais même pas les amantes qu’on me colle», argumente-t-il. Et son ex-épouse Amy Samaké dans tout ça ? Il se braque : «Je n’ai aucun commentaire à faire sur cette partie de ma vie. Je respecte ma nouvelle femme, qui a vécu toutes les persécutions, parce qu’elle a choisi d’entrer dans ma vie au moment où je ne faisais plus rêver. Je préfère regarder l’avenir de façon optimiste. Amy Samaké est une page définitivement fermée. Je m’interdis d’en parler. Elle fait partie de mon passé et tout ce qui peut m’arriver dans ma vie n’est qu’une épreuve qui va renforcer ma connaissance, mon expérience du mystère des humains.» Le débat est clos.

Marié en secondes noces depuis le 02 septembre 2012 à une fille du chanteur Ismaël Lô, Aliou panse ses plaies auprès de son «amie, soeur et confidente», mais refuse obstinément d’évoquer leur rencontre, préférant se barricader derrière son éternelle rengaine : «Cela relève de ma vie privée et je ne veux pas trop parler de cela. J’ai consacré une partie de mon livre à paraître très prochainement, «Le courage d’agir ou une nouvelle vision de la politique au Sénégal» à ma vie personnelle et le public découvrira cela en même temps. Ma vie privée, je la veux secrète et discrète. Je me concentre sur l’amour et le respect que je voue à ma dame.»

Perfectionniste, pragmatique et sportif, Aliou Sow qui se shoote à la musique de Salif Keïta, Baba Maal, au Ngoyane et au reggae, trouve son bonheur dans la solitude et la lecture. Monogame dans l’âme, Aliou, qui adore humer l’air pur de la nature, dit ne pas être un homme couru. «Même si c’était le cas, je sais parer les avances avec tact et courtoisie. J’essaie d’orienter leurs sentiments vers l’amitié ou le militantisme car entre l’amour et la haine, il y a un petit pas. Je ne cherche pas des amantes, mais plutôt des militantes.» Les potentielles candidates sont prévenues…

L'OBS NDEYE FATOU SECK


* «So Hard» signifie Très dur en anglais, allusion à la vie dure à laquelle Aliou Sow a eu à faire face.

Source : xibar.net | 2013-08-30 13:27:00.0