Editoriaux

Actualité : Editoriaux

Afrique: Renforcer l'ambition climatique des pays africains

[Les Dépêches de Brazzaville] Quelques semaines à peine nous séparent de la tenue de la COP 24 en Pologne. Et sur toutes les bouches, une seule question demeure : comment renforcer l'ambition climatique des pays africains pour réellement parvenir à apporter plus dans la contribution du continent le moins pollueur dans la stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique ? (AllAfrica)


Afrique: Recherche scientifique

[Fratmat.info] En 1927, le journaliste français Albert Londres publia le récit de ses voyages dans les colonies françaises d'Afrique sous le titre « Terre d'ébène » (Editions Le Serpent à Plumes). (AllAfrica)


Mali: Pleure, o peuple sans mémoire !

[Fratmat.info] Le président français a inauguré il y a quelques jours un monument qui rend hommage aux soldats africains morts à Reims durant la Première Guerre Mondiale. Il avait à ses côtés le président malien Ibrahim Boubacar Kéïta. (AllAfrica)


Sénégal: Un grand ministre de la culture est mort !

[Sud Quotidien] Dans mon essai consacré à Sédar, "Senghor ma part d'homme", nous avons mis au grand jour l'énorme travail accompli par Moustapha Ka, ce précieux et tranquille serviteur de l'État qui a animé le cabinet du Président Abdou DIOUF avant d'être son Préposé au département de la Culture. (AllAfrica)


Madagascar: Chronique de Mickey - La lame de fond remonterait-elle à la surface ?

[Midi Madagasikara] « Antananarivo n'est pas Madagascar et ne s'arrête pas à Mandroseza » disait Philibert Tsiranana pour ironiser ces politiciens de la capitale qui prétendent parler au nom de tous les malgaches. (AllAfrica)


Tunisie: L'aspect pédagogique se perd

[La Presse] Sans ordre de priorité, il faudrait commencer par l'élaboration des emplois du temps. Il n'y a pas si longtemps, ces emplois étaient faits sans l'aide de logiciels par des agents chevronnés de l'établissement. (AllAfrica)


Afrique: L'heure n'est plus à l'optimisme béat pour l'économie mondiale

[Togonews] Le sommet 'G20 Compact with Africa' (CwA) s'est achevé mardi à Berlin. Une journée de discussion dédiée à la promotion de l'investissement privé en Afrique pour accélérer la croissance. Le président du Togo était présent. (AllAfrica)


Congo-Kinshasa: Bal des hypocrites !

[La Prospérité] Qui veulent réellement des élections en République Démocratique du Congo ? Tous ne font-ils pas semblant de vouloir les élections alors qu'ils manigancent leur échec ? Ce sont des questions qui noient très souvent les acteurs politiques dans une situation de balbutiement, pour le moins naturel. (AllAfrica)


Congo-Kinshasa: ... Et après ?

[Le Potentiel] La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a réceptionné, lundi, du gouvernement, un important lot de matériels en appui à la logistique électorale. Geste de « souveraineté » pour le gouvernement congolais qui a coupé, depuis un certain temps, son bras tendu vers ces partenaires traditionnels, notamment l'Occident. (AllAfrica)


Afrique: Il faut sauver l'accord de Paris sur le climat

[Les Dépêches de Brazzaville] Presque trois ans après l'accord de Paris sur le climat, pas un seul pays parmi les plus pollueurs n'est aligné à ce jour sur les objectifs fixés par ce texte, à savoir limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C d'ici à 2100. Pourtant à Paris, en 2015, ces pays s'étaient engagés à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre de 30 à 40% d'ici à 2030. On en est bien loin puisque ces &e (AllAfrica)


Afrique de l'Ouest: Investir dans les acteurs locaux pour briser le cycle de la faim au Sahel

[ICRC] Assise dans une tente qui lui sert de logement, Zeina Mint Mahmoud n'a pas encore préparé le déjeuner. Il est presque 16 heures et ses enfants iront certainement au lit le ventre vide, à moins qu'un miracle ne se produise. (AllAfrica)


Le Tchad tourne casaque

  La Chine continue de faire son marché en Afrique, et elle a les moyens de payer. Dernier pays à tomber dans son escarcelle, le Tchad, avec qui Pekin a renoué dimanche des relations diplomatiques interrompues en 1997 quand Ndjamena avait reconnu Taiwan. Il semblerait que le rapprochement ait eu lieu en juillet. Une délégation tchadienne qui s’était rendue à Khartoum pour renouer le dialogue rompu en avril (le Soudan est accusé de soutenir les rébellions tchadiennes) aurait alors approché l’ambassadeur de Chine au Soudan...

Pour le régime d’Idriss Deby, miné par les guerres de clans et les rébellions, en guerre larvée avec le Soudan, le calcul est simple: mieux vaut avoir la République populaire de Chine avec soi que contre soi. Et si c’est au détriment de Taïwan qui lui apportait une aide financière et technique pourtant non négligeable, tant pis.

Pekin est non seulement un gros importateur de pétrole (45% de ses besoins actuels) dont le sous-sol du Tchad est riche, mais est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu et dispose d’un droit de veto. Un allié de ce genre peut toujours servir pour un pays qui a été accusé de crimes de guerre au Darfour par la Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’Homme, Louise Arbour. N’Djamena espère par ailleurs que Pékin pourra jouer les intermédiaires entre son gouvernement et celui de Khartoum, et pousser au vote à l’ONU d’une résolution qui obligerait le Soudan à cesser d’armer les rebelles tchadiens... équipés par les Chinois.

Pour la Chine, cette victoire diplomatique est le résultat d’une offensive lancée au début des années 90 sur le continent. Après le Libéria et le Sénégal, le Tchad est le troisième pays en Afrique à avoir rompu avec Taiwan depuis 2000, sous l’efficace pression de contrats avantageux qui vont du BTP aux produits de haute-technologie, en passant par les machines-outils. L’Afrique représente pour Pekin un débouché commercial non négligeable et bien evidemment, un formidable reservoir de ressources minières. C’est une scène où la Chine entend sans doute aussi consolider son image politique, se donner une stature à la mesure de ses ambitions. Les conflits ne manquent pas, entre pays, mais aussi entre pays et institutions internationales, et Pekin a les moyens, au sens littéral du terme, d’y jouer un rôle essentiel.
M.-L.C.

(Notes africaines)


Voyage au Congo: impressions de scrutin

A l'école Molière de la Gombé, au centre de Kinshasa, certains électeurs sont arrivés à 6 heures pétantes, pour être sûrs de voter. Mais la majorité a commencé à affluer à partir de 9-10h, tout endimanchés, après la messe. Les Congolais ont voté massivement aux élections présidentielle et législatives, de dimanche, les premières réellement libres depuis l’indépendance.
Le lycée accueille une vingtaine de bureaux. «Nous avons prévu des unités de 350 inscrits, pas plus pour qu’il n’y ait pas trop de foule», explique un représentant de la Commission électorale indépendante. De fait, les électeurs, d’humeur joyeuse, ne patientaient pas plus d’une heure et demi sous l’oeul moqueur de Louis de Funès, immortalisé par une fresque murale. «Ça coule bien», constate avec satisfaction Papy Malundu Kapuita, président d’un bureau.

Dans cette circonsciption de Kinshasa I, les électeurs doivent choisir un président parmi les 33 candidats, comme partout ailleurs dans le pays. Mais ils sont aussi censés cocher un seul nom sur 885. Le bulletin de vote à la députation tient sur 6 pages agrafées format A1 (60x80 cm). C’est un vrai casse-tête: les isoloirs en carton sont trop petits pour poser les feuilles à plat, il n’y a pas assez de lumière, faute d’électricité: de nombreux électeurs, ne sachant lire, se fient aux photos des candidats. D’autres arrivent avec un petit bout de papier pour ne pas se trompre: numéro tant page tant.

Dès 11 heures du matin, il faut amener de nouvelles urnes, tant le buletin, une fois plié en quatre, est volumineux. Pour distinguer les deux scrutins, les bulletins et les urnes destinés à la présidentielle sont en orange. Une fois effectués ses deux votes, l’électeur repart, non sans avoir trempé le pouce dans un flacon d’encre indélébile.

Dans le quartier populaire de Matongué, la plupart des électeurs sont trop jeunes pour avoir voté. «Sous Mobutu, se souvient Charles, un vieux »papa«, il n’y avait que deux bulletins: un rouge, un vert. On vous donnait le vert. Rouge, ce n’était pas possible. A midi, tout était fini.»
Il avait participé au «plébiscite» de 1984. En 1993, les 5000 délégués de la Conférence nationale souveraine avaient élu Etienne Tshisekedi, le président du parti d’opposition UDPS, au poste de Premier ministre. C’était jusqu’à présent la seule expérience de démocratie indirecte.

Cette fois-ci, l’UDPS a appelé au boycott, jugeant ces élections truquées et jouées d’avance en faveur du président sortant Joseph Kabila. La consigne n’a pas été suivie. Même le quartier de Limete, le fief de Tshisekedi, on a voté. Il avait donné des consignes pour ne pas empêcher le vote. A côté de sa maison, des militants menacent mais sans grande conviction: «Si Kabila passe, ça sera l’Irak ou l’Afghanistan ici. Il est votre candidat à vous les Blancs de la communauté internationale et surtout de l’Union européenne. Nous ne sommes pas des macaques: dites aux Français aux Américains et aux Belges que les Congolais vont se prendre en charge tous seuls. Partez et cessez de nous exploiter! »

Une vieille dame sortant d’un bureau, à qui l’on demandait ce quelle attend de ces élections, répond du tac au tac: «Tout!» Son voisin, Badi Bonga Ngoy, métier «débrouillard», attend son tour sur un banc d’écolier: lui attend un travail. Il croit en la démocratie: «Sous Mobutu, la dictature régnait, tu pouvais être soumis à la torture si tu ne votais pas pour lui. Nous ne voulons pas que ces élections nous ramènent à la case départ.» Il ne dit pas pour qui il va voter mais une chose est sûre, contre Jospeh Kabila, le président sortant.

A 11 heures, Jean-Pierre Bemba, le grand rival de Kabila, arrive pour voter au lycée Bosangani. Chemise blanche, il est accompagné de sa femme. Ses supporters l’acceuillent en faisant le V de la victoire, un référence aussi à son numéro sur la liste des 33, le 2. En sortant, il dit qu’il a «bon espoir». «C’est un jour important pour le Congo, pour que naisse enfin un nouveau Congo. Quand on lui demande comment il réagirait s’il n’était pas au second tour, il éclate de rire: »ce serait un miracle!«

Dans le quartier populaire de Mombele, le scrutin se déroule sans heurt. Quelques électeurs se plaignent de n’avoir pu voter car le numéro de leur carte électorale correspond à un autre nom. Ailleurs dans le pays, selon Radio Okapi, des déplacés se plaignent de ne pouvoir voter là où ils se trouvent et non là où ils sont enregistrés. Mais globalement, aucun incident notable n’est à déplorer, sauf l’incendie d’un bureau à Kinshasa et la destruction de matériel électoral à Mbuji-Mayi, dans le Kasaï.

Avec près de 24 millions d’électeurs répartis sur un pays grand comme 4,5 fois la France, sans voie de communication, 1080 tonnes de bulletins de vote, des bulletins géants et deux scrutins à la fois, ces élections sont un casse-tête logistique pour les Nations unies qui les organisent, en coordination avec la Commission électorale indépendante, et l’Union européenne qui les finance..
Quelque 50000 observateurs de toutes obédiences ont supervisé les 50000 bureaux de vote Et 100000 hommes, - 80000 policiers locaux, 17000 Casques bleus de la Monuc et 800 soldats franco-allemands de l’Eufor -ont été mobilisés pour l’occasion.

Puis débutera le comptage, le plus souvent à la lumière de lampes à pétrole. »Personne n’a prévu de nous amené de l’eau ou à manger, se plaint une agente électorale. Certains d’entre nous sont là depuis samedi et ne finiront pas avant demain midi.« Un marathon. Des premières estimations seront connues dès ce soir, grâce à l’envoi des décomptes locaux par SMS, mais il faudra attendre trois semaines pour les résultats définitifs.

C.A.

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(Notes africaines)


Voyage au Congo: cacophonie catholique

Difficile de suivre l'Eglise catholique du Congo dans ses tergiversations électorales. En l’espace d’une semaine, la hiérachie catholique locale a changé de position du tout au tout. Jusque là très hostile au processus électorale, le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), l’archevêque de Kisangani, Mgr Laurent Monsengwo, a surpris tout le monde jeudi 27 juillet en appelant les Congolais à voter massivement. Un jour après le communiqué commun des différents chefs religieux (kimbanguistes, protestants, musulmans, etc.), qu’il n’avait pas signé et qui disait: «Nous appelons le peuple congolais à se rendre massivement aux urnes. Ne ratons pas cette chance exceptionnelle.» A y perdre son latin...

Le week-end précédent, il avait annoncé que l’Eglise ne reconnaîtrait peut-être pas les résultats d’une élection issue d’un scrutin entâché de vices et d’irrégularités. Au même moment, l’archevêché de Kinshasa appelait carrément les électeurs à boycotter le scrutin. Pendant que celui de Bukavu, à l’autre bout du pays, prônait une participation massive.

Que s’est-il passé pour que Mgr Monsengwo, qui avait présidé la Conférence nationale souveraine au début des années 90 et que l’on dit proche d'Etienne Tshisekedi, l’opposant historique de Mobutu, change d’avis? Il a parlé d’une «enquête approfondie». Mais les milieux catholiques autorisés évoquent des pressions du Vatican. Le Saint-Siège a eu fort à faire avec ces élections: le président de la Commission électorale est un ecclésiastique, l'abbé Malu-Malu. Ce dernier est accusé par l’opposition radicale, à commencer par Tshisekedi qui appelle au boycott des élections, d’être trop proche de Joseph Kabila, le «chouchou» de la communauté internationale et en particulier de la France. Suprême maladresse: l’abbé Malu-Malu a été décoré de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France à Kinshasa le 14 juillet.

Quant au Vatican, il a carrément excommunié un candidat à la présidentielle, un prêtre qui avaient enfreint l’interdiction, réaffirmée par Benoït XVI, de s’engager dans la vie politique.
A côté, même les fameuses Eglises du Réveil, des communautés charismatiques d’obédiance protestantes fondées par des illuminés souvent affairistes, font figure d’enfants de choeur.

C.A.


(Notes africaines)


Voyage au Congo: Lubumbashi, un parfum d'Elisabethville

Quand vous dites que vous allez à Lubumbashi, tous les Kinois vous répondent: «C’est très différent là-bas.» Même ceux qui n’y sont jamais allé. Ils n’ont pas tort.

D’abord, il y a la savane, les arbres bas, l’herbe jaunie sous le soleil. On est déjà en Afrique australe, il fait sec c’est un peu l’hiver. Ensuite, c’est calme. Par rapport à la joyeuse cacophonie de Kinshasa, Lubumbashi est un havre de paix. Les rues sont tracées au cordeau, les trottoirs repeints et il y a même des égouts qui ont l’air de fonctionner. Comme le faisait remarquer une voyageuse qui y venait elle aussi pour la première fois, «c’est comme si la ville avait été figée à l’indépendance».

En 1960, lorsque Lubumbashi s’appelait Elisabethville. En effet, il est difficile de trouver un bâtiment qui ait l’air d’avoir été construit après la fin des années 60. C’est à dire à l’époque où la Gécamines, la grande société nationale minière d’extraction du cuivre et du cobalt, était encore florissante. Puis la grande «mangeuse de cuivre» a sombré, pillée d’abord par Mobutu, qui piquait dans la caisse, puis Laurent-Désiré Kabila, qui l’a confiée à ses obligés et a permis l’exploitation artisanale, qui emploie aujourd’hui quelque 200000 creuseurs dans tout le Katanga (lire Libération de mercredi 26 juillet 2006: lien avec papier).
Enfin, sous Joseph Kabila, ce qui restait du patrimoine de la Gécamines a été vendu à des compagnies étrangères. Les négociants chinois raflent tout ce qu’ils peuvent. Mais la Gécamines et Lubumbashi ont de beaux restes.

Il y a cinq ans, lors de mon premier passage au Congo, j’avais vu l’autre grande ville minière du Congo, Mbuji-Mayi, la capitale du diamant au Kasaï. Rien à voir avec Lubumbashi au Katanga. Comme si la nature du minerai extrait influait sur l’organisation sociale et urbaine de la ville. Mbuji-Mayi, c’est le Far-West, tout y est provisoire, brinquebalant, la ville même est en train de s’effondrer à cause des glissements de terrain et il est question de la déménager.
A Mbuji-Mayi, on ne voit pas l’extrême richesse qui y est produite: elle reste planquée derrière les hauts murs de villas sécurisées, dans des coffres-forts quand ce n’est pas sur des comptes aux îles Vierges. Rien ne fonctionne, tout est débrouille. Le diamant est le fruit d’une quête individualiste, voire égoïste. Le fruit du hasard et de la chance aussi. La ville s’en ressent.

Le cuivre de Lubumbashi a engendré une véritable industrie: extraction, entretien des mines, «raffinage» dans des usines de concentration, transport, production d’électricité. La ville est marquée par sa tradition ouvrière et syndicale. Pour produire du cuivre ou du cobalt, il faut toute une organisation collective.
Et cela se sent aussi.

C.A.

(Notes africaines)


Voyage au Congo: ça ne "marche" plus beaucoup à Kinshasa

Les temps ont bien changé à Kinshasa.

Au début des années 90, les journées «ville morte» et «marches» décrétées par l'UDPS, le principal parti d’opposition au régime du général Mobutu faisaient trembler toute la capitale. Gare à ceux qui osaient mettre le nez dehors. Les mots d’ordre de l’opposant historique Etienne Tshisekedi étaient suivis sans barguigner.

Aujourd’hui, Tshisekedi est toujours dans l’opposition. Il est même le grand absent des élections du 30 juillet qu’il a décidé de boycotter, estimant les dés pipés. «Il est fini, il a peur de perdre et sait qu’il ne pèse plus grand chose, moquent ses adversaires. Et aujourd’hui il veut faire échouer le processus en déclenchant des pillages et la panique.» «Il a été écarté par les grandes puissances qui n’en voulaient pas, s’insurgent ses partisans. Ces élections, ce sont les Belges, les Français et les Américains qui les gèrent de bout en bout. Kabila, Bemba, et tutti quanti sont des marionnettes sanguinaires et corrompues.»

L’homme continue de jouir du respect et de l’affection d’une bonne partie des Kinois: il n’a ni volé, ni tué, ce qui n’est pas rien au Congo-Kinshasa. Mais les mots d’ordre de l’UDPS ne sont plus suivis aussi massivement. Hier (mardi), une manifestation à mobilisé quelques centaines de marcheurs - et quelques chiens affublés de T-shirts électoraux de Joseph Kabila. Quelques slogans contre les étrangers accusés de régenter le Congo ont été lancés et basta.
Ils ont été rapidement bloqués par des forces de l’ordre en très grand nombre. Outre la Police d’intervention rapide (PIR) - formée et équipée par la France - des hommes armés et en civil de la garde présidentielle dissuadaient les badauts de se joindre à la manifestation. Les manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles sur les policiers, blessant un photographe à la tête. Puis ils ont été dispersé à coups de matraques (12 blessés) et de gaz lacrymogènes.

Le mardi précdent, une autre «marche» à l’appel du parti de Tshisekedi a traversé Kinshasa, de la gare centrale au centre-ville. Affiches et banderoles électorales - tous candidats confondus - étaient arrachées ou incendiées sur le parcours de la manifestation. Les 300 protestataires avaient été rejoints par 300 autres «shégués», les enfants des rues, toujours prêts à participer lorsqu’il y a de la casse. La population a regardé passer le défilé avec indifférence, avant dispersion à coups de lacrymos.

Depuis l’échec du 30 juin, fin officielle de la transition, le coeur n’y est plus. Ce jour-là, Etienne Tshisekedi avaient promis de jeter des millions de Kinois dans la rue. Et puis rien! Personne n’a bougé. Il faut dire que le déploiement des forces de l’ordre était impressionnant. Harnachés comme des Robocops, les policiers étaient omniprésents. Le pouvoir avait interdit aux transports publics de sortir, afin de ne pas être réquisitionnés par les manifestants. Il y a un an déjà, l'UDPS qui menaçait de s’emparer de la rue à partir du 30 juin 2005 avait montré ses limites: le grand parti d’opposition n’avait pas même réussi à remplir le stade Tata Raphaelle.

Les prochaines marches de l’opposition radicale radicale sont programmées jeudi et samedi.

Après, il sera trop tard.

C.A.

(Notes africaines)


Voyage au Congo: la congolité, ce n'est pas l'ivoirité

L’autre jour, sur le boulevard du 30 juin, un Congolais m’aborde. «Journaliste français, hein! Ah oui, les élections. Mais rentrez chez vous les Français, les Belges, les Blancs! Vous avez Makelele, Zidane. Vous venez en Afrique pour nous piller, partez maintenant, on n’a pas besoin de vous. Louis Michel, va!» Louis Michel, c’est le commissaire européen à la Coopération et l’ex-ministre belge des Affaires étrangères. Haut en couleur, il est devenu le symbole du Blanc tout-puissant et honni à Kinshasa. Le «mundele».

Depuis le début de la campagne, les médias internationaux (dont Libération) parlent de «congolité» pour décrire le climat anti-étranger dans lequel se déroule la campagne électorale pour les élections du 30 juillet. La référence à l’ivoirité, qui empoisonne la Côte d’Ivoire depuis plus d’une décennie, est évidente. Dans le cas du Congo, la métaphore est à la fois juste et fausse. Expliquons nous.

Elle est juste, parce que les références - plus ou moins évidentes - aux supposées origines tutsies et rwandaises de Joseph Kabila, le président sortant et grand favori du scrutin, sont permanentes. Elles visent également Azarias Ruberwa, vice-président et lui aussi candidat à la fonction suprême: le chef du RCD-Goma, le parti qui a soutenu et été soutenu par le Rwanda lors de la guerre de 1998-2002, est assimilé à un Rwandais en tant que Banyamulenge, un goupe ethnique tutsi arrivé au Congo aux XVIIIe et XIXe siècles.
Les propagandistes les plus actifs de cette «congolité»-là sont les partisans de Jean-Pierre Bemba, qui se présente comme un «enfant du pays», les militants les plus extrêmes de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, le grand absent du scrutin qu’il a décidé de boycotter. Drôle de coalition à laquelle vient s’ajouter l’ex-âme damnée du maréchal Mobutu, Honoré Nganda, ancien chef des services de renseignements, particulièrement actif et virulent en exil. Ce sont ses militants, avec ceux de l’UDPS, qui ont saccagé l’ambassade du Congo à Paris.

La «congolité» donc. Seulement, ce n’est pas aussi simple. Parce que derrière ce qu’on appelle la «congolité», il y a aussi le soulagement légitime d’un sentiment national par une nation qui a failli disparaître, envahie par cinq ou six armée étrangères, dépecée, martyrisée. Il y a aussi l’expression d’une colère envers la communauté internationale qui a ignoré le drame congolais à ses heures les plus sombres, puis s’est emparée des rênes du pays de manière assez cavalière. Aux yeux de nombreux Congolais, le processus électoral a été mené au pas de charge et taillé sur mesure pour Joseph Kabila. Face aux demandes, par l’opposition, d’une concertation approfondie sur les modalités électorales, Washington, Bruxelles et Paris, les trois capitales qui donnent le «la» à Kinshasa - et sont pour une fois unies en Afrique - ont jugé qu’on avait assez discuté comme ça.
De même, les Congolais ne comprennent pas que la communauté internationale ait à ce point fermé les crimes des chefs de guerre, au contraire récompensés par des postes gouvernementaux pendant les trois années de transition. Alors que la population n’a connu aucune amélioration de son sort quotidien, les ex-belligérents se sont enrichis au-delà du raisonnable en détournant les fonds publics, l’aide internationate et en empochant de juteuses commissions sur les grands contrats miniers au Katanga. Sachant cela, on ne s’étonnera pas trop de la susceptibilité ombrageuse des Congolais. Louis Michel et ses collègues diplomates diraient même «paranoïa»...

C.A.


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(Notes africaines)


Voyage au Congo: jamais sans mon "protocole"

Je n’étais pas revenu au Congo depuis janvier 2001, au moment de la mort de Laurent Kabila, assassiné dans son bureau par un jeune soldat. C’est en débarquant à l’aéroport international de Kinshasa-Ndjili que tout m’est revenu: la peur qui régnait sur la ville, l’attente anxieuse de troubles qui n’ont finalement pas eu lieu, la route de l’aéroport, vide, et l’aérogare elle-même déserte.

La plupart des vols avec l’Europe avaient été suspendus. Me trouvant au Cameroun pour un sommet France-Afrique, j’avais pu rallier la capitale congolaise plus facilement. Un baptême d’Afrique et du feu tout à la fois. On m’avait prévenu: «Tu verras, Kinshasa, c’est le grand huit. Faut pas avoir peur, après on s’habitue.» Le grand huit, c’est bien ça! On descend de l’avion, on traverse la piste à pied jusqu’à l’aérogare. A peine passé le poste-frontière, on est happé par mille mains et autant de solliciteurs.

Malheur à celui qui n’a pas de «protocole». Le «protocole», c’est en «francongolais», un comité d’accueil, quelqu’un de débrouillard, malin et costaud qui vient vous chercher pour éviter de tomber aux mains des aigrefins de l’aéroport. Les grands hôtels, les grandes entreprises, les ambassades, les ONG, les confréries religieuses ont tous leur protocole.

En 2001, je n’avais pas de protocole, pas plus que mes collègues débarqués en catastrophe en même temps que moi. Nous nous étions engouffrés dans un taxi, le seul de tout l’aéroport, pour échapper à la meute des solliciteurs. Il en avait profité pour réclamer un prix exorbitant: pas moyen de négocier, c’était ça ou le retour sur l’enfer du parking. Va pour 100 dollars!

Cinq ans plus tard, l’aéroport de Ndjili est toujours aussi chaotique. On traverse toujours la piste à pied. Mais quelques petits changements sont notables. Désormais, il y a six files d’attente pour les visas: deux pour les Congolais, deux pour les expatriés, une pour les diplomates et une pour les VIP. Cette dernière est très prisée ! Il semble bien que le statut de VIP soit en effet laissé à l’appréciation de tout un chacun.

La salle des bagages semble moins encombrée que d’habitude. Les protocoles sont cantonnés à l’extérieur: «Avant, nous devions payer 54 dollars pour un macaron valable un an, nous a expliqué un spécialiste. Mais il y a deux ans, la police de l’aéroport a supprimé cette procédure.» A la bonne heure! Pas si simple : «Non, maintenant, il fauit payer au coup par coup, un jour 5 dollars, un jour 10. Au total, ça revient beaucoup plus cher que 54 dollars par an.»

Dernier obstacle avant la sortie, la douane. Le préposé vous soupèse du regard; derrière lui, se tiennent alignées, muettes, cinq employées en rang d’oignon, prêtes à dépouiller vos bagages comme des vautours un carcasse de zébu. «Profession?», lance le douanier. On murmure «journaliste». Il prend l’air contrarié. «Vous venez pour les élections?» Il jette un coup d’oeuil à la rangée de corbeaux qui vient de voir le camenbert s’échapper de son bec. «Il vient pour les élections», lance le douanier en chef en secouant la tête l’air navré. Visiblement, il y a eu des consignes.
C’est bien beau la démocratie, mais pas toujours bon pour les affaires.

C.A

(Notes africaines)


Maroc:Mémoire sélective ou deux poids deux mesures

[Libération] Le cas de Jamal Khashoggi est édifiant (AllAfrica)


Tunisie:Tourner la page...

[La Presse] Lors de sa nomination à la tête de la sélection, nous avons écrit que c'était un choix «controversé» et que les chances de succès de l'entraîneur le «plus titré» sont faibles, étant donné son conservatisme et son agressivité. (AllAfrica)


Gabon:Hommes des médias, otages des politiciens ?

[Gabonews] Journaliste,bourreau ou otage des hommes politiques ? La question semble parfois diviser l'opinion.L'un peut-être le bourreau de l'autre,comme l'un peut être pris en otage par l'autre.Les abus de pouvoir rentre en jeu et soumettre l'homme des médias à des violences verbales ou physiques.Les indignations pleuvent.Et cela fait couler beaucoup d'encre et de salive.C'est le cas de ce libre propos d'un étudiant Juriste -Journaliste. (AllAfrica)


Congo-Kinshasa:Illusion d'optique !

[La Prospérité] Il n'y a que trois résultats en football. La victoire. Un match nul. Une défaite. Voilà tout. Si, de bien de manières et à bien d'égards la scène politique rivalise d'ardeur avec tant un terrain de foot qu'un ring de boxe, la comparaison avec le football, l'image des penaltys signée Katumbi est encore dans les esprits, il n'est pas aisé de trancher qu'en politique, après match, il y a eu un nul, une victoire ou une défaite. (AllAfrica)


Congo-Kinshasa:Diabolo in machina ?

[La Prospérité] Deus ex machina [deus ɛks makina] est une locution latine qu'on peut traduire par «dieu sorti de la machine», dixit Wikipedia. Le terme est issu des pratiques de la tragédie grecque, où une machine est utilisée pour déplacer sur la scène les acteurs qui jouent les dieux. (AllAfrica)


Sénégal:Pour Racine et les autres

[Sud Quotidien] Soit Monsieur Mamadou Racine Sy est un sacré futé capable de se jouer de son monde, soit son monde est complaisant, voire à la fois naïf et stupide pour ne pas se rendre compte, dit-on, des «manquements graves» liés à sa gestion du King Fahd Palace. (AllAfrica)


Congo-Kinshasa:Bal des dupes ?

[La Prospérité] Les élections en République Démocratique du Congo comme ailleurs est un grand bal où la flamme est déclarée à la belle dame population par les politiques soucieux d'avoir le suffrage pour accéder aux affaires. Pour eux, bien souvent, être dehors c'est l'enfer. (AllAfrica)


Guinée:L'école guinéenne est dans la rue !

[Aminata.com] Il y a trois ans de cela, je vis au rythme et à la volonté d'un coeur plein de haine qui bat. Ça tempête ! Ça cri et cela m'attriste. (AllAfrica)


Burkina Faso:Thomas Sankara, le symbole vivant

[Fasozine] On peut tuer un homme mais pas ses idées, disait-il. Effectivement, car de jour en jour, ses idées prospèrent et son oeuvre est revisitée. Toute la jeunesse africaine parle de son courage, sa détermination, son patriotisme et de son panafricanisme. (AllAfrica)


Burkina Faso:Vaines conjectures

[Sidwaya] Depuis la mise en délibéré pour le 5 décembre prochain de l'affaire d'extradition de François Compaoré, chacune des parties voit midi à sa porte. D'une part, les avocats de François Compaoré (dont le pénaliste Me Olivier Sur) parlent de faux en écritures judiciaires et promettent d'attaquer subséquemment l'Etat burkinabè devant les juridictions françaises. (AllAfrica)


Madagascar:Victoire au 1er tour si...

[L'Express de Madagascar] Commençons par l'histoire des élections à deux tours. La première fut celle de 1993. Elle vit la défaite du président de la République en titre, Didier Ratsiraka, face à Albert Zafy. Un vrai signal de la démocratie en Afrique. La deuxième fut celle de 1996. Elle a vu l'affrontement de deux simples citoyens, la victoire cette fois de Didier Ratsiraka sur Albert Zafy. Mais il est vrai, ils étaient deux anciens présidents. L'e (AllAfrica)


Afrique:Mettre fin aux épidémies et bâtir des systèmes de santé

[Global Fund] Est -il préférable d'améliorer la santé des personnes en s'attaquant à des maladies en particulier ou en consolidant les systèmes de santé ? Le débat n'est pas neuf au sein de la communauté de la santé mondiale et oppose les inconditionnels de la force de frappe des programmes « verticaux » ciblant une maladie à celles et ceux qui insistent sur la pérennité d'interventions « horizontales » ax&eacut (AllAfrica)


Congo-Kinshasa:C'est mal parti

[Le Potentiel] Deux pas en avant, un pas en arrière. La démocratie avance à reculons en République démocratique du Congo. (AllAfrica)