Cameroun : Actualité

Actualité : Cameroun : Actualité

Incontournable

(decalageaucameroun.blogspot.com)


Poulet villageois et vin de palme : joyeux Noël d’Afrique !

Il fait environ 38 degrés à Yaoundé, l’Harmattan a déposé sa brume de sable sur la ville, la lumière est blanche et sèche, on met la climatisation et les ventilateurs dès qu’on peut… Bref, dans l’esprit formaté à l’Européenne, on est loin de Noël et du règne des basses températures. Pourtant, même à quelques pas de l’équateur, Noël se décline toujours selon les mêmes artifices : dans les embouteillages, entre deux Toyota jaunes -les taxis camerounais-, on voit dépasser des pointes  scintillantes et enguirlandées de nos sapins hivernaux. Les vendeurs à la sauvette se faufilent dans la circulation, avec des kilos de boules de Noël pendus à chaque bras, des guirlandes en collier … et des arbres décorés perchés sur la tête.

Sapins Chinois …

Ceux-là sont des sapins en plastique, des « chinoiseries » vendues au marché central à 20 000 FCFA (=30 euros). Les vendeurs les arrangent un peu, y ajoutent quelques fioritures et les revendent à 35 000 FCFA (=53 euros). Enfin, c’est que Joël – sur la photo- m’a dit ! Le lendemain, dans un autre quartier, on me proposait un tarif bien moindre, pour le même objet ! Dans les grands magasins (je parle des quelques supermarchés qui ont pignon sur rue), ce n’est pas la même histoire : j’ai vu une semblable « chinoiserie », parée d’une belle guirlande électrique étiquetée à 225 000 FCFA (soit, attendez que je recompte, 343 euros !!!). Un business tous azimuts, en quelque sorte.

Ici, Noël, c’est comme partout : c’est sacré, mais c’est aussi une grande fête de la consommation. Depuis quelques jours, la ville est engorgée : c’est la période des courses, et un grand nombre d’habitants viennent chercher au centre ce qu’ils ne peuvent pas trouver ailleurs : les jouets pour les enfants, les vêtements, les chocolats … « Les gens s’endettent à Noël », me dit Gladys, une amie camerounaise, « même s’ils n’ont pas beaucoup de moyens, il faut quand même dépenser ! Parfois, certains font des folies et le début d’année est très dur ensuite ! »

Noël, c’est aussi la période « des bandits » : les citadins qui rentrent à la campagne avec leurs économies suscitent des convoitises : des bandes organisées de détrousseurs, les « coupeurs de route » sévissent dans le Nord du pays, et particulièrement pendant les fêtes. Et les petits larcins sont plus nombreux en ce moment : « les gens cherchent l’argent par tous les moyens ! », entend-t-on souvent.




…et spéculation avicole

Sur les marchés, le prix des aliments flambe. Celles qui ont bien prévu leur coup ont fait leurs provisions il y a longtemps… Histoire de ne pas se laisser surprendre par la subite survalorisation de la tomate. Le cours du poulet fait l’objet d’une attention toute particulière : il remplace notre dinde de Noël. Du coup, afin d’éviter un éventuel krach de la volaille, l’interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC) et le ministère du commerce ont lancé cette semaine une foire aux poulets, avec des prix fixés au kilo. Le poids, la taille et la qualité des poulets mis en vente à la veille de Noël fait l’objet de récriminations et de controverses : « c’est des pigeons ? » , s’exclame une femme devant un étal un peu trop maigre à son goût. La presse s’y met également, et s’interroge : « Y aura-t-il du poulet dans nos plats de fêtes de Noël ? » ( Journal du cameroun.com) - histoire que les ménagères affairées sachent à quoi s’attendre…

… pour un Marché de Noël africanisé

Dans la ville, des décorations lumineuses ornent les palmiers et de petits rennes clignotants brillent dans la végétation équatoriale. La grosse tendance fashion en ce moment, c’est bonnet du père Noël : il s’accorde aussi bien avec la petite robe à fleurs qu’avec la tenue de travail du pompiste et du caissier, à Yaoundé. Pour ambiancer les rues et attirer le chaland, les boutiques poussent leurs enceintes au maximum, créant ainsi une cacophonie générale. Le « diktat du bruit dans les fêtes de fin d’année » va rendre les gens sourds, rapporte le Cameroon Tribune.  Le soir, la grande avenue de Yaoundé devient piétonne : les commerçants de la ville ont loué des échoppes pour y vendre leurs produits. Si la formule est la même que son ancêtre allemand, le «marché de la Saint Nicolas »,  l’organisatrice du marché de Noël de Yaoundé, insiste sur « l’africanisation du concept » (« le Marché de Noël arrive », Cameroon Tribune)

Le père Noël peut donc délaisser sa fourrure, sa bouteille de coca-cola, et ses « jingle bells » : ici, ce sera chemisette, vin de palme et bikutsi ici ! Joyeux Noël à tous !
(decalageaucameroun.blogspot.com)


La crise ivoirienne vue du Cameroun : Illusions perdues

Depuis le début des élections en Côte d’Ivoire, les Camerounais sont très attentifs à ce qui se passe chez leur voisin de l’Ouest. Dans les bars, les débats vont bon trains : pro-Gbagbo et pro-Ouattara se lancent dans des diatribes enflammées. Il est question des pratiques politiques, de l’avenir de l’Afrique, mais aussi (et surtout) des futures élections au Cameroun. Les événements en Côte d’Ivoire engagent les citoyens camerounais à des conjectures et des  transpositions : Cameroun - Côte d’Ivoire, même combat ? Alors que le Cameroun se prépare aux présidentielles de 2011, l'identification est forte. Une chose est sûre : vue de France ou vue du Cameroun, la crise ivoirienne n’a pas les mêmes contours et révèle des sensibilités bien différentes. Incursion dans la presse camerounaise, qui offre une autre analyse de la situation, en décalage avec l'information relayée par les médias occidentaux.


Une leçon de démocratie

Fin novembre, le quotidien camerounais Le Jour a publié un dossier : « Election : l’exemple qui vient de la Côte d’Ivoire ». Il est question de la gestion des bureaux de vote en Côte d’Ivoire, des mesures de sécurité et du débat télévisé qui a opposé Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, , le 25 novembre dernier.
Ce face à face historique a été suivi avec intérêt au Cameroun. Selon des témoignages recueillis par Le Jour , la Côte d’Ivoire donne « une leçon de démocratie apaisée, à la face du monde » (Mouhaman Toukour, maire UNDP de Ngaoundéré 2ème). « Laurent Gbagbo, les Ivoiriens et la Côte d'Ivoire ouvrent […] la porte, tracent la voie à suivre par les autres Africains, en inaugurant la pratique du débat contradictoire pour les deux finalistes d'une élection présidentielle.» (Enoh Meyomesse, analyste politique). Le sujet est également un prétexte, pour les hommes politiques camerounais, à formuler des revendications à l’approche des élections présidentielles, prévues fin 2011 : ils dénoncent « le retard » du Cameroun, dont la structuration électorale n’a jamais permis un second tour de scrutin et demandent l’instauration de débats publics, permettant une réelle confrontation du pouvoir en place avec les partis d’opposition. Ils soulignent  le manque de transparence et de neutralité de la structure en charge de l’organisation électorale, Elécam, et demandent une révision de son fonctionnement.


Du grain à moudre

Selon le quotidien Mutations, le modèle ivoirien a généré un élan d’ouverture au sein du parti au pouvoir, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) : « On peut d’abord considérer que le récent face à face Alassane Ouattara-Laurent Gbagbo, peu avant le second tour de l’élection ivoirienne du 28 novembre dernier, a levé les derniers verrous des caciques et extrémistes du RDPC ». Ainsi, le Président camerounais Paul Biya, semble faire amende honorable et parer aux attaques de ses détracteurs. Pas de dialogue avec l’opposition ? Qu’à cela ne tienne, pour la première fois depuis qu’il est au pouvoir, il a demandé à rencontrer officiellement son principal rival, John Fru Ndi (président du Social Democratic Front). L’entrevue, qui a fait les gorges chaudes de la presse,  a eu lieu à Bamenda le 10 décembre dernier. Ce véritable « coup médiatique», qui fait le jeu de la démocratie, n’est certes étranger à la stratégie préélectorale de Paul Biya, dont la légitimité a été mise à mal suite aux émeutes de février 2008 (qui ont culminé lorsque Paul Biya a annoncé sont projet de modifier la constitution, afin de pouvoir se représenter aux présidentielles de 2011). Mutations ajoute que  « la rencontre de Bamenda pourrait déboucher sur la capacité pour le chef de l’Etat à dépoussiérer les propositions de la Commission Joseph Owona qui, en 1995, […], avait suggéré l’institutionnalisation du statut de l’opposition et de son chef. Parce que l’avenir est imprévisible, et l’histoire impitoyable. »  On ne pouvait mieux dire …

Patatras

… car depuis début décembre, la Côte d’Ivoire qui semblait pourtant si bien partie, se retrouve avec une épée de Damoclès au dessus du drapeau. Au Cameroun, l’opinion publique déchante et se divise. Le journal officiel, le Cameroon Tribune, se perd dans ses déclarations : le jeudi 02 décembre 2010, il titre : « Alassane Ouattara déclaré élu à a présidentielle ivoirienne ». Puis le dimanche 05, il annonce finalement : « Côte d’Ivoire : réélu, Gbagbo prête serment ». Depuis lors, il s’en tient aux faits et au flou institutionnel, tout en regrettant la débâcle qui secoue le pays.
Si la quelques journaux indépendants se rangent  du côté de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et de la communauté internationale  - a l’instar du quotidien Mutations, qui dépeint Laurent Gbagbo comme un « bouffon tragique », qui reste « accroché au nationalisme, corde sensible de la population» - le portail d’information Cameroun Actu révèle que dans l’ensemble, « l’opinion publique prend fait et cause pour Laurent Gbagbo », et considère que les institutions occidentales manipulent les opinions et attisent les divisions.
De son côté, l’Union of the populations of Cameroon, (l’UPC, le parti d’opposition historique au Cameroun), appelle les Ivoiriens à soutenir Laurent Gbagbo et en profite pour dénoncer « l’ingérence étrangère qui constitue une atteinte à la souveraineté d’un pays indépendant » (déclaration de l’UPC, 08.12. 2010). Ainsi, à la question de la démocratie, se superpose celle de l’indépendance « réelle » de l’Afrique.  
À ce sujet, La Nouvelle expression  s’interroge :
« Les Africains s’accommodent-ils mal de la démocratie ? […]Ce qui se passe depuis la semaine dernière en Côte d’Ivoire illustre à suffisance des atermoiements des Africains à s’approprier et à implémenter la démocratie occidentale.» La crise en Côte d’Ivoire relève de l’affrontement entre « légitimité » et « légalité », qui oppose, en Afrique, le « chef » et les institutions démocratiques, le modèle traditionnel et le modèle occidental. Finalement, selon La Nouvelle Expression, la Côte d’Ivoire s’est engouffrée la contradiction paradigmatique de la politique africaine.
Du côté du bar de quartier, les discussions vont bel et bien dans ce sens : Guy, chauffeur de taxi, s’anime : « les occidentaux ne viennent là que pour mettre la pagaille ! Et la CEI agit au mépris de la constitution ivoirienne ! » Un autre client de « Chez Isaïe » intervient : « ce qu’il nous faut, chez nous, c’est un pouvoir fort. Le modèle occidental n’est pas bon pour nous, ce qu’il nous faut plutôt, c’est un modèle à la chinoise. C’est pourquoi je pense que Gbagbo ne doit pas céder à la pression internationale. »

Espoir déçu

Toutefois, l’espoir d’un modèle d’élections apaisées, sur lequel le Cameroun pourrait s’inspirer, a fait place à de sombres bilans. « Les plus récentes évolutions sur le terrain (ivoirien, ndlr) ont conduit, hélas ! au désenchantement, à la désillusion. En effet, les Ivoiriens ont incontestablement été rattrapés par les vieux démons de la division, de l’intolérance, du rejet de l’autre. Toutes choses qui font le lit de la violence, de la haine. L’on avait donc jubilé trop tôt ? Assurément ! […] L’image de l’Afrique ne s’en trouve que plus écornée. Atavismes ? Que reste-t-il des engagements pris solennellement aux yeux du monde ? » (Cameroon Tribune, le 03.12.2010). La Côte d’Ivoire sert d’étalon pour mesurer les évolutions de l’Afrique : « La situation en Côte d’Ivoire nous révèle tant de choses sur la fragilité de la réalité de notre continent. […] C’est cette rigidité, cet entêtement qui a été à la source de tant de guerres, de tragédies et de dictatures qui font que l’Afrique n’est pas toujours sortie de l’ornière[…] La grandeur d’âme d’un Mandela reste une denrée rare sur le continent. (« La rigidité de l’africain », Mutations).
Le fatalisme et la déception causés par la crise ivoirienne ne peuvent se lire qu’à l’aune des attentes et de la fébrilité qui se cristallisent autour de la prochaine échéance électorale au Cameroun. Après la crise de 2008, les Camerounais ont conscience de l’enjeu que représentent les élections présidentielles de 2011. Cependant, dans la rue, l’on entend souvent les débats les plus vifs se clorent sur une boutade accablée : « Le changement ?! quel changement ? Laisse ça… »
En tout état de cause, l’interprétation de la crise ivoirienne est radicalement différente sur le continent et la question de la légitimité de Laurent Gbagbo fait écho, au delà des frontières de la Côte d’Ivoire. Les positions de la communauté internationale se heurtent au problème de la souveraineté des Etats africains qui viennent de célébrer le cinquantenaire des indépendances. Ce décalage est ressenti de manière aigue au Cameroun : « Chez Isaïe », où la dernière déclaration de Nicolas Sarkozy à ce sujet est retransmise à la radio, on lève les yeux au ciel…

(decalageaucameroun.blogspot.com)


Jumeaux made in Africa (spécial dédicace !)


Il paraît que l’Afrique est le continent avec le plus fort taux de gémellité au monde, le « continent des jumeaux ». D’un pays à l’autre et d’une ethnie à l’autre, de nombreux mythes sont associés à la naissance de jumeaux.  Ils incarnent parfois le couple originel qui a osé défier les lois divines et est ensuite descendu sur terre pour semer le désordre (à l’est et au Sud du continent). En Afrique Centrale et en Afrique de l’Ouest cependant, l’arrivée de jumeaux est considérée comme une véritable bénédiction. On prête à ces enfants une force particulière – voire des pouvoirs surnaturels - qu’il convient de ne pas contrarier. Ainsi, ils bénéficient souvent de traitements de faveur et sont gratifiés d'attributs (bijoux, amulettes …) spéciaux.


Dans l’art traditionnel africain, les jumeaux sont souvent représentés, sous formes de petites statuettes dont la symbolique et les significations sont multiples. Dans une chefferie Bamiléké que nous avons visitée dans l’Ouest du Cameroun, une des plus grandes reines qui ait régné était la « mère des jumeaux ». Sa légende s’est poursuivie à travers les siècles, et une grande statue de bois, avec deux enfants de part et d’autre, a été sculptée à son effigie. En effet, bien souvent, la gloire des jumeaux rejaillit sur les parents, qui sont alors considérés comme des élus de Dieu.

  (decalageaucameroun.blogspot.com)


L’Appel du peuple : la campagne des présidentielles 2011 en marche

Comme je l’ai déjà mentionné sur ce blog, le Cameroun se prépare aux élections présidentielles, en novembre 2011. Pour rappel, le président actuel, Paul Biya, a pris ses fonctions en 1982. En 2008, il a changé la constitution, qui limitait le nombre des mandats présidentiels, afin de pouvoir se représenter en 2011 – un geste démocratique, avait-il alors précisé. Le choix du peuple ne devrait pas être entravé par un verrou constitutionnel (sic).


La rhétorique est simple : c’est parce qu’il respecte la liberté et la volonté massive de son peuple que Son Excellence Paul Biya doit se présenter en 2011. Encore faut-il s’en convaincre …  Qu’à cela ne tienne : « L’appel du peuple », volumes 1 et 2, deux pavés de plus de 300 pages sont parus dernièrement (en décembre 2009 et en mars 2010). Ils rassemblent toutes les motions de soutien adressées au président, valorisant son œuvre et contestant les attaques qu’il a subi ces dernières années (notamment sur sa fortune personnelle, les fameux « biens mal acquis » pour lesquels il vient d’être poursuivi en France). Un troisième volume est en préparation. Cette imposante littérature se veut représentative de la société camerounaise dans son ensemble, toutes ethnies, confessions et obédiences confondues.  Noir sur blanc, gravée dans le marbre, s’élève la voix de la raison populaire.


Présentation officielle, lectures publiques, conférences, et affiches 4x3 dans la ville : la promotion de l’ouvrage est sérieuse. Il faut préciser également que les éditions SOPECAM ,qui ont publié cet ouvrage, sont l’organe de presse officiel, levier incontournable du RDPC (le parti au pouvoir). Dans un communiqué officiel, disponible sur le site du RDPC, l’on apprend qu’en tant qu’ « entreprise citoyenne, la Société de presse et d’édition du Cameroun (SOPECAM) ne pouvait demeurer indifférente et se mettre en marge d’un courant populaire qui s’exprime avec une telle persistance à la face du monde »…

Il est assez incroyable, pour moi, d’observer la mise en place massive et ostensiblement téléguidée d’une campagne présidentielle au Cameroun. Les partis d’opposition sont pléthores, et obtiennent des financements de campagnes sans conditions. Cependant, ils sont, à ce jour, invisibles et inaudibles, tandis que la machine RDPC pose ses premiers jalons en justifiant précisément d’ une « prise de parole engagée, déterminée, libre, lucide, authentique et sans équivoque du peuple camerounais (…) dans le débat politique dans notre pays »  (communiqué officiel : « L’appel du peuple, l’expression de la légitimité », site web du RDPC).
(decalageaucameroun.blogspot.com)


Lu dans la presse camerounaise cette semaine

La Nouvelle Expression, Mardi 16 Novembre 2010
Moins de 600 000 travailleurs permanents au Cameroun …


… Sur une population active estimée à plus de dix millions de personnes en 2009. Avec moins de 390 000 emplois, les entreprises révèlent leur incapacité à créer plus d’emplois. Même constatation pour l’Etat qui compte moins de 200 000 agents.

« Les entreprises recensées lors du dernier recensement général des entreprises (rge) organisé en 2009 emploient seulement 386 263 travailleurs permanents. Parmi eux, 281 972 sont des hommes (73%) et 104 291 sont des femmes (27%). […]
La même constatation est dégagée par l’Institut national de la statistique (Ins) […] : « Même en y ajoutant les 43 495 emplis temporaires recensées, on obtient que 429 758 emplois dans le secteur des entreprises, soit 4,3% de la population active estimée à près de 10 millions de personnes en 2009 »
La même constatation, les mêmes critiques valent pour le secteur public qui n’emploie que 196 056 personnes, même si l’Ins passe vite dessus.

Le secteur informel dans les rues : sauvetteurs, call box etc.

[…] Les très petites entreprises et petites n’ont réalisé que 15,4 % du chiffre d’affaires total, mais offrent 47,7 % des emplois permanents […]
Cette faible capacité d’absorption des entreprises camerounaises, ainsi que l’Etat est révélatrice de la fragilité de la fragilité du secteur moderne et de son incapacité à créer des emplois salariés décents pour la majorité de a population active qui trouve finalement refuge dans le secteur informel en exerçant des activités précaires et dégradantes. »

extraits d'un article de Hervé B. Endong
(decalageaucameroun.blogspot.com)


Bien mal acquis qui croyait prendre...

A Yaoundé, il y a une véritable floraison d’immeubles, un vrai boom, un bourgeonnement sur toutes les collines de constructions ambitieuses : plusieurs étages, une architecture souvent complexe avec des colonnes, des terrasses en surplomb. Pourtant, depuis un an, rares sont les chantiers qui se terminent. 


 

Parfois même, en pleine nuit, un éboulis fracassant réveille un quartier en sursaut : un bâtiment fraîchement « poussé » vient de s’écrouler !  L’un deux, près de chez moi, a tout de même réussi à garder un morceau de sa carcasse debout : une cage d’escalier reste, intacte, dans les gravas. Tout un symbole...


On murmure qu’à l’approche des présidentielles au Cameroun, en novembre 2011, nombreux sont ceux qui investissent dans l’immobilier, le plus vite possible, aux dépens des normes de sécurité élémentaires ou des règles basiques de l’offre et de la demande. Pourquoi ? L’argent, une fois dépensé, ne risque pas d’être confisqué et la pierre reste muette, peut-être… 



D’où viennent ces bâtisses, qui en sont les promoteurs, les propriétaires ? On a quelques indices... Il y a quelque temps, le Cameroon Tribune publiait une liste des d’immeubles devant être soumis à un contrôle. Les noms des propriétaires concernés ont été également publiés … Un arbre qui cache la forêt.

 Après la fameuse « opération épervier »* lancée par le président Paul Biya suite aux troubles sociaux de 2008, et alors que le pays s'approche d'une nouvelle échéance, il y a du remous, du chantier. Cependant les lois de la gravitation pourraient jouer  des tours aux plus pressés. 

*(une vaste opération très médiatisée visant à poursuivre en justice les profiteurs au pouvoir et à démanteler des réseaux de corruption – une opération d'épuration politique, selon le point de vue)

Voir : ce que l'on entend par "bien mal acquis" (suite à la plainte de Transparence International sur les "biens" , en France, de certains dirigeants africains)
(decalageaucameroun.blogspot.com)


Peaux et Masques

En 1952, Frantz Fanon, un psychiatre martiniquais, publie son célèbre essai : Peaux Noires, Masques Blancs, dans lequel il analyse les traumatismes infligés par le colonialisme sur le psychisme des hommes et des femmes noires. Il fait état des meurtrissures et des névroses, liées à la couleur de peau et à ce qu'elle représente. La peau noire est le vêtement biologique d'une identité en souffrance. Ainsi, mentionne Frantz Fanon, « La civilisation blanche, la culture européenne ont imposé au Noir une déviation existentielle », qui le pousse à vouloir ressembler au Blanc – et à la civilisation même qui a déconstruit la sienne.


Ce livre est paru dans un monde colonisé. Il est aujourd’hui un ouvrage de référence et a inspiré de nombreux penseurs. Depuis des décennies se sont écoulées… Cependant, lorsque j’arrive au Cameroun en 2009, je suis confrontée à cette question de couleur de peau et d'identité en permanence. Ici, on « whitise » : c’est lorsque les black parlent, mangent, marchent comme des white. Ici, on se moque un peu de ceux -ci car le naturel revient au galop : il suffit de peu (un mot de patois, une attitude) pour qu’ils soient démasqués et réinvestissent leurs peaux d'africains. 

A l’inverse, on m’a complimentée lorsque je me suis « camerounisée ». Lorsque je grille une priorité en voiture ou que je marchande sans relâche le prix d’un poisson braisé, c’est que, ékyé, j’ai déjà appris. Je ne suis pas encore une Atangana. Pour cela, « il faut durer », être en Afrique depuis longtemps, connaître toutes les ficelles, se « débrouiller » comme une africaine. Les Atangana ont déteint, mais ils en sont fiers : cela veut dire qu'ils sont adoptés (adaptés?).
 Je crois qu’auparavant, je n’avais jamais été consciente de ma couleur de peau. Ici pourtant, c’est un choc lorsqu’on me le rappelle chaque jour dans la rue, au marché, dans les taxis. On m’appelle « la blanche », de manière sympathique ou cinglante, c’est selon. Mais on m’appelle aussi « Madame » - en signe de déférence exagérée- bien plus souvent qu’à mon tour. Ou encore, dans les villages, « Maman ou Tata », titres de respect qui ne devraient pas m’être décerné par des plus âgés que moi... et pourtant.  Bref, je ne suis jamais considérée d’égal à égal – chose dont j’avais le plus souvent l’habitude en vivant en France.  

De nombreuses camerounaises se décapent la peau avec des produits violents pour blanchir, et les femmes blanches vont bronzer pour brunir… En arrivant au Cameroun, je prends conscience que nous avons tous des peaux et masques interchangeables et pourtant difficile à partager. C’est mon premier décalage, pour lequel j’ai eu bien du mal à me rééquilibrer.

(decalageaucameroun.blogspot.com)


Du Cameroun au Kirghizistan, un footballeur africain raconte le miroir aux alouettes des filières clandestines

Racisme, humiliation, pauvreté... Originaire du Cameroun, le footballeur Claude Maka Kum est passé par toutes les phases de l'escroquerie classique que subissent des milliers de jeunes footballeurs africains. Interview. (JeuneAfrique.com)


Cameroun : les vérités de Yondo Black, infatigable opposant à Paul Biya

Malgré les coups reçus en près de quarante ans d'opposition, l'avocat camerounais Yondo Black ne raccroche pas les gants. Infatigable détracteur de Paul Biya, il reste persuadé que l'alternance est à portée de main. (JeuneAfrique.com)


Cameroun : Paul Biya réorganise son Conseil supérieur de la magistrature

Le président camerounais a procédé à la nomination de nouveaux membres au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Une réorganisation marquée par un rajeunissement des membres, ainsi qu'une ouverture inédite à l'opposition. (JeuneAfrique.com)


Avec Nachtigal, le Cameroun fait le pari d'une électricité enfin moins chère [2/8]

L'installation hydroélectrique délivrera une puissance de 420 MW – de quoi couvrir 30 % des besoins énergétiques du Cameroun. Deuxième opus de la sélection JA des projets majeurs de BTP de l'Afrique francophone. (JeuneAfrique.com)


Au Cameroun, la " brigade cybernétique " secrète des pro-Biya

Depuis la présidentielle de 2018, la bataille politique se joue aussi sur les réseaux sociaux. Pour mener la riposte face à une opposition qui a pris de l'avance sur ce terrain, le RDPC a discrètement constitué un groupe de jeunes activistes. (JeuneAfrique.com)


Cameroun : les " exilés " de l'opération Épervier 

Ces anciens dignitaires ont été lourdement condamnés. Certains ont été autorisés à quitter le pays tandis que d'autres, jugés en leur absence, n'ont jamais été recherchés... (JeuneAfrique.com)


McKinsey : qui sont les VIP du réseau du Camerounais Acha Leke ?

Le consultant camerounais Acha Leke, qui siège depuis mai au Shareholders Council de McKinsey, a créé en un peu moins de deux décennies un réseau qui réunit les élites politiques et économiques du continent, francophones comme anglophones. (JeuneAfrique.com)


Liaison Yaoundé-Douala : Bolloré suspendu au feu vert du gouvernement

Quatre ans après la catastrophe d'Eseka, Camrail (groupe Bolloré) entend renouer avec un service premium de transport de passagers, avec son nouveau train express. (JeuneAfrique.com)


Cameroun : polémique sur les circonstances de la mort d'un journaliste anglophone

Le gouvernement a finalement confirmé le décès de Samuel Wazizi, survenu en août dernier, mais sa version des faits peine à convaincre. À Yaoundé, l'affaire a pris un tour politique. (JeuneAfrique.com)


Cameroun : les obsèques impossibles de Victor Fotso

Le rapatriement de la dépouille du patriarche et homme d'affaires était prévu à la mi-juin au Cameroun, son pays natal, mais sa famille est en désaccord sur ce point. (JeuneAfrique.com)


NBA - Pascal Siakam et les Raptors gâchent le retour de Stephen Curry

[Africa Top Sports] Pascal Siakam et Toronto restent sur la dynamique de la saison dernière. Après quelques matchs non aboutis, la franchise canadienne se réveille au bon moment et frappe un grand coup. (AllAfrica)


LE PROBLÈME UPÉCISTE

[Camer.be] Comment se fait-il que le Cameroun se soit plongé progressivement dans l'indifférence de l'upécisme alors que l'UPC a inspiré et dirigé la lutte pour la réunification et l'indépendance, pour laquelle des centaines de milliers de camerounais ont donné leurs vies parmi lesquels les meilleurs filles et fils de ce pays ? (AllAfrica)


Corona virus - Manaouda Malachi satisfait du dispositif de l'aéroport de Douala

[Camer.be] Le ministre de la santé était hier à l'aéroport de Douala pour y évaluer le dispositif de prévention contre le Corona virus. (AllAfrica)


Camrail offre un bibliothèque virtuelle à une centaine d'étudiants

[Camer.be] A travers l'initiative Youscribe ils auront désormais accès à près de 2 millions de livres , d'audio livres et de journaux pour leur formation (AllAfrica)


Loi N°2018/015 du 11 déc. 2018 autorisant le président de la République à ratifier les amendements de la charte de l'Organisation de la conférence islamique (OCI)

[Cameroon Tribune] Le parlement a délibéré et adopté, le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : ARTICLE 1er.- Le président de la République est autorisé à ratifier les amendements de la Charte de l'Organisation de la conférence islamique, portant sur : - le changement de dénomination de l'Organisation de la conférence islamique, conformément à la résolution n°4/38-ORG, adoptée (AllAfrica)


Santé bucco-dentaire - Des professionnels sont à la pointe

[Cameroon Tribune] L'Association nationale des odontostomatologistes du Cameroun a organisé du 2 au 7 novembre dernier, une formation sur l'utilisation des produits de dernière technologie (AllAfrica)


Samuel Eto'o en colère contre le maire de Bafoussam 3

[Camer.be] L'arrêt des travaux de construction des maisons des sinistrés de la catastrophe de Ngouache n'est pas du goût de Samuel Eto'o.Cette présente est portée à votre connaissance à la suite d'un faisceau d'initiatives de conciliation qui ma foi, avaient pour seul objectif: le recasement des sinistrés de la tragédie survenue il y a quelques mois au quartier Ngouaché à Bafoussam. (AllAfrica)


Mise en service de la route Sembé-Souanké-Ntam

[Les Dépêches de Brazzaville] Deuxième segment du projet de la route Ketta-Djoum (503km) reliant la République du Congo et le Cameroun, le tronçon Sembé-Souanké-Ntam (143km) sera inauguré le 6 mars par le président de la République Denis Sassou N'Guesso, en compagnie des autorités camerounaises et des corps constitués départementaux de la Sangha. (AllAfrica)


Elim JO 2020 - Le Cameroun prend une option sur la Zambie

[Africa Top Sports] Difficilement, le Cameroun prend une option sur la Zambie (3-2) après le match aller du dernier tour des éliminatoires des Jeux Olympiques, Tokyo 2020. (AllAfrica)


Echanges culturels - L'Egypte danse à Yaoundé

[Cameroon Tribune] La troupe « Ismaïlia » a fait bouger le public de la capitale dimanche dernier au rythme des sonorités.Le palais des Congrès de Yaoundé, le 1er mars dernier, a accueilli la troupe de danse folklorique égyptienne « Ismaïlia ». Elle est venue de loin, afin de présenter les richesses culturelles de son pays. (AllAfrica)


Coopération Cameroun /ONU - L'humanitaire en discussion

[Cameroon Tribune] Le coordonateur du Bureau des Nations unies des Affaires humanitaires, Traoré Modibo Ocha a été reçu en audience hier au Minrex par le ministre délégué, Félix Mbayu. (AllAfrica)


Eliminatoires JO 2020 - les Lionnes jouent leur qualification

[Cameroon Tribune] Le Cameroun affronte cet après-midi la Zambie à Yaoundé pour le compte du match aller du dernier tour avant Tokyo. (AllAfrica)


Adamou Youmo Koupit - En défenseur de l'éthique

[Cameroon Tribune] Cet expert en finance et microfinance est parmi les quatre députés de l'Union démocratique du Cameroun à siéger à l'Assemblée nationale dès la semaine prochaine. (AllAfrica)